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Le Coronavirus vu de Dubaï et Abu Dhabi aux Émirats arabes unis


emirats arabes unis confinementAux Émirats arabes unis où près de 90% de la population est expatriée, le confinement total vient d'être imposé. Ici, pas de sortie pour “prendre l’air à plus d’un kilomètre” tolérée.

Outre les autorisations de sortie pour travailler, on ne peut sortir que pour faire ses courses (alimentation, pharmacie) ou en cas d'urgence, avec un permis spécial à demander en ligne. Sans oublier : le port du masque et les gants rendus obligatoire ainsi qu'un couvre-feu à respecter.

Deux expats françaises, Nava à Dubaï et Stéphanie à Abu Dhabi, témoignent de l'évolution de ces mesures. Elles nous expliquent comment le pays emploie les grands moyens avec l’appui des technologies de pointe pour faire face à l'épidémie de coronavirus.

 

Jusqu’à la mi-mars, l'épidémie de Coronavirus n'affecte pas la vie aux Émirats

Alors que découvrons avec consternation et inquiétude la vie confinée à laquelle nos familles en France doivent s’adapter, aux Émirats arabes unis, nous sommes encore assez libres de nos mouvements et continuons d'avoir accès aux restaurants, cinémas, bars, clubs, plages, centres commerciaux et magasins.

Par contre, les écoles ferment le 3 mars, soit 15 jours avant la date officielle des vacances scolaires.

Tout en faisant nos provisions de masques et de gel hydroalcoolique, nous continuons de mener une vie quasiment normale. Les Emirats arabes unis estiment qu'il appartient à tout un chacun de s’imposer des restrictions de sortie ou une stricte application des gestes barrières.

 

La situation évolue vite

Ensuite, tout est allé très vite.

La semaine du 15 au 22 mars sonne la fin de la récréation… Face à l’augmentation du nombre de contaminés (140 cas et 2 morts au 20 mars contre 21 cas au 28 février), les autorités décident de taper du poing sur la table.

Chaque jour apporte alors son lot d’annonces...

Le 19 mars a sans doute été la journée la plus marquante : le territoire ferme son entrée pour les expatries résidents comme pour les touristes.

Seuls les citoyens émiriens étaient autorisés à rejoindre leur pays. Un choc pour les familles qui espéraient faire venir leurs enfants étudiants confinés en Europe ou pour les résidents qui, étant en déplacement professionnel à l’étranger, ne pouvaient plus rejoindre leur famille. Ne restaient plus aux compagnies aériennes qu’à organiser des vols retour pour les touristes déjà sur place, et aux différentes ambassades d’aider leurs ressortissants en difficulté.

 

La pression monte d’un cran six jours plus tard. Le 24 mars : tous les vols sont suspendus.

Les aéroports sont même interdits d’accepter des vols en transit. Cela donne lieu à des situations ubuesques de touristes errent dans les halls à la suite de l’annulation de leur vol de connexion…

Dans le même temps, les autorités locales préparent le développement du télétravail en ouvrant l’accès libre et gratuit aux plateformes de télécommunications telles que Zoom, Skype. FaceTime, etc… Fidèle à leur engagement sur l’hyper connectivité, les différents ministères sont décidés à couper l’herbe sous le pied aux rumeurs et autres « fake news ». Ils lancent alors des applications afin que le grand public puisse avoir un accès sécurisé à des informations officielles. 

Les premières recommandations de « stay at home » sont alors énoncées, un système de contravention a même été mis en place à Abu Dhabi dès le 20 mars. Les résidences, salles de gym et piscines publiques sont fermées.

Pour autant, la vie quotidienne suit encore son cours dans une normalité étonnante. Les écoles sont fermées et les activités extrascolaires suspendues, les familles investissent les plages, jointes par les sportifs en herbe envahissant les promenades du bord de mer. Les centres commerciaux, leurs restaurants et leurs magasins de loisirs ne sont pas en reste. Même les touristes dans les hôtels du bord de mer continuent à profiter des loisirs extérieurs.

 

Jusqu’au 23 mars, c’est comme si nous pouvions continuer à vivre normalement. Isolés du monde extérieur par la suspension du trafic aérien, certes, mais en mesure de poursuivre nos activités quotidiennes. Une bonne partie de la population ignore encore les recommandations de distanciation sociale.

