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Le retour Les billets d'humeur

Retour d’expatriation : épisode 5 : explorations parisiennes


Retour d'expatriation : épisode 5 : explorations parisiennes Ou « ni d’ici, ni d’ailleurs… »

Retour d'expatriation : épisode 5 : explorations parisiennes


 Résumé de l’épisode précédent: Violette décide de passer à l’action et commence à se pencher sur les aspects logistiques et administratifs du retour en France… Résultat : angoisse pénétrante à la vue de la very-long-list. Côté positif, elle va enfin affronter ce pénible moment de l’installation en parlant sa langue maternelle. Il faut bien se consoler comme on peut.


Entretiens avec quelques proviseurs pour mes deux exceptionnels/brillants/charmants/bosseurs ados (enfin, du moins c’est le message que je vais tenter de leur faire passer, hahaha)Hello, me revoilà, Violette, après un petit passage à vide
(au sens figuré bien sûr, car ma vie manque de « vide » pour tout dire, mes placards aussi, oh… mon Dieu… combien de m3 cette fois encore ???), après donc un passage à vide à la suite de la prise de conscience des démarches administrativo-immobiliario-scolaires parisiennes qui m’attendent, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes : à nous deux Paris ! J’affronte le problème en face. Je pars trois jours en « voyage d’exploration ». Au programme ?

  1. visites d’apparts (peut-être enfin réaliser mon rêve depuis tant d’années, le fameux « parquet-moulures-cheminées » parisien ???)

 

Au terme d’un vol très court me voilà donc à Paris. Nickel. Milan-Paris, c’est vraiment la porte à côté. En fait, dédramatisons ce changement : Paris, c’est comme Milan mais en plus grand, avec des gens qui parlent moins avec les mains, et en peut-être légèrement moins ensoleillé, non ? Non. OK, mais bon, Paris, je connais bien ! J’y ai même eu 4 adresses différentes (en 4 ans, certes… il y a 17 ans, certes…). J’y ai vécu, travaillé. Zut enfin ! Paris, c’est la capitale de la France, ma chère Patrie !

 

Et pourtant… Je débarque à Roissy terminal D, direction RER B puis métro (la ligne bleue, non, la verte, oh zut, quelle verte ? Il y en a 3 ! Dans quel sens déjà ? Plan pliable du métro sous les yeux, App RATP ouverte sur mon écran… euh… Je me sens bien touriste là… En plus je traine ma valise derrière moi. Il ne me manque plus que le stick à selfies à la main et un bob sur la tête pour avoir la panoplie complète. Je me retrouve plantée, seule, sur un quai de métro… Grand moment de solitude et de réflexions philosophiques. Où vais-je ? Direction Châtillon-Montrouge ou Mairie de Montreuil ? Qui suis-je ? Une parisienne ? Apparemment pas, la preuve... Une Bretonne ? Génétiquement parlant, oui. Techniquement, plus depuis que j’ai soufflé mes 18 bougies. Une Italienne ? Une Espagnole ? Une Mexicaine? Une Américaine ? Rien de tout ça non plus, ça se saurait, pffff... Pourtant j’ai établi mon nid familial, mon « chez-moi » dans ces pays-là, mes enfants y sont nés, eux, je m’y sentais comme… ben, comme chez moi, quoi… Alors ? Je suis là, foulant le sol français, je suis française, je suis sur le point de réinventer toute ma vie et celle de ma famille sur ce sol qu’on appellera bientôt « chez nous », « maison ». Or ce sol… eh bien je le ressens comme une terre étrangère. C’est idiot. Je me sens comme sur un no man’s land, un « no Violette’s land », tenez… Ni d’ici, ni d’ailleurs c’est l’expression qui me vient à l’esprit…

 

