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Le coronavirus vu de São Paulo au Brésil


São PauloComment se gère la crise au Brésil ? Retrouvez le témoignage d'Alexia, expatriée à São Paulo depuis un peu plus de deux ans avec son conjoint et leurs deux jeunes enfants, de 7 et 11 ans. 

Attachée pour la science et la technologie au service de Coopération et d’Action Culturelle, elle travaille pour le Consulat Général de France. À ce titre, elle s'occupe de la coopération scientifique entre la France et le Brésil. 

 

Nous aimons beaucoup São Paulo, cette mégapole de près de 12 millions d’habitants (plus de 20 millions pour son aire métropolitaine). La communauté française est importante, avec environ 10 000 Français, à peu près la moitié de celle du Brésil. La ville n’a pas le charme de Rio, mais c’est la capitale économique et culturelle du Brésil, très cosmopolite et tellement dynamique.

Ainsi, quand João Doria, gouverneur de l’Etat de São Paulo, a décrété la quarantaine le 23 mars, et ce, à contre-courant des positions du président de la République Jair Bolsonaro, la ville s’est arrêtée du jour au lendemain. Les parcs, les restaurants, les commerces non-essentiels ont fermés.

Les entreprises ont placé leurs salariés en télétravail lorsque cela était possible ou bien, plus drastiquement, les ont licenciés.

 

Un confinement impossible pour certains

Le Brésil est un des pays les plus inégalitaires au monde : 38 millions de Brésiliens vivent de l’économie informelle (les petits boulots, les vendeurs de rue etc).

En conséquence, c’est un peu la double peine... Les populations les plus vulnérables économiquement sont aussi celles qui sont, ou seront, les plus affectées par la crise sanitaire. En effet, se confiner relève d’une mission quasi-impossible pour ceux qui vivent dans des quartiers comme les favelas.

 

Un système de santé très inégalitaire

Le système de santé brésilien est, sur le papier, de bonne qualité et performant. Notamment si l’on considère le nombre de lits de réanimation pour 100 000 habitants, plus de deux fois supérieur à celui de la France par exemple.

Sauf que ces lits sont pour moitié dans le système privé, très onéreux et accessible à seulement 25 % de la population ayant un plan de santé (équivalent d’une mutuelle). Ainsi, les trois-quarts de la population qui bénéficient du SUS (Système Universel de Santé) devront aller dans les hôpitaux publics, qui ne seront pas capables d’absorber le flux de malades du COVID-19.

On comprend vite que les hôpitaux publics ne seront pas capables d’absorber le flux de malades du COVID-19.

 

Aujourd’hui l’épidémie est là, partout, mais les chiffres sont sous-estimés, faute de tests effectués

Alors que certains Etats voient leurs hôpitaux déjà saturés, le président de la République vient de démettre son ministre de la Santé, accrédité de 73% de bonnes opinions sur la gestion de la crise sanitaire. A priori un peu trop élevé au goût du chef de l’Etat.

Cette décision lui a d’ailleurs valu une « panelaço ». En effet, quand les Brésiliens sont contre leurs dirigeants, ils sortent à leur fenêtre en tapant sur des casseroles et en criant « Fora Bolsonaro » (dehors Bolsonaro) en signe de protestation.

Cela arrive à peu près une à deux fois par semaine depuis le début de la crise, généralement lors des discours présidentiels.

 

Le Brésil a tout d’abord été spectateur d’une crise sanitaire lointaine

Si l’on revient un peu en arrière, le Brésil a tout d’abord été spectateur d’une crise sanitaire lointaine, localisée en Asie puis en Europe. Les premières craintes étaient d’abord économiques puisque la Chine est l'un des premiers partenaires commerciaux du pays.

Mais nous sommes alors en plein carnaval, période d’insouciance et aussi de vacances et les premiers cas de coronavirus importés d’Europe alertent, mais bien timidement, les dirigeants.

Mais la situation catastrophique vécue tout d’abord par l’Italie puis par les autres pays d’Europe, inspire petit à petit des inquiétudes d’ordre sanitaire et non plus seulement économique.

Les gouverneurs veulent apprendre des erreurs des autres et anticipent finalement plutôt bien la situation puisque la quarantaine a été décrétée en même temps qu’en France dans la plupart des Etats.

 

La vie d'expatriés en confinement

Nous voici donc, comme nos familles et amis restés en France, à la maison.

