Connexion en tant que membre

Education Les Enfants Témoignages

Catherine, aventurière de la langue française


CatherineAllibertDu 16 au 24 mars 2019, les francophones et francophiles du monde entier célèbreront la langue française et la Francophonie le temps d’une semaine. Des plus petits villages aux grandes métropoles, 70 pays se mobilisent pour cette 24e édition.

L’occasion est belle de dresser le portrait de Catherine Allibert, aventurière de la langue française et fidèle contributrice de FemmExpat, qui propose depuis quelques années des programmes de français pas comme les autres : elle aide les enfants expatriés à garder leur français en les embarquant dans des aventures à travers des défis d’écriture.

 

Catherine, qui es-tu ? Quel est ton parcours ?

Comme de nombreuses femmes expatriées, j’ai suivi mon mari avec nos deux enfants pour goûter à la vie en expatriation. Direction les Etats-Unis.

Il a fallu quitter mon travail en France, accepter le changement, se reconstruire, imaginer autre chose. J’avais vraiment envie de faire ce que j’aimais vraiment… La pédagogie est un de mes thèmes préférés, l’écriture aussi. 

C’est en essayant de trouver des solutions pour nos enfants qui perdaient peu à peu leur français lors de notre séjour, que j’ai eu l'idée de mon entreprise… L’expatriation a été une chance pour me lancer.

 

Avant de préciser les contours de ton activité, peux-tu nous dire d'où vient cette passion pour le français, pour l'écriture, pour la transmission ?

Ma passion pour le français... difficile à mettre le doigt sur ce qui l'a réellement déclenchée. Je crois que les écrits de Boris Vian y ont en partie contribué. Que ce soit ses romans, ses chansons ou le collège de la Pataphysique, j'ai toujours adoré. "La question ne se pose pas. Elle en est absolument incapable : il y a trop de vent".

L'écriture est venue plus tard. Je crois que j'avais envie de me frotter à cette belle langue, de mettre la main à la pâte, de jouer avec ces mots.

La transmission est venue tout naturellement. Quand on est passionné, cela nous met dans un tel état que l'on a une envie irrépressible de la partager avec tout le monde, non ?

 

Cette semaine, le monde met la langue française à l'honneur... Que représente la francophonie pour toi ?

Pour moi, la francophonie c'est à la fois quelque chose de très concret : elle renvoie à des espaces, à la géographie, à des lieux où notre belle langue est utilisée. C'est aussi une sorte de philosophie, car qui dit langue, dit culture. Une culture dont le cœur est commun mais qui a aussi de nombreuses nuances. La francophonie, c'est une richesse dans tous les cas.

 

Tu as créé « Une histoire de ninjas et de samouraïs ». Peux-tu nous dire en quoi cette activité consiste ?

L’objectif est de lutter contre les fautes d’orthographe, déjouer les pièges de la grammaire et se réconcilier avec les mots de notre belle langue ! C'est aussi apprendre à s'exprimer mieux. L'idée est finalement d’explorer la langue française tel un ninja mais en respectant son code de l’honneur tel un samouraï ! Un programme qui s'éloigne des approches académiques.

C’est une méthode complètement atypique, basée sur la pédagogie positive, l’écriture créative et la bienveillance parentale. L’idée est de mettre en place une routine autour du français qui ne soit pas « lourde » et qui s’adapte naturellement à la famille. (Oui, les parents jouent un rôle essentiel dans mes programmes !).

 

A qui s’adresse ton activité ?

Je travaille essentiellement avec des enfants expatriés de 8 à 15 ans. Mais je travaille aussi avec des Français qui sont de retour en France et dont les enfants ont beaucoup de mal en orthographe parce qu’ils sont restés longtemps à l’étranger.

 

Comment et quand est née l’idée ? Est-ce pendant ton expatriation ou à ton retour ?

L’idée est née pendant mon expatriation et s’est développée à mon retour en France. Je suis partie d’un constat simple : quand on est expatrié, nos enfants ne sont pas très motivés pour apprendre le français.

Par ailleurs, lorsque je demandais autour de moi quelles solutions étaient mises en place dans les familles expatriées, j’avais toujours des retours comme « C’est vraiment une très bonne formation, mais c’est la croix et la bannière pour la mettre en place à la maison » ou encore « mon enfant n’arrive pas à s’y mettre et pour moi aussi, le français, c’est devenu une corvée !». En plus, souvent les résultats n’étaient pas à la hauteur du travail qui avait pourtant été fourni dans l’année ! Ce qui est normal : apprendre dans la contrainte est rarement productif.

Je suis donc partie de ma propre expérience : j’avais proposé à ma fille d’écrire un livre et elle avait adoré ! Je lui parlais d’intrigues, de décors, de dénouements, d’ambiances, de personnages… elle écrivait et bien sûr me demandait comment s’écrivait tel ou tel mot. En travaillant régulièrement, elle a pu rattraper son retard. Je prenais le temps de lui indiquer les règles de français qu’elle rencontrait au gré du développement de son récit. J’ai très vite remarqué que le cœur de sa motivation était l’histoire extraordinaire qu’elle inventait.

J’ai continué sur cette voie en proposant aux enfants français des environs des ateliers d’écriture. Cela a été un franc succès. Plusieurs parents m’ont dit que de retour à la maison, leur enfant voulait continuer d’écrire ! Depuis de nombreux enfants ont bénéficié de mes programmes et se sont réconciliés avec le français.

