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Atterrissage forcé


Chroniques d'un retour - Episode 9. Atterrissage forcé ou « premiers pas dans une nouvelle vie aussi chargée de promesses que débordante de défis ».

Chroniques d'un retour - Episode 9. Atterrissage forcé ou « premiers pas dans une nouvelle vie aussi chargée de promesses que débordante de défis ».

Résumé de l’épisode précédent : Violette, Albert et leurs quatre globe-trotters ont donc quitté cet été l’Italie pour se réinventer en France ; ils ont par la même occasion dit adieu à presque deux décennies de vie en expatriation. Beaucoup d’interrogations, de craintes mais aussi d’attentes et d’espoirs se sont forgés depuis quelques mois et maintenant, place au réel : c’est parti pour une nouvelle aventure à Paris !

Chers lectrices, chers lecteurs, deux mois bien remplis se sont écoulés !

Les Alpes ont été franchies, les cartons déballés, et me revoilà, Violette, devenue parisienne depuis quelques jours ! Vous allez sans doute me demander : alors, ce retour en France ? Pas trop dur ? Pas trop fatigant ?

Je vais vous répondre en un mot sans détour : reposant.

Eh oui, je sais, vous allez croire que la canicule de fin août m’a ôté toute raison, mais je vous assure, ce retour en France est RE-PO-SANT. Et je vais vous expliquer pourquoi :

Parce qu’enfin, oui enfin, on s’est installés dans un pays où l’on parle notre langue maternelle !

C’est tellement pratique ! Plus besoin en cette période critique de l’installation d’avoir recours en urgence à Google traduction ou de sonner chez la voisine du dessus l’air abattu pour démêler l’affaire du moment.

Parce que, à peine arrivés, on a déjà rempli notre agenda

De pique-niques (c’est très parisien, ça, apparemment, tout le monde fait des pique-niques, on se croirait sur l’ile de Ré), de « pots », de diners de retrouvailles avec une multitude de copains - dont la plupart sont des ex-expat rentrés avant nous - nos familles, quel bonheur ! C’est tellement chouette d’arriver et de connaître déjà du monde, de faire revivre des tas de souvenirs, de célébrer le début de cette nouvelle étape, de se retrouver à nouveau « voisins » ! Ça tranche franchement avec l’habituelle période de flottement « légèrement » angoissante et inconfortable de l’intégration sociale…

Parce qu'on avait tout ce qu'il fallait en arrivant

Paris oblige, notre surface habitable a extrêmement diminué. Du coup on avait tout ce qu’il fallait comme meubles en arrivant. Même pas eu besoin de faire la traditionnelle virée dantesque chez Ikea, ou son équivalent local, suivie de l’inévitable scène domestique avec Albert au moment du montage des meubles.

Parce qu'on n'a plus besoin de voiture

On a du restituer la voiture de (l’ex-)fonction d’Albert et du coup… on n’a plus de voiture. Génialissime, quelle liberté ! Pas de stationnement à chercher désespérément ou de parking à financer, d’assurance à négocier (ça fait toujours mal à chaque changement de pays d’être considéré comme jeune conducteur la quarantaine passée et aucun accident à son actif, croyez-moi). A nous Vélib, Autolib, bus, métro (à la rigueur), location de voitures entre particuliers : légèreté totale.

Parce que j'ai un co-équipier

Parce qu’enfin mon Albert qui est en « transition de carrière » (jolie façon de dire qu’il est en recherche d’emploi) est mon co-équipier au quotidien : il m’a même accompagnée à la CAF sans râler, alors qu’il n’y était même pas obligé, dingue !

Bon, d’accord...

Il y a quand même eu ces premiers jours quelques petits agacements, quelques petites surprises, quelques petites frustrations. Par exemple euh… oui, à la CAF justement, ils nous ont expliqué qu’ils avaient 2 mois de retard dans le traitement des nouveaux dossiers. Bon, c’est bête parce qu’en attendant on n’a qu’à payer plein pot cantine, activités extra-scolaires et tutti quanti. Moi qui me disais qu’enfin, après toutes ces années, avoir quatre enfants pouvait nous apporter quelque avantage ! Il va falloir être patient de ce côté-là.

Il a fallu être patient aussi avec l’installation de la fameuse « box ». Les dents de nos ados grinçaient de plus en plus les jours passant, on les privait de leur oxygène, littéralement. Une fois installé, le wifi a fonctionné ¼ d’heure, jusqu’à ce que tous les enfants, Albert et moi soyons connectés en même temps. Drame. Et puis quand Léandre et Léontine ont réalisé que le wifi ne dépassait pas les limites du salon et de la cuisine, alors là… scandale ! Nous qui leur vantions les mérites de l’avance technologique française depuis des années ! Bon, du coup ils vont pouvoir se concentrer sur leurs études, eh eh...