 

Durcissement des règles face à cette pandémie

Le problème du non-respect de la distanciation sociale est sans doute la goutte qui a fait déborder le vase… Les jours qui suivent, voient un véritable déferlement de restrictions.

Les autorités locales étant bien déterminées à recadrer la population, énoncent :

  • la fermeture totale des plages, parcs, centres commerciaux (sauf magasins d’alimentation et pharmacies), restaurants (sauf livraison)
  • un couvre-feu de 20h à 6h00 pour désinfection des rues
  • l'instauration d’un permis de circuler… 

 

« Nous avons alors ressenti un grand soulagement ! Il était temps, enfin, que des mesures drastiques soient prises. Le confinement était inévitable »

Aujourd’hui, les règles sont claires. Le port du masque et des gants en cas de sortie extérieure est obligatoire, ce qui n’est guère un problème puisqu’il n’y a pas de pénurie.

À Dubaï, il faut demander un permis de circuler (à pied, en voiture ou en transports en commun) avant chaque sortie (confirmation via sms). Le ravitaillement, le travail, ou l’aide aux personnes vulnérables sont les seuls motifs acceptés.

Le couvre-feu perdure jusqu’à nouvel ordre ; le e-learning est généralisé, et nous avons reçu confirmation que les écoles ne ré-ouvriraient pas leurs locaux avant la prochaine rentrée scolaire.

Résolument proactive, la National Emergency and Crisis and Disasters Management Authority (NCEMA) de Dubaï a même décidé de boucler pour 15 jours certains quartiers à forte densité de population, avec interdiction stricte de sortie.

Un programme de désinfection est mis en place dans ces quartiers. S’est ajouté un programme de «door to door screening», les besoins en alimentation et/ou en médicaments sont alors assurés par les autorités.

 

La gestion préventive des risques sanitaires

Les grands moyens sont également employés, et ce avec l’appui des technologies de pointe :

  • Abu Dhabi a ouvert la voie en inaugurant le 29 mars dernier à Zayed Sport City, la toute première station de dépistage « drive thru » !
    Les prélèvements sont effectués sans que le conducteur ne bouge de sa voiture, puis envoyés à une station-laboratoire dédiée.
  • Le 30 mars, le groupe Al Futtaim a ouvert son propre centre « drive thru » à Dubaï Festival City.
    Il est ouvert pour l’instant aux employés du groupe et à leurs familles, mais il prévoit d’en ouvrir six autres, accessibles cette fois au grand public.
  • La Dubai Health Authority a également annoncé l’ouverture d’ici 15 jours de trois centres du même type.
    Les tests seront gratuits pour les personnes présentant des symptômes, les femmes enceintes, les personnes vulnérables ou ayant des maladies chroniques.  Ce sera en revanche payant à hauteur de 370 dirhams (environ 90 euros) pour tous les autres.
  • Dernière initiative en date : l’installation de portiques dotés de vaporisateurs de produits désinfectants sur les habits !
    Erigés pour l’heure aux entrées de la gare routière d’Abu Dhabi et dans les résidences des employés de la compagnie des ambulances de Dubaï, ces sortes  de «self-sanitizing gates» pourraient se généraliser dans les semaines qui suivent.

Comme tous les autres pays concernés, les Emirats Arabes Unis comptent sur l’efficacité du confinement. Les dernières statistiques affichent au 7 avril : 2076 cas et onze morts.

 

En attendant la sortie du tunnel, qui reste encore incertaine, les entreprises et individuels vont pouvoir profiter d'aides financières.

Depuis le 6 avril, Emirates Airlines a re-ouvert des vols en aller simple vers quelques villes européennes pour une période toutefois limitée.

Cependant, le mois du Ramadan approche... (23 avril-23 mai). Il sera peut-être de plus en plus difficile à la population locale d’accepter les règles strictes de confinement. Il s’agira alors pour les autorités de décider si la pression doit être ou non quelque peu relâchée…

 

Nava Fox – Jounaliste à Dubaï et Stéphanie Jahn – Conseiller en gestion de patrimoine à Abu-Dhabi

 

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