 

Te sens-tu un peu comme une missionnaire de la langue française ?

Non, loin de moi cette idée d'évangéliser le français ! Je pense que la langue française se diffuse d'elle-même, pas besoin de ma bonne parole. Je me sens plutôt comme une exploratrice et j'embarque petits et grands dans cette jungle pleine de surprises. Le français est une langue qui est en mouvement continu (nos enfants ne parlent pas comme nous le faisions à leur âge), avec plusieurs facettes (selon les endroits où elle est parlée, elle n'est pas tout à fait pareille) et je la vois plutôt comme un animal sauvage à apprivoiser. Aventurière, c'est le mot !

 

Cette activité correspond-elle à ton parcours professionnel avant ou pendant l’expatriation ?

Oui et non.

Oui, car avant mon expatriation, j’ai travaillé pendant dix ans dans la formation à distance. J’avais déjà « goûté » à l’ingénierie pédagogique. Je connaissais aussi les limites des formations à distance : le plus gros challenge est l’engagement de l’élève et sa capacité à garder sa motivation.

Pour preuve ? Si vous connaissez les MOOCS vous verrez que le taux d’abandon est énorme. Seuls les sujets très pointus ont des taux d’abandon moindres. Des réunions régulières par Skype me permettent de retenir l’intérêt et la motivation de mes élèves.

Et non, cette activité ne correspond pas à mon parcours parce que je me suis formée pendant mon expatriation à la pédagogie pour les enfants ainsi qu’à l’écriture créative. Du nouveau pour moi ! Ça m’a passionnée ! Et je continue toujours de me former : actuellement je suis une formation en ligne sur les différents types d’erreur dans le français. J’ai toujours à cœur de comprendre les erreurs fréquemment faites pour permettre à mes élèves de s’améliorer.

 

En quoi le fait d’avoir été expatriée t’aide dans ton activité ?

Je pense que l’expatriation est un extraordinaire moyen de s’ouvrir l’esprit. Depuis, je suis attentive à toute sorte de points de vue, je ne vois plus les choses sous le même angle.

Dans mon activité, mon expérience me rapproche des parents qui vivent actuellement à l’étranger, je connais bien leur problématique : celle de maintenir une langue en milieu hostile !

 

Quels ont été les principaux challenges quand tu as lancé cette activité ?

Le tout premier a été d’oser ! Les doutes ne sont jamais très loin... Et c’est un combat de tous les jours de les repousser !

Ensuite cela a été de se faire connaître ! Et inspirer confiance. Car quand on touche à l’éducation des enfants, les parents veulent que ça se passe bien (et je les comprends !). Mais instaurer cette confiance à distance n’est pas facile.

 

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui je propose plein d’activités ludiques, je me diversifie. Je teste, je réajuste, je m’adapte, je lance de nouvelles idées.

J’ai aussi créé un groupe Facebook que j’anime, pour les parents qui ont du mal à instaurer le français à la maison. Nous sommes déjà plus de 600 et les échanges y sont extrêmement intéressants et bienveillants !

Enfin plus récemment, je me suis lancée dans un podcast « Le français comme j’aime » pour aider les parents… à aider leurs enfants !  Je rencontre de nombreux parents : tous sont inquiets, tous veulent bien faire, tous souhaitent l’épanouissement et le bonheur de leurs enfants. Mais au jour le jour, ce n’est pas toujours simple. J’ai eu envie de leur partager les pistes de réflexion que je trouve dans les livres que je lis, les conférences auxquelles je participe, les réflexions aussi que j’ai suite aux échanges que j’ai avec eux.

 

Si tu avais un conseil à donner à une femme qui part en expatriation, quel serait-il ?

Lâchez vos préjugés, soyez curieuse et embrassez la culture qui vous accueille. C’est vraiment une expérience unique, riche et épanouissante. Elle permet de mieux se connaître soi-même. Elle permet aussi de se construire.

 

À celle qui rentre ?

Lâchez vos préjugés, soyez curieuse et… retrouvez votre culture sans la juger ! Des amis qui n’ont pas votre ouverture d’esprit ? Des administrations qui ne reconnaissent pas votre statut de « revenants » ? Gardez votre état d’esprit positif et vous verrez que tout n’est pas si mal !

 

Et à une maman expatriée ?

Étreignez la vie à bras le corps, apprenez à vous connaître et épanouissez-vous : c’est le plus beau cadeau que vous ferez à votre enfant !

 

 

Catherine Allibert propose des activités ludiques et créatives autour de l’apprentissage du français, tout en améliorant la relation parents-enfants.

Son site : http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com - "Apprendre le français avec la souplesse du ninja et la rigueur du samouraï !"

Elle anime aussi les groupes Facebook :

> Retrouvez-la également dans ces podcasts : « Le français comme j’aime » 

 

 

En savoir plus sur la 24e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie

 

FemmExpat vous recommande de lire aussi:

Tranche de vie d'une maman expatriée et de son fils réfractaire au français
« Au secours ! Mon fils parle franglais ! » et autres inquiétudes de parents expatriés»
Le français à la maison : les 5 astuces pour augmenter le vocabulaire de nos enfants
Par quel bout prendre le français ? 

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !