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Vie d’expat : « tout le monde s’en va, je suis celui qui reste »


CeluiQuiResteC'est à nouveau l'heure de sortir les mouchoirs pour les agiter au fil du vent et dire au-revoir à ceux qui partent, de retour vers leur ancien foyer ou au départ d'une nouvelle aventure. Mais tous ne partent pas, il y a ceux qui restent encore pour un temps et qui vont devoir combler le vide causé par ces départs.

On sait bien qu'une expatriation n'est pas éternelle, mais il est toujours difficile de laisser partir des personnes avec qui on a été particulièrement proches. C’est encore plus dur dans le cadre d'une expatriation, où l’une des plus grandes difficultés est de créer ce cocon qu’est le « home away from home ». Il faut parfois beaucoup de temps pour y parvenir, alors quand ceux qui contribuent à notre sensation d’être bien, d’être chez soi, même très loin, s’en vont, tout est chamboulé.

La tristesse peut se mêler à une sensation de vide quand tout le monde part sauf vous et il peut être difficile de se faire de nouveaux amis, surtout quand on prend conscience que ces nouveaux amis vont peut être partir à leur tour.

Même si nous avons conscience que nos amis nous quittent pour des raisons spécifiques (retour au pays, nouvelle affectation…), nous ressentons un pincement au cœur, des émotions et des sentiments difficilement explicables qui peuvent sembler disproportionnés. On se sent perdu, détaché de la réalité, notre petit train-train quotidien a déraillé et on se retrouve comme à notre arrivée en expatriation : seul, perdu et en territoire hostile.

Que faire ? Commencez par prendre le temps de digérer ce qu'il s'est passé à grand renfort de mouchoir et de quelques petites douceurs afin de faire passer le sentiment de perte qui vous oppresse le cœur. Faites la fête, pour célébrer ces amitiés, et marquer d’un grand moment vraiment sympa la fin de ce séjour ensemble. Des expats à Bangalore témoignent : « Nos amis s'en vont bientôt. Leur soirée d'adieux a eu lieu samedi dernier, et pour marquer le coup, ils nous ont offert une superbe chanson, sur l'air de « Adieu, M. le Professeur », de Hugues Auffray, à la sauce Bangalore ». Rire, pleurer, se souvenir de tous les bons moments, des galères partagées… bref, laisser partir les amis le cœur gros, peut-être, mais surtout le cœur plus grand.

Ensuite dites vous que c'est l'occasion de découvrir de nouvelles personnes. Pas facile de garder de l’allant pour aller à la rencontre des nouveaux, quand on sait, par définition, qu’ils partiront, ou que nous finirons par partir. La tentation est grande de se protéger en ne s’exposant pas à de nouveaux départs.  Mais comme le dit Iciestla : « je ne pense pas qu’il soit préférable d’éviter de rencontrer du monde pour se protéger des adieux. Profiter à fond, c’est comme ça que je n’aurai pas de regrets. »

Il faut bien dire que c’est souvent plus facile à dire qu’à faire, quand on a trop souvent été celui qui reste, et que l’expatriation, initialement prévue pour un temps seulement, s’éternise. On sent qu'on a fait son temps, on aimerait bien, nous aussi, repartir. Comme Stéphanie, on subit la situation, ce qui accroît encore la difficulté :

« Partir en laissant quelques années de sa vie derrière soi, des amitiés, etc, dans un pays dans lequel on ne reviendra peut être plus, c'est difficile. Mais c'est, finalement, la vie des personnes qui s'expatrient. Rester dans un pays et voir les gens partir, n'a pas été trop difficile les premières années parce que je me disais qu'un jour, à mon tour, je ferais de nouveau mes valises. Douze ans après, ma perspective a changé...

Nous sommes arrivés en août 2003 à Guayaquil (Equateur) avec deux enfants de 5 ans et 7 ans. Les premières années ont été celles de l'apprentissage de la langue, de la découverte de la culture, du pays et des gens. Non seulement, nous avons découvert la culture équatorienne mais nous avons eu la chance que cette découverte ne se limite pas aux frontières de l'Equateur puisque nos enfants sont scolarisés dans une école internationale. Nos amis sont donc de nationalités très diverses: mexicaine, colombienne, péruvienne, américaine, suisse, coréenne, etc.

