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Retour vie pro en France

Le Job de retour d’expatriation : rebondir sur des fauteuils


Job  retour expatriationLe Job de retour d'expatriation de Françoise qui a 53 ans, 2 enfants de 11 et 13 ans et habite aujourd’hui à côté de Paris. Elle a travaillé près de 20 ans comme responsable administrative et financière. Puis elle est partie 10 ans en expatriation. Aujourd’hui, elle voit sa vie dans des fauteuils, mais pas pour se tourner les pouces ! Elle nous raconte son incroyable reconversion professionnelle.

 

 

10 années d’expatriations

 

Ma première expatriation n’a duré que quelques mois à Abu Dhabi, suivis de deux ans et demi en Sibérie. Nous avons ensuite vécu dix-huit  mois à Belfast, sommes revenus deux ans en France avant de repartir pour 4 ans à Houston, au Texas. Mon mari travaillait dans le secteur pétrolier. Il a été licencié lors de la crise. Et nous sommes rentrés en France sans travail ni l’un, ni l’autre. Donc sans plus aucune ressource mais avec de vrais problèmes de santé pour mon mari.

 

Un retour très difficile

 

La première année, je me suis focalisée sur la santé de mon mari, pour l’aider à aller mieux, à reprendre une vie normale au niveau personnel et professionnel. De mon côté, je me suis lancée dans la recherche d’un emploi afin d’assurer un revenu à notre foyer. Mais en fin de compte je me suis retrouvée très démunie face à cette recherche, notamment à cause de mes dix années d’absence sur le marché de l’emploi et de mon âge. J’avais le sentiment de ne plus savoir comment les choses fonctionnent. Que devais-je faire pour trouver un travail ? Qu’attendait-on de moi ?

 

Par ailleurs, j’avais goûté en expatriation au plaisir de m’occuper de ma famille, d’avoir du temps. Je n’avais aucune envie de retourner à ma vie d’avant quand, disponible et célibataire, je travaillais beaucoup, sans rien vraiment faire pour moi.

 

Sortir de l’impasse

 

J’étais abonnée à la newsletter de FemmExpat et à la page Facebook. Quand j’ai vu passer une annonce pour un petit déjeuner Retour chez Expat Communication, j’ai décidé de m’y rendre. J’y ai retrouvé Claire, avec qui j’ai une amie commune à Houston (Claire est coach certifiée chez Expat Communication, ndlr) et rencontré Alix qui m’a parlé de Job Booster Cocoon (groupe de recherche d’emploi pour expatriés de retour et impatriés en France, ndlr).

 

Ma situation les a touchées. Je me suis sentie enfin comprise. Je trouvais finalement des gens qui vivaient la même chose que moi, la difficulté du retour. Car c’est une problématique qu’on ne peut pas aborder avec les mamans à la sortie de l’école. Elles n’ont pas vécu les mêmes choses et ne les ressentent pas de la même façon.

 

Finalement, cette première année, nous étions beaucoup restés dans le cocon familial, cap nécessaire à notre reconstruction. J’ai alors expliqué à mon mari que j’étais en train de perdre pied, que j’avais besoin de soutien. Mon inscription au Job Booster Cocoon a été une énorme bouffée d’oxygène. Enfin, je pouvais partager ce que je vivais !

 

Prendre un virage radical de l’administratif vers le créatif

 

Au Job Booster Cocoon, on ne démarre pas immédiatement par une recherche d’emploi de type faire son CV, répondre à des annonces. On commence par construire un projet à partir de son identité, de ses rêves… Là, pour la première fois, j’ai pu penser à moi. Toute ma vie j’ai agi comme on m’avait dit de le faire ou en fonction des autres. Enfant, puis adolescente, j’ai toujours été attirée par les tissus, la matière, la déco, la couture. J’étais très créative et manuelle. Mais mon éducation ayant été pragmatique et conventionnelle, mes désirs de prendre cette orientation ont été rejetés.

 

J’étais arrivée au Job Booster Cocoon avec cette idée de trouver un job alimentaire dans le secteur administratif et financier. C’était mon plan A. Rapidement, un plan B a commencé à percer. Et tout à coup, il a pris toute la place. Impossible pour moi de me remettre à chercher un travail administratif tel que dans le passé. Pour la première fois, comme nous étions dans une période de reconstruction, je pouvais choisir ce que je voulais vraiment !

