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D’un extrême à l’autre, de l’Espagne à la Suède


espagne-suèdeLes expatriations se suivent et ne se ressemblent pas : l'expat attitude selon Cristina qui nous conte son aventure, de l'Espagne ensoleillée à la Suède plus froide et sombre en hiver. Mais où paradoxalement, elle se sent mieux.

Toute première fois
Novembre 2008, Lyon, France. Ca y est c’est sûr, je suis enceinte ! J’ai 28 ans, je suis chef de projet Web dans un grand groupe phamaceutique. Et pour sûr, cette grossesse sera bien reçue par ma hiérarchie et mon entourage professionnel. D’ailleurs, en mars 2010, ma hiérarchie aborde même la possibilité d’un cadrage dans le cadre d’une formation diplômante, oh, joie! Courant avril, mon époux m’apprend qu’on lui propose une très belle opportunité d’expatriation en Espagne, pour quelques années. Nous y réfléchissons ensemble et nous décidons d’accepter. D’origine portugaise ayant étudié l’espagnol à l’école, je me suis dis que pour une première expat’, Madrid était une destination idéale pour une adaptation en douceur. Je n’étais néanmoins pas prête à démissionner et, puisque nous devions revenir, j’ai choisi de prendre un congé parental. Mon congé maternité m’a permis de préparer l’arrivée du bébé et en même temps notre déménagement avec la recherche de notre nouveau chez nous, à trois, à Madrid. Vasco est donc né en France à l’été 2009. Quelques mois après, nous voici en plein centre de Madrid où Vasco fera ses premiers pas.

Avec le recul, cette expatriation a été difficile. Non pas pour la destination. La ville est très agréable, très riche culturellement et les gens respirent la joie de vivre malgré la crise. Comme je parlais la langue, l’adaptation a été assez rapide. Mais dans mon cas, cette expérience était une première fois pour tout: première fois maman, première fois sans activité professionnelle, première fois loin de ma famille, première expat’ quoi…! Mon mari travaillait énormément et j’avais souvent l’impression de me retrouver dans une cage dorée ouverte… Libre d’aller où je voulais, d’acheter ce que je désirais…Mais si seule… Tellement magnifique de découvrir toutes ces nouveautés autour. Mais à quoi bon, si on n’a personne avec qui partager l’instant présent? “Si tu n’aimes pas une situation, change-là”. De caractère assez déterminé, je décidais alors de m’inscrire à un forum de mamans en Espagne et je rencontrais quelques mamans. Notamment Louise de Bordeaux avec qui j’ai gardé contact. Une année plus tard, être maman au foyer ne m’épanouissait décidément pas, je décidais de reprendre mes études dans le cadre d’un Master à l’université en cours du soir. Mon mari m’a sentie métamorphosée. J’étais effectivement très heureuse car j’avais enfin trouvé mon équilibre entre épanouissement personnel et vie de maman. Mon mari m’a toujours beaucoup écoutée et soutenue dans mes choix. Cette expatriation a sans doute été une étape dans notre couple et nous sommes aujourd’hui plus unis que jamais.

Un retour mouvementé
Printemps 2011, mon mari rentre un soir avec un sourire gêné aux lèvres. Après 2 ans d’expat à Madrid, une nouvelle opportunité se présente avec un retour anticipé à Lyon et une promotion à la clé. Mais il a aussi conscience de ce que ça signifie pour moi…L’heure des adieux très émouvants avec Louise, Maria et Fatima mes copines du Master. Adieu aussi la fac mais heureusement, il ne me restera que ma thèse à rédiger pour valider mon diplôme, ce que j’ai pu faire à distance. J’étudie les conditions de mon retour. J’avais heureusement gardé contact et de bonnes relations avec mon entreprise. Malheureusement, la réorganisation est passée par là et mon poste avait…disparu! Quid de mon retour? J’ai proposé à ma hiérarchie de réaliser une mission qui rentrerait dans le cadre de ma thèse et ils ont accepté. La mission s’est bien passée mais je me sentais comme une stagiaire. Plus à ma place. Moi qui avais construit ma place, je l’avais perdue, je devais recommencer depuis le début. Les promesses de passer cadre étaient d’ailleurs complètement passées à la trappe. On me proposait même de remplacer des futurs congé maternité ! Je me bouge et recherche d’autres opportunités en interne. Fin 2011, je trouve un autre poste très intéressant. Mais voilà, je suis à nouveau enceinte! Cela n’a heureusement pas été un frein à mon embauche. En revancha, début 2012, il y a une réorganisation dans l’entreprise de mon mari et centralisation des fonctions clés au siège en Suède, à Göteborg. Que d’émotions…mes débuts dans un nouveau poste, bientôt un 2ème enfant…et bientôt une nouvelle expat’ dans un pays du grand froid! Brrr! Nous ne serons restés qu’un an à Lyon. Excitation mais concentration maximum! Comment annoncer ça à mon entourage professionnel, à nos proches ?! Me voilà à nouveau face à ce dilemme: congé parental ou démission? Le retour en France ayant été assez difficile, je décidais de tourner la page et de démissionner.  Juste le temps de donner naissance à mon 2ème fils, nous revoilà repartis pour de nouvelles aventures!

