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Formation

Se former en expatriation ?


se former en expatriation

On dit souvent que suivre son conjoint à l'étranger est une bonne occasion pour se former. Voici quelques conseils et pistes pour commencer votre démarche.

 

Se former en expatriation, la question que tout le monde se pose

Un bon créneau pour se former

Quand on parle de carrière et d’expatriation, j’aime reprendre les résultats de nos enquêtes.  Les 3660 conjoints qui ont répondu à l’enquête de 2019 convergent sur les éléments suivants : ils veulent travailler pour 80% d’entre eux mais seule la moitié y parvient. 62% d’entre eux pensent que l’expatriation a été mauvaise pour leur carrière. Comme leurs motivations pour chercher un travail portent surtout sur le long terme (11% seulement veulent travailler pour des raisons financières, 46% pour maintenir leur employabilité), et que les postes qu’ils trouvent sont souvent en régression par rapport à leur poste précédent, cette question de la formation se pose légitimement.

La formation en expatriation : idéale de développer son employabilité ?

Jusqu’ici, vous avez souvent couru, luttant au mieux pour assurer l’équilibre famille/travail. En expatriation, vous découvrez souvent le luxe inouï (et complexe) d’avoir du temps. Ne passons pas à côté de cette opportunité extraordinaire. Une bonne formation est souvent bien plus utile pour sa carrière qu’un mauvais job, ou surtout qu’une longue recherche infructueuse et frustrante, surtout quand on n’a pas de visa de travail.

Mais attention, il ne s’agit bien sûr pas seulement de s’occuper. Alors comment choisir ?

Choisir son sujet et son métier

La question clé est pour quoi se former ? Il faut y réfléchir sans perdre de temps car une expatriation est vite passée, il serait dommage de perdre un an car vous n’avez pas pris le train quand il démarrait.

Voici une liste de sujets possibles :

Apprendre la langue locale.

Ce n’est pas forcément pour votre employabilité mais souvent pour votre survie dans votre pays d’accueil, ou au moins la qualité de vos relations avec le pays qui vous entoure. Indispensable souvent, parfois à combiner avec l’un des sujets suivants. Toujours utile aussi pour maintenir votre plasticité cérébrale.

Vous perfectionner dans votre job d’origine.

Depuis le temps que vous vous disiez qu’il fallait vous mettre à la page en Digital media, ou vous perfectionner dans telle spécialité de droit, ou découvrir de nouveaux outils de management. Voilà enfin un moment pour vous mettre à la page.

Profitez de votre présence pour apprendre une spécialité locale. C’est sûr qu’il vous sera plus facile d’apprendre le yoga en Inde, la théologie à Rome, les arts martiaux au Japon ou le coding en Californie qu’à Neufchatel, Rennes ou Saint-Germain (et encore, on en reparle).

Professionnaliser votre parcours d’expatrié.

En creusant des points liés à la vie nomade. L’interculturel est un bon exemple de cette stratégie.

Apprendre quelque chose de complètement différent, soit pour changer de métier, soit pour enrichir votre palette. Vous êtes si nombreuses à vous mettre à la peinture, au coaching, à l’acupuncture, à l’enseignement… Soit pour devenir peintre, coach, acupunctrice ou enseignante, soit pour avoir aussi cette corde à votre arc.

L’éventail est donc infini car en plus, en 2016, où que vous soyez, quasiment tout est possible !

Tous les modes sont possibles

Selon vos objectifs et vos contraintes, vous choisirez des modalités de formation différentes.

L'université ou les écoles locales

Vous êtes dans une grande ville ? Vous parlez la langue du pays ? L’université ou les écoles locales proposent sans doute des modules qui pourraient vous intéresser. Si la langue est un obstacle, peut-être y trouverez-vous aussi des cursus en anglais. Dans beaucoup de pays, il existe des universités du troisième âge, peu chères, dispensant des cours de qualité. Les avantages de cette formule : vous rencontrerez des étudiants locaux ou internationaux et découvrirez des pans nouveaux de la vie locale. Inconvénient : ces cursus ne sont pas forcément assez souples pour votre statut d’expat de passage ou de mère d’enfants en bas âge.

