Connexion en tant que membre

Afrique Côte d'Ivoire Destination Les témoignages des expats confinés Ma destination

Le coronavirus… vu d’Abidjan


(c) Affiche créée par Pikin Artiste pour sensibiliser les populations aux gestes barrière pour lutter contre le coronavirus.

Depuis la détection du premier cas de coronavirus en Côte d’Ivoire le 11 mars, les mesures de lutte contre l’épidémie se multiplient et se renforcent. Toutes les écoles ont fermé le 17 mars pour une durée de 30 jours.

 

Et depuis ce jour, la plupart des expatriés ont décidé de s’auto-confiner en limitant au strict nécessaire leurs sorties.

 

Isabelle, témoigne de la situation à Abidjan.

 

Rester ou partir, choix cornélien

Les frontières du pays ont fermé le 22 mars.

Il fallait donc se décider vite : rentrer en France dans un pays confiné et frappé de plein fouet par l’épidémie ou rester en Côte d’Ivoire encore peu touchée par le Covid-19 mais aux infrastructures médicales limitées ? 

Certaines entreprises ont demandé à leurs salariés de rentrer et certains Français ont choisi spontanément de le faire.

Nous faisons partie des (nombreux) expatriés qui ont décidé de rester à Abidjan. Tout simplement parce que c’est chez moi. Je n’ai pas de pied-à-terre en France. Je ne peux pas débarquer chez mes parents avec mes enfants au risque de les contaminer. Et mon mari va toujours quotidiennement au bureau pour assurer la continuité de son activité et limiter les dégâts sociaux. Je ne me vois vraiment pas partir sans lui.

Avons-nous fait le bon choix ? L’avenir nous le dira…

 

Abidjan à l’heure du Covid-19

En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, le gouvernement n’a (pour l’instant) pas décrété de confinement strict. Mais l’état d’urgence a été décrété le 23 mars. Et le nombre de cas de COVID-19 ne cesse d’augmenter.

  • Les magasins non-essentiels sont désormais clos.
  • Un couvre-feu est en place de 21h à 5h, il n’est plus possible de circuler dans le pays et notamment de quitter Abidjan pour « rentrer au village ».
  • Les habitants sont invités à respecter les mesures barrière : se laver les mains, se tenir à distance, éternuer dans son coude, porter un masque…
  • Le nombre de passagers autorisés dans les taxis collectifs ou les gbakas (les minibus), pouvant d’habitude transporter des dizaines de personnes, ont été réduits.

 

Mais comment respecter cette mesure si ce n’est en arrêtant d’aller travailler ?

Et que faire de plus dans un pays où :

  • la vie communautaire est si forte ?
  • les logements sont si exigus et que les gens passent une grande partie du temps à l’extérieur ?
  • l’économie est à près de 95 % informelle et où il est nécessaire de travailler chaque jour pour pouvoir manger ?

 

Le confinement et l’école à la maison : le nouveau luxe

J’ai la chance d’être confinée dans une grande maison. J’ai un jardin et une piscine.

Chaque jour, mes enfants jouent dehors, au sein de notre résidence, font du vélo, se baignent. Plus que jamais, j’ai l’impression de vivre dans une bulle (même sans coronavirus, j’avais déjà cette impression !) où rien ne peut nous atteindre.

Alors certes, cette situation est pénible, angoissante, déstabilisante, mais les conditions dans lesquelles nous la vivons sont plutôt agréables.

 

L’école à la maison aussi se passe bien

Le personnel du lycée français d’Abidjan est mobilisé à 200 % pour assurer la continuité pédagogique de l’enseignement. Les enseignants assurent et sont très présents, même si les débuts ont été un peu chaotiques en matière d’organisation.

Chaque jour, nous recevons le travail à faire, des messages bienveillants des maîtresses, nous partageons des news de nos enfants via les groupes Whatsapp… Tout est fait pour que nos enfants vivent au mieux cette situation singulière.

