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Ciao, Dolce Vità ; à nous, douce France !


Chroniques d’un retour - Episode 8 - Ciao, Dolce Vità ; à nous, douce France !

Ou « comment Violette réalise qu’elle peut conserver son âme d’exploratrice même au-delà des Alpes ».

 Flo Malo Chroniques 8_NS

 

Résumé de l’épisode précédent : Violette est absolument révoltée par les premiers retours des spécialistes de l’embauche en France et se désespère pour son bel Albert : il faudrait qu’il rentre dans des cases ? Impossible ! Les « cases », il les explose !! Enfin, grâce au yoga, elle parvient tant bien que mal à maintenir un équilibre à quelques menues encablures du grand départ.

Très chers lecteurs, heureuse de vous retrouver ! Cette semaine, je vous propose une véritable séquence-émotions. Prêts ? C’est parti.

La seule maman qui pleure comme une madeleine devant un banal spectacle de fin d’année d’activité scolaire vous savez qui c’est ? Et cette femme qui sort du magasin de fruits et légumes du quartier la tête basse, les yeux embués et l’air abattu, vous situez ? Et cette nana pourtant souriante et pimpante qui s’effondre d’un seul coup en sanglots quand on lui lance un habituel « Ciao cara ! Come stai oggi ? », vous reconnaissez ? Violette, re-Violette, et re-re-Violette. Moi, donc, la Violette-du-mois-de-juin, qui ne supporte décidément pas les « dernières fois ». Pourtant c’est la n-ième fois que je vis des « dernières fois ». Échantillon du programme ce mois-ci : dernière fois que j’entends ma fille de 8 ans chanter un air d’opéra italien en VO, dernière fois que j’échange avec la vendeuse de primeurs sur les bonnes petites recettes toscanes, et dernière fois qu’on se croisera avec cette maman d’élève dans le couloir de la maternelle… Une vraie fontaine. Une éponge. Un concentré d’émotions. Je pleure, je pleure, mais attention, ce sont des pleurs TRÈS subtils ! Je pleure bien sûr parce que je suis triste de quitter à nouveau une « vie », mais pas seulement... Je pleure aussi, j’oserais dire, de joie et de reconnaissance en regardant derrière moi le chemin parcouru et la richesse des années qui viennent de s’écouler.

Il faut être clair : partir vivre à l’étranger, ce n’est pas comme partir en vacances, même longues, avec en tête la certitude d’un retour dans son chez-soi douillet et dans son job faisant relativiser les expériences difficiles du choc culturel éventuel. Vraiment pas. Partir vivre à l’étranger, c’est renoncer à ses repères, à beaucoup d’acquis, accepter de bouleverser ses habitudes, se remettre profondément en question en tant qu’individu, mais aussi en tant que conjoint, parent, enfant, ami, travailleur… C’est devoir affronter l’imperfection, la faiblesse parfois (là je sens poindre vos larmes, chers lecteurs). C’est devoir ancrer de nouvelles racines, prouver de quoi on est capable, à soi-même d’abord, aux autres ensuite, créer d’innombrables liens, construire des amitiés fortes à partir de zéro… Et enfin faire émerger une routine salvatrice et sécurisante, ponctuée d’exotisme, toujours, mais tout en conservant une impérieuse nécessité de se forger des repères structurants. Une banale question de survie.

Et tout cela sera à nouveau brutalement balayé dans quelques jours.

(Intermède : là vous pleurez pour de bon, non ?? Chers lecteurs, je vous avais prévenus pour la séquence-émotions, désolée pour les âmes sensibles, et pour ceux qui cherchaient la fantaisie de mise habituellement. Ce sera pour la prochaine fois, garanti.)

Alors heureusement, les souvenirs, photos, et amitiés indéfectibles et sans limite géographique persisteront. Et puis aussi de jolis et cocasses petits clins d’œil, illustrations discrètes, quotidiennes et intimes de notre passé : je vous parle de tous ces petits mots et expressions insolites qui se sont imprimés à jamais dans notre vocable familial. Ça, personne ne pourra jamais nous le supprimer. On emporte avec nous ces témoins sonores adoptés au hasard des langues de nos pays d’accueil, parfois parce qu’ils sont intraduisibles en français, parfois parce qu’ils sont juste plus rapides à prononcer : Time out, Cup, Booster seat, Ma che casino !, Pizze (car à 6 on mange plus qu’une pizza…), Basta così, Pan Bimbo, Tope, Despedida

