Connexion en tant que membre

Carrières Espagne Ma vie en expatriation

Anne, avocate et conjointe d’expat : poursuivre ma carrière


AnnePetit

Anne, avocate et conjointe d'expat : comment j'ai poursuivi ma carrière. Avocate de formation, inscrite au barreau de Paris en 1991, la vie que j’ai choisie de passer hors de France m’a contrainte à envisager ma carrière différemment et à changer de cap très vite, alors que l’étudiante brillante que j’étais, recrutée dans un des plus gros cabinets parisiens sous la houlette de Christine Lagarde, était vouée à un avenir « prometteur ».

Comme beaucoup de femmes à l’époque, j’ai « suivi » mon mari à l’étranger en expatriation mais j’ai toujours tenu à garder un pied dans la vie professionnelle, coûte que coûte, malgré les embûches et les difficultés, malgré le sentiment, ravivé à chaque nouvelle installation, de tout reprendre à zéro.

Les changements de pays répétés m’ont contrainte à laisser de côté pour un temps le métier d’Avocate pour me tourner vers des professions dont l’accès était plus facile. J’ai ainsi exercé comme juriste d’entreprise au Portugal et me suis ensuite dirigée vers le coaching des dirigeants expatriés et de leurs équipes, à une époque où ce métier en était encore à ses prémices. Cela m’a tout naturellement amenée vers le droit du travail qui me permet de concilier mes compétences de juriste et mon gout pour la gestion de l’humain dans l’entreprise.

Après plus de 16 années au Pakistan, au Portugal, en Argentine et aux Etats Unis, nous sommes arrivés en Espagne en 2006 et je savais qu’enfin nous allions nous poser car cet atterrissage était un choix de vie à plus long terme, un projet familial mûrement réfléchi. Cet élément, la durée, a été l’élément déclencheur qui m’a permis de reprendre mon métier d’avocat.

Il s’agit là d’un facteur essentiel car le droit est un métier technique, avec des spécificités locales plus ou moins importantes, et l’accès à la profession d’avocat est réglementé. Ne pose pas sa plaque qui veut et n’importe comment !

Par ailleurs, lorsque l’on part vivre à l’étranger, qui plus est avec des enfants, il faut déjà une bonne année pour « s’installer », se sentir enfin à l’aise, avoir ses repères, s’organiser, parler la langue. Si l’on ajoute à cela une bonne année de « mise à niveau » dans le droit du pays et la préparation de l’examen de validation du titre, deux années se sont déjà écoulées avant de pouvoir envisager de s’installer.

Le début de mon parcours à Barcelone a consisté à me familiariser avec le droit du travail espagnol en suivant un master de droit du travail dans une université catalane. Si je parlais déjà l’espagnol, appris en Argentine, cette année à l’université m’a permis non seulement d’acquérir les compétences juridiques locales liées à cette spécialité, mais également de développer la pratique de la langue, tant à l’oral qu’à l’écrit, puisque l’écrit est particulièrement important dans le métier d’Avocat et il convient de faire bien mieux que seulement « se débrouiller ».

La deuxième étape a consisté à valider mon titre en Espagne. Il m’a fallu pour cela réviser l’ensemble des branches du droit espagnol et passer un examen écrit à Madrid (6 heures…) et un oral devant un parterre de magistrats, professeurs et avocats. L’engagement et la motivation nécessaires au franchissement de ces deux étapes ne doivent pas être négligés car il est loin le temps des 20 ans et des études sur le mode célibataire… A 40 ans et plus, j’avais déjà un job et une famille à gérer au quotidien. Les cours à l’université étaient organisés en fin de journée et cela m’a permis de m’organiser au mieux. Mais cela signifie également une croix mise sur beaucoup de week-ends et de soirées en famille ou entre amis.

Titre en poche, j’ai eu la chance de faire la connaissance d’un brillant avocat catalan en droit du travail qui est aujourd’hui mon associé. Son soutien et sa parfaite connaissance des rouages juridiques et judiciaires me sont précieux au quotidien. Nous sommes très complémentaires et formons une belle équipe. Je me consacre pour ma part plus particulièrement à l’accompagnement et à la défense des expatriés en Espagne et au conseil et à la défense des entreprises internationales installées sur ce territoire.

Ma double compétence franco espagnole et le fait de parler couramment cinq langues sont un plus et un vrai facteur différenciant, et je persiste à dire que le fait de se fondre dans une structure locale déjà existante est un facteur clé de succès dans la durée.  

Certes je ne suis pas aujourd’hui la senior partner d’un grand cabinet parisien mais je ne regrette rien car même si les périodes de doute ont succédé aux périodes de stress, même si l’égo est parfois malmené, le résultat est là : les années d’expérience nous font progresser plus vite et aborder les thématiques avec davantage de recul.

La clé à mon sens est de ne jamais perdre la connexion avec le monde professionnel et l’on arrive toujours à retomber sur ses pattes avec une bonne dose de motivation et d’énergie ! J’exerce aujourd’hui un métier très enrichissant, humainement et intellectuellement, que j’aime et qui a du sens, dans un pays dans lequel j’ai choisi de vivre et me sens bien. A nouveau tout n’a pas été facile loin de là, mais le jeu en valait la chandelle !

Plus d’infos : apetit@masadvocats.com

https://es.linkedin.com/in/annepetit

--

FemmExpat vous recommande ces articles :

- Votre problème d'équivalence de diplôme n'est pas un obstacle à votre carrière expatriée

- Expatriation, boulot nomade : mon bureau est dans mon sac

- Une question clé à se poser pour trouver du travail à l'étranger

- 9 conseils essentiels pour trouver du travail à l'étranger


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !