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Le Couple Ma vie en expatriation

Expatriation : quand c’est lui qui suit


Expatriation : quand c’est lui qui suit

"Quand c'est l'homme qui suit" : interview de quelques conjoints suiveurs.

« Pour toi j’irai au bout du monde… » Oui enfin faut voir... Jusqu’à présent, c’était plus «Chérie, fais tes valises on part à Shanghai, Houston, Londres… ». Et c’était plutôt les femmes qui allaient au bout du monde pour suivre leur moitié.

Mais les hommes sont de plus en plus nombreux à suivre leur femme salariée en expatriation.

 

 

Comment s’est prise la décision de partir ?

Mickael (Burundi)

La décision de partir s'est implicitement prise le jour où mon épouse a repris ses études à vocation internationale, il y a deux ans. Il était très difficile d'envisager qu'elle puisse s'épanouir dans une vie professionnelle basée uniquement en France avec un diplôme en relations internationales.

La décision finale s'est faite tout simplement en fonction des opportunités d’emploi.



Arnaud (Hong Kong)

A la fin de nos cursus respectifs (Elle en Faculté de finance, Moi en école d’ingénieur), et après une expérience en entreprise française, nous nous sommes mis d'accord : nous allions chercher chacun un poste dans 4 villes que nous avions préalablement choisies (Sydney, Singapour, Hong Kong, Shanghai). Et le premier qui trouve, l'autre suit.

Elle a trouvé en premier sur Hong Kong un poste de business Analyst. Alors, j’ai suivi !

 

Vincent (Londres)

La décision de partir était une évidence. Nous avions déjà discuté ensemble des possibilités d'expatriation, et même si l'Asie était en haut de notre liste, c'était davantage l'expatriation en soi qui nous attirait.

Ma femme en avait émis le souhait auprès de sa hiérarchie dès son arrivée dans l'entreprise, et j'arrivais à la fin de mon contrat. 

Nous avions le choix entre Londres ou l'Australie, mais le départ pour ma femme devait se faire dans les 2 mois et c’était trop court pour arranger un départ à l'autre bout du monde.

Le pays d'à côté, même si la différence culturelle est grande, nous a semblé un meilleur choix pour une première expatriation.

 

Xavier (Londres)

Depuis quelques années, ma femme évoquait, distraitement et discrètement, les opportunités de postes à l'étranger. "Ça te dirait d'aller vivre en Chine ?" (Bon, d'accord, ça n'a rien de discret, mais il en faut beaucoup pour éveiller des soupçons, chez moi...).

Étant d’un naturel très casanier, je voyais cela tout cela de façon abstraite et improbable. Jusqu'à ce que : “Il y a des postes ouverts près de Londres, j’ai bien envie de postuler.

C’est devenu subitement beaucoup plus concret. Hmm... Londres... C’est assez proche... apprendre l’anglais bénéficierait beaucoup aux enfants... j’ai envie de changer de travail mais je ne me secoue pas assez pour le faire... c’est une super opportunité pour ma femme...Bon... OK. Banco !

 

Quel regard portait votre entourage sur votre situation ?

Mickael (Burundi)

Mon entourage familial n'était pas "emballé" par cette expatriation, sans nul doute à cause d'une crainte du marché du travail.

Quitter un CDI en France pour l'inconnu dans le monde est parfois difficile à faire comprendre. Les amis, les collègues étaient assez divisés sur la question. J'ai tantôt été respecté par certains pour accompagner mon épouse dans ces projets et tantôt été incompris par d'autres, pour les mêmes raisons.

 

Arnaud (Hong Kong)

Nous n'avons pas eu un regard spécial, certains nous ont dit que c'était ‘mignon’, d'autres courageux…

Lplus difficile finalement, c'est de partir à l'étranger car les repères ne sont plus les mêmes, les amis proches ne peuvent être là au quotidien, la famille vous manque… donc avoir un/une conjointe est un soutien moral très important.

Finalement, d'une certaine manière heureusement qu'on s'est suivi l'un l'autre.

 

Vincent (Londres)

Les réactions étaient dans l'ensemble unanimement favorables. Nous n'étions pas parmi les premiers dans nos différents groupes d'amis à nous expatrier et nos amis y ont certainement vu l'occasion de faire une fête. Sans compter qu'ils y ont vu un nouveau point d'amarrage dans un autre pays.

Il y a peut-être eu un peu de crainte de la part de mes parents pour qui les réunions dominicales et les réunions de famille en général, ont une place très importante. Ils ont réalisé qu'ils ne nous verraient plus aussi souvent que quand nous habitions à 500 mètres de chez eux. 

 

Xavier (Londres)

Comme nous, l’entourage se préoccupait surtout des enfants, qui allaient du jour au lendemain être plongés dans une école de langue anglaise.

Ils ont bien pris quelques cours avant le départ, mais une fois dans la cour de récréation avec les nouveaux “classmates”, ou pendant les cours d’histoire, de géographie, d'éducation religieuse (God Save The Queen...), et d’anglais !... c'était devenu insignifiant.

L'éloignement, pourtant raisonnable, crispait aussi quelque peu les sourires quand nous annoncions la nouvelle. Mais, ils en comprenaient bien l'intérêt, et les réactions étaient en général positives.

Nous sommes également partis avec un carnet de commandes de séjours à Londres très fourni. Et de fait, il y a eu peu de désistements ! L’expatriation fait rêver... Il y a un peu d’aventure là-dedans. Nous avons eu beaucoup d’encouragements. Peut-être même avons-nous fait germer quelques vocations.

 

 Après  votre arrivée, avez-vous eu des difficultés à trouver une «occupation», voire un job.... ?

Mickael (Burundi)

Dans mon cas, cela a été relativement facile. Travaillant dans l'hôtellerie-restauration, mon secteur d'activité étant assez modulable et dynamique, il m'a était facile de travailler dans des hôtels ou d'apporter mes compétences lors de missions.

Cela m'a, en fin de compte, été très profitable car j'ai pu développer d'autres compétences professionnelles que je n’aurais pas eu l’occasion de développer dans mon précédent poste.

Il est primordial de garder une veille stratégique constante sur le marché du travail du pays dans lequel on emménage, ne pas rester sur ses acquis et être prêt à envisager de changer de métier. Au-delà de la profession et du métier exercé, c'est un état d'esprit aventurier que l'on doit avoir.

Il est primordial d'oublier la vision française du monde du travail et de se calquer à celle du pays d'arrivée. D'un point de vue culturel, personnel ou professionnel savoir s’adapter reste le premier facteur de la réussite.

 

Arnaud (Hong Kong)

Oui j’ai eu des difficultés et non pas parce que je n’ai pas cherché mais je travaille dans le domaine de l'environnement et bien que Hong Kong fait de la belle communication autour des enjeux environnementaux… il n’en reste que peu d'emplois sont disponibles dans ce domaine et pour beaucoup d'entreprises, parler le cantonnais ou au moins le mandarin est obligatoire.

J'ai donc d'abord utilisé ma société d'auto-entrepreneur pour effectuer des missions en France puis en Asie. Je me suis ensuite fait embaucher par une société locale gérée par une expat Sud-Africain. Au bout de huit mois et suite à des complications et des divergences managériales, j'ai quitté la société et j’ai de nouveau utilisé ma société d'auto-entrepreneur pour réaliser des missions.

Depuis 2 mois je travaille pour un homme d'affaires à Hong Kong et recherche de nouvelles opportunités.

 

Vincent (Londres)

Le moteur de cette expatriation était ma femme et son transfert du bureau de Paris au bureau de Londres. Je suivais, avec enthousiasme, mais sans la moindre connaissance de ce qu'était l'Angleterre et le marché dans mon secteur d'activité.

La recherche d'emploi comme je la connaissais et l'avais expérimentée s'appuyant sur une connaissance du marché, des acteurs et sur un réseau plus que sur des offres publiées (qui ne représentent qu'un très faible pourcentage des postes disponibles), il m'a fallu presque 8 mois pour trouver un emploi.

