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Les billets d'humeur Ma vie en expatriation

Se trouver soi-même en expat : « partie ingénieure, j’en suis revenue peintre »


se trouver soi-même en expatriation
Stephanie Libreros - Quelque part#3

Pourquoi est-il logique de partir en expatriation ingénieure et d’en revenir peintre ? Et en quoi Descartes nous l’expliquait-il déjà ? Suivez la plume puissante de Stéphanie qui nous entraîne dans un étonnant voyage géographique, historique et personnel. Peut-être vous y trouverez-vous vous-même ?!

 

Europe, fin des années 1620...

Velázquez débute sa carrière de peintre du Roi à Madrid. Rubens vient de terminer Le Chapeau de Paille à Anvers. Le Caravage s’est éteint prématurément il y a quelques années en Toscane, laissant en héritage son clair-obscur aux peintres des générations futures.

Les philosophes se nourrissent de la maturation des idées de la Renaissance pour ouvrir, avec d’illustres scientifiques, ce qui sera bientôt Les Lumières.

On imagine l’effervescence intellectuelle à Paris. Descartes y vit, mais plus pour longtemps. Il est déjà parti-revenu plusieurs fois, convaincu qu’il y a bien plus à apprendre en voyageant et en lisant « dans le grand livre du monde ».

Un expatrié convaincu ? Sûrement.

 

 

L'expat comme quête de solitude

Mais étonnant pourtant, car là où nos expatriés contemporains se laissent convaincre par l’excitation devant l’inconnu, la richesse de l’interculturel, et l’aventure, le désir de Descartes est ailleurs.

Ce n’est pas

« la curiosité, ni l’envie de bouger, mais le désir de paix et de tranquillité »

...révèle Steve Nadler dans "Le philosophe le prêtre et le peintre".

 

Il quitte Paris pour les Pays Bas, certes tout aussi bouillonnant que Paris, si ce n’est plus, à l’époque. Mais il vient y chercher la solitude.

« Parmi la foule d’un grand peuple fort actif et plus soigneux de ses propres affaires que curieux de celles d’autrui, sans manquer d’aucunes commodités qui sont dans les villes les plus fréquentées, j’ai pu vivre aussi solitaire et retiré que dans les déserts les plus écartés ».

(Discours de la Méthode).

 

Parmi la foule, il était seul.

Et c’est dans cette solitude qu’il a pu penser, écrire, créer. Loin des distractions, il a pu rendre son silence et son isolement féconds.

 

 

Car quand on creuse un peu en dessous de la superficie attrayante de la vie des expatriés, on découvre une pépite douloureuse

La profondeur de l’expérience d’être un étranger dans un pays qui n’est pas le sien est dans la solitude et la vulnérabilité.

Alors qu’on voudrait :

  • crier notre existence, on passe inaperçu.
  • être plein de confiance en soi, on reste fragile parce qu’on ne sait pas.
  • être puissant, le doute s’installe.

La comparaison avec Descartes s’arrête là, mais je sais aujourd’hui que c’est cette vulnérabilité qui a nourri mon choix.

 

Je suis partie il y a presque 10 ans au Brésil, comme ingénieure chez Total. J’étais visible, mon diplôme me faisait rayonner ; gonflée de confiance en moi, comme la grenouille de La Fontaine ; puissante même, on peut le dire. Et j’ai fait l’expérience de la vulnérabilité, du doute, de l’incertitude. Douloureuse mais féconde.

Alors j’ai fait le choix de les vivre toute ma vie et je suis devenue artiste.

 

 

C’est une expatriation permanente 

Je vis en dehors de. De la vie que j’avais avant, du rythme parisien, de mes repères culturels.

C’est un nouveau métier, un nouveau réseau, un nouveau projet qu’il faut que je construise pas à pas, patiemment. C’est l’incertitude au quotidien.

 

Et les crises sont fréquentes

Soit, je suis envahie par la routine domestique et j’étouffe, soit, je n’arrive à rien, soit je me heurte à un mur d’incompréhension, voire même pire d’indifférence, soit, je suis tout simplement épuisée.

