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Hong-Kong Les témoignages des expats confinés Ma destination

Le coronavirus vu de Hong Kong – la peur d’une 2ème vague


Hong KongA Hong Kong où Fanny vit depuis 12 ans, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas toujours... Comment se gère la crise du coronavirus sur place ? Le SRAS a laissé des traces indélébiles dans la pays et cette nouvelle crise sanitaire suit un automne difficile avec les manifestations qui ont déjà beaucoup impacté la vie économique et le moral des habitants. Témoignage.

Dès décembre, les HongKongais surveillent avec attention ce qu’il se passe du côté de Wuhan. On invite la population à éviter les lieux de foule et tous rassemblements.

Des familles locales de notre entourage s’organisent déjà pour acheter des masques et nous recommandent d'en faire autant. J’avoue qu'on n'est pas alors dans le même état d’esprit.

 

Des premières mesures très rapidement prises

En janvier, le gouvernement annule les festivités du Nouvel An chinois et de nombreux événements rassemblant les foules. Très tôt, les HongKongais réclament même la fermeture des frontières avec la Chine.

La veille du Nouvel An chinois, le premier cas est déclaré...

Nous avions la visite à ce moment-là de mes beaux-parents. Personne ne cède à l'inquiétude, tout semble sous contrôle. Nous privilégions simplement les balades au grand air et évitons les lieux touristiques pendant leur séjour.

 

Fin janvier, les choses s'accélèrent

Le gouvernement ferme petit à petit les frontières avec la Chine ainsi que les écoles. Il annonce aussi la mise en place du télétravail pour les fonctionnaires. Les entreprises privées sont invitées à en faire autant. Les musées, bibliothèques, centres sportifs gérés par le gouvernement, sont également fermés.

Notre crainte concerne le retour de mes beaux-parents. Nous guettions à ce moment-là les annonces des compagnies aériennes car certaines arrêtaient les liaisons avec Hong Kong. Mais notre famille a pu repartir sans souci vers la France.

Et puis, nous avons fait comme tout le monde et mis en place l’école à la maison. Pas simple de se familiariser avec le e-learning ! Il nous a fallu 2 semaines pour trouver nos marques...

J’avais l’impression d’enchaîner deux journées de travail avec d’abord celle de mes filles pour l’école et puis la mienne, que je n’arrivais pas vraiment à commencer avant 16h00…

 

Début février, nous avons assisté à des scènes hallucinantes

On n'avait jamais vu ça : les gens faisant la queue pour des masques, du gel pour les mains ou du PQ !

A ce moment-là, les médias commencent à relayer le problème qui semble se limiter à l'Asie. On ressent l’inquiétude de notre famille en France mais la réalité est pour nous très différente de celle présentée dans les médias et beaucoup moins angoissante.

Les gestes barrières, les recommandations sanitaires et les règles de distanciation sociale prévalent.

 

Contrairement à la Chine continentale, nous n’avons jamais été confinés à Hong Kong

Ici le souvenir du SRAS est si présent que la population locale s’est auto-disciplinée et auto-confinée. Nous nous en apercevons quand nous allons dans les magasins ou restaurants désertés.

L’ambiance s'alourdit : les réseaux sociaux relaient en masse la vie privée de certaines personnes contaminées....

Et puis, il ne faut pas oublier que cette période de crise sanitaire suit un automne difficile avec les manifestations qui ont déjà beaucoup impacté la vie économique et le moral des habitants.

 

De nombreuses personnes font alors le choix de quitter Hong Kong 

Ce n'est même pas à l'ordre du jour chez nous : nous nous sentons en sécurité et sommes chez nous ici. Et puis partir, c'est aussi prendre le risque de rester coincé ailleurs.

En février, le gouvernement prolonge la fermeture des écoles, le télétravail et les autres mesures de prévention, mais la situation se calme. Sans compter que le PQ, le gel pour les mains et les masques refont leur apparition dans les magasins.

Début mars, nous n’enregistrons alors qu’une centaine de cas. Les fonctionnaires retrouvent le chemin du bureau, certaines structures municipales ré-ouvrent. La situation semble se détendre un peu et les habitants recommencent à sortir plus facilement - même si les écoles restent fermées et si beaucoup d’entreprises privées pratiquent toujours le télé travail.