Despedida : parlons-en ! « Fête de départ » en espagnol. Cette fête va donc symboliser notre départ d’Italie, et les adieux à nos amis d’ici, un grand moment d’émotion qui s’approche inéluctablement. Mais la particularité, cette fois, c’est qu’il va s’agir d’une double-despedida. Nous allons prendre congé de l’Italie, mais aussi et surtout de 17 années d’aventures exotiques en Europe et dans les Amériques : c’est vrai, toutes ces années, nous les avons vécues comme des explorateurs… Recherchant constamment la nouveauté, le pittoresque, traquant l’authentique, le singulier, créant des liens spontanément avec des inconnus afin de percer les mystères de leurs vies si particulières, un sujet de débat insatiable entre Albert, les enfants et moi… Comme si notre statut d’étrangers nous rendait automatiquement légitimes aux yeux des autres dans ce rôle d’explorateurs curieux et ouverts, mais surtout à mon avis : à nos propres yeux !

Car au fond : quelle différence y a t-il entre débusquer les plus beaux Cenote du Yucatan et les plus jolies Calanques de Marseille ? Et pourquoi l’initiation à la technique de la confection des Orecchiette des Pouilles serait plus unique que celle des galettes de sarrasin de Quimper ? Et selon quel critère la rencontre avec les loups du Mercantour serait moins émouvante que celle des baleines du Pacifique ? Et pourquoi un road trip de 3000 km à travers l’Espagne serait plus captivant et riche en surprises qu’un tour de France des terroirs ? Les étrangers qui s’expatrient en France, je parie qu’ils vivent dans notre pays ce sentiment grisant de la découverte et qu’ils sont habités par la conviction qu’ils vivent chaque jour des expériences exotiques inoubliables... Car ils ont ont revêtu inconsciemment leurs lunettes d’explorateurs qui leur permettent de vivre chaque évènement via le prisme de la nouveauté et de la découverte. Ces mêmes lunettes qui depuis tant d’années sont si proches de nos yeux que nous ne les avions même pas détectées…

Alors oui, c’est décidé, foi de Violette ! Nous allons garder nos lunettes d’explorateurs sur le nez, pas question de les balancer au fond d’un ravin en franchissant les Alpes. Nous allons partir à l’assaut de Bordeaux, Strasbourg, la Normandie, Marseille, Lyon, le pays Basque, Lille et même l’Ardèche ! A nous les rencontres insolites, les découvertes inattendues, les saveurs inconnues !

Ciao, Dolce Vità ; à nous, douce France !

A suivre… après l’été ! On se retrouve en live comme toujours : je vous raconte mes premiers pas dans ma nouvelle vie française.

Prochain épisode : Atterrissage forcé ou « premiers pas dans une nouvelle vie aussi chargée de promesses que débordante de défis ».

 

Chroniques d’un retour (pas) annoncé

Les aventures en live de Violette, expatriée au long cours, maman de quatre enfants et career-woman s’adaptant aux contextes changeants qui apprend subitement par son cher époux Albert qu’ils vont devoir rentrer vivre à Paris après de nombreuses années de vadrouille à travers le monde. Ces chroniques relatent les sentiments, les espoirs et les craintes de Violette tout en décrivant sous formes d’anecdotes les étapes qui ponctuent ce retour d’expatriation pas annoncé et enfin comment Violette surmonte ces changements pas forcément choisis au départ.

florence malaud

 

L’auteur : Florence Malaud vit à Milan, Italie, depuis 2 ans et demi après avoir quitté Paris à la fin du XXème siècle avec son mari et vécu aux USA, en Espagne, et au Mexique. Tour à tour jeune cadre expatriée dans un grand groupe suivie par son mari, puis auto-entrepreneur – suivant son mari cette fois – elle est aujourd’hui dirigeante dans une start-up et Coach certifiée HEC. Quatre joyeux enfants sont nés au cours de cette Odyssée.

 

Caroline Portrait

Illustration par Caroline Gaujour, illustratrice/graphiste expatriée à Istanbul –www.dessinsdexpat.com / dessinsdexpat@gmail.com.


Lire son portrait sur Femmexpat.

 

 

FemmExpat vous conseille de lire : --

Y’a du boulot ? – Episode 7 des Chroniques d’un Retour

Bric-à-brac – Épisode 6 des chroniques d’un retour

 


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