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Confinement : tirer du positif pour la famille expatriée


LEs-points-positifs-du-confinement-Adelaide-Russel-UNE femmexpat 559x520-4Malgré l’avalanche de nouvelles anxiogènes autour du coronavirus et une gestion quotidienne rendue bien compliquée, prenons de la hauteur avec Adélaïde Russell.

Psychologue spécialisée auprès des expats, elle nous invite à "chausser nos lunettes colorées" et à tirer les points positifs du confinement pour la famille en cette étrange période.

 

Oui, une crise, aussi dure qu’elle soit à traverser, est aussi une occasion

Une occasion de changer des choses, de porter un éclairage différent sur sa vie. C’est l’opportunité d’être plus attentif à soi et à son environnement.

Alors, par la force des choses, les exigences de confinement peuvent être propices à vivre des aspects nouveaux au sein de sa famille.

Que peut-il émerger de constructif de cette situation déstabilisante ? Et comment l’utiliser aussi pour ce qu’elle est : un espace ouvert différent que nous allons pouvoir construire en famille.

 

Mise en lumière des risques

Bien que le projecteur soit mis sur certains bénéfices familiaux insoupçonnés et positifs, je souhaite d’abord évoquer l’attention à porter aux risques inhérents à ces situations d’enfermement.

Nous devons rester vigilant sur les risques de violences domestiques qui reste élevés, telle que diverses associations le soulignent.

Car le confinement peut susciter dans certaines familles des décharges impulsives et non contrôlées d’énergie négative et de violence qu’il ne faut pas négliger.

Et maintenant ouvrons les espaces des possibles.

 

La famille expatriée est une unité de vie en commun

De cette unité se dégage souvent une tonalité particulière due à son mode de vie. Elle se crée sa propre culture, teintée du mode de vie expatrié et/ou nomade.

Elle connaît souvent cette période de repli sur soi au tout début du séjour, due à la réduction des relations amicales extérieures. Mais l'excitation de l'exploration tournée vers l’extérieur et la découverte de son environnement avec toutes ces premières fois, compensent cette période d’isolement social.

Dans le contexte actuel de retrait et d’isolement entre soi nécessitée par la protection contre un virus, tout le pan découverte qui compense l’entre-soi est réduit à néant.

 

Où donc trouver alors des ressources pour non seulement faire face, mais aussi remplir son réservoir de satisfaction et de développement ?

Deux mots vont nous guider : intériorité et solidarité, entre mouvements d’alternance vers soi et vers l’extérieur. 

 

Se laisser guider par l’intériorité 

L'intériorité : un mot que les psys aiment beaucoup, car il touche au cœur de notre travail.

Nous sommes là pour guider les patients, petits et grands, vers un contact entre soi et soi, une relation intérieure riche et apaisée entre tous les différents « moi », actuels, passés et futurs. Lorsque le dialogue est ouvert et circule en soi, nourrit par tous les lieux, les expériences, les réalisations, les liens et les relations vécues et intériorisées alors on ne s’ennuie jamais. La vie est en permanence l’occasion de passer de bons moments, bien accompagné de sa propre présence.

Et comme nous sommes des êtres humains complexes, avec des aptitudes variées et des vécus plus ou moins heureux et sécures, c’est une quête qui se réalise chacun à son rythme, en chemin tout au long de la vie…

 

Cette situation de confinement, par le ralentissement du « faire » quotidien, permet de s’offrir plus d’attention à « l’être ».

Ainsi, inviter les enfants, et s’autoriser aussi en tant qu’adulte, à investir des pauses au cours desquelles ne rien faire de spécial, sans culpabiliser. Il est possible de valoriser des instants, sans buts définis ni actions précises, sans aucune sollicitation, à juste « s’ennuyer », laisser le temps passer en se sentant simplement détendu et relaxé…

Paradoxal, en ces temps anxiogènes et plutôt à contre-courant de notre société productive et qui va toujours plus vite, n’est-ce pas ?

Et c’est là où se niche le gain personnel puisqu’un filet de dialogue intérieur s’ouvre en soi, des émotions reliées à des souvenirs émergent, des idées nouvelles apparaissent, des rêves prennent forme. L’enfant ou l’adulte a l’occasion de se reconnecter à ses « narratives », ces histoires que l’on se raconte dans notre tête, qui peuplent notre jardin secret et habitent notre vie intérieure.

Et, en allant au-delà de cette démarche d’investissement des pensées, faire vivre en soi, parfois avec une certaine discipline pour l’aspect positif (fermer volontairement la porte aux pensées anxieuses et négatives), des images mentales agréables crée un changement dans le corps.

