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Ma vie en expatriation Psycho

Partir jeune en expatriation, c’easy or not easy ?

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Partir jeune en expatriation, c'easy or not easy ?« Pour vous, de toutes façons, partir en expatriation, c’est facile : vous êtes jeune, vous êtes adaptable, vous êtes libre comme l’air » Et si, en fait, partir jeune, c’était justement un peu plus difficile ?

Bien entendu, le départ en expatriation, jeune, est une belle opportunité de carrière, de découvertes et d’expérience personnelle. Le jeune est dynamique, il en veut, il est plein d’énergie, il veut faire ses preuves, tout découvrir, le monde lui appartient, il est le futur. Un bon pari pour les entreprises. Soit. Une expat réussie c’est une réussite professionnelle, certes, mais aussi, et surtout, une réussite personnelle. Qu’il parte célibataire ou en couple, la stabilité émotionnelle, souvent négligée, est au cœur de la réussite du projet. 

« Je pars sans attaches, ouvert à ce qui se présentera, c’est l’aventure. Monde, me voilà ! »

Vous avez des ambitions professionnelles bien dessinées, vous partez avec des objectifs bien définis. La charge de travail sera importante, vous êtes prêt à relever le défi. Au fond de vous, vous aimeriez, un jour, comme tout le monde, trouver LA bonne personne avec qui partager vos émotions, un temps. Et pourquoi pas, peut-être, ce serait chouette, toute la vie… Et ce serait bien, si ce jour n’était pas trop lointain.

Alors entre travail acharné, horaires chargés, et voyages d’affaires à gogo, attention : quelle place reste-t-il pour votre vie sociale ? Comment réussir à concilier un job dans lequel on se donne à fond et la construction d’un réseau perso pour trouver des amis, un compagnon de route ?

Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier

Sans vie sociale, vous risquez de devenir un ovni. Et l’expérience tant rêvée sera loin de vous apporter l’enrichissement initialement escompté. Laissez de la place pour votre vie sociale. Vous vous sentirez plus épanoui. Un cercle vertueux se mettra en place, vous permettant d’être aussi plus performant dans votre travail, car plus équilibré. Ne vous dîtes pas « j’arrive, je me mets à fond dans ma mission tout de suite, et ensuite on verra pour la vie sociale ». Une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage, difficile de le retirer… Comme le dit Marie, 27 ans : « Ce n’est pas parce que je suis célib que je vais bosser 15 heures par jour ».

« On est jeunes, on veut tout, tout de suite. »

Gardez en tête que cela prend du temps de s’installer et de se sentir chez soi. C’est faux de penser qu’il ne faut qu’un mois pour être opérationnel, s’acclimater à la nouvelle culture, organiser sa maison, etc. Comptez plutôt six mois ! Or vous n’avez pas l’appui d’un conjoint qui dispose de temps pour vous aider à avancer dans cette phase. Vous, célibataire, avez besoin de plus de temps que des personnes en couple pour faire votre trou. Faîtes-vous aider à la maison, pour le ménage, le repassage, pourquoi pas pour la cuisine, pour les courses. En un mot, dégagez du temps pour vous !

Attention, tout miser sur le travail et laisser de côté sa vie sociale, c’est courir tout droit au burn out. Pas accompagné, corvéable à merci, avec un package plus light parce que moins expérimenté, pensez à vous ! Ce départ, c’est une période de fragilité, quoi qu’on en pense, et cette fragilité vous rend plus vulnérable. Attention aux addictions, béquilles émotionnelles, notamment l’addiction à Internet, pour l’illusion de vie sociale qu’il procure .

Partir seul est un défi, ne le négligez pas. 

« On part à deux, c’est cool, à nous la belle vie »

Suivre quelqu’un à l’autre bout du monde, c’est une grande décision. Construire son couple, c’est tout un chemin. Le faire en expatriation, c’est encore ajouter du piment. Partir à deux est d’autant plus difficile qu’on ne sait pas très bien où on en est de sa vie de couple, ni, surtout, où on veut aller. Des questions incontournables surgiront forcément à un moment, autant se les poser avant le départ. Les zones obscures du couple risquent de ressortir, et de s’exacerber avec l’isolement, loin de la famille et des amis.

Au moment où vient l’opportunité de partir, on n’en est pas forcément à un stade de sa vie de couple où on a envie d’aborder ces questions.

On est jeunes, on a la vie devant soi, le couple a encore le temps de murir. Et voilà qu’on va partir, tous les deux, loin de notre monde. Alors comment s’y prendre pour que cela se passe au mieux ?

Avant de partir, on parle de ce départ comme un projet à deux. On met tout à plat et on définit :

  • Le projet de chacun, les freins de chacun
  • Le projet à deux
  • Comment on se soutient

Et on peut prévoir de se retrouver pour faire des « point d’étape ».

On part avec ce pacte en tête, qui rassure, qui donne un cadre à cette relation encore naissante.

Chacun doit pouvoir s’y retrouver, avoir parlé de ses craintes, pour avoir trouvé des solutions, à deux.

Beaucoup de jeunes suivent quelqu’un sans avoir parlé de la dépendance financière à l’autre. « Je quitte mon job, mais je ne bosse que depuis 5 ans, j’ai l’impression avec ce départ de perdre cette indépendance toute fraiche ». Souvent on n’ose pas aborder cette question, certains comptent puiser dans leurs réserves… Ne pas aborder ces questions qui vous travaillent, avant le départ, c’est risquer un grand décalage une fois sur place.

L’idée, c’est d’être clair dans sa relation.

Faîtes en le scan. Si vous ne le sentez pas, ne vous lancez pas. Vous en souffririez beaucoup tous les deux, et loin de vos cercles de soutien, cela risque d’être très douloureux.

Corinne Tucoulat

 

La tribune de CorinneCorinne Tucoulat est la co-fondatrice d’Expat Communication.Elle est coach spécialisée dans l'accompagnement des femmes et conjoints expatriés (aide à la transition, aide à la décision, accompagnement et reconversion professionnelle, équilibre de vie) avant le départ, pendant l'expatriation et au retour.

Email : corinne.tucoulat@expatcommunication.com 

 

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