Les années ont passées. La vie d'expatrié m'a appris que s'attacher aux personnes qui entrent dans notre vie en partageant une certaine intimité et quelques années de notre vie; vivre l'annonce de leur départ; les envier ce jour-là (nous aussi on changerait bien d'air, de vie); savoir qu'on ne les verra peut-être plus jamais, sont des moments difficiles. Avec les années, je finis par ne plus faire l'effort pour aller vers l'autre ou si je le fais, j'évite de trop m'attacher parce qu'au moment du départ, ces personnes-là laissent un grand vide.

J'ai le sentiment d'avoir "pris racine" sans le vouloir et de me retrouver après chaque départ un peu plus seule. A présent, ce sont nos enfants qui partent. L'aîné est parti étudier au Canada en 2014. Le cadet partira dans un an. Et moi, je suis celle qui reste... Cela ne m'empêche pas d'aimer cette vie ! Mais c'est tellement plus facile de partir que de voir partir les amis ou même les personnes qui ont croisé notre vie. »

Ceux qui partent sont pris dans le tourbillon de leur nouvelle vie, pour ceux qui restent, le quotidien, pourtant si agréable, prend tout à coup une nuance bien terne. Il faut savoir puiser en soi pour retrouver de l’énergie, celle de faire « comme avant », avec d’autres. Faire des projets de retrouvailles, de vacances ensemble, proposer un RDV Skype par mois pour prendre des nouvelles, échanger. Le départ des amis n’est pas un moment agréable, il est moins difficile à vivre quand on a des projets qui nous donnent de l’entrain. Marie, au pair en Irlande, témoigne : « Aujourd'hui mon expérience touche à sa fin mais j'ai trouvé un nouvel emploi à Dublin, je suis aussi devenue dessinatrice ce qui était mon rêve et je compte donc poursuivre mon expatriation. En revanche, tous mes amis (au pair et étudiants) s'en vont un à un ce mois-ci. Les voir partir me rappelle que ma famille est en France, qu'ils vont pouvoir profiter de la plage et du beau temps et cela me manque, mais je m'épanouis tellement ici et j'ai tant de projets que je ne peux pas être triste. Je pense que certains voient le voyage comme une sorte de parenthèse un peu magique dans leur vie. D'autres s'en servent pour prendre un nouveau départ. Personnellement je serai triste de d'avoir rentrer maintenant et de laisser toute les choses que je peux encore réaliser dans ce nouveau pays. »

Et pour les enfants, c’est la même chose, comme en témoigne « Expatlife in Jamaica » : « Nils, le meilleur copain de Mathis, suédois, rentre au pays... Mathis partant mercredi pour la France, ce sont donc leurs derniers moments ensemble. Nils est arrivé il y a 2 ans, sans parler un mot d'anglais et parle aujourd'hui comme un américain ! Il a accueilli Mathis à bras ouverts lorsqu'il est arrivé à l'école et je crois pouvoir dire qu'il y est pour beaucoup dans l'adaptation de Mathis. Ce soir, ils sont restés tous les deux à la maison, seuls pendant quelques heures car c'était aussi un moment super, mais super difficile. La soirée de départ de mon amie et voisine brésilienne Andrea. Il y a des personnes, cela ne s'explique pas et c'est plutôt rare, qu'on a l'impression de connaître depuis toujours. Et bien voilà, c'est le cas, et c'est vraiment dur quand on sait qu'on doit se séparer. Andrea part à Washington, alors vous pouvez être sûrs que je posterai un petit billet de Washington très prochainement... »

La clé est peut-être là : retrouver l’enthousiasme des enfants. Comme le dit Corinne : « à chaque rentrée des classes, mes enfants, qui avaient dit au-revoir à leurs copains avant l’été, rentraient à la maison en annonçant « maman, il y a X nouveaux cette année, c’est super ! »». On essaie de nous en inspirer ?

Ce qu’on retient, pour moins subir (et on se dit que c'est normal, d'être triste) :

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