Connexion en tant que membre

Destination Europe Les témoignages des expats confinés Ma destination Pays-bas

Le coronavirus vu d’Amsterdam


Le-coronavirus-vu-des-Pays-Bas-UNE femmexpatComment nos voisins gèrent-ils la crise de coronavirus ?  Sarah, jeune lilloise de 35 ans, a posé ses valises en 2018 à Amsterdam suite à la mutation professionnelle de Paul, son mari anglais. Avec eux, Nina, 6 ans et Joseph, 3 ans, tous deux scolarisés à l'Ecole Française d'Amsterdam.

Pour lutter contre le coronavirus, les Pays-Bas font le pari du semi-confinement et de la responsabilisation des citoyens. Sarah témoigne de ses difficultés à vivre cette situation d'entre-deux, des questions que la crise suscite auprès de ses enfants et des changements que cela implique pour sa famille.

 

Les mesures pour lutter contre le Covid-19 aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, on peut encore sortir en faisant très attention et en respectant des règles assez strictes.
 
En effet, les Néerlandais n’ont pas besoin de dérogation écrite unique pour se déplacer ; ils peuvent sortir courir ou faire du vélo sans périmètre à respecter (mis à part une distance de 1,5 mètre entre individus). Les restaurants, musées et autres lieux de proximités sont bien sûrs fermés ainsi que la plupart des magasins mais de nombreuses boutiques qui ne sont pas indispensables à la vie du pays, comme les fleuristes ou les coffee-shops, sont toujours ouverts avec des horaires parfois restreints. 
 
On a donc droit à une sorte de semi confinement si l’on peut dire !
 
Car ici,  la ligne directrice est la responsabilisation du citoyen. On décide de faire confiance à l’individu afin qu’il soit actif dans la gestion de la crise sanitaire que nous connaissons.

 

Oserais-je parler d’un cadeau empoisonné ?

Je ne souhaite pas, ici, juger cette différence de gestion de la crise entre la France et les Pays-Bas... L’avenir nous dira ce qu’il aurait fallu faire. Mais, en tant que Française (ou est-ce juste ma personnalité qui veut ça ?),  j’ai du mal avec les situations d’entre deux.

Fais ce que tu penses être le mieux mais dans tous les cas, tu auras tort :

  • Confine-toi et culpabilise de ne pas sortir avec les enfants...
  • Sors et culpabilise de propager les virus…

 

Cette différence de traitement, par contre, me perturbe plus que je n’aurais pensé dans mon identité

  • Résidente d’un pays qui n’applique pas les mêmes directives que mon pays;
  • Sensation terrible de ne pas soutenir au mieux l’effort des miens, ceux que j’aime, en France.

Sans oublier que, d’un seul coup, moi qui suis très accrochée à ma famille, me voilà séparée de mes proches par deux frontières fermées. Et cette question en boucle que mon cerveau se refuse pourtant à se poser: que se passe-t-il s’il arrive quelque chose à mes parents ?

En ce moment, ma famille me manque beaucoup. Et ce que je n’aurais jamais pu imaginer : mes amis d'Amsterdam que je considère comme ma seconde famille et qui, eux, vivent à 2km de chez moi, me manquent aussi follement !

 

En attendant... je me transforme en maîtresse

Il est 10h04, les enfants, affalés sur le parquet,  toujours vêtus de peignoirs tachés de céréales séchées, sont occupés à des activités plus ou moins constructives.

Je décide de terminer ma troisième tasse de café avant de lancer les hostilités. 

L’espace numérique de travail (ENT) est en place, meilleure ennemie de tous les jours.

Je viens de passer une demi-heure à prendre connaissance des activités de la journée proposées par les merveilleuses maîtresses des enfants (merci sincèrement à elles). Mais,  je dois voir les choses en face, je suis en retard d’environ deux jours sur le programme !

Pourtant, comme chaque jour depuis trois semaines, je vais m’atteler, avec plus ou moins de succès, à intéresser mes petits élèves aux différents ateliers. Pas si simple que cela. D'ailleurs, en discutant avec mes amies d’ici ou de France, je réalise qu’on exprime toutes le même sentiment : celui de ne pas être à la hauteur du défi imposé.

Nous sommes évidemment désemparées par le caractère inédit et drastique de la situation :

“Je n’arrive pas à travailler avec les enfants”, “je crie tout le temps sur eux”, “ils regardent trop les écrans”.

 

Mais nos enfants ? Comment, vivent-ils, eux, cette période?

“Maman, j’ai réussi à attraper ton virus, je vais le mettre à la poubelle!"

Mot d’enfant de ma fille, tellement mignon ! L'insouciance de l’enfance dit-on ! L’enfant, pourtant, se “soucie” de nous, ses parents. 

Nous sommes leur boussole émotionnelle et affective, quelque soit leur âge. Je ne veux pas les inquiéter par trop d’information ou les rassurer sans y croire ; juste les guider en conservant au mieux mon comportement des jours sereins.

Alors, chaque jour, depuis maintenant trois semaines, je me dis “sois leur boussole du mieux que tu peux”. Mais comment ??

  • Comment conforter des enfants qui ne vont plus à l’école ?
  • Des enfants qui ne voient plus leurs amis ? 
  • Comment leur expliquer que Papa et Maman sont à la maison tous les jours mais que, pourtant, eux, doivent se débrouiller la plupart du temps?
  • Comment faire comprendre aux plus petits qu’on est jeudi et pas dimanche et qu’il faut faire l’école ?

Je ne travaille pas et j’ai une pensée pleine d’admiration pour ces mamans et ces papas qui, en plus de s’occuper des enfants, sont en télétravail tous les jours.

Je ne travaille pas et pourtant, tout comme eux, je suis désemparée quand ma fille me demande, avant de s’endormir, “Maman, c’est quoi le programme demain?”.

Tristesse et coeur serré lorsqu’elle me réclame “sa meilleure amie de toute la vie” ou quand mon fils de trois ans ne comprend pas où est passé son copain Antoine.

 

Et pourtant, quelle chance de les voir grandir, de ralentir le rythme effréné que l’Homme s’est fixé depuis tant d’années.

J’essaie au mieux de les guider dans leurs apprentissages et de les suivre dans leurs folies d’enfants. Ils m’apprennent tellement sur la vie et sur ce qui est important finalement.

Reste les questions en suspens :

 “Maman, quand le virus sera parti, on fera une grande fête? ”

Oui ma chérie!”

“Quand Maman? Avant ou après mon anniversaire?”

“Bonne question ma chérie…” Maman n’a pas réponse à tout… 

 

Si tu avais dix ans de plus, je te répondrais que cela dépendra de multiples facteurs.

Cela dépendra de la rapidité de propagation de l’épidémie et de son évolution dans les prochaines semaines. Cela dépendra aussi, peut-être, des décisions politiques et sanitaires des différents gouvernements.

 

Sarah depuis Amsterdam

 

 

Vous avez des questions, l'envie d'échanger ? 

Retrouvez-nous pour des Cafés Expat virtuels gratuits

FemmExpat vous propose des cafés expat spécialement créés pour cette période de confinement.

Profitez du savoir-faire de l'équipe d'Expat Communication, éditeur des sites Expat Value et FemmExpat et des coachs de notre Expat Coach Academy pour discuter entre expats sur les sujets qui vous tiennent à cœur en ce moment.

café expat 559x520

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150

 

FemmExpat vous recommande aussi :

Bienvenue au rendez-vous des expats confinés

Confinement : tirer du positif pour la famille expatriée

Le virus a désormais conquis la planète ou presque...

Parler du coronavirus avec les enfants


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS CONFERENCES ONLINE

Nos derniers articles !