Grace à ces pensées positives, par exemple reliées à des personnes que l’on aime, des situations qui éveillent de l’admiration ou de la gratitude, des hormones du bien-être sont secrétées.

Elles remplacent les hormones du stress, ce qui offre un moment ressource appelé aussi « sa zone verte » ou « sa fenêtre de tolérance ».

C’est dans cet espace de calme apaisé qu'éveille l’envie d’aller vers l’autre que la sécurité intérieure se développe. Il est tout à fait possible d’introduire dans cette période de confinement des moments précieux de retrouvailles avec soi et son monde interne. Et cela, à tout âge !

 

Se laisser guider par la solidarité 

C'est au niveau du bien-être le versant relationnel de l’intériorité. Nous sommes des êtres vivants sociaux et nous avons besoin des autres pour une vie qui a du sens pour soi.

Par exemple, l’émotion de joie est ressentie généralement dans deux cas :

  • des situations de réalisation,
  • des situations de partage

Lorsque nous nous sentons bien, nous avons envie de le partager avec d’autres et nous sommes plus réceptifs à la souffrance d’autrui dans un mouvement de compassion.

Actuellement, l’expérience inédite de confinement face à la menace d’expansion du coronavirus qui peut porter une atteinte vitale aux personnes plus vulnérables physiquement est en soi un acte de solidarité.

Donc cette période de confinement aussi angoissante et déstabilisante qu’elle soit, est l’occasion de donner sa part pour faire attention aux autres, les protéger, pour le bien de tous.

 

L’attention tournée vers l’autre peut commencer au sein même de la famille expatriée, isolée dans son pays d’accueil ou rapatriée dans son pays d’origine

Éveiller son enfant à l’importance qu’il a dans la famille passe aussi par ses contributions matérielles et affectives au groupe familial.

Il est bon de le responsabiliser dans certaines tâches et rôles familiaux. Ceci développe un sentiment de valeur, de joie et d’utilité qui nourrit sa confiance en lui puis sa motivation.

 

Les responsabilités matérielles relèvent du registre ménager ou organisationnel de la vie en commun.

Elles sont à adapter à l’âge, aux capacités et au niveau de maturité de chaque enfant. Par exemple, développer chez son enfant le sentiment qu’il est bien responsable de son petit espace à lui (sa chambre) pour le rangement. Mais aussi qu’il est concerné par la réalisation de certaines tâches contraignantes de la vie en commun (mettre le couvert, remplir le lave-vaisselle).

 

Les responsabilités affectives font écho au rôle de chacun dans ce groupe, par la prise de conscience que crée sa présence au sein de la famille, l’impact de ses paroles et de ses actes.

Sans oublier le fait qu’il est bien en charge de sa vie à lui. Par exemple, insister sur la conséquence de telle expression d’humeur en mots ou en gestes sur la fratrie, les parents ou sa vie à lui. Les outils de la communication non-violente peuvent être un bon support (message-je, résolution de problèmes) pour une collaboration entre les divers membres de la famille dans laquelle chacun a sa part de responsabilité.

Et ces contributions peuvent s’ouvrir au-delà du cercle familial actuellement confiné : identifier qui, dans son entourage plus ou moins éloigné, pourrait bénéficier de notre attention, d’un message de soutien, d’un mot d’encouragement.

Il s’agit d’aller vers l’extérieur dans un mouvement symbolique de considération et de compassion tourné vers l’autre pour exprimer attention et volonté d’entraide. Même les enfants peuvent faire vivre en eux cette prédisposition altruiste.

C’est une caractéristique de notre humanité, telle que la décrit Richard Davidson, professeur de psychologie et neuro-chercheur américain.

« Nous venons au monde avec une propension à préférer les interactions chaleureuses, coopératives et altruistes aux interactions égoïstes, cupides et agressives. Nous avons tous en nous une bonté fondamentale innée. Le fait de reconnaitre que les êtres humains partagent tous cette caractéristique peut influencer profondément notre façon de traiter les autres ». 

 

Entre intériorité et solidarité, ces semaines de lutte contre un virus mondial, au-delà des inquiétudes et tensions inévitables, nous poussent aussi à éclairer des dynamiques en nous et vers les autres qui font du bien…

 

photo-Adelaide-RussellAdélaïde Russell

Psychologue, elle accompagne en vidéoconsultation des enfants et adultes expatriés.
En savoir plus sur : www.expatfamille.com

Co-auteure avec Gaëlle Goutain de deux guides pratiques sur la vie expatriée :

 

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