Bon, allez, pas de temps à perdre. Je dois me ressaisir. Le proviseur de St Truc-du-Machin, puis de L’Institut Bidule, établissements hautement recommandés par le Tout-Paris des ex-expats-déjà-passés-par-là, m’attendent aujourd’hui et ce n’est pas le moment de me laisser abattre. Il va falloir que je VENDE mes deux aînés. Eh oui, je n’hésite pas à le dire, les « vendre », enfin, vendre leurs innombrables qualités, déjà étalées dans des lettres de recommandation limite romantiques patiemment rédigées au préalable et qui m’ont pré-ouvert les portes de ces vénérables institutions. Et bien je ne m’en suis pas mal sortie je dois dire. Peut-être grâce à leur statut d’enfants ayant parcouru le monde, ouverts, adaptables, curieux, polyglottes, etc., etc. (on entend presque les violons en fond sonore). En tout cas, certainement plus que grâce au dernier bulletin fumeux de Léandre qui a justement choisi ce trimestre-là en 12 ans de carrière scolaire irréprochable pour collectionner les retards, les appréciations très douteuses, et les plantades dans la moitié des matières. Je vous l’aurais bien étranglé celui-là. Pourquoi, mais pourquoi précisément maintenant ? « Je vous assure Madame le, la, euh… on dit comment déjà, proviseur(e), proviseuse ?! C’est un garçon très sérieux ! Ça ne se voit peut-être pas, mais si vous le rencontriez, croyez-moi il est formidable, vous l’aimeriez tout de suite. Regardez les bulletins de l’an dernier ! … ». Bon. Il est pris. J’aurais presque embrassé cette proviseur, proviseure, proviseuse, euh… cette dame, quoi. Et sa « sainte » de sœur est prise aussi, bien sûr. Alléluia.

 

Bien, next stop : visite d’appartements. Alors là, j’ai un peu déchanté. « Un peu ». Disons que… eh bien… quoi ? Nous allons sérieusement donc devoir passer d’un appart surdimensionné au milieu d’un parc financé par Flashy&Co, à… bien, vous imaginez, un appartement parisien ? Mais comment ??? OK… à la limite on pourrait grappiller 7 m2 supplémentaires en mangeant des pâtes plus souvent (et encore, même pas des italiennes). Mais passer d’une sorte de palace à 25 placards, à un logis avec… 2 placards ? « Ah non, attendez, l’un des deux placards est la 4ème chambre ! – Ah oui pardon Madame, vous avez raison, il n’y a pas d’étagères ! ».  Et puis notre chat, oh, non, je n’y avais pas songé… mais comment va-t-il pouvoir prendre l’air au milieu de tout ça ? Et chasser les oiseaux ?  J’ai une vision d’horreur du minou qui se jette par la fenêtre, désespéré. C’en est trop. Je laisse tomber. De toutes façons c’est encore trop tôt, je ne suis pas prête pour cette étape-là, ça attendra bien le mois prochain. Direction CDG illico presto, je rentre à Milan, « chez moi » cette fois, oui, vraiment chez moi. Dans mon foyer. Où m’attendent mon tendre Albert et mes quatre chéris que je n’ai plus du tout envie d’étrangler. Et mon pôôôvre chat.

 

Allez, chaque chose en son temps. Mes enfants sont scolarisés, c’est déjà pas mal, c’est même énorme !! Et puis bon, j’ai bien réussi à nous faire traverser des frontières réputées infranchissables en Amérique Centrale, fait deux déménagements internationaux en dix mois tout en travaillant,  appris à faire des sushis sur internet, et j’en passe, et des meilleures… Je réussirai donc sans aucun doute à faire rentrer les enfants, le mari, le chat et les 332 cartons dans un parquet-moulures-cheminées, coûte que coûte, j’y arriverai, foi de Violette !

 

A suivre…

 


 Prochain épisode : Bric-à-brac ou « la Dolce Vita printanière quelque peu ombragée par l’épuration drastique et inévitable des fameux placards ».

Chroniques d’un retour (pas) annoncé

Les aventures en live de Violette, expatriée au long cours, maman de quatre enfants et career-woman s’adaptant aux contextes changeants qui apprend subitement par son cher époux Albert qu’ils vont devoir rentrer vivre à Paris après de nombreuses années de vadrouille à travers le monde. Ces chroniques relatent les sentiments, les espoirs et les craintes de Violette tout en décrivant sous formes d’anecdotes les étapes qui ponctuent ce retour d’expatriation pas annoncé et enfin comment Violette surmonte ces changements pas forcément choisis au départ.

 

florence malaud

 

L’auteur : Florence Malaud vit à Milan, Italie, depuis 2 ans et demi après avoir quitté Paris à la fin du XXème siècle avec son mari et vécu aux USA, en Espagne, et au Mexique. Tour à tour jeune cadre expatriée dans un grand groupe suivie par son mari, puis auto-entrepreneur - suivant son mari cette fois - elle est aujourd’hui dirigeante dans une start-up et Coach certifiée HEC. Quatre joyeux enfants sont nés au cours de cette Odyssée.

 

 

 

 

Caroline Portrait

 


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Illustration par Caroline Gaujour, illustratrice/graphiste expatriée à Istanbul – www.dessinsdexpat.com / dessinsdexpat@gmail.com.

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Chroniques d’un retour (pas) annoncé – Episode n°1 : Une bombe au milieu de la cuisineFemmexpat vous conseille de lire : 

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