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Les Amis Psycho

Côtoyer les autres expats ? C’est pas pour moi !


Côtoyer les autres expats ? C'est pas pour moi - Tribune de CorinneLes candidats à l’expatriation portent en eux un paquet de freins, assortis de craintes, d’a priori, voire de croyances. Celles-ci compliquent tout, et notamment peuvent engendrer des problèmes pour entrer en relation avec d’autres expats à l’arrivée.  "Cotoyer les autres expats ? C'est pas pour moi !"

Voici différents profils que je rencontre régulièrement chez les candidats à l’expatriation, lorsqu’il s’agit de relation aux autres :

  • Des gens réservés, qui ont du mal à se faire des amis. Cette réserve est d’ailleurs tout à fait française.
  • Beaucoup pensent que les relations entre expats sont trop superficielles, ce qui leur donne envie de les fuir.
  • Beaucoup de peur de l’effet « ghetto d’expats » : des personnes qui considèrent qu’elles ne partent pas à l’étranger pour retrouver une ambiance franco-française.
  • Des personnes qui se demandent si c’est vraiment important de lier des relations, alors même qu’elles savent qu’elles ne resteront peut-être pas longtemps.
  • Parfois, des personnes qui ont peu d’amis attendent également beaucoup de l’expatriation. Ce sont des gens qui ont beaucoup investi dans leur travail par exemple, pour qui les amitiés deviennent un objectif de l’expatriation, car elle leur offre le temps qui leur a manqué.
Il y a, derrière ces profils, beaucoup d’a priori, d’attentes et de craintes. 

Or on n’est pas forcément conscient de ces freins et des problèmes qu’ils engendrent.

  1. Les relations semblent superficielles: « les relations entre expats sonnent creux »
  2. « Je pense que demander de l’aide implique d’être prêt à en donner en retour» - ce n’est pas forcément justifié - or, souvent, on considère qu’on n’a rien à offrir : « j’arrive tout juste, je ne sais rien, je ne suis pas intéressante ».
  3. On a peur de se tromper dans ses relations. « Cette personne avec qui je vais me lier d’amitié ne sera peut-être finalement pas une bonne amie pour la vie» : souvent, on rêve de relations profondes et durables, comme celles que l’on a de longue date. Les attentes sont fortes.

Ces attentes fortes sont une pression que l’on se met à soi-même, à s’en trouver affecté. En plus, souvent, on est pressé.

Or a-t-on réellement besoin de profondeur, systématiquement et immédiatement ?

C’est vrai : qu’il serait doux de recréer un cocon similaire à celui que l’on quitte en France, fait de ces amitiés fortes et profondes de plusieurs années. Mais n’y a-t-il pas du bon, également, dans des relations plus immédiates ? Celles-ci ont un côté sympa et décomplexé qui peut avoir son charme – et son utilité.

Mes conseils :
  • Il faut arriver à se décomplexer.

Il existe, en effet, des relations utiles, et cela n’a rien de mal ou de mauvais. Des personnes vers qui on se tournera pour demander conseil, avec qui prendre un café pour rompre la solitude et partager un petit moment sympa et léger. Cela peut être agréable ou utile, tout simplement, même si ce n’est pas profond. Pourquoi ne pas prendre ce type de relations comme elles se présentent ? Qui parle de superficialité ? Attention à la paralysie engendrée par ce type de raisonnement : « si nous ne sommes pas de grands amis, qu’allons-nous bien pouvoir faire ensemble ? ». Rire, par exemple ? Echanger des infos ? Demander conseil ? ce sont des idées… Rappelez-vous que passer une soirée avec des gens qu’on ne reverra peut-être pas peut aussi avoir du bon : passer une bonne soirée, rigoler, c’est toujours bon à prendre, non ? Et tant pis si on ne se revoit pas…

  • Allez vers les autres

Nous sommes des êtres qui avons besoin de liens, nous sommes mal sans les autres. La solitude est notre pire ennemie.

  • Prenez le temps d’explorer tranquillement.
  • Surtout, identifiez vos besoins 

Culturels, intellectuels, pratiques, contrer la solitude, trouver des infos… autant de besoins valables. Je vous propose un focus sur deux besoins :

  • « J’ai besoin d’avoir des infos», « j’ai besoin de rompre ma solitude » : voilà des besoins tout à fait valables, qui ne nécessitent pas une grande amie tout de suite.
  • « J’ai besoin de stimulation intellectuelle» : Ce besoin est souvent lié à la peur d’être reclus dans un cercle d’expat dans lequel les sujets triviaux de la maison, des enfants reviennent invariablement. Une amie témoignait qu’elle avait, pour nourrir sa curiosité et son intellect, créé un groupe de discussion lors de son expatriation au Brunei, pour sortir des sujets « bateaux ».
  • Ne baissez pas les bras

Allez vers les autres, même si on ne vient pas vers vous. Soyez vous-mêmes, soyez créatifs pour répondre à vos besoins relationnels.

  • Dites-vous bien que ce n’est pas grave de se tromper, même sur quelqu’un.

Ne restez pas non plus sur vos premières impressions.

  • Attention, ne lâchez pas pour autant l’idée de construire une, ou des, grandes amitiés,

Mais laissez-lui le temps de se présenter à vous, de se préciser et de se construire. Cela vient en s’impliquant, en faisant des choses avec les gens. Le coup de foudre existe, mais il n’est pas systématique, il peut y avoir tellement de chemins possibles vers l’amitié !

Sur les « ghettos d’expats » 

Je comprends ce rejet. Vous partez pour l’aventure, pour l’exotisme, pour la nouveauté, vous n’avez aucune envie de vous retrouver dans ce qui pourrait ressembler à ce que vous laissez derrière vous. Pensez pourtant que vous pourriez bien avoir besoin de ce réseau, ne serait-ce qu’un peu, à l’érrivée, et rien de vous empêche de tisser des liens ailleurs. Il n’y a aucune raison que les relations avec d’autres expats soient exclusives si ce n’est pas ce que vous souhaitez. Après tout, vous partagez avec les autres expats français un socle commun (de repères culturels, de besoins…), ce réseau vous ouvrira des portes. A chacun son équilibre. Voyez, testez, ce serait trop dommage de vous fermer des portes !

Si vous êtes timide 

Bien sûr que cela vous semble compliqué. Ce n’est pas facile d’aller vers les autres, vers l’inconnu, quand on est réservé, timide. Mettez-vous de petits objectifs, fixez-vous des étapes. Les premiers mois, forcez-vous doucement, organisez-vous pour relever de petits défis relationnels. Quand on sait que la première cause d’échec de l’expatriation pour les conjoints, c’est la solitude, on est plus armé pour se prendre en  main, pour soi-même ! Repérez quelqu’un avec qui vous allez partager les démarches, quelqu’un avec qui il sera possible de s’épauler. Même si ce n’est pas votre meilleure amie, c’est bon de savoir qu’il y a quelqu’un avec qui se serrer les coudes ! Cela rassure.

Attention il est si facile et si vite arrivé de se replier sur Internet. « Sur Internet je trouve tout : les infos, je suis en contact avec des gens ». On risque fort d’y passer ses journées, et cela a vite tendance à se rapprocher de l’addiction. Le risque, c’est de vivoter, de passer à côté de son expatriation, de ne pas profiter de ce que cette nouvelle vie peut vous offrir. Dommage, non ?

C’est normal de s’appuyer sur les autres, d’avoir un peu peur de l’inconnu, surtout face à un si grand changement de vie. On n’est pas tou(te)s des bêtes sociales. Mais par petits pas on peut réussir à décoincer des nœuds qui nous handicapent, qui peuvent être la source d’échecs potentiels.

En bref :
  1. Prendre conscience du risque qu’est la solitude, surtout en expatriation
  2. Définir ses besoins : vous n’avez plus de collègues, votre famille est loin et vos amis ne sont plus là au bout du fil chaque jour. Quels sont vos besoins relationnels ?

Laissez-vous porter, ne vous prenez pas la tête, laissez de côté vos craintes de superficialité, prenez les choses et les gens comme ils viennent.

On vous souhaite de belles amitiés, de belles rencontres… peut-être pas tout de suite dès votre arrivée : ça viendra quand ça viendra !

Corinne

 

CorinneTucoulat2Corinne est co-fondatrice d’Expat Communication. Elle est coach spécialisée dans l’accompagnement des femmes et conjoints expatriés (aide à la transition, aide à la décision, accompagnement et reconversion professionnelle, équilibre de vie) avant le départ, pendant l’expatriation et au retour.
Email : corinne.tucoulat@expatcommunication.com

Tel : 01 42 36 91 91

 

 

Article publié pour la première fois le 27 juillet 2015

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