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Inégalités dans la double carrière : la faute aux enfants mais aussi… au conjoint !


inégalité carrièreDe fait, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à des postes à forte responsabilité au sein de l’entreprise. La raison traditionnellement invoquée est celle de la priorité donnée par la femme à sa vie familiale à un moment dans sa carrière, la pénalisant pour la suite par le retard engendré. Or, cette étude de HBS montre que si cette priorité donnée aux enfants peut être un frein, c’est surtout le fait d’être en couple avec une personne qui privilégie sa carrière à celle de sa compagne qui joue.

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La Harvard Business Review publie les résultats d’une étude menée auprès de plus de 25 000 diplômés de la prestigieuse Harvard Business School. Une population hautement diplômée.

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Question d’ambition

Les anciens élèves hommes de HBS ont davantage obtenu de postes à haute responsabilité, ils sont aussi davantage satisfaits de leur carrière et de leur accomplissement professionnel que les femmes. Les femmes sont davantage déçues de la tournure de leur carrière, notamment quand elles s’attendaient, en début de carrière, à une répartition égalitaire des charges familiales au sein du couple. L’ambition du conjoint a tendance à passer avant la leur, et c’est chez les femmes qui n’ont pas vécu la coopération familiale espérée que l’on trouve la moins bonne progression professionnelle.

Pause dans la carrière

Les clichés ont la vie dure. Comme témoigne une étudiante : « il existe une attitude bien ancrée qui considère que la femme doit être le référent principal des enfants, donc il est “entendu” que sa carrière devra connaître une pause pendant un temps, pendant que des collègues homes de même niveau continueront à évoluer rapidement ». En fait, l’étude démontre que ce n’est pas vrai qu’une large proportion de femmes a choisi de mettre en retrait leur carrière pour leurs enfants : « seulement 11 % des femmes quittent leur travail pour s’occuper de leurs enfants à temps plein ».  Seulement un petit pourcentage des femmes occupant des postes à responsabilités quittent leur emploi pour prendre soin à temps plein de leurs enfants, la plus grande majorité ne le fait qu’à reculons et parce qu’elle manque de perspectives professionnelles satisfaisantes au retour. Elles ne sont plus considérées comme des « acteurs » autant impliqués dans l’entreprise et sont, même subtilement, stigmatisées dans leur fonction de mères de famille. « J’ai finalement quitté mon travail il y a trois ans parce que je n’arrivais plus à avoir du challenge dans mon boulot et j’ai fini par m’ennuyer. J’avais pourtant de très bonnes évaluations et l’entreprise m’appréciait. Mais je sentais des préjugés qui partent du principe que les mères à temps partiel veulent un travail moins challengeant, hors parcours normal, quand moi je cherchais plus de challenge et à garder un semblant de parcours. Être à temps partiel m’a sortie du circuit des promotions » témoigne l’une d’elles.

Une pause dans la carrière peut être un facteur de prise de retard dans l’évolution d’une carrière de femme, puisque de fait elle engendre un nombre d’années d’expérience moindre à âge égal. Ce que l’étude a démontré, c’est qu’il n’y a, en fait, pas de lien entre pause dans la carrière et moindre évolution. En réalité, à la fois les hommes et les femmes des équipes de top management sont plus prônes à prendre des décisions allant dans le sens d’un meilleur équilibre pro/perso que les employés plus bas dans la hiérarchie. Le simple fait de devenir parent n’a pas, non plus, d’impact. Alors pourquoi les anciennes élèves d’HBS n’ont-elles pas obtenu les mêmes postes à responsabilité que leurs camarades ?

Décalage entre attentes et tournure des choses

Plus de la moitié des hommes diplômés de HBS pensaient, en début de carrière, que celle-ci serait, à un moment, prioritaire sur celle de leur conjoint(e). Dans le même temps, la grande majorité des femmes s’attendaient à des carrières d’égal niveau.

Environ ¾ des hommes ont constaté que, de fait, leur carrière avait pris le dessus – plus que ceux qui s’y attendaient. En parallèle, même si la majorité des femmes déclaraient être dans un couple égalitaire, on constate que pour 40 % d’entre elles, leur carrière n’a pas été prioritaire. Soit deux fois plus que celles qui s’y attendaient.

Sur les attentes du partage dans l’éducation des enfants

Au moment du diplôme, plus de ¾ des hommes s’attendaient à ce que leur partenaire s’occupe majoritairement des enfants. En revanche, presque la moitié des femmes seulement se projetaient dans cette répartition. Environ la moitié des femmes qui s’attendaient à des carrières égales pensaient également assumer la majorité de l’éducation des enfants.

Les femmes qui ont commencé leur vie professionnelle avec des attentes égalitaires et se sont retrouvées dans ces schémas plus traditionnels sont celles qui se sentent les plus insatisfaites avec la tournure de leur carrière, davantage que les femmes qui attendaient une égalité à la fois professionnelle et familiale avec leur partenaire.

En général, les femmes tendent à être moins satisfaites que les hommes quant à la tournure de leur carrière, sauf celles pour qui la carrière et les responsabilités familiales sont perçues comme égales à celles de leur partenaire.

Et, réciproquement, les hommes qui s’attendaient à une répartition traditionnelle qui se trouvent dans une situation égalitaire sont moins satisfaits de leur carrière que ceux qui sont dans des situations traditionnelles, peut-être parce que cela va à l’encontre d’un idéal culturel où le travail de l’homme est privilégié. Et, de fait, les arrangements traditionnels sont liés aux plus grandes satisfactions de carrière pour les hommes, quand les femmes qui se sont retrouvées dans cette situation se trouvent, globalement, moins satisfaites, quelles que soient leurs attentes de départ.

 

Toute l’étude est disponible ici, en anglais.

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