Un prof particulier

Pour les cours de langue ou certaines spécialités, un prof particulier peut être aussi une porte vers votre culture d’accueil, avec, pour un coût beaucoup plus élevé, l’avantage de la flexibilité.

Un Mooc

Le truc du moment, ce sont évidemment les Mooc (Massive Open On line Course). C’est une façon extraordinaire d’accéder à des enseignements de grande qualité souvent gratuitement, ou que vous soyez. Avec à la fin une reconnaissance de diplôme. Un inconvénient néanmoins : même si les contenus sont interactifs, vous êtes quand même seule à la maison face à votre ordinateur. Or en expatriation, on a souvent un grand besoin de proximité humaine. Attention à ne pas vous retrouver trop isolée.

L'enseignement à distance

Plus classique, l’enseignement à distance se maintient. Avec le CNED, de nombreux cursus de formation professionnelle sont disponibles, notamment le DEAFLE (Diplôme d'Aptitude à l'Enseignement du Français Langue Étrangère), mais aussi des formations en RH, etc. Vous pourrez peut-être utiliser votre compte individuel de formation. De nombreux master professionnels peuvent être suivis à distance.

N'oubliez pas la VAE

Enfin si vous vous êtes investie dans une nouvelle activité, notamment via le bénévolat, n’oubliez pas la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) qui via un processus complexe mais précis vous permettra de convertir votre expérience en diplôme officiel. (voir le site officiel www.vae.gouv.fr)

Idées de bonnes pratiques

Nous l’avons déjà dit, mais j’insiste : avant de vous lancer, clarifiez bien vos objectifs et vos contraintes. Dans quel but voulez-vous vous former ? Quelles sont vos contraintes de temps, de disponibilité, d’argent ?

Voici quelques raisons d’échecs classiques et des idées de parades :

  • « C’est trop lourd. Je ne m’en sors pas avec les enfants. » Parade : une formation est un investissement professionnel et un choix familial. Il vous faudra expliquer à toute la famille que se former est un travail, sauf qu’au lieu de rapporter de l’argent, cela en coûte, pour (on l’espère), en gagner plus tard. Donc, inutile de culpabiliser s’il faut investir aussi dans une baby sitter. En revanche, validez bien votre disponibilité. Il me semble que plus de la moitié des jeunes femmes qui commencent un PhD (doctorat) en expatriation ne le terminent pas pour des raisons d’organisation familiale.
  • « Je n’arrive pas à me motiver ». On en revient au choix initial. Se former est difficile. Pour des raisons linguistiques (pas simple de suivre un cours en italien quand on est à Rome depuis 2 mois), pour des raisons sociales (soit qu’on se sente trop seule face à son ordinateur, ou trop décalée dans un amphi d’étudiants de 20 ans) ou pour des raisons intellectuelles (mmm, reprendre les mathématiques financières à 47 ans, on s‘accroche). Il faut donc être bien sûre de ses raisons. Et parfois limiter son ambition. Plutôt qu’un diplôme de gemmologue, avoir suivi quelques modules sera déjà un bon début.
  • « Quand je suis rentrée à Bruxelles, mon diplôme n’était pas reconnu ! » ? Cela mérite d’y passer du temps lorsque vous choisissez votre formation, notamment pour les Mooc. Si c’est dans une optique professionnelle, avez-vous bien validé avec PLUSIEURS spécialistes de votre domaine cible ce qu’ils pensent du diplôme et du cursus choisi ?

Et puis si vous n’avez pas pu tout finir, ou si vous avez laissé le train passer, rassurez-vous, vous pourrez sans doute vous rattraper lors de votre retour. Et cela tombe bien car la formation est souvent une excellente façon de renouer avec votre marché de l’emploi.

Enfin, à celles que j’entends murmurer « elle est bien gentille, la dame, mais on ne va quand même pas passer notre vie à se former », je réponds aussitôt : mes amies, nous sommes dans une époque où les métiers et les savoirs évoluent à toute allure. Quelle chance que l’expatriation vous donne l’occasion d’apprendre à apprendre ! C’est vous qui serez les mieux équipées pour les carrières de demain !

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