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Culture Fiche pratique

Sélection lecture – automne 2015. Vos livres préférés.


SélectionLectureAutomne2015Vous avez lu, vous recommandez. Vos coups de coeur pour cet automne... Voici une sélection d’automne des livres coups de cœur de FemmExpat : à vous de piocher dans cette liste selon vos affinités et de vous évader par la lecture. Rejoignez-aussi le club lecture pour rester informée des nouveautés dans cette rubrique. Si vous souhaitez faire part de vos suggestions pour une prochaine liste de lecture, n'hésitez pas à nous envoyer un petit paragraphe à l'adresse suivante : editorial[at]femmexpat.com

 

Par Paquita

Petit Piment, Alain Mabanckou, Seuil

Le roman d'Alain Mabanckou nous raconte la vie d'un orphelin de Pointe Noire dans une institution d'accueil, sous la férule abusive de Dieudonné Ngoulmoumako, quand arrive la révolution socialiste. Il se fait alors la belle avec des jumeaux pour vivre dans les faubourgs de Ponte Noire. Petit Piment nous décrit alors cette société souterraine, ses rencontres hautes en couleurs, ses illusions et désillusions sur la vie d'adulte.

Un roman social, politique, économique qui trace la vie de ce pays conditionné par des pesanteurs tribales et ethniques. En filigrane, derrière le destin de Petit Piment c'est aussi cette vie au Congo dans les années 60-70 qui est évoquée. La condition des femmes, la corruption, la pauvreté intellectuelle de la révolution sont des composants de la réalité africaine que Mabanckou décrit et nous fait aimer, malgré tout.

 

Boussole, Mathias Enard, Acte sud

Quand le charme de l'Orient opère et est condensé dans un texte de Mathias Ennard. Franz Ritter est musicologue à Vienne. Pour échapper à ses angoisses, il évoque, invoque ses souvenirs et ses rencontres avec des personnages insolites dans des lieux aussi mythiques que lourds d'évocations par les temps qui courent : Istanbul, Alep, Damas, Palmyre ou Téhéran. Une autre lecture de L'Orient, personnage principal du roman avec l'inaccessible Sarah, aimée, idéalisée par narrateur.

Un texte brillant, érudit, rythmé comme une partition. Un des bons, très bons romans de la rentrée littéraire.

 

L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie, Anne Carriere et poche

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui possède le seul journal indépendant du pays. Mais ce père admiré et vénéré est un fondamentaliste catholique qui n'admet que la stricte observance de ce qu'il croit être la parole de Dieu. Kambili et Jaja vont vivre sous sa férule implacable jusqu'à ce que la révolution les exile chez une tante. Ils découvrent alors que cette vie païenne est la vraie vie, altruiste, simple, joyeuse. Et font ainsi l'amère découverte de la tyrannie paternelle que jusque-là ils subissaient.

Une réflexion intéressante sur la religion et ses excès, sur l'amour paternel, sur la révolution nigériane. Un livre utile.

 

Le préféré, Valérie Nivet-Doumer, Anne Carrière

Ce livre d'une jeune auteure n'est pas sans rappeler le film "l'incompris" de Comencini avec la légèreté d'un Cavada. Tom a quatre ans quand ses parents reviennent du Brésil le jour de Noël avec un nouveau-né. Très vite la mère affiche sa préférence pour le baby Ben tandis que Tom s'applique à devenir le fils modèle pour grignoter les miettes de l'amour maternel. En vain. Il décide alors de partir à la recherche de la mère biologique de Ben au Brésil.

Un roman où le secret de famille est le sujet central.

 

Par Françoise

La bibliothèque des cœurs cabossés, Katarina Bivald

Une jeune suédoise timide, toujours le nez dans les bouquins, débarque pour quelques mois aux USA dans une bourgade perdue au milieu de champs de maïs. En décidant d’ouvrir une petite bibliothèque, par petite touche, Sara va bouleverser le vie de ces habitants. C’est la rencontre de deux univers culturels, le portrait d’une petite communauté américaine refermée sur elle-même. J’ai adoré les péripéties et rebondissement du récit, les clins d’œil aux livres que j’aime (ah, tiens, mais c’est dans Beignets de tomates vertes ça!). 

 

Par Catherine, Kansas City

"Better than before", Gretchen Ruben (en anglais)

Toujours dans sa quête de nous rendre plus heureux (son livre précédent s'appelle "The happiness project"), Gretchen Ruben s'attaque dans celui-ci à nos habitudes : celles que nous souhaitons mettre en place comme celles dont nous souhaitons nous débarrasser ! Pourquoi certaines sont faciles à implanter et d'autres non ? Pourquoi nous sommes tous différents face aux habitudes ? Elle décrit des profils qui permettent de comprendre beaucoup de choses ! Vous pouvez même connaître votre propre profil en répondant à un questionnaire sur son site ! Belle découverte, inspirant et même transformant !

 

"Gift from the sea", Anne Morrow Lindbergh (désolée, en anglais aussi !)

Un livre doux de pensées sur les hommes, les femmes, la paix, la solitude, les relations, sur notre monde moderne, sur l'équilibre que nous devons trouver. Un livre magnifique et plein de sagesse. Un livre qui invite à la réflexion, à la contemplation et à la créativité. Et surtout un livre à offrir !

 

Par Marine

Au pays du P’tit, Nicolas Fargue

Le pays du p’tit, c’est la France. Parce qu’on y prend un p’tit café, un p’tit croissant, un p’tit dessert, on se fait un p’tit resto, un p’tit ciné, qu’on vous demande d’attendre un p’tit moment, que tout y est « juste un p’tit peu » - pas assumé. « J'enseigne la sociologie à l'université et j'ai 44 ans. Je viens de publier une étude violemment critique sur la culture et les mœurs françaises et je n'accorde plus d'importance à grand-chose dans la vie. Sauf, peut-être, aux femmes et aux voyages. Je dis peut-être parce que ce n'est pas aimer les femmes que jouer avec leurs sentiments à des fins exclusivement prédatrices. Quant aux voyages, si ce n'est par haine de mon propre pays que j'y consens, je n'en vois pas l'intérêt non plus. » Pur cynisme ? Opportuniste du french bashing ? Faut-il continuer la lecture dans l’espoir d’un moment touchant, parenthèse dans le portrait de ce type, revenu de tout, assez puant ? En tant qu’expat, la critique de la France, objet du livre de ce personnage-écrivain, pourra résonner en vous. Un bouquin qui met en exergue une France dans tout ce qu’elle a d’étriquée et un portrait sans concession de la lâcheté masculine. Cela fait réagir.

 

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, Antony Doerr

Un américain épris de Saint Malo, Antony Doerr, nous livre un roman historique pendant la 2eme guerre mondiale. Marie-Laure est une jeune fille aveugle que l’on suit dans sa fuite de Paris bombardée, dans sa découverte sensorielle de la mer et jusqu’au bombardement de Saint Malo. Werner est un orphelin allemand surdoué de la radio, trimballé au hasard des aléas de la vie – et de la guerre – jusqu’à Saint Malo. Destins croisés de deux enfants, recherche d’un trésor inestimable, drames de guerre… le tout sur fond d’embruns, de cris de mouettes, et de granit. Un super page-turner ! Instants de tension, moments d'émotion, intrigue captivante, c'est efficace.

 

Le lecteur du 6h27, Jean-Paul Didierlaurent

Guylain Vignolles, amateur de littérature traumatisé par la contrepèterie qu’est son nom (il s’appellerait Gnaffron que ce ne serait pas mieux, indice), mène une existence maussade. Il travaille au pilon d’une machine broyeuse de livres invendus. Son seul hobbie : lire chaque jour dans le RER de 6h27 des pages rescapées du massacre. De fil en aiguille, il sort de son isolement de lecteur sur strapontin, dans une quête qui le mènera… vers l’amououour. Une livre agréable qui se lit tout seul, un joli moment sans importance, un « feel-good book », une galerie de portraits croustillants, une intrigue un peu fleur-bleue. Parfait pour les transports en commun.

 

Indian Therapy, Juliette Tissot

« Vous ne changerez pas l’Inde, mais l’Inde vous changera ». Ma vie était écrite dans la brochure "Bienvenue à Delhi" ». Comme beaucoup, Sophie débarque à Delhi, où elle devient « femme de ». Une arrivée en demi-teinte, des rêves plein la tête et l’attraction-répulsion qu’exerce l’Inde sur les Occidentaux. Au bout de deux ans, elle entame une psychothérapie – fictive - avec le docteur Kumar. Chaque séance donne lieu à un chapitre. A travers ses yeux on découvre l'Inde et on se reconnaît dans les mille détails de sa vie de femme expatriée conjointe, de femme tout court. Férocité, tendresse, petits et grand maux, bouleversements de vie. Cela résonnera en vous !

 

Par Esther

Complètement cramé, Gilles Legardinier (2012)

« Est-ce le chemin parcouru qui fait de nous ce que nous sommes, ou bien choisissons-nous notre voie en fonction de ce qui nous touche ? ». Majordome anglais depuis peu, Mr Blake va bouleverser la vie du Domaine de Beauvillier, en France. Philosophique et comique, ce roman délivre de très belles leçons de vie.

