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Australie Témoignages

Agnès, freelance et photographe à Sydney


 photographe à SydneyAvec plusieurs expatriations à son actif, Agnès a choisi de se poser à Sydney où elle partage son temps entre son travail de free-lance et sa passion pour la photo.

Agnès, quel est votre parcours?
J’ai la trentaine et je viens juste de fêter ma onzième année d’expatriée. J’ai en effet vécu aux Antilles, en Irlande puis à Sydney depuis près de 8 ans. Je suis passionnée par la musique, les voyages et la découverte de nouvelles cultures en général. J’ai eu l’occasion notamment d’explorer l’Australie en 2005, de faire un tour du monde en 2009 et de traverser les Etats-Unis d’ouest en est en 2010. Mais j’ai encore d’autres rêves à réaliser !  

J’ai obtenu un DESS Marketing International et Management à Bordeaux. En parallèle, j’ai également pris des cours de piano dés l’âge de 5 ans et jusqu’à la fin de mes études. Je peux donc difficilement me passer de musique et j’ai longtemps considérée devenir professeur. Après mon stage dans une agence de publicité, j’ai saisi l’opportunité proposée par une amie de pouvoir me rendre en Guyane. C’était en 2001 et je ne suis jamais retournée en France pour y travailler. Mon séjour s’est prolongé en Guadeloupe puis en Dominique où j’ai pris conscience de l’importance de parler une autre langue. J’arrivais difficilement à m’exprimer en anglais et c’était terriblement frustrant. J’ai alors refusé une première demande en mariage à 23 ans et de retour en France pour voir ma famille à Noel, je me suis jurée de devenir bilingue !

J’ai décroché au bout de quelques mois un poste dans un centre d’appel européen à la suite d’un entretien sur Paris et en 2002 je m’envolais donc pour Dublin. Les 6 mois initialement prévus se sont transformés en 3 années. J’en ai profité avec mon ami à l’époque pour sillonner les routes irlandaises les week-ends et découvrir des paysages dignes de cartes postales. J’ai changé d’entreprise assez rapidement et obtenu un job beaucoup plus intéressant dans une importante société américaine. Mais le climat irlandais commençait à devenir pesant et j’avais envie de m’immiscer dans une autre culture. Comme je souhaitais toujours évoluer dans un contexte anglophone, le soleil en plus, j’ai décidé de m’expatrier à Sydney en 2005.

Je n’ai pas d’enfants pour le moment donc je suppose que cela me laisse un peu plus de liberté. Les questions à se poser concernant le pays et la durée de d’expatriation sont certainement différentes.

- En quoi consiste votre activité professionnelle  ?
J’ai eu différents postes, dans le management de projet et de gestion des relations clients, dans le domaine du software et infrastructure. J’avoue que j’aime le changement, je ne me vois pas rester 20 ans dans un rôle ou une entreprise similaires. Mais tous mes contrats ont en commun le fait d’être en contact avec des partenaires commerciaux au niveau international. En Irlande, je m’occupais des filiales d’Europe/Moyen-Orient/Afrique. En Australie, je suis beaucoup au téléphone avec l’Asie et l’Inde. J’ai certainement besoin de voyager autrement quand je ne suis pas sur la route.

Depuis 3 ans, je choisis simplement mes missions selon mes disponibilités. Des CDD de 3 mois se transforment souvent en contrat ongoing c’est-à-dire sans date de fin. Je suis par exemple restée 1 an dans une société qui m’avait embauchée pour 6 semaines. Mais ceci est possible une fois que l’on a un visa permanent ou la citoyenneté. Etre freelance n’est pas difficile néanmoins. Il suffit d’obtenir un numéro d’ABN (Australian Business Number). Il me semble que les démarches administratives en Australie sont moins complexes et rigides qu’en France et la création d’entreprises est fortement encouragée.

- Que pensez-vous de la façon de travailler des australiens?
Je pense, sans caricaturer et d'après le ressenti de mes ami(e)s ici, que les australiens semblent être plus flexibles. Aménager son temps de travail ne pose pas de problème et il est bien rare de passer au delà des 40 heures par semaine au bureau (je parle du statut cadre). Donc je connais pas mal d’expats mais aussi d’australiens qui travaillent chez eux car il y a une totale confiance. Mais encore une fois cela est basé sur mon expérience. Il y a également un vrai melting-pot dans les entreprises australiennes. J’ai toujours travaillé dans un environnement multiculturel avec des collègues provenant d’Asie, d’Amérique du Sud et de Nouvelle-Zélande principalement. C’est un avantage non négligeable puisque cela m’a permis entre autre d’aller au Pérou et en Suède et je suis invitée en Chine et au Mexique !
Le revers de la médaille, il me semble, est qu’ils sont tellement relax que parfois nous n’avons pas forcément le même sens de l’urgence et des priorités. Les structures et procédures ne sont pas toujours respectées. Leur ‘no worries’ (pas de problèmepeut être un peu frustrant lorsque par exemple vous devez expliquer des retards au client qui auraient pu être facilement évités. Il y a également un vrai changement de mentalité selon que vous possédiez ou pas un visa. Vous pouvez avoir les mêmes compétences mais ne serez pas traité de la même façon en étant enWorking Holiday Visa et visa permanent.