Les parents en home-office et les enfants en classe virtuelles, organisées au pied levé, mais avec brio par le Lycée français Pasteur (AEFE). Au programme : entre 2 et 4 heures de classe par jour qui permettent de garder un lien avec les enseignants et les copains… Ce qui laisse un peu de répit aux parents.

Mais nous vivons les choses de manière très similaire à ce que nous racontent les amis en France : travailler et assurer le suivi scolaire des enfants n’est pas évident. Tout le monde y perd un peu d’efficience… 

 

En tant qu’expatriés, nous mesurons également la chance que nous avons de vivre justement dans de très bonnes conditions.

Les résidences au Brésil sont généralement très bien équipées, avec piscine, salle de sport et parfois tennis. En ce qui nous concerne, ces espaces communs n’ont pas encore été fermés (ce qui n’est pas le cas de tous les « condominios »).

De plus, il n’est pas interdit de sortir, nous pouvons faire les courses sans problème. Et parfois même nous octroyer une petite sortie urbaine. La ville s’étendant à perte de vue, la campagne, ce sera pour plus tard. Nous nous sommes aussi mis au pli des "coronapéros" et prenons sans doute un peu plus de temps pour appeler nos familles et amis en France.

 

La population relâche ses efforts

Mais au bout de 5 semaines de distanciation sociale, et des chiffres épidémiologiques qui restent encore relativement bas (comparé aux USA par exemple), la population brésilienne se relâche clairement.

 

Nous sommes passés à près de 65% de confinés à moins de 50% aujourd’hui.

On sent la circulation reprendre, des vendeurs à la sauvette qui réinvestissent la rue et surtout, des manifestations de plus en plus nombreuses contre les mesures de confinement.

Ces dernières sont d’ailleurs largement cautionnées par un Jair Bolsonaro qui minimise la crise sanitaire. Il prône le confinement vertical et expliquant que son impact sera toujours moins pire que la crise économique et sociale. Parti pris pourtant bien risqué.

 

La gestion de la crise par la France au Brésil

Au Consulat de France, nous nous sommes d'abord occupés des Français dits « de passage » : les touristes, les étudiants, les salariés en mission… Nous avons organisé une cellule de crise pour pouvoir notamment répondre aux nombreuses sollicitations de ces Français. Ils souhaitaient rentrer en France rapidement et s’attendaient à ce que l’Ambassade de France et ses consulats mettent en place un rapatriement.

Sauf que les frontières ne sont pas fermées (les ressortissants français et les résidents longue durée peuvent rentrer en France sans problème) et il y a encore des vols commerciaux. Il fallait aussi raisonner les personnes qui ne souhaitaient pas rentrer, considérant que la situation (à l’époque) en France était bien moins enviable qu’au Brésil.

Mais aujourd’hui, la plupart de ces personnes sont rentrées, laissant un peu de répit à la cellule de crise.

L’action porte maintenant au soutien à la communauté française, via la transmission d’informations, l’organisation de webinaires sur le Covid-19. Notamment organisés en partenariat avec l’Association Sao Paulo Accueil, également très active en faveur des associations et des ONG venant en aide aux plus démunis.

 

Le retour en France ?

De notre côté, la question d’un retour anticipé en France ne se pose pas encore, ni pour la plupart des expatriés de São Paulo que nous connaissons. Nous avons toutes les conditions pour respecter le confinement.

La situation en France n’étant pas encore normalisée, il n’y pas vraiment de raison de rentrer. D’autant plus qu’il s’agirait d’aller chez nos parents, à qui nous ne souhaitons pas faire prendre de risques.

 

Mais qu’en sera-t-il de cet été ?  Les enfants ont 1 mois de vacances en juillet ? Il est certain que beaucoup de familles ont prévu de rentrer pour cette période… Le pourront-ils ? La France décrètera-t-elle une quarantaine pour les voyageurs venant du Brésil ? Un pays qui sera sans doute encore au beau milieu de la crise sanitaire ?

Nous faisons face à plus de questions que de réponses quant à la situation ici à São Paulo. On sent qu’elle peut se détériorer rapidement... Mais comme tant de personnes, nous essayons de nous armer de patience, car ça risque de durer encore…

 

Alexia
Expatriée au Brésil à São Paulo depuis un peu plus de deux ans avec son conjoint et ses deux enfants. 

 

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