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Noël loin de sa base


noel-base2On était partie tout feu tout flamme vers ces nouvelles contrées, et voilà qu’à l’approche de Noël, on se retrouve assise sur sa boîte de déco avec les yeux qui picotent...

On se fait un petit travelling arrière. On se souvient avec nostalgie de la préparation de la fête traditionnellement familiale. On se revoit décorant tous ensemble le sapin, faisant la crèche avec excitation (tellement d’excitation que notre mémoire sélective oublie que souvent cette période euphorique se terminait en pugilat, quand Nicolas poussait Sidonie dans les boules de Noël en vociférant qu’elle en avait accroché deux de plus que lui par exemple.)

On se passe en boucle le titre de Polnareff « Lettre à France » (Un titre aussi dément que spleenant, pas besoin d’avoir un égo patriotique surdimensionné pour apprécier) ou encore celui de Läâm « Pour ceux qui sont loin de chez eux et qui ont au fond des yeux quelque chose qui fait mââââl », c’est tout nous en ce moment. On pense à Nicolas justement, retenu en Métropole par ses précieuses études qui passera Noël chez tante Marthe et pas avec nous. Nouvel petit hypercut à l’estomac.

Même si cette expatriation on ne l’a pas forcément choisie, on fait ressortir notre trait de caractère le plus marquant, on POSITIVE.
Pour cela on se fait un petit tableau avec des colonnes "+" et "-".

On commence par les moins pour évacuer presto notre nostalgie :
Tous les ans on maudit cette période d’intense consommation qui vide inexorablement notre porte-monnaie et enrobe nos hanches. Mieux, on évite le sacro-saint déjeuner (dîner, réveillon) de Noël avec la famille au grand complet, ceux qui font hurler de rire mais aussi :

- La belle-sœur, celle-la même qui a du velcro sur les fesses et qui attend que vous la serviez comme une diva.
- La cousine avec son look tellement décalé que c’est à croire qu’elle le fait exprès et que du coup elle est top mode, plus vintage que vintage.
- La vieille tante avec sa permanente violette qui a tendance à confondre les kleenex avec des tranches de jambon pour essuyer ses lunettes (Elle voit flou, alors un peu plus, un peu moins, quelle importance? Un élan de charité de votre part pourrait éviter la méprise mais les occasions de rire sont si rares.)
- Le petit-neveu qui a tellement aimé le camion rouge que vous lui avez offert qu’il écrase les petits fours sur votre tenue hyper-classe qui vous a coûté le PNB du Burkina Fasso.
- Le vieux cousin qui vous raconte pour la énième fois pourquoi il a planté des renoncules à la place des radis, en ponctuant chaque phrase par l’exhalation d’une bouffée de cigare, tant est si bien qu’à côté l’odeur du spray canard w.c. vous paraît le plus capiteux des parfums.
- Le vingt-cinquième savon d’invités ou le trentième décapsuleur alors que vous vous êtes cassée la tête pour trouver des cadeaux originaux et creuser du même coup un trou à la pelleteuse dans votre compte en banque.

L’année dernière, vous étiez sortie épuisée, échevelée, ballonnée, les zygomatiques tétanisés par les sourires contraints en clamant haut et fort : « Que non jamais plus on ne vous y reprendrait ».

Voilà vous y êtes, alors vous n’allez pas gémir et vous attaquez le stylo conquérant la colonne des plus :

- Si votre Léonardo à vous vous avait offert un billet surprise justement pour le pays où vous êtes actuellement, vous auriez trépigné de joie devant vos copines, en lui trouvant en prime le charme d’Indiana Jones.
- Vous pouvez, vous devez participer aux Christmas Carols organisés par vos voisins même si vous n’avez pas le timbre de Céline Dion.
- Vous pouvez, vous devez inviter celui qui sera seul, vraiment tout seul (le VIE, le célibataire) pour l’occasion.
- Vous pouvez, vous devez partager les coutumes de Noël avec vos amis d’autres nationalités.
- Vous pouvez, vous devez décorer un minimum, même si le père Noël et les guirlandes sur les branches du papayer ça fait un peu décalé.
- Vous pouvez, vous devez acheter un petit quelque chose pour ceux qui sont en France et les mettre au besoin sous l’arbre de Noël, quitte à leur donner seulement au mois de juin.
- Vous pouvez, vous devez répondre aux mails et autres cartes même si vous ne visez pas la postérité des écrivains ni le grand prix de l’Académie.
- Vous pouvez, vous devez chercher des recettes festives adaptées aux coutumes du pays d’accueil. Est-il besoin de préciser qu’un foie gras ruisselant en Amérique du Sud par 45°C ne fera pas plus plaisir qu’une bûche glacée au citron à Koursk ?
- Vous pouvez, vous devez vous réunir avec vos amis pour donner un air de fête aux enfants. Il y en a toujours un que le ridicule n’a pas tué et qui peut endosser le costume du père Noël et leur en faire la surprise. Qu’il arrive en 4X4, en pirogue, la magie opère toujours.
- Vous pouvez, vous devez filmer le jour « J » et envoyer en France le fichier avec un petit mot pour la belle-soeur, la tante, le petit neveu.
- Vous pouvez, vous devez vous dire que quelque soit la religion, les coutumes, le climat du pays d’accueil : il y a cette sacro- sainte « trêve des confiseurs » qui doit être respectée et ça au moins c’est un aspect positif de la mondialisation !!!

Paquita

Choses vues et entendues :

Nicole (Caraïbes)
"Notre Noël le plus joyeux : A la faveur d’un cyclone nous nous sommes tous réfugiés, tout le village (un gros bourg) dans le seul bâtiment en dur de l’île : l’hôpital. Chacun est arrivé avec son matelas, ses vivres, ses instruments de musique. Tout le monde, les vieux, jeunes, locaux, étrangers, toutes confessions confondues. Ca a été un moment magique. Nous qui venions d’arriver, on s’est intégré immédiatement."

Caroline (Afrique)
"Pour Noël, nous avons improvisé un pique-nique sur une petite île toute proche, venait qui voulait (en pirogue, pneu de camion gonflé, speed boat) , On pensait être une vingtaine et on s’est retrouvé à soixante. C’était tellement génial qu’on est reparti chercher le dîner pour continuer la bringue. Un Noël avec paréo, ananas, pastèque et guirlandes en fleurs fraîches ! ! ! Avant la société des expats était assez cloisonnée, après il y a eu une vraie osmose."

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