La palme de notre étonnement revient sans doute à Pôle Emploi, qui a réussi une prouesse hors du commun et encore inexpliquée (et inexplicable à mon avis) : Albert s’est inscrit en ligne, puis a reçu un mail de confirmation, jusque-là tout allait bien. Quelques jours plus tard, il a reçu un courrier postal de Pôle Emploi adressé à un certain « Robert Bourlingueur ». Donc : d’ « Albert Globetrotteur » il était devenu « Robert Bourlingueur ». Incroyable. Que le système fasse une erreur d’aiguillage, on peut le comprendre, ça arrive. Mais il s’agissait bien d’autre chose : il y a eu interprétation de son nom et de son prénom car c’était « presque-correct-mais-pas-tout-à-fait » !! Bref, on n’est pas au bout de nos peines, quand même, heureusement que Rob… euh, je veux dire Albert, a d’autres cordes à son arc pour rebondir dans sa carrière.

On a eu aussi de véritables surprises positives !

Par exemple l’accueil enthousiaste et totalement spontané dès le trottoir de l’école le jour de la rentrée d’un groupe de quatrièmes qui avaient déjà repéré que Léontine était nouvelle. Ou bien encore le melting-pot international de l’école élémentaire du quartier, on n’est pas dépaysés pour un sou, mes enfants trilingues et binationaux étaient des petits-joueurs à côté des fillettes qui, en apprenant qu’on arrivait d’Italie commençaient chacune à égrener la liste de leurs 3 ou 4 nationalités !

Bilan des toutes premières impressions des « Globetrotteur » ?

On a trouvé un Paris majestueux sous le soleil de fin d´été. Les baguettes et croissants achetés le dimanche matin au coin de la rue ont été à la hauteur des attentes familiales. La Tour Eiffel était bien en place, souveraine, s’offrant toute entière aux yeux émerveillés de Loustique et Loyse qui la plaçaient quand même dans le top 2 des raisons de venir vivre à Paris.

Les premiers contacts avec les voisins (accueillants), les commerçants (commerçants), les administrations (assez zen, … trop ?!)), les services à distance (ultra-efficaces) ont été franchement agréables.

Ok, tout ne fonctionne pas forcément du premier coup, mais j’ai une théorie là-dessus : plus je suis détendue, plus je souris (mais sincèrement, hein ! Pas façon Cruella), plus je reçois d’attitudes positives à mon tour, dans les situations a priori problématiques et potentiellement tendues, l’effet de surprise du sourire en désarme plus d’un(e), croyez-moi.

Alors oui, le fameux choc culturel inversé nous rattrapera peut-être

Sans doute les jours d’hiver gris, froids et pluvieux, avec une bonne petite grève des transports en prime… Devant des situations administratives ubuesques qui n’ont sans doute pas fini de se présenter. Dans nos (futures) vies professionnelles… Mais bon, franchement : nous avons quitté Paris à l’époque où il était encore permis de fumer dans les espaces publics et les bureaux ; où le smartphone était loin d’être inventé ; où on faisait encore ses courses au supermarché le samedi après-midi dans les étroites allées (à l’époque tout du moins) du magasin Leclerc de Levallois pour tourner ensuite des heures pour garer une petite Fiat Uno ; où les annonces de boulot étaient publiées dans des magazines qu’il fallait acheter en kiosque et éplucher chaque semaine le cœur battant ; où envoyer la moindre candidature pour un job nécessitait des heures de calligraphie concentrée et de prose inspirée… Impossible de comparer notre vie à Paris d’il y a 20 ans, si heureuse fut-elle, avec ce Paris rempli de solutions de transport malines, de bornes interactives de toutes sortes, d’entreprises de livraison gagne-temps, de services en ligne systématiques. 

Reste « plus » à Albert qu’à trouver le boulot passionnant qu’il mérite et à moi à organiser ma nouvelle vie pro. Quelque chose me dit que la Patience sera notre meilleure alliée pour les prochains mois… Allez, je file à mon nouveau cours de Yoga,  question de survie.

Chers lectrices, lecteurs : bonne rentrée et surtout… reposez-vous bien !

Chroniques d’un retour (pas) annoncé

Les aventures en live de Violette, expatriée au long cours, maman de quatre enfants et career-woman s’adaptant aux contextes changeants qui apprend subitement par son cher époux Albert qu’ils vont devoir rentrer vivre à Paris après de nombreuses années de vadrouille à travers le monde. Ces chroniques relatent les sentiments, les espoirs et les craintes de Violette tout en décrivant sous formes d’anecdotes les étapes qui ponctuent ce retour d’expatriation pas annoncé et enfin comment Violette surmonte ces changements pas forcément choisis au départ.

 

florence malaud

L’auteure : Florence Malaud vit à Milan, Italie, depuis 2 ans et demi après avoir quitté Paris à la fin du XXème siècle avec son mari et vécu aux USA, en Espagne, et au Mexique. Tour à tour jeune cadre expatriée dans un grand groupe suivie par son mari, puis auto-entrepreneur – suivant son mari cette fois – elle est aujourd’hui dirigeante dans une start-up et Coach certifiée HEC. Quatre joyeux enfants sont nés au cours de cette Odyssée.

 

 

 

Caroline PortraitIllustration par Caroline Gaujour, illustratrice/graphiste expatriée à Istanbul –www.dessinsdexpat.com / dessinsdexpat@gmail.com.


Lire son portrait sur Femmexpat.

 

 

 

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