J'avais choisi de ne pas dissiper mon énergie avec un job de serveur que j'aurais facilement trouvé vu la fluidité de ce secteur à Londres, et de comprendre précisément qui étaient les acteurs de mon secteur avant de me lancer. J'ai évalué que j'aurais mis 2 à 3 fois moins de temps à trouver un emploi équivalent en France, ce qui ne me fait pas regretter pour autant notre choix.

En tout cas, je confirme ce que nous avions lu et entendu : pour s’expatrier avec des enfants, il est vraiment préférable d’avoir le conjoint disponible, au moins les premiers mois.

 

 Quel est votre sentiment personnel ?

Mickael (Burundi)

Aujourd'hui, pour un homme, il est encore très difficile de ne pas être considéré comme moteur unique du couple. C'est un ressenti qui se fait sentir au quotidien, à travers les attitudes de nombreuses personnes, de manière consciente ou non.

Dire: "Je suis ici car mon épouse a eu une opportunité professionnelle intéressante et je l'ai suivie" est encore difficilement compris par beaucoup, mais la société évolue fort heureusement !

S'expatrier pour suivre son épouse doit avant tout être dans la continuité globale du couple.

 

Arnaud (Hong Kong)

Sur mon expatriation: je suis ravi. Sur mon choix d'avoir suivi ma conjointe: je pense avoir fait le bon choix même si je peine maintenant au niveau professionnel.

 

Vincent (Londres)

Que du bonheur. La famille, les amis et quelques fromages nous manquent beaucoup ici, mais nous sommes à 2h15 de train.

Nous avons construit notre famille à nous (nous sommes passés de 2 à 4), nous avons découvert de nouvelles personnes, un nouveau pays, nous sommes ouverts à une culture réellement différente, à un environnement de travail sans comparaison et avons un rythme de vie qui nous va parfaitement.

Nous avons probablement perdu un peu sur le plan financier, mais il y a suffisamment de contrepoids dans la balance pour compenser cela.

 

Xavier (Londres)

L’expatriation, c’est bon. Mangez-en !

Bien sûr, étant encore sur place, je manque de recul pour évaluer tout ce que ceci nous aura apporté ou pas, mais pour l’instant, je ne vois que des points positifs :

  • Une expérience déterminante, sur le CV... et pas seulement.
  • Des enfants bilingues et ouverts sur les autres.
  • Un nouveau regard sur la France.

Cela dit, l’Angleterre est un pays proche, et pas si différent. S’expatrier sur un autre continent, ou dans un pays dans lequel on ne maîtrise pas la langue principale est probablement plus compliqué.

 

Hésiteriez- vous avant d’accepter une nouvelle expatriation ?

Mickael (Burundi)

Hésiter : Non. Mais réfléchir avec mon épouse, échanger ensemble sur les implications, les opportunités réelles d'une nouvelle expatriation... Oui.

Concrètement, tout dépend de l'opportunité professionnelle en question ! Il ne faut pas la subir mais qu'elle soit l'occasion de nouvelles découvertes et expériences.

 

Arnaud (HK)

Non jamais, l'expatriation est une occasion en or pour se découvrir et découvrir de nouvelles populations. Nous recherchons dans de nouveaux  pays.

Nous ne sommes pas du tout un cas isolé, puisque je connais déjà 5 personnes qui ont suivi leur conjointe à Hong Kong.


Vincent (Londres)

Nous sommes en train de préparer la prochaine expatriation. Cette expérience à Londres n'est qu'une première étape avant une expatriation plus exotique.

Nous ne nous voyons pas revenir en France demain, peut être après- demain...

 

Xavier (Londres)

Une nouvelle expatriation... Rentrer en France vous voulez dire ?

Plus sérieusement, que ce soit ici ou ailleurs, je pense qu’il est sain de pouvoir se sentir chez soi quelque part. Nous essaierons donc si possible d'éviter d'enchaîner les expatriations les unes derrière les autres pour assurer une certaine stabilité à nos enfants et à nous-mêmes.

Mais ce que j’apprends aussi, c’est qu’il est bien difficile de prédire de quoi demain sera fait.

 

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