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Adolescence : c’est une période que l’expatriation peut déstabiliser


Adolescence : c'est une période que l'expatriation peut déstabiliserL’adolescence est une période complexe où l’individu n’est plus tout à fait un enfant, ni vraiment un adulte. Avec une expatriation, cette transition de vie se complique davantage. L’adolescent se retrouve à devoir gérer en plus un changement de cadre social perturbant. Entre changements internes et externes, l’adolescent qui part s’installer à l’étranger est un homard en transhumance.

 

Françoise Dolto décrit en effet l’adolescence à travers l’image du homard qui change de carapace.

En pleine mutation, il ne possède pas encore de protection solide alors qu’il est déjà confronté à de nombreux défis. Comme la découverte de son corps en évolution, des pulsions sexuelles et agressives émergentes, des interdits à braver et une autonomie à la fois recherchée et redoutée. Au delà des questions identitaires, l’adolescent va devoir trouver une bonne distance vis-à-vis de ses parents et une place dans la société.

La question pour lui est alors :

Comment savoir qui je suis quand non seulement mon corps, mes pensées mais aussi mon monde, se transforment ?

 

Un chamboulement identitaire

Les nombreuses modifications au niveau du corps peuvent être pour lui assez déroutantes. Avec des phases de doutes et de questionnements, le tout accompagné d’une humeur qui change au gré d’un bouillonnement hormonal.

C’est pourtant dans ce contexte de crise féconde que l’adolescent doit trouver sa place dans la société en se projetant dans un métier ou une formation professionnelle.

 

Une distance familiale

Des modèles apparaissent comme des références idéalisées qui le guident et l’éloignent parfois de celles véhiculées par ses parents. Un détachement d’avec sa famille lui permet d’investir une communauté qui lui est propre. Avec parfois l’ambition d’être et de faire mieux que ses parents, malgré la pression que cela implique pour lui.

Toutefois, en partant s’installer dans un pays inconnu, la famille représente le seul élément de stabilité dans un environnement empreint d’étrangeté. L’adolescent peut alors se sentir régresser dans une dépendance qui le prive subitement de l’autonomie qu’il convoite.

« Alors même qu’il s’investissait dans son réseau social pour se détacher de ses parents, l’expatriation lui fait perdre à la fois sa place dans la communauté et renforce le rapprochement familial »

Lire aussi « Réussir sa vie d’expat »

 

La perte des repères sociaux

En s’installant dans un pays culturellement très différent, l'adolescent peut se sentir éloigné des critères physiques, vestimentaires ou comportementaux locaux. Ce qui peut l’amener à vouloir se replier sur lui-même.

« Se comparer aux autres pouvant être une stratégie rassurante et l’aval de conformité dans son pays, à l’étranger cela peut au contraire renforcer la différence ».

L’adolescent peut aussi éprouver une difficulté à se représenter le monde auquel il appartient. Celui d’où il est familialement originaire ou bien celui où il réside. La question identitaire touche aussi les langues qu’il décide d’employer en société, avec les amis ou avec ses parents.

Un sentiment d’appartenance culturelle complexe peut naître autour de la question « d'où suis-je ? » qui s’ajoutent à celles de « qui suis-je ? » et « que vais-je faire dans la vie ? ».

 

De nombreux deuils, une plus grande ouverture

En partant s’installer à l’étranger, l’adolescent fait face à de nombreux deuils. Celui d’un mode de vie familier, celui de son réseau social et amical, et enfin celui de l’insouciance de l’enfance.

Il gagne néanmoins une plus grande ouverture au monde, une plus grande adaptation à la nouveauté, et la possibilité de découvrir d’autres modèles originaux. Pour l’accompagner au mieux, il convient néanmoins de comprendre la confusion dans laquelle l’adolescent peut se trouver. Ce qui peut l’amener à s’isoler, à se réfugier dans un espace personnel qui le rassure, et à se connecter à ses pairs, de façon réelle ou virtuelle.

 

Quand la confusion provoque une réelle souffrance

 

Il convient alors de consulter un professionnel pour l’aider à traverser cette transition de vie naturellement perturbante.

Les signes à surveiller sont des réactions excessives et récurrentes de violence envers soi ou envers les autres, particulièrement quand cette violence se traduit par des actes physiques, ou bien une attitude dépressive avec perte de confiance en soi, notamment avec la présence de pensées morbides.

 

Heureusement, l’expatriation offre aussi de nombreux bénéfices 

 

L’adolescent développe son intelligence nomade qui lui permettra de devenir un adulte doué des aptitudes propices à poursuivre des expériences internationales dans le futur.

 

Par Magdalena Zilveti Chaland

 

Magdalena-Chaland-Zilveti2.JPGMagdalena est psychologue-coach, experte en gestion des émotions auprès des francophones résidant à l’étranger.  Elle est installée en Californie depuis plus de 10 ans.
www.intelligence-nomade.com

Plus d’informations sur les répercutions psychologiques de l’expatriation : le livre « Réussir sa vie d’expat » Magdalena Zilveti Chaland, Editions Eyrolles, 2015

 

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