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Comment soutenir un proche ou faire face à un deuil lors d’une expatriation ?  


 

L’éloignement géographique, la difficulté d’appréhender la situation à distance, l’absence de contact physique, tout cela peut rendre les épreuves traversées par nos proches ou nos propres drames, encore plus douloureux et difficiles à surmonter.
 
Vous vous demandez quel message de soutien envoyer ? Quels mots utiliser pour apporter du réconfort ? Comment gérer votre propre douleur, et celle de vos enfants, lors d’un décès ?   
 
Avec Stéphanie Patois, thérapeute spécialisée en accompagnement du deuil, et Corinne Tucoulat, notre coach de référence, nous vous proposons quelques conseils pour vous accompagner.  
 
 

Soutenir ses proches en expatriation : être présent malgré l’éloignement  

 

Être disponible pour celui qu’on aime 

Quand on est loin et qu'un proche vit une situation difficile à l’autre bout du monde, c'est un sentiment d'impuissance et parfois de culpabilité que nous risquons de déclencher. Nous ne pouvons pas être présent pour ceux que nous aimons et nous nous le reprochons. Prendre un moment pour soi pour accueillir justement cette impuissance et cette culpabilité est indispensable.  
 
Stéphanie Patois insiste : “Nous devons nous même nous sentir "disponible" pour être présent, même au loin, pour nos proches qui vivent des difficultés”.  
 
 

L’indifférence est pire que la maladresse  

Corinne Tucoulat en est convaincue : “Il est indispensable d’apporter son soutien, même s’il est maladroit.”.  
 
Un soutien quel qu’il soit est toujours préférable au silence. Il ne faut pas oublier que même à distance, c’est une manière de préserver la relation, voire de l’embellir. Corinne insiste : “C’est bon pour cette personne, mais c’est aussi pour moi.”  
 
Finalement, encore plus lors d’une expatriation, il est important de garder le lien, pour les événements heureux, comme lors des moments douloureux. Pour Corinne Tucoulat : “être loin géographiquement ne signifie pas couper les liens affectifs”. 
 
 

Envoyer des messages qui viennent du coeur   

Laissez parler votre coeur et exprimez votre soutien de manière authentique, simple et spontanée. Pas besoin d’artifice ou de surenchère. “Les mots les plus simples parce qu'ils sont "collés" à ce que nous ressentons vont sonner juste et vont toucher droit au coeur la personne” explique Stéphanie Patois. 
 
Selon Corinne Tucoulat : “il faut aussi le faire comme on le sent.” N’hésitez donc pas à exprimer votre ressenti. “Ça me gêne, je suis maladroit, je ne sais pas comment te le dire” sont des mots simples qui portent l’affection, et seront toujours bien accueillis par votre entourage.   
 
 
A titre d'exemples, voici quelques mots pour exprimer... 
  • sa présence :
    « Je pense à toi », « Je suis là », « S’il y a quelque chose que je peux faire pour toi, je le ferai volontiers », « Même si je suis loin en ce moment, je suis à tes côtés ». 
  • ses encouragements :
    « Que la force soit avec toi », « Ne lâche rien », « Tu es la(le) meilleur(e) », « Même si loin je suis avec toi dans cette épreuve et je t'envoie des ondes positives ». 
  • des mots de réconfort, de la douceur:
    « Prends soin de toi », « Tout simplement, je t’aime », « Je suis loin et j'aimerais juste te prendre dans mes bras en ce moment ».
 
 
 

Vivre un deuil à distance : quelques conseils pour se sentir un peu mieux 

Deuil en expatriation : une double épreuve à surmonter 

Le deuil est une blessure profonde. Sans doute un des plus grands stress que nous ayons à vivre dans nos vies. Faire face à un deuil, quand on est expatrié, est souvent une double épreuve. Car vivre loin de son pays est déjà un renoncement, une forme de deuil de sa patrie d'origine. Même si la situation est choisie et positive, nous pouvons connaître des manques, notamment relationnels et émotionnels.  
 
Stéphanie Patois en sait quelque chose : “Vivre un deuil loin de son pays peut nous affecter très profondément, cela peut être encore plus difficile à accepter."
 
 

Participer aux rituels malgré la distance  

Pour Corinne Tucoulat : “Si vous le pouvez, il est important d’assister à l’enterrement d’un proche”. Et si vous n’en n’avez pas la possibilité, participez, même de loin !  
 
Stéphanie Patois raconte : “Une cliente m'a raconté que ses parents l'avaient appelé juste après la cérémonie de l'enterrement. Toute sa famille était réunie pour célébrer la mémoire du défunt, et juste entendre la voix de son père, puis celle de sa mère, l'a beaucoup touché. Cela l’a beaucoup aidé dans son processus d'acceptation.” Une solution pour s’apaiser et nous aider dans notre cheminement.  
 
 

Respecter son propre rythme de deuil  

Le chemin du deuil est sinueux et surtout propre à chacun. Finalement, expatrié ou pas, nous avons tous cette route à emprunter un jour ou l’autre. C’est une blessure qu’il faut prendre le temps d'apprivoiser et de soigner lentement, chacun à son rythme. Un pas à la fois ! 
 
Stéphanie Patois conseille ainsi, à ceux qu’elle accompagne de se donner le droit de pleurer, de parler de ses émotions si cela peut nous faire du bien. Moins se juger aussi parce qu’on souffre et qu’on ne sait plus quoi faire avec cette souffrance. C’est bien souvent un premier petit pas vers l’apaisement de la blessure qu’est le deuil.
 
 

Parler avec ses enfants 

La mort ne doit pas être un tabou, d’autant plus lorsque nos enfants n'assistent pas aux rituels du décès. Par crainte de les traumatiser, on préfère éviter le sujet. Pourtant, Stéphanie Patois le rappelle très justement : “Les non-dits des adultes peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Les enfants vont s'isoler et partir dans un imaginaire encore plus inquiétant, finalement, que la réalité”.  
 
Ne pas cacher la réalité, c’est une manière aussi de la leur faire accepter. Parler de ce décès à notre enfant, de notre douleur et lui laisser exprimer la sienne est indispensable.
 
Stéphanie Patois propose des solutions pour communiquer avec ses enfants sur ce sujet : “En fonction de leur âge, on peut leur proposer des activités pour faciliter le deuil. Il est important de respecter leur rythme, de ne rien forcer."
 
 
Pour conclure, ne restez pas seul avec votre douleur. Il ne faut pas hésiter à se faire aider ou se faire accompagner dans son processus de deuil. La lumière se trouve souvent au bout du chemin. 

 


Quelques pistes de lecture :
  • "Mort, mais pas dans mon coeur ", Josée Masson, experte reconnue (au Québec et au-delà) en matière de deuil chez les enfants. C'est un livre-guide pour aider un jeune en deuil - le dernier chapitre donne des idées d'activités
  • "Un baume pour le coeur" de Josée Jacques (psychologue québécoise), petite brochure très pratiquo-pratique
 
Autres références sur le deuil :
  • "Vivre le deuil au jour le jour", Christophe Fauré (psychiatre et psychothérapeute)
  • "Le deuil une blessure relationnelle", Louise Racine (Thérapeute en relation d'aide par l’ANDC®), ouvrage d'un abord facile et très chaleureux. Louise Racine est formatrice en thérapie du deuil et anime des groupes de soutien pour endeuillés.
 

 

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