 

Le principe de Peter, L.J Peter et R. Hull (1970)

« Madame, réveillez-vous, prenez votre somnifère ». A de rares exceptions près, l’auteur explique que partout, il a vu régner l’incompétence. Plus largement, il explique pourquoi et comment chaque employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence. 

 

Par Sabine

La galerie des maris disparus, Natasha Solomons. Calmann-Lévy

Livre très captivant qui raconte l’histoire d’une femme, Juliet, dont le mari, Georges, subitement se volatilise  et la laisse seule avec ses deux enfants. Elle est la fille de deux juifs polonais vivant à Londres. Elle doit faire face à sa communauté, ses parents, pour tous elle est une paria, ni veuve ni divorcée. Elle ne peut donc refaire sa vie.

Lorsque le roman démarre, Juliet a économisé sou par sou pour l'achat d'un réfrigérateur. Il suffit d'un peintre croisé sur sa route et l'argent disparaît dans  la commande d'un portrait d'elle. Cet acte impulsif va changer toute l'orientation de sa vie. Juliet est obnubilée par un portrait d’elle dont le mari est parti, et fera faire des portraits d’elle tout au long de son chemin.

Après le départ, de son mari, Juliet croise sur sa route des peintres, et comme c’est une passionnée de peinture, c’est le début d’une renaissance. Elle a un don réel pour repérer des talents émergents, côtoie le gotha artistique, ouvre sa propre galerie à Londres. C’est à travers la peinture que Juliet connaîtra un grand amour en la personne d'un peintre torturé par des souvenirs de guerre, Max, vivant seul dans le Dorset.

Mais Juliet veut découvrir le secret de cet autre homme, son mari, qui a disparu, sans raison, et cela la mènera avec ses enfants jusqu’en Californie. Suspens jusqu’au bout.

On suit une femme attachante, fantasque, pour qui le départ du mari a été le début d’un chemin courageux vers la liberté et l’émancipation, difficile pour elle dans un contexte de petite communauté avec des us et coutumes, et à une époque (1958) où tout pour les femmes étaient encore à construire.

 

L’argent des autres, Justin Cartwright

Sir Harry Trevelyan-Tubal, victime de plusieurs AVC vit dans le sud de la France. Après son décès il  laissera derrière lui la banque privée Tubal & Co., fondée par son ancêtre. Cet homme est très riche, il possède, entre autres, une belle demeure  à Chelsea, des villas à Antibes et en Toscane, un yacht de luxe et une précieuse collection de Matisse et de Cézanne.  

Il ne se rend compte de plus grand-chose, et donc ignore que son  yacht qu’il affectionnait est déjà vendu à un oligarque russe, que son épouse Fleur entretient une relation avec son professeur de gym,  que son fils Julian s’apprête à vendre la banque… Par effet domino, il se trouve que Artair MacCleod,  ex-mari de Fleur ne reçoit plus la rente que Sir Harry lui avait accordée à vie en échange de la promesse de ne plus jamais entrer en contact avec elle.

C’est lui qui, en se confiant à une bloggeuse, va précipiter à son insu la fin de toute une époque… Ce roman est vraiment agréable à livre et, entre Grande-Bretagne et sud de la France, fait le subtil portrait d’un monde, d’une classe, et use de toute la palette de la satire sociale pour dépeindre les travers d’un siècle où certains tiennent le haut du pavé grâce à l’argent des autres.

 

La cuisinière, Mary Beth Keane

Encore une histoire de femme ! Et celle-ci est incroyable ! C’est l’histoire vraie de Mary Mallon*, immigrée irlandaise courageuse et obstinée arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle. Elle commence par  travailler comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent dont une fois un enfant, ce qui la marquera terriblement. Pourtant, elle, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Mary n'est jamais atteinte par la maladie car elle est porteuse saine. La première porteuse saine de l'histoire !

De fil en aiguilles, des médecins finissent par s'intéresser à son cas, car ils ont fait le rapprochement entre sa présence en cuisine et la maladie qui s’installe. Mais Mary se rebiffe, pourquoi la traite-t-on comme paria ? Les autorités sanitaires, qui finissent par la déclarer comme dangereuse et comme elle n’est ni mariée, ni mère de famille, elle va être poursuivie par la société et maintenue «prisonnière» pendant trois ans dans un hôpital. Aussi haletant qu'un thriller, on lit avec plaisir l’histoire incroyable de cette femme  surnommée en son temps «la femme la plus dangereuse d'Amérique» !  

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