Du chaud au … froid !
Passer de l’Espagne à la Suède, quel contraste! Adieu le jamon et le pan con tomate et bonjour le saumon et le hareng! A Göteborg depuis mai 2013, je peux dire que la caricature n’est pas vraie puisque Göteborg est une ville gastronomique qui possède de nombreux restaurants étoilés. En attendant qu’une opportunité de poste se présente, je suis une auto-formation grâce aux MOOC (Massive Open Online Course). Avant de partir, ma principale appréhension a été la langue. Ne pas parler suédois semble être un frein à l’embauche même si tout le monde ici parle anglais.. J’ai heureusement 3 heures de cours de suédois par semaine. La Suède est très loin des cultures latinos dont je suis proche. Les suédois sont beaucoup plus introvertis. Les gens sont sportifs,  en harmonie avec la nature. Il est courant de croiser des joggers et des personnes âgées faire de la marche active avec des bâtons de randonnée. Un proverbe suédois dit : “Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements”. Alors que les femmes espagnoles sont coquettes jusqu’au bout des ongles et se mettent en robe et talons par tous les temps, les suédoises sont davantage “nature” mais savent sortir les talons aiguilles quand il le faut! Les vestiaires sont d’ailleurs largement répandus dans les bars car les femmes troquent leurs bottes de pluie contre leurs escarpins pour la soirée! Quant aux enfants, ils sortent dehors tous les jours en combinaison même quand les températures sont négatives.

L’hiver est long et difficile car il fait très froid. Le vent est glacial. Mais au printemps, dès mars, la nature se réveille et explose littéralement. Le contraste est saisissant. Les jours deviennent de plus en plus long. Tandis qu’en hiver il ne fait jour que de 9h à 15h, en été, il ne fait nuit que de minuit à 3 heures du matin! C’est ce qui m’est le plus difficile à vivre en Suède: le manque de lumière en hiver. La lumière chaleureuse de Madrid me manque. J’ai même une connaissance qui dit qu’ici le soleil ne chauffe pas! C’est pour capturer le moindre rayon de lumière que les habitations sont ouvertes sur l’extérieur avec de grandes fenêtres. Je comprends aujourd’hui mieux les suédois que je voyais lézarder sur les bancs publics lors de ma voyage de reconnaissance. Dès le retour du soleil, moi aussi je fais le lézard! D’ailleurs, la plus grand fête de Suède le Midsommar, fête le jour de l’arrivée de l’été. Heureuse à l’idée de refaire du vélo ce printemps, hop les enfants dans la remorque et à vélo pour l’école! Moi qui étais une des premières à essayer le vélov à Lyon, je me régale ici en Suède! Il y a en effet des voies sécurisées réservées aux vélos et piétons.
Face à toutes ces découvertes, j’ai créé un blog dédié à ma vie en Suède et à Göteborg en particulier gotlys.blogspot.com. C’est une façon pour moi de partager mes surprises par rapport à la société française avec humour et réflexion. Il existe ici une très forte communauté internationale et notamment de français avec la présence de nombreuses multinationales. Entre les cours de suédois et les évènements organisés, je me sens beaucoup moins isolée qu’en Espagne.

I love the Expat attitude! Des destinations sont plus agréables que d’autres et facilitent sans aucun doute la réussite d’une expatriation, compte tenu de la culture locale et de la présence ou non d’une communauté française ou d’expats par exemple. Mais avec le recul, quel que soit la destination, une attitude commune nous fait à coup sûr aimer être en expat.

En expat, on s’installe comme si on devait y rester pour toujours, et on vit chaque jour comme si c’était le dernier… C’est ma 2ème expat et ce ne sera probablement pas la dernière. C’est déstabilisant de ne pas savoir quand on rentrera et quelle sera la prochaine destination. Mais en même temps, cela nous aide à être connectés à l’instant présent. Lors de notre court retour à Lyon, nous nous disions que le train-train quotidien ne nous convenait pas et que l’excitation de la découverte que l’on peut éprouver en expat nous manquait.

En expat, on va de découverte en découverte, culturelles, humaines… Sans doute, vous aussi l’avez ressenti! Les émotions sont décuplées, les relations amicales beaucoup plus fortes. On a envie de s’ouvrir aux autres. C’est même pour certains un besoin viscéral. Profiter pour s’enrichir humainement, se trouver soi, à travers les autres. C’est aussi une opportunité pour se recentrer sur soi-même, savoir ce que l’on veut faire réellement.

D’après mon expérience, je pense que l’ouverture d’esprit, l’ouverture aux autres, le sens de l’adaptation, le dialogue avec son partenaire et l’harmonie avec soi-même sont les clés de la réussite en expat.

 

cristinaCristina,
à Goteborg,
hiver 2014
blog: http://gotlys.blogspot.com
twitter: @gotlys

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