 

Retrouver une vielle passion, les fauteuils

 

J’ai commencé à faire des fauteuils en 2009, lors des deux années que nous avons passées en France avant de partir aux États-Unis. J’y retrouvais le plaisir du travail manuel, l’amour des vieux meubles et ma passion intacte pour les tissus.

 

Quand nous sommes partis à Houston, j’ai continué à faire quelques fauteuils chez moi. Mais c’était plus compliqué de poursuivre cette activité là-bas. Il n’y a pas de culture de la chine. Ils aiment vivre dans du neuf.

 

A notre retour en France, j’ai repris cette activité, malgré son coût onéreux. Cette demi-journée hebdomadaire était ma seule bouffée d’air. Un peu comme le Job Booster Cocoon par la suite. Un moment de partage et de compréhension.fauteuils-francoise

 

Construire un nouveau projet

 

Au Job Booster Cocoon nous avons fait le lien entre nos rêves et notre plan A. Ou B… L’évidence m’a sauté aux yeux. Ce que je voulais vraiment, c’est être tapissière. Pourtant je n’en ai pas parlé de suite à ma famille. Je ne voulais pas leur créer de soucis supplémentaires. Puis en cherchant sur internet, j’ai lu des articles sur des gens comme moi, qui sont devenus tapissiers tardivement. J’ai commencé à regarder les formations. J’y passais toutes mes soirées, réfléchissant à la meilleure façon d’en parler à mon mari. Parce que ça signifiait repartir dans des études. Trouver le financement… A cause de notre longue absence, je n’avais droit à aucune aide.

 

Je suis allée voir toutes les écoles de la région parisienne. Le GRETA est la plus chère, mais il offre la formation la plus complète. Petit à petit, j’ai fini par en parler à mon mari. Mais je crois qu’il me voyait venir En effet, nous avions de nombreuses discussions sur notre avenir. Quand on repart de zéro comme nous le faisons, on peut choisir ce qu’on veut. Nous n’étions pas obligés de reprendre là où nous en étions avant de partir aux USA. D’ailleurs lui aussi a pris une nouvelle orientation, moins radicale mais différente.

 

J’ai bénéficié également d’un énorme soutien au Job Booster Cocoon. Ce groupe a été une rencontre importante pour moi, m'autorisant à penser complètement à moi.

 

Financer la formation

 

Le principal frein à ma reconversion était donc son coût financier. Alix (créatrice et animatrice du Job Booster Cocoon, ndlr) m’a alors parlé du crowdfunding. Je ne connaissais pas du tout ce système d’aide au financement de projets, personnels ou professionnels. Parmi les différentes offres, j’ai choisi le don contre une petite contrepartie en remerciement.

 

Le principe est simple. Je dois évaluer ce dont j’ai besoin et la somme que je pense pouvoir réunir. Il faut être réaliste car si cette somme n’est pas atteinte, je dois rembourser tout le monde. J’ai ensuite envoyé mon projet à la plateforme de crowdfunding, qui l’a ensuite validé. Une fois la campagne commencée, je dois maintenir une communication régulière pour rappeler aux kissbankers (utilisateurs de kisskissbankbank, la plateforme que j’ai choisie) que je suis là.

 

La campagne a commencé depuis quelques jours. Elle doit durer quarante jours. La somme récoltée doit me permettre de payer ma formation. Si je récolte plus que prévu, je pourrais aussi acheter des outils. J’ai tout détaillé dans la description du projet,

 

Vers une nouvelle vie

 

Aujourd’hui je me sens comme une gamine à Noël. J’ai attendu 50 ans mais je vais enfin pouvoir faire ce que j’aime vraiment. La campagne pour financer ma formation est lancée. Je reçois le soutien de gens que je ne connais même pas mais qui croient en moi. Je prends le temps de répondre à tout le monde. Et j’ai enfin reçu la confirmation de l’acceptation de mon dossier de candidature au GRETA, déposé au mois de mars.

 

Parallèlement mon mari commence à aller mieux. Du coup, mes enfants se détendent aussi. Finalement, comme dit mon mari, on a fait un « reset » et tout recommencé. Éprouvant, mais salvateur.

 

Françoise VermetPour en savoir plus sur le projet de Françoise et la soutenir :
Le métier de toutes mes passions : artisan tapissier d'ameublement.

 

 

 

 

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