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De la banque à la décoration : un retour réussi


Diane-decorexpat-HPQuelle ne fut pas mon excitation de partir en expatriation!

C'était l'an 2000, un nouveau siècle, une nouvelle vie d'expatriée choisie, demandée, réclamée puis frénétiquement recherchée et enfin trouvée ! La destination avait finalement peu d'importance (dans la mesure où régnait une certaine sécurité), l'important était de découvrir un monde où les surprises pouvaient arriver à chaque instant, où il faudrait s'adapter, un monde nouveau qui deviendrait le mien. Fini le métro-boulot-dodo, les français ronchons. Finalement c'est la Hollande, l'autre pays du fromage, un dépaysement très relatif. Je suis surprise de découvrir que ce n'est pas l'avis de mes collègues. Au détour d'une coupe de champagne, je sens poindre leur angoisse à l'idée des ours tapis juste derrière la frontière de la France !

Finalement ce sera un appartement d'architecte sur les canaux, une bicyclette et ses multiples cadenas, une reine et un peuple tout orange, du vieux gouda, des croquettes et un environnement international dynamique. Amsterdam, c'est une architecture magnifique mais aussi le désert dans les rayons des supermarchés (un choix royal de 3 yaourts différents en pot de 750 grammes), des légumes sans goûts, la pluie qui tombe régulièrement au moment d'enfourcher son vélo quand il n'a pas été volé et une constante radinerie qui n'a pas d'égal en Europe.

Après 4 ans de bons et loyaux services en tant que responsable de clientèle de grandes entreprises pour une banque française, je me vois proposer un poste de responsable du marché des PME en Grèce. Banco, quel pays magnifique. Dès le premier  jour je m'y sens chez moi comme si j'y étais née : taverne et ouzo sur la plage, soleil éblouissant, mer bleue, café frappé et week-end sur les îles. Mon côté méditerranéen mis à mal en Hollande peut enfin s'exprimer. L'accueil est extrêmement chaleureux, les valeurs familiales sont le pilier de la société et le peuple grec est heureux malgré un deuxième emploi nécessaire pour boucler les fins de mois. Si l'économie s'est malheureusement bien détériorée, les vacances y sont toujours aussi resplendissantes.

Les bonnes choses ayant une fin, mon ami est nommé en Russie. Ma société, une fois passé un refus cordial du siège, m'offre un emploi de Responsable de filiale que j'accepte avec plaisir. La Russie, une immensité, une terre inconnue, une histoire épique, un froid de canard, une chaleur de bête, le voila le pays des extrêmes. Juste passionnant ! L'arrivée se fait en fanfare avec la crise de 2008 plus violente qu'ailleurs. Je reprends mon cheval de bataille, me faire des amis malgré les longues heures au bureau, ce qui se fait rapidement grâce a la communauté française. Finis les week-ends à la plage, remplacés rapidement par le patin à glace, le ski de fond et les spectacles de musique et de danse classique. Dans les marchés, les fruits et légumes d'Ouzbékistan sont plein de saveur, les poissons frétillent et, cerise sur le gâteau, le caviar, bien que caché, est vendu à des prix défiants toute concurrence.

Mon retour en France en 2011 n'était pas choisi mais le résultat d'une séparation. Dans cette situation, se rapprocher de sa famille est toujours réconfortant. J'accepte un poste de manager d'une équipe d'une centaine de personnes. Beaucoup de choses à faire, un poste inoccupé depuis 6 mois, des investissements en informatique et en ressources humaines toujours repoussés. C'est la grande différence avec l'expatriation. On part pour développer, on rentre pour gérer l'existant au moindre coût et c'est nettement moins motivant. On retrouve ses amis et sa famille et c'est bien sympathique, mais le métro-boulot-dodo oublié depuis longtemps reprend et j'ai vite craint de m'endormir et me réveiller à la retraite.

Le plus urgent était de trouver un toit, ce qui m'a conduite à acheter un appartement et à le rénover. Je suis imprégnée des couleurs chaudes de la Grèce, de la richesse de la décoration hollandaise, de la démesure et du charme slave. Je rêve d'un appartement où je me sente chez moi (c'est à dire un peu ailleurs aussi !) et je m'attelle à la tâche la nuit jusque point d'heure en voguant sur les sites internet. Epuisée par 12 heures de travail le jour, je commence à rêver d'une décoratrice d'intérieur qui me simplifie la tâche, me comprenne et connaisse le marché mais je croyais à l'époque que c'était du luxe, ce qui, je l'ai découvert plus tard est en réalité un réel gain de temps et d'énergie !

Premier grand plaisir après de longs mois, je m'extasie devant mon mur peint en vert (après de multiples essais de peinture) et là ce fut une révélation : je crée du beau, le résultat est concret, je me fais plaisir, je devrais en faire mon métier. Ayant vécu les difficultés d'acheter et de rénover un appartement de l'étranger, la clientèle expatriée m'apparaît comme une cible évidente car indisponible pour réaliser des travaux en France. Je dois définir un projet et m'échapper le plus vite possible du monde de la grande entreprise.

Ma mère me raconte le bel interview de la créatrice d'une école de décoration d'intérieur, elle-même ancienne banquière. Je la rencontre et je m'inscris. La procédure de départ est longue et douloureuse mais elle prend fin. Parce que je ne veux pas faire une croix sur mon passé mais utiliser les connaissances acquises au cours de ces 20 ans pour monter ma société, j'entame un Exécutive MBA en part time. Cela me permet également de me retrouver dans un environnement porteur. Je découvre après, par des amis, l'existence de couveuses d'entreprise qui vous permettent de démarrer votre entreprise avant de la créer pour tester votre concept. En France on peut se faire aider de multiples façons mais c'est à vous de trouver comment. Aucun document prêt à l'emploi pour vous y aider et Pôle Emploi n'y met pas du sien. Les découvertes se font tous les jours et le monde de l'entreprenariat est devenu mon expatriation à moi.

Me voilà donc diplômée en décoration d'intérieur chez Opus Rouge et créatrice de Decorexpat, agence de décoration d'intérieur au service des expatriés.

A celles qui rentreront, commencez par contacter la Chambre de Commerce et d'Industrie proche de chez vous, demandez des formations, faîtes vous aider pour définir votre projet et démarrez le en couveuse avec tout l'appui nécessaire.

La somme d'expériences acquises en expatriation m'a été très salutaire dans la mesure où j'ai dorénavant le sentiment de pouvoir m'adapter à toutes les situations. Tandis que les hollandais aiment la paix sociale et les décisions collectives, les grecs prennent toute remarque personnellement et s'échauffent rapidement tandis que les russes ne conçoivent que l'autorité du chef. Au milieu de cela, j'ai été séduite par la capacité de beaucoup de français expatriés d'exceller dans l'art et la manière de contourner les obstacles (think out of the box) et c'est clairement, dans l'économie actuelle, un gage de réussite !

Bonne chance à toutes celles qui envisagent leur retour ... Fortes d'une expérience internationale, nos facultés d'adaptation sont exacerbées !

Diane, de Décorexpat
Site internet : www.decorexpat.com
Email : decorexpat@gmail.com

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