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Les Parents / Grands-Parents Ma vie en expatriation Vie familiale & sociale

Partir et laisser ses parents âgés derrière soi


Partir-laisser-parents-ages-derriere-nous-UNE femmexpat 559x520-4Partir en expatriation, c'est aussi souvent, laisser ses parents âgés derrière soi... 

C’est vrai qu’aujourd'hui, on vieillit de mieux en mieux. Et nous ne parlons pas ici de nos parents qui barbotent dans la jouvence. Les mêmes qui n’imaginent pas un instant louper leur cours d’accro branches - quand ce n’est pas un trek au Ladakh - pour venir tamponner d’éosine les boutons de varicelle de Glinglin.

Non, nous nous attachons, à travers ces témoignages, à ceux dont les rivages de l’âge sont mouvants, à ceux qui ont été si longtemps un point d’ancrage pour nous et ce départ prochain nous fait réaliser l’extrême fugacité du temps.

 

Ils reçoivent, le plus souvent, avec une joie attendrie et douce, notre décision de partir

Mais l’âge venant « ils protègent moins leurs mystères », serrent alors plus fort que de coutume notre main, se veulent tout entiers à leur rôle de parents et nous chuchotent du bout des cils un « ça ira ». Eux comme nous le savons, nous avons le cœur sur la vague.

Nous savons alors, que nous rentrons dans une phase où nous allons nous inquiéter l’un de l’autre, l’un pour l’autre... Qu’ils soient à deux ou seuls.

 

Quand on part loin le souci de l’installation et la sécurité de nos aînés

Marie-Pierre nous confie que son départ à l’étranger a été vécu comme un exode affectif.

Elle habitait près de son père dans le Nord et sa sœur dans le Sud : 

« Notre départ a signé le glas de la vie de mon père dans sa propre maison et l’obligation de l’installer dans une maison de retraite. La décision de partir a donc fait des dommages collatéraux dont mon père a pâti le premier. Je porte douloureusement ce poids psychologique même si lui m’assure que ça n’a fait qu’avancer une décision qu’il aurait finit par prendre ».

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Un sentiment de culpabilité

"A notre départ, ma grand-mère qui m’a élevée, a lâché prise. Depuis toujours, elle a assumé sa vie, mais là, elle s’est laissée aller. Par exemple, quand je revenais d’Italie elle me tendait un sac en plastique rempli avec tout son courrier non ouvert. Devant les autres tout semblait rouler mais elle me réservait tous les problèmes comme pour me faire payer le fait d’être partie, comme un reproche silencieux et lourd. Le médecin de famille, que j’ai alerté, m’a dit qu’elle faisait une dépression. Nous avons trouvé et conclut un accord : elle vient cinq semaines deux fois par an chez nous et elle a retrouvé une deuxième jeunesse en se sentant utile auprès de ses arrières petits enfants et le mieux c’est qu’ensuite elle est contente de rentrer chez elle !"

 

Laisser le soin de son parent à la fratrie

Paul, qui est en Afrique, sent bien que son manque d’implication physique génère des grincements de dents : 

« Pourtant j’écris, je téléphone, j’essaie d’être le plus présent possible pendant les vacances mais mes belles-sœurs manifestent du ressentiment ».

 

Combattre la solitude

Nadège a pris le problème à bras le corps avant son départ : 

« Mes parents sont divorcés et le problème s’est posé pour ma mère qui n’est pas très mobile et n’a plus vraiment de famille, donc peu ou pas de visite. Bien que ce soit une femme très cultivée et intéressante, nous avons donc imaginé de la mettre en « coloc ». Après une expérience un peu désastreuse avec une autre vieille dame, nous avons opté pour une jeune fille qui lui fait quelques courses et surtout lui tient compagnie sans pour autant que leur indépendance soit menacée. Cela fait deux ans maintenant et Sophie (la jeune fille) prend de plus en plus souvent son dîner avec elle, l’emmène au cinéma ... l’alchimie s’est faite bien au-delà de nos espérances et de l’accord initial ! »

 

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La gestion d’un problème

C’est là que l’absence se fait plus prégnante. Difficile de mesurer l’ampleur, d’être à la fois rassurant et efficient quand on habite à des milliers de km et de fuseaux horaires comme en témoignent Eliane et Gabrielle.

Eliane a eu beaucoup de difficultés à gérer l’hospitalisation puis la rééducation de sa maman : 

« Ma mère qui était déjà plus ou moins dépendante (une aide 2 heures par jour) a dû être hospitalisée. Pour avoir des renseignements précis, c’était très compliqué de joindre les médecins à l’hôpital au téléphone. Les infirmières faisaient le relais mais uniquement pour le quotidien : elle a bien dormi, elle est agitée, elle a bien mangé... »

Pour Gabrielle qui est seule avec un enfant en Asie, c’est le renversement des rôles :

« Mes parents étaient des soixante-huitards attardés. Ils n’ont rien prévu pour leurs vieux jours. J’assume financièrement la charge de mon père veuf, je sais que des aides existent car maintenant il va falloir le « placer » mais quand on a 7 heures de décalage avec la France et qu’on veut se renseigner auprès de l’administration française, bonjour ! »

Enfin ce témoignage si touchant de Pascal :

« On avait convenu que je les appellerai deux fois par semaine mais mon père au fur à mesure que la maladie de ma mère avançait s’est mis à téléphoner de plus en plus souvent et toujours à l’heure de son dîner. On sentait l’angoisse qui montait avec la tombée de la nuit, c’est très douloureux et en même temps tous ces petits riens exquis qu’il radotait nous ont plus rapprochés que les longues années passées sous son toit. »

Paquita

 

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