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Le coronavirus vu du Maroc


Le-coronavirus-vu-du-maroc-UNE femmexpat 559x520Candice, expat à Casablanca, nous partage une tranche de sa vie dans un Maroc en mode confinement. 

Même si le Maroc a pris des mesures fortes rapidement pour faire face au Coronavirus, elle se pose beaucoup de questions. 

 

 

Vendredi 13 mars, je vais acheter mes légumes dans une petite échoppe où j’ai l’habitude de me rendre plusieurs fois par semaine. On me connait là-bas.

En me voyant, le marchand fait une plaisanterie sur le Covid 19 et la patronne part dans un rire gras et puissant.

Je rétorque immédiatement que cela n’est pas drôle. Avec mon air grave, et après avoir répété à deux reprises que la situation était tout sauf amusante, ils finissent par me demander si quelque chose de sérieux est arrivé à ma famille en France.

Plus tard dans la journée, je porte un masque. Le gardien de rue me regarde et rit.

Le soir même, le Maroc annonce la fermeture des crèches, écoles, universités dès le lundi suivant, tout comme la France. Lorsque je sors le lendemain matin, le gardien de rue porte lui aussi un masque.

 

Le 20 mars, le confinement est décrété à partir de 18h. On annonce 79 cas. Le premier malade du Coronavirus remonte au 2 mars.

De manière générale, les mêmes mesures que la France sont prises à un ou deux jours près.

Comme partout, la population s’est ruée dans les magasins. Les rayons se sont vidés mais en prévision du Ramadan, les stocks sont pleins et pour le moment, il ne manque pas trop de produits (à part du vinaigre d’alcool que j’ai désespérément cherché).

Les pharmacies ont, après au moins deux semaines de rupture, à nouveau du gel hydraulique mais rationné à deux flacons de 100 ml par personne (de ce que j’ai constaté dans notre pharmacie). Les masques sont une denrée rare.

Le confinement est plutôt bien respecté, du moins dans nos quartiers. La police et l’armée sont présentes et surveillent sa bonne application. Nous avons vu passer trois véhicules blindés d’artillerie légère dans notre rue ce soir : ça surprend !

 

Au début du confinement, le mokadem, sorte de chef de quartier, a remis un papier signé qui autorise l’un d’entre nous à sortir faire les courses, travailler…

C’est un par foyer. Pas par personne.

Lors de mes dernières courses, il y a une semaine, le personnel dans les grands magasins d’alimentation était un peu inquiet. La direction ne leur a remis aucun masque. Or ils sont au contact quotidien de clients, potentiellement malades.

La communauté française a tout de suite pris très au sérieux les mesures sur le coronavirus et pour certains, les a appliquées avant même qu’elles ne deviennent obligatoires. La population marocaine a aussi été réactive, même si des manifestations anti-confinement à Fès et Tanger ont eu lieu.

 

Il y a toujours des gens inconscients (et plutôt pauvres) qui se rassemblent, se serrent la pince et mangent ensemble au milieu d’un amoncellement de plastique.

Les gens continuent d’aller travailler mais par exemple, le chantier de construction de l’école pas loin de chez nous, qui était une fourmilière, a été complètement stoppé.

Comme tous les Français, nous échangeons quotidiennement nos idées pour occuper nos enfants. Pour beaucoup d’entre nous, nos nounous ou les personnes qui nous aidaient sont parties.

 

Le moral est plutôt bon à l’issue de la première semaine de confinement, même si les chiffres augmentent. Nous sommes à 275 cas au 26 mars.

Le soleil réchauffe les cœurs, l’agitation de la ville s’est bien calmée, l’air est plus pur et on entend à nouveau les oiseaux à toute heure de la journée.

On se pose tout de même la question de la durée du confinement et des structures de santé marocaines pour faire face à l’épidémie.

 

Des questions et encore des questions

Même si le Maroc a pris des mesures fortes rapidement, prépare son système de santé et s’est procuré des stocks de chloroquine pour apparemment la prescrire à tous les malades, arrivera-t-il à endiguer le flot de malades ? En cas d’échec, serons-nous rapatriés alors que nous sommes des dizaines de milliers de Français à vivre ici ?

Comment vont vivre les milliers de personnes qui travaillent sans avoir de contrat et donc d’indemnités ? Vont-elles finir dans la rue à manifester ? La question de leur indemnisation est actuellement à l’étude.

 

Pour l’heure, comme chacun, nous vivons sans trop nous projeter, avec l’espoir que la situation sanitaire ne se détériore pas subitement, que les frontières réouvrent et que le cours normal de nos vies reprenne prochainement.

 

Candice

 

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