 

Seul hic : je ne suis pas maîtresse et n’ai jamais rêvé de l’être. Je crois que mes enfants vont finir par me haïr !!!

Nous avons 2 ordinateurs à la maison et une imprimante. J’ai mis de côté mes activités, je suis disponible toute la journée pour m’occuper de mes 2 garçons. Bref, tout roule. Je suis privilégiée.

En revanche, pour les parents qui bossent (car je rappelle, pas de confinement ici et très peu de télé-travail) et/ou qui ne sont pas équipés en informatique, c’est compliqué.

Moralité : faisons au mieux en fonction de nos moyens sans nous mettre trop la pression. Enfin, ça, c’est mon mari qui me le dit, moi j’ai un peu de mal à ne pas me mettre la pression !!

Ce qui compte avant tout, c’est que nos enfants se sentent bien, trouvent un nouvel équilibre et ne passent pas la journée devant les écrans.

  

L’ONU tire la sonnette d’alarme :  ça va être une catastrophe pour l’Afrique, il faut aider l’Afrique…

À ce jour, plus de 100 décès ont été recensés en Afrique, dont 1 en Côte d’Ivoire.

Les Africains en ont vu d’autres. Et quand ils voient ce qu’il se passe en Europe, ils se disent qu’ils n’ont aucune leçon à recevoir des occidentaux qui, par ailleurs, « ont amené la maladie dans leur pays » …

 

Les Ivoiriens semblent partagés, entre peur, déni et action.

 

Peur

La population ne peut pas forcément se confiner. Ils doutent aussi de pouvoir être soignés en cas d’infection.

 

Déni

Certains pensent encore que ce virus ne les touchera pas et se pensent protégés, car pendant toute leur vie, ils ont pris des traitements anti-paludéens.

 

Action

En pratique, la population se mobilise. Certes, il y a encore du monde dans la rue (mais beaucoup moins de bouchons que d’habitude) mais beaucoup de personnes portent des masques.

Avant d’entrer dans un centre commercial ou une pharmacie, il est obligatoire de se laver les mains, parfois on prend même la température. Les gens font la queue de manière très disciplinée (ça me surprend et m’impressionne !) en respectant bien les distances de sécurité.

 

Il y a une vraie prise de conscience

Le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation par affichage pour faire connaître les recommandations sanitaires. Pas facile de communiquer auprès d’une population à 50 % illettrée…

Et comme la plupart des autorités africaines, il semblerait que l’État Ivoirien ait passé commande de Chloroquine. Ici, ce médicament est connu et ne fait pas peur. On est bien loin des polémiques qui secouent la France en ce moment….

 

Finalement, au-delà de l’évolution de la situation sanitaire, l’autre grande inconnue est : que va-t-il se passer si les prix des denrées alimentaires flambent et si la population n’arrive plus à se nourrir ? Et si ça arrive, ne faudra-t-il pas songer à rentrer ?

 

Isabelle coach AbidjanIsabelle réside à Abidjan depuis 2,5 ans avec son mari et ses deux enfants.

Elle est l’auteur d’un blog qui s’appelle Le Voyage du Calao (www.levoyageducalao.com).
En quête de bons plans et conseils ? Elle est également Travel Coach Côte d’Ivoire pour la plateforme de voyage Personal Traveler.

>> Lire aussi son article : Au secours, on s'expatrie à Abidjan

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150

 

FemmExpat vous recommande aussi :

Bienvenue au rendez-vous des expats confinés

Confinement : tirer du positif pour la famille expatriée

Parler du coronavirus avec les enfants


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

Prochains événements

  1. 03/12 – Marché de Noël Virtuel

    décembre 3
  2. 07/12 – Réunion d’info « Job Booster Cocoon »

    décembre 7 @ 16 h 00 min - 17 h 00 min UTC+1
  3. 10/12 – Café Expat « Rencontrer des gens en 2020 »

    décembre 10 @ 16 h 00 min - 17 h 30 min UTC+1

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS CONFERENCES ONLINE

Nos derniers articles !