Connexion en tant que membre

Grande-Bretagne Londres Témoignages

Noémie, l’équilibre d’une working mum à Londres


Noémie, l’équilibre d’une working mum à LondresNoémie vit en Angleterre depuis 14 ans. Elle a vu le contraste entre sa vie sans enfant et celle de maman qui travaille. Aujourd’hui elle a su trouver son équilibre en créant une nouvelle formule de cours de langue, à la carte, dans des cafés.

Londonienne d’adoption

Je suis Normande de cœur et Londonienne d’adoption. Je suis arrivée en Angleterre à 22 ans. Et je m’étais juré de ne pas y rester. Mais un mariage et deux très beaux garçons plus tard, je suis toujours là, depuis 14 ans. J’y ai fait toute ma carrière, à part quelques mois au Mexique et quelques mois à Paris.

J’ai toujours voulu parler anglais, d’aussi longtemps que je me souvienne. Et toujours voulu être prof. Je suis arrivée ici après une licence de Sciences du langage, pour être assistante de français en collège. J’ai poursuivi mon cursus ici. J’ai fait la formation CAPES à Cambridge. Et j’ai enseigné à toutes les tranches d’âges, de 3 ans à…

Deux expériences d’expat dans un même pays

J’ai deux expériences d’expatriation dans un même pays. Ça peut paraitre étrange mais j’ai construit le début de ma carrière ici. J’ai pris mes marques à Londres dans un premier temps. Puis je suis tombée enceinte. Ensuite, nous avons voulu vivre une expérience parisienne, qui n’aura finalement pas duré un an. Mon mari est Néo-Zélandais. Donc Londres nous semble être finalement la destination compromis. Aujourd’hui nous sommes bien installés et les enfants se construisent ici.

J’ai accouché de notre fils ainé à Paris. Je suis donc revenue à Londres avec un bébé sous le bras. Le Londres que je connaissais d’avant ne m’était plus vraiment accessible. J’ai découvert cette nouvelle vie avec effroi. Je me suis sentie complètement déconnectée, ingrate vis-à-vis de mon enfant de vouloir travailler, ingrate vis-à-vis de mon mari de lui imposer mes états d’âme de house-wife-qui-devrait-s’estimer-heureuse.

S’affirmer en tant que maman qui travaille

J’ai eu la chance d’avoir un mari compréhensif qui m’a soutenu pour que je retourne travailler. Dans un premier temps, j’ai travaillé pour des agences de cours de langues. Je me suis beaucoup cherchée. Je voulais justifier de travailler à crédit (la crèche nous coutant plus cher que mon salaire). Je me suis donc posée plein de questions. J’ai voulu retourner étudier. Mais finalement mon projet s’est mis en place doucement, en rassemblant les différents morceaux du puzzle.

Il m’a été très difficile de réaliser que je devais justifier le fait de travailler alors que je ne m’étais jamais posé la question. Il était évident que j’allais être une maman-qui-travaille. Il nous a fallu beaucoup parler de cette problématique qui nous entourait jusque dans les couples d’amis proches et la famille. J’avais aussi beaucoup trop de temps pour réfléchir et je tournais en rond dans ma tête. J’ai essayé de transformer ce magma en poussée en avant. Je me suis intéressée à plein de trucs (de l’upcycling à gogo au fonctionnement du cerveau, en passant par la place du sport dans nos vies citadines…). J’ai finalement compris comment je pouvais tout connecter en un projet.

De là à dire que c’est une réussite, je ne sais pas. Pour moi, c’est une réussite dans le sens où je fais exactement ce que je voulais faire et je peux associer les valeurs qui me font vibrer dans ce projet.

Un projet mûri au cours de nombreuses expériences professionnelles

A 27 ans, j’avais un travail passionnant mais tellement prenant que je me suis retrouvée à me plaindre comme une vieille ! Je suis partie travailler quelques mois au Mexique, puis en vacances. A mon retour, j’ai finalement trouvé un poste pour enseigner aux adultes. Cette nouvelle flexibilité et la motivation de mes étudiants m’ont ouvert les yeux sur de nouvelles perspectives pour ma carrière.

Il y a cinq ans, je suis donc devenue freelance. En effet, ici, ce statut permet de monter tranquillement son entreprise. Et je n’ai même eu à changer de statut entre mon travail pour les agences et la mise en place d’Eclectic Minds. D’ailleurs, ces années ont permis à mon projet de mûrir. Travailler pour d’autres m’a permis de me confronter à différentes populations, de donner des cours dans différentes entreprises. Et donc de réfléchir à leurs motivations. J’ai rapidement réalisé qu’il y avait un décalage entre l’offre des agences, les attentes des départements RH, les attentes des étudiants et les profs. Ce n’était même plus une triangulaire, mais un carré de l’enfer !

Créer une nouvelle forme de cours de langue

De plus, avec les annulations de dernière minute et le reste, je me retrouvais souvent bloquée, ne pouvant rien organiser, sinon faire du shopping ou boire des cafés. De là m’est venue l’idée de proposer des classes courtes, pour sortir de sa routine, transformer sa pause en un moment constructif, et pouvoir faire autre chose de ses £15 que de s’acheter un énième t-shirt dont on n’a pas vraiment besoin.

Donc Eclectic Minds, ce sont des cours de langues d'une heure qui ont lieu dans des cafés. Le tout sur un mode flexible: on achète du crédit. Et on l'utilise quand on veut, à la manière d'une salle de sport, mais pour le cerveau !

Mon principal challenge ? C’est moi. J’ai des milliers de choses à apprendre en ce qui concerne la gestion d’entreprise. C’est fascinant. Je suis d’ailleurs la première surprise de trouver ça fascinant. C’est un défi, mais j’ai mis suffisamment de temps à peaufiner l’objectif du projet pour vraiment vouloir me battre et le mener à bien. Aujourd’hui je dois faire en sorte que mon entreprise soit viable, vendre mon corporate scheme aux entreprises, et développer d’autres sujets proposés par Eclectic Minds.

L’expatriation, ou l’art de repousser ses limites

Finalement, l’expatriation est une excellente école pour repousser ses limites. Quand on est expatriée, on connait ce sentiment d’être toujours celui-qui-n’est-pas-d’ici. Et pour autant, on peut se sentir parfaitement chez soi. Entrepreneuriat, pour moi, c’est un peu la même chose. Je viens du monde professoral, je m’expatrie au businessland et j’y ferai ma place.

Ensuite, il s’agit aussi de bien s’entourer, trouver les évènements qui vont permettre de rencontrer des gens motivants. Ils sont partout !

Être expatriée, c’est aussi cette capacité à se poser des questions et y trouver les réponses. De savoir formuler sans honte quand je ne sais pas ou ne comprends pas quelque chose. « sorry, I am french… » 🙂

FemmExpat vous recommande de lire aussi :

Modes de garde à Londres : mode d’emploi !

Les écoles à Londres


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !