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Love all over the world ! ou l’amour sans frontières


couple-mainsIl arrive que nos vies, toutes bien tracées, prennent des chemins de traverses au hasard d’une rencontre et c’est une vie toute entière qui s’en trouve bouleversée.

Les impétrantes qui ont livré ici leurs témoignages ont toutes, et c’est le pur fruit du hasard, un lien avec l’Europe du nord. Néanmoins leur récit peut être universel.

Lætitia, Birgitt, Valérie et Léa vous livrent leur histoire vue par leur prisme.

La rencontre, la décision d’aller plus loin !

-  Birgitt, une suédoise en Inde
A l’aube de ma vie d’adulte, ma vie était aussi bien réglée que du papier à musique : instit’ dans un pays réputé égalitaire hommes/femmes (je suis suédoise) et j’ai rencontré mon futur mari Anesh, pilote à Air India chez des amis communs. Sa famille, qui pressentait qu’il avait « des intérêts » à l’étranger, lui a proposé plusieurs fois des mariages arrangés. Il fallait prendre une décision radicale ce qui impliquait que j’aille vivre dans son pays.

-  Lætitia en Islande
Lorsque j’ai rencontré mon compagnon, il n’était que de passage venant de sa lointaine Islande et on a vécu un an un amour à distance. J’en ai bavé car l’amour à distance lorsque l’on est expat (j’étais à Vienne), ça mine.
On se voyait deux jours par mois si on avait de la chance, souvent à mi chemin, à Londres ou au Danemark, à l’hôtel. J’ai fait le choix de venir dans son pays parce que je ne voyais pas d’autre issue.

-  Léa, une franco américaine en Chine puis en Norvège
En stage à Shanghaï, il n’y avait que deux têtes qui dépassaient dans le bus pour le boulot : la sienne (blonde) et la mienne (brune mais un mètre quatre-vingt-deux !). Alors forcément, un jour nos regards se sont croisés, lui le viking, moi la franco-américaine et c’est pas seulement le rapprochement des continents. De retour chez lui, il m’a trouvé un job tout bien pour moi. Donc si on aime et qu’en plus on a un job de folie, pas possible de dire : « je viens pas ! ».

-  Valérie en Norvège
Un stage à l’étranger, un ami qui vous veut du bien, retour en France, 18 mois de réflexion avec autant d’allers/retours dans son pays à lui la Norvège, à Stavenger précisément... un cas classique.

Quand expatriation devient installation

-  Birgitt : On passe là de l’autre côté du miroir. Un mariage en Suède (vœux de mes parents pour « profiter » du droit suédois si ça se passe mal) et un mariage hindou à Delhi. Ce mariage me paraissait d’un exotisme inouï, un peu comme dans les cartoons.
Je dois dire que j’ai été très bien accueillie par ma belle-famille (ce qui n’est pas évident pour une étrangère peu conforme aux vœux des parents mais il y avait un précédent d’un mariage heureux avec une grand-mère anglaise et un grand-père hindou, ce qui à l’époque était révolutionnaire).
J’ai tout de suite compris alors que ma vie serait envers et contre tout un mariage aussi avec la joint family. Tout le monde habite dans le même quadra (pâté d’immeuble) et le patriarche prend les décisions finales : on émet des souhaits et il tranche.
Les problèmes que j’ai rencontrés :
-  Une incompréhension totale de mon mari quand j’ai voulu m’éloigner physiquement de sa famille omniprésente (un autre appartement). Il me trouvait en sécurité dans sa famille pendant ses vols et trouvait « ennuyeux » de vivre loin des siens.
-  Comprendre les codes de la vie sociétale indienne.
-  Le problème de la langue : très vite plus personne ne parlait anglais et je me sentais marginale. Premier objectif : parler l’hindi.
-  Avoir mon domaine de compétence (professeur à l’American College) alors que la famille voulait que je travaille dans le business familial comme tout le monde.
-  Avoir deux filles (pas un problème pour moi mais pour mon mari et ma belle famille).
-  Imposer ma culture (par exemple le Noël suédois alors qu’il n’y a pas de Noël en Inde) et la langue pour mes filles.

-  Lætitia : Là, j’ai vite basculé dans l’autre face de l’expat. L’adaptation est très difficile et ma belle confiance en moi a pris une énorme claque dans la figure. Quand l’expatriation se passe mal, c’est qu’on ne savait pas à quoi s’attendre. Dans mon cas, en effet, je n’ai pas réalisé dans quel pays j’allais, ni ce qui m’y attendait... à part ses bras !
Son opinion sur son pays a étouffé mes petites réticences et je suis partie la fleur au fusil. Finalement c’est une catastrophe. Il est dur de vivre dans un pays dont on ne parle pas la langue, surtout pour la vie sociale et professionnelle. Si vous êtes la seule étrangère dans un groupe, on vous oublie totalement et on parle elfique.
Mes premiers mois au travail ont été d’une grande solitude.

-  Léa : Franchement au début pas de problèmes majeurs : nos modes de vie n’étaient pas si éloignés que ça.
Au bout de deux ans il y a des trucs qui ont commencé à me gaver. Par exemple : je suis venue pour lui, j’ai appris le norvégien, je me suis fondue dans le paysage au maximum et lui, en deux ans, il n’a pas appris un mot de français (au moins pour communiquer avec mes amis). Il fallait tout le temps que je fasse la traduction. Je comprends bien le norvégien mais j’ai du mal à exprimer tout ce que je veux et de ce côté il ne m’aidait pas vraiment, même pas du tout et passait à l’anglais.
Je lui ai expliqué que lui il rentrait dans son pays et que c’était comme si il mettait des chaussons alors que moi c’était comme si je devais mettre mon 41 dans des chaussures en 38 : je me sentais toujours à l’étroit.
Pendant les soirées (souvent bien alcoolisées), je me sentais un paquet qu’on trainait, du coup je n’avais plus envie de sortir d’où engueulades !

-  Valérie :
Mêmes formations, mêmes goûts, mêmes intérêts, à priori pas de lézard... mais au quotidien le climat, l’éloignement familial... ont commencé à peser.

Le bilan

-  Birgitt :
Vingt quatre ans de mariage plus tard, je ne suis toujours pas indienne et plus tout à fait suédoise.
Ça n’a pas été facile tous les jours mais mon mari, et c’est le plus important, m’a supportée, aidée à me sentir bien dans son pays. Nous passons autant de temps maintenant dans chacun des nos deux pays. Nos filles qui étudient aux US : l’une veut venir faire une carrière de designer en Suède et l’autre retourner en Inde exercer. C’est pour moi une preuve. It’s worth it !!!

-  Léa :
Crise, séparation et retrouvailles... oui mais dans un pays tiers : c’est peut être ça la solution !

-  Valérie
Après une année de mariage, j’ai eu des doutes. Ce pays ne serait jamais le mien ! Alors j’ai fui, il n’y a pas d’autres mots.
J’ai retrouvé un ami de longue date (étranger lui aussi !) et ça a été la fin de notre union.

Merci beaucoup à Birgitt, Léa, Valérie et Lætitia pour leurs témoignages touchants.

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