Vous lisez cela et vous dites que je ne suis pas la seule à vivre ces crises. Tout le monde les traverse. Pas besoin d’être artiste pour cela.

Et vous avez raison.

 

La vraie richesse pour moi c’est que ces crises nourrissent mon travail créateur

Comme Descartes, c’est en vivant dans l’isolement, dans la solitude qu’il a mûri sa pensée. Comme Freud, c’est dans une crise existentielle intense qu’il a « inventé » l’auto-analyse puis la psychanalyse.

Je n’ai la prétention de vouloir égaler ni la pensée cartésienne ni la révolution freudienne, bien au contraire, je ne sais travailler qu’avec ce que j’expérimente directement. Une couleur qui se détache, une lumière qui traverse, une transparence qui déforme, une matière qui résiste, un souvenir qui marque, une tache qui se répète au quotidien, …

Et ce qui m’anime dans le fond, c’est de pouvoir partager ce regard, un regard si possible d’émerveillement sur ce qui nous entoure.

 

Car je crois que c’est en :

  • s’arrêtant sur ce qui fait notre quotidien,
  • percevant intensément ce qui nous entoure, là, juste là,
  • regardant ce que l’on voit, et en s’émerveillant de ce que c’est,
  • s’arrêtant et en faisant silence, un silence actif,
  • écoutant ce que l’autre est, ce que l’autre fait,
    Qu’on redonne sens.

 

Et je rêve d’être capable de transmettre cela

En m’arrêtant, en respirant, en portant un autre regard, je rêve de donner envie de s’arrêter, de respirer, de porter un autre regard.
Et je rêve de le faire là où tous passent la plus grande partie de leur quotidien. Là où la crise de sens, d’espoir, de lien est la plus forte : sur le lieu de travail.

Une première tentative est de transmettre mes lettres folles à la couleur Rouge, comme pour offrir une pause artistique sur le lieu virtuel de boulot, LinkedIn.

Une seconde serait d’investir le lieu physique, de passer 3 mois, 6 mois, 1 an avec des salariés, en résidence artistique, sur leur lieu de travail, de regarder, de percevoir, d’écouter … et de créer à partir de cette expérience.

D’offrir par le regard un peu de sens, de lien, d’espoir. Un peu.

 

Stéphanie

 

 

Si comme nous, vous souhaitez laisser entrer un coin d’art dans votre quotidien effréné, nous vous conseillons d’ajouter les couleurs de Stéphanie à votre quotidien digital :

  • Pour introduire une touche de poésie dans l’actualité de votre compte Linkedin, suivez sa série #lettresalacouleurrouge. Un bijou de sensibilité et d’érudition.
  • Pour consteller votre fil Instagram de bribes de couleurs, suivez ses travaux sur Instagram @cetautrelacouleur
  • Ou pour mieux la connaître, rendez-vous sur : www.stephanielibreros.com

 

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Une expatriation ne s’improvise pas, faites-vous accompagner !

Expat Communication accompagne depuis 2001 chacun des acteurs de la mobilité internationale sous la devise « Together, we care for expats » et propose :

  • Des stages départ : un accompagnement indispensable pour préparer son départ et faciliter son adaptation sur place.
  • Des stages retour : une journée pour les collaborateurs ou pour les conjoints, pour faire le point. Relire son expatriation, avancer sur ses projets de retour et échanger avec d’autres personnes qui sont dans la même situation. Une bulle d’esprit expat avant de plonger dans le bain du retour.
  • Un accompagnement individuel : une coach, ancienne expatriée elle-même, vous aide à élaborer et mettre en œuvre votre projet professionnel. Service disponible à Paris ou par skype avant votre retour. Vous n'êtes pas sûr de vous ? Une session de coaching de 30 minutes vous est offerte.
  • Le job booster cocoon (Retour à l’emploi après une expatriation ): des groupes d’expatriés, hommes et femmes, boostent leur carrière en s’entraidant pour définir et obtenir le job de leurs rêves. Pour garder l’esprit innovant, débrouillard et solidaire de l’expatriation qui fera rebondir leur carrière. A Paris et à San Francisco.

 

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