- Comment avez-vous obtenu la citoyenneté australienne ?
Après de nombreuses insomnies et beaucoup de détermination! Cela me fait toujours sourire lorsque l’on me dit ‘tu as de la chance’ car ce n’est pas par le fruit du hasard. J’ai envoyé des dizaines de CV, eu des entretiens avec des agences de recrutement et des entreprises, consulté des agents d’immigration (qui m’avaient dit que je n’avais aucune chance d’y arriver). Il y a en réalité plusieurs moyens d’obtenir la citoyenneté, les lois changent souvent donc il faut être bien informé. Il y a notamment un système de points qui, selon votre expérience, diplôme, âge, etc.. peut vous donner accès a un visa permanent (la possibilité de rester 5 ans sur le territoire) puis la citoyenneté. Pour ma part, je suis arrivée avec un Working Holiday Visa (Visa travail Vacances) et je n’avais pas assez de points. A mon époque je ne pouvais travailler que 3 mois dans la même entreprise (6 mois de nos jours). J’ai réussi à convaincre une entreprise de me sponsoriser, c’est-à-dire qu’en restant 2 ans dans leur structure j’avais le droit de poser ma candidature pour ce visa permanent. Il m’a donc fallu 3 visas et 4 ans de procédures administratives (test d’anglais, traductions de tous les diplômes et relevés de notes, tests médicaux,..) avant de pouvoir être officiellement franco- australienne.

- Quelles sont vos activités en dehors de votre travail?
Je dois avouer que ma vie personnelle est beaucoup tournée vers la photographie et je n ‘arrive parfois pas à déconnecter. Il n’est pas rare que je passe les week-ends avec un de mes appareils photo arpentant les rues de Sydney ou avec mon ordinateur en train de faire des recherches, envoyer mon travail ou répondre à des interviews.
Je fais énormément de sport en dehors du travail : jogging, pilâtes, natation. Nous avons la chance d’avoir un cadre agréable - j’habite à quelques mètres de la plage - donc j’en profite. Je participe aussi à toutes les manifestations culturelles possibles (festival du film français, festival de photo World Press & Head On, festival de Sydney, concerts, expositions,..).
Enfin je maintiens un blog de photo (www.agnessamour.tumblr.com) et un site internet (www.agnessamour.com), ce qui me permet de dialoguer avec de nombreux artistes émergents principalement aux Etats-Unis et en Europe.

- Comment s'est développé votre passion pour la photographie ?
Ma première passion a été et reste le piano. Quand vous jouez tous les jours pendant plus de 15 ans, vous devenez addict, au bon sens du terme. Mais lorsque j’ai quitté la France j’ai bien été obligée d’arrêter un peu. Peut être la photographie est une sorte de transition, un autre moyen de pouvoir m’exprimer sans la musique. Un de mes premiers déclics s’est déclenché après la Guyane, lors de mon retour en France. Ma meilleure amie et mon père ont découvert mes photos et m’ont dit que j’avais ‘l’œil’ du photographe, un angle de vue intéressant (mon père est un fervent collectionneur de livres et appareils photographiques vintage). Ce n’est que quelques années plus tard, à Sydney que j’ai décidé de participer à un séminaire au Centre Australien pour la Photographie. J’ai poursuivi ce cursus avec un deuxième puis un troisième jusqu'à me spécialiser dans le style documentaire. En 2 ans j’ai donc créé progressivement un portfolio, principalement composé de photographies argentiques.

- Qu’est-ce que l’expatriation vous apporte ?
C’est une très bonne question et un sujet dont nous avons beaucoup discuté avec mon dernier professeur de photographie à Sydney. J’ai l’impression que le fait de me sentir un peu en décalage me permet de produire des clichés plus facilement. Au fil des voyages je pense que j’ai vraiment développé une curiosité que je n’avais pas auparavant et qui me pousse à vouloir explorer une ville, un quartier ou même un bâtiment d’une autre façon. J’ai besoin d’être presque en danger pour pouvoir donner une autre dimension aux images et le fait de ne pas totalement me sentir en phase avec mon pays d’accueil favorise la création.

- Comment faites-vous connaître votre blog et votre site ?
Pour le moment, par les réseaux sociaux (page Facebook & Twitter), mon blog, des publications et les amis. Le photographe doit aussi être un professionnel du marketing en plus de quelqu’un de créatif ! Il faut beaucoup de persévérance, moi qui suis plutôt impatiente. Et c’est aussi un énorme travail de recherche, c’est-à-dire savoir trouver le magazine qui va être le plus adapté à votre style ou les personnes qui vont s’intéresser à  votre démarche. Mais j’aime ces challenges.

- Quels sont vos projets?
J’ai toujours une tonne de projets et jamais assez de temps pour les réaliser. Je vais terminer prochainement mon contrat et donc pouvoir commencer à préparer mon prochain voyage. Je souhaite être en France courant 2013 pour rentrer en contact avec des galeries et organiser une exposition. C’était mon souhait l’année dernière et je n’ai pas pu m’en occuper suffisamment. J’ai également envie de faire évoluer encore mon portfolio et pourquoi pas lier la photographie avec la musique. Mon style photographique est définitivement plus européen et, même si je suis très attachée à Sydney, les opportunites dans le domaine créatif sont plus intéressantes et diverses à Paris. Enfin je suis en train de réfléchir à un nouveau blog plus interactif. J’essaie de trouver un angle intéressant avant de le mettre en place. Je dois soumettre prochainement la maquette à ma webdesigner et voir quelles sont nos possibilités.

Agnès à Sydney

Visitez son site internet : http://www.agnessamour.com/

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