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Destination Irlande Les témoignages des expats confinés

Le coronavirus vu de Dublin


Le-coronavirus-vu-de-Dublin-UNE femmexpat 559x520Claude nous ouvre une fenêtre sur sa vie à Dublin en pleine crise de coronavirus. Elle y vit depuis 6 mois après huit années passées à Hong Kong et cinq à Zürich.

Petite (toute petite !) cinquantaine. Claude est mariée et maman de deux enfants de 19 et 21 ans. Étudiants l’un à Lille et l’autre à Londres. Mais rapatriés chez leurs parents compte tenu des circonstances.

 

Ici, à Dublin, du bout de mon quartier et cloisonnée dans ma cuisine, un certain calme semble s'être installé



A peine quelques moteurs de voiture entendus, à  peine quelques jambes entraperçues. La consultation compulsive et inlassable de mes livres de recettes, à  laquelle je me livre quotidiennement depuis presque 10 jours n'est interrompue que par les chants ou cris d'oiseaux (dont, hélas, je ne reconnais que celui de la mouette...).



L'ombre croissante du nombre des victimes en Italie a stoppé toute idée de traiter le coronavirus avec indifférence ou légèreté...



Ici, en Irlande, à ce jour 9 personnes sont décédées et plus de 1.500 contaminées - l'annulation des défilés de la Saint-Patrick n'aura pas suffi -, il est maintenant demandé à  tout un chacun de rester chez soi autant que possible.

Pas de confinement, non, mais ne sortir que pour aller travailler, faire des courses essentielles, s'occuper de personnes dépendantes ou faire du sport. Pas de contrôle, pas d'amende, pas besoin...

 


Ici, dans ma maison à Dublin, ma vie s'organise autrement

Plus de yoga, de cafés entre copines, ni de bookclubs ou autres sorties, non. Mais un mari sérieux, en télétravail et des étudiants studieux, oscillant H24 entre "Zoom", "Teams" ou "Houseparty"...

L'un dans mon ex-bureau, le deuxième dans mon ex-salon, le troisième dans mon ex-salle à manger (le wifi ne passe pas dans les chambres...)

 

Silence, on tourne...

 Et moi, et moi, émois !?



Ce matin, je suis sortie acheter des yaourts natures grecs pour mon grand, des yaourts à la vanille bio pour ma belle, des yaourts au lait de soja pour mon homme, et le reste.

J'ai dû me livrer à l'exercice du moment : garder une distance sociale. C'est marrant : c'est bien plus facile si vous regardez franchement les autres dans les yeux et bien moins angoissant si, en plus, vous leur souriez.



Ce matin, encore, j'ai lu dans le Irish Sun que les postiers Irlandais allaient récupérer et distribuer gratuitement les colis et lettres de 160.000 personnes âgées et vulnérables pour qu'elles puissent rester en contact avec leurs proches.



 

A midi, en préparant le déjeuner (dans ma cuisine avec fenêtre sur rue), j'ai pensé que j'ai de la chance.

Ceux que j'aime sont soit avec moi, soit, pour le moins, ailleurs en sécurité. Aucun ne semble maintenant menacé, ni par la maladie, ni par l'économie...



Et nos vies ne filent plus sur des lignes parallèles, trop vite, mais s'imbriquent à  nouveau.


Ce soir, en préparant le diner, je sais que j'ai vraiment de la chance. 

J'ai ressenti pour ces inconnus dans la rue ou sur papier tout autre chose que de l'éloignement : un soupçon de compassion, un élan de solidarité, une envie de faire attention. Et je voudrais que tout le monde ait ma chance.




Est ce que je change ?

 Si ce n'était ce foutu coronavirus, je serais tout à fait heureuse et émue...

 

Claude depuis Dublin

 

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