 

Puis, vers la mi-mars, alors que le coronavirus commençait à se répandre sérieusement ailleurs qu’en Chine, nous assistons à un véritable retournement de situation

Ceux qui avaient quitté Hong Kong reviennent en masse avant que des obligations de quarantaine soient imposées. Le nombre de cas augmente alors de façon exponentielle.

Une colère s'installe parmi tous ceux qui sont restés, y compris nous !  On voyait les efforts faits pendant 2 mois anéantis par toutes les personnes qui rentraient sans faire d’eux-mêmes l’effort de s’isoler pendant 14 jours.

 

Nous avons aussi pu constater une certaine rancoeur de la part des locaux vis-à-vis des expatriés

Ils font partie de ceux qui sont partis et revenus "porteurs" et sont plus nombreux que les HongKongais à ne pas porter de masque.

En un peu plus d’un mois, nous sommes alors passés de 100 à 900 cas.

Le gouvernement a donc pris des mesures de distanciation sociale plus strictes. Les groupes de plus de 4 personnes sont d'ailleurs interdits dans les lieux publics. Les bars pubs, karaokés, club de Mahjong, salons de beauté etc ont été fermés. Le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles jusqu’à nouvel ordre.

 

Malgré les hauts et les bas, nous nous sentons chanceux à Hong Kong

Il n’y a pas de confinement et nous avons un système de santé de qualité. Ils sont habitués à faire face à des épidémies et la population est disciplinée. Pour le dire clairement : je me sens plus en sécurité ici que ma famille en France.

 

Je m'inquiétais pour la famille en France

Et je dois dire qu’en 12 ans d’expatriation à Hong Kong, cette situation m’a fait vivre des sentiments d’inquiétude que je n’avais jamais ressentis pour les membres de nos familles et surtout nos parents.

Je ne me suis jamais sentie aussi loin d’eux avec l’angoisse de ne pas pouvoir rentrer s’il se passait quelque chose. Puis, au fur et à mesure du temps, en constatant qu’ils étaient tous prudents et que surtout même en étant plus près, je ne pourrai pas faire grand-chose, ces sentiments se sont apaisés.

À l’inverse je me sens à présent très proche d’eux et de ma famille élargie. Nous sommes tous plus au moins dans la même situation, nous partageons nos expériences. Je n’ai jamais échangé autant de nouvelles avec mes cousins, cousines, tantes, oncles. Je ne compte plus les groupes WhatsApp divers, les apéros on line avec les amis et la famille.

 

Nous nous faisons doucement à l’idée que nous ne pourrons pas rentrer en France cet été

Aujourd’hui, je suis impatiente que nous arrivions au bout de cette situation difficile et que nous trouvions des moyens de vivre avec ce virus.

Je suis aussi inquiète pour toutes les personnes, structures, commerces, organisations que cette pandémie impacte fortement. Je pense notamment aux écoles de nos filles qui sont des petits structures locales/internationales.

Nous nous faisons doucement à l’idée que nous ne pourrons pas rentrer en France cet été. Il faut donc préparer nos filles et nos parents à cela.

 

On découvre tout le positif qui ressort de cette situation exceptionnelle...

Plus de moments à partager en famille à la maison, beaucoup d’humour avec toutes les blagues, vidéos, images en provenance de tous les pays qui circulent sur le net et les réseaux sociaux.

Et puis avec l’école à la maison, je suis contente de mieux appréhender ce que mes filles font en classe. Nous voyons la grande devenir de plus en plus autonome pour gérer ses leçons et devoirs. Nous voyons notre deuxième fille changer et grandir de manière impressionnante.

Alors que le week-end de Pâques vient de se terminer, la situation semble s’améliorer. On remarque une diminution importante du nombre de cas journaliers à Hong Kong.

Il faut garder espoir et le moral !

Fanny habite à Hong Kong depuis 12 ans avec son mari et sont les parents de deux filles de 4 et 7 ans, nées sur place.

 

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