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Sociologie des cafés rencontre entre expatriés



CaféRencontreD’Istanbul à Pékin en passant par New York ou New Delhi, vous connaissez toutes la grand’ messe de la rentrée plus connue sous le nom de thé français ou café français ou café rencontre.

 

Peu importe l’appellation, les ingrédients restent les mêmes : il faut des gentilles organisatrices et des gentilles participantes. Mais allons faire un tour dans un de ces cafés...

Le plus souvent, la ballroom d’un grand hôtel a été louée, si possible un Novotel ou Méridien, restons Français. A peine arrivée, vous êtes happée par le comité d’accueil et, en moins de trente secondes, vous déclinez votre identité. Pour les grandes villes, on vous attribuera un numéro de secteur ou de quartier. Munie de votre étiquette bleue si vous êtes nouvelle ou blanche si vous êtes ancienne, vous partez à la découverte de celles qui deviendront vos copines...

L’oeil perspicace ou averti saura vite repérer les archétypes.

Tenez, par exemple, la grande brune en large pantalon de soie noire avec des bijoux en jade et des chaussures plates, dix contre un qu’elle appartient au groupe des « culturelles ». Les culturelles comme son nom l’indique, ont décidé « de découvrir cet extraordinaire pays ». Elles se mettent au Mandarin et/ou au Tai Chi, elles ne jurent que par l’immersion. « Je veux en profiter et tout découvrir, il faut sortir et oser ». Elles évitent la « communauté franco-française étriquée et sclérosante » mais sont toujours les premières inscrites aux soirées Beaujolais... Si la culturelle habite un pays anglo-saxon, elle truffera son discours de mots anglais « c’est dingue comme je forguette mon français ».

 

En général, les culturelles ne font pas bon ménage avec les « Baroudeuses ».

Ces dernières ont vingt ans d’expat’ dans le container, le thé français sous la yourte à Oulan-Bator en 85, le thé chez la Maharadja de Jaipur en 92... alors Singapour en 05 ? du velours ! Plus rien ne les étonne, elles sont rodées sans être blasées, elles ont la même garde-robe depuis vingt ans, de la valeur sure, indémodable.

Elles sont à peine arrivées que tout le monde les connaît, elles peuvent être déroutantes avec leur petit côté « je sais tout » mais sont bonnes filles. Forcément lors de cette première réunion, elles se reconnaissent « Attends, t’étais en 94 à Taipei alors t’as forcément connu les Duchmurch ? » L’autre « Nan, ça me dit rien », « mais si, ils habitaient cette grande maison ultra moderne à Tien Mou », « Ah tu veux parler de Daniel et Pascaline ? », « Ouais, c’est ça, ben maintenant y sont à Shanghai ». Et elles égrènent leurs souvenirs sous le regard incrédule de la petite nouvelle qui vient de débarquer de Roubaix.

 

La petite nouvelle, l’expatriation lui est tombée dessus comme une pluie de mousson.

En quelques mois, elle a quitté son job de DAF à la Redoute, a embrassé ses copines et ses parents et se retrouve un peu paumée en terrain inconnu. Tout à défricher. Pendant les trois heures du café, elle sera présentée à dix personnes, notera cinquante adresses : le coiffeur, le teinturier et la boutique où acheter du Nutella ou des cahiers à spirales à grands carreaux. Discrète, effacée elle semble finalement heureuse de ce qu’il lui arrive. Les adresses lui ont été données par un autre groupe pas inintéressant, celui des « toujours pressées ».

 

Les toujours pressées

Ce sont celles qui arrivent en courant : « je ne fais que passer ». Elles sortent de leurs cours d’anglais, enchaînent sur leur jogging hebdomadaire, filent à Carrefour « en ce moment y’a des promos sur les Bordeaux » avant de conduire Lolotte à son cours de tennis et Loulou à son cours de piano. Bien sûr, elles débordent d’adresses « super top » et d’énergie. Après avoir embrassé à tour de bras et jeté trois ou quatre invitations pour samedi prochain « J’espère que vous viendrez, y’aura les Durant, hyper cool, tu verras, bon je file... » Elles regardent leur montre l’air catastrophé, et pfft envolées...

 

Au milieu de ce groupe bourdonnant, un havre de fraîcheur, les mamans.

Elles frisent la trentaine, jolies, jeunes et décontractées une seule chose les intéressent leurs jolies petites têtes blondes qui gazouillent ou bavouillent dans les poussettes. « Il a quel âge ? », « cinq mois », « il est drôlement grand ! », « Oui, il tient de son père, Jean-Baptiste est très grand ». Elles s’extasient sur les joues rebondies de leurs progénitures et échangent les bons tuyaux des crèches, Kindergarden et autres magasins où acheter de la Blédine 3e âge.

 

Enfin, un groupe qui tend à disparaître mais qui a fait les beaux jours des ragots de l’expatriée, certaines épouses de pédégés.

En France, elles se fondent dans la masse des inconnues, ni plus ni moins que la ménagère des études Marketing. Mais leur mari a été nommé « Corporate Vice President, CEO » pour la région Asie ou Amérique. Du jour au lendemain, elles se retrouvent invitées à des dîners chics, des cocktails à l’ambassade, ne conduisent plus mais ont un chauffeur et sont insupportables de snobisme et de condescendance. Un soir, à un pince-fesse, une scène magnifique :  la gaffeuse de service, dans tous les pays il en existe une, aborde la femme du CEO et la tutoie d’emblée « Dis donc ta bague, Peuchère ! Si c’était du vrai, elle coûterait un max... ». Evidemment, l’autre a avalé son champagne de travers...

 

Pas très chrétien tout ça ? Pourtant, notre dernier groupe veille, les Paroissiennes.

Comment les décrire ? Simple, vous prenez les femmes de chaque groupe et leur ajoutez l’étiquette paroisse. Elles ont juste un petit plus.

 

Mais le temps passe, déjà l’heure de nous quitter.

« Mesdames, Mesdames, (brouhaha) s’il vous plaît, un peu de silence (la Présidente tape sur le micro), comme vous êtes bavardes, on se croirait dans la cour de l’école, (rires). Notre café se termine, j’espère que vous avez passé un bon moment (la salle répond OUI en choeur) l’équipe d’accueil vous remercie (debout sur l’estrade, l’équipe salue) surtout n’hésitez pas à contacter la responsable de votre quartier (les responsables lèvent la main en souriant) nous sommes là pour vous aider et inscrivez-vous au dîner de rentrée, c’est Jocelyne qui prend les inscriptions (Jocelyne esquisse une petite révérence) (rires) un excellent moyen pour vous faire des nouveaux amis, merci à toutes. (Applaudissements)."

Il y a sûrement un café rencontre près de chez vous – Allez-y ! Vous y trouverez peut-être votre meilleure copine d’expatriation.

http://www.fiafe.org

 

 

 

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Commentaires

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  • Bravo, ma collègue se demande pourquoi je rigole autant devant mon écran. Elle n’a jamais connu les cafés rencontre! Merci pour ce bon moment.
    Je cherche dans l’article le groupe des nanas actives qui repartent vite au bureau, suivies du regard par les autres qui se demandent si elles aimeraient être à leur place. Et les hommes… un peu paumés eux-aussi, cherchant à faire bonne figure et à trouver une posture adaptée.
    Que de souvenirs!

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