Connexion en tant que membre

Leadership

10 idées pour gérer habilement votre carrière internationale


6 idees carriere internationale

Quels sont les éléments essentiels à connaître pour bien mener sa carrière internationale ? Alix Carnot,  directrice du département Carrières internationales chez Expat Communication a rencontré, lors de la préparation de son livre, différents acteurs de l’expatriation, PDG de grands groupes, DRH ou coachs. Dans ces extraits du livre "Chéri(e) on s'expatrie", découvrez  10 suggestions pour gérer habilement votre vie professionnelle en expatriation.

1. Se souvenir qu’on ne sait rien, ou si peu

C’est le conseil numéro 1 : rester humble. Il ne s’agit pas de rester paralysé par le doute, mais de tenir compte de l’ampleur de notre ignorance.

Les pièges interculturels sont présents tout au long de l’expatriation, d’autant plus dans les pays « cousins » que l’on pense bien connaître. Préparation et vigilance sont donc indispensables.

2. Apprendre la langue locale

Johann, parti diriger une filiale au Japon, est arrivé avec des idées très claires sur l’apprentissage du japonais. « C’est une langue impossible à apprendre, c’est un investissement colossal pour trois ans, dont l’intérêt sur place est très limité, car tout mon staff parlera anglais. » Il est revenu avec des idées tout aussi arrêtées :« Ma grande erreur a été de ne pas apprendre le japonais. Je n’y aurais jamais été bon, mais cela m’aurait permis de susciter de la sympathie en montrant ma bonne volonté. En plus, les cours de langues sont des moments intéressants pour comprendre la culture du pays. »(...)

3. Jouer de sa différence

La première valeur ajoutée d’un étranger réside dans le regard extérieur qu’il apporte.

Le fait d’être extérieur au système qu’Adam percevait comme une faiblesse s’est révélé être une force. Ses questions au départ naïves puis plus calculées lui permirent de remettre en question des habitudes bien ancrées dans l’entreprise qui n’avaient plus de raison d’être. (...) Faire accepter sa différence réclame bien sûr que l’expatrié accepte les particularités de son pays hôte. Qu’il ne se fige pas dans la comparaison avec sa culture d’origine, mais cherche d’abord ce qui est positif dans le pays d’accueil.

4. Allier prudence, longueur de temps et prise de risque

(...) Être prudent, en expatriation, consiste d’abord à savoir prendre son temps. Les délais nécessaires pour prendre la mesure d’un poste sont plus longs lorsque, au-delà des problématiques professionnelles, il faut aussi découvrir une nouvelle culture et une langue étrangère. (...) Cependant, la prudence ne signifie pas de rester toujours à l’abri dans sa zone de confort. Elle consiste souvent à évaluer les risques et à sortir du cadre. Les expatriés insistent sur cette nécessité de penser hors du cercle et de se remettre en question régulièrement. (...)

5. Savoir rebondir dans les échecs

Contrepartie logique de la prise de risque, l’échec est partie prenante de l’expatriation et ses conséquences peuvent en être particulièrement éprouvantes. Guillaume, jeune responsable marketing d’un grand groupe de spiritueux, avait la sensation que l’Olympe professionnel était à portée de main. Ses résultats étaient excellents. Après l’Italie où il travaillait en contrat local, il se voyait aux États-Unis. Puis au dernier étage de la tour du siège... Alors qu’il voulait transférer à un ami un e-mail de la direction agrémenté de sa vision critique sur la stratégie du groupe, il se trompa de destinataire. Le vent tourna radicalement. En trois mois, il perdit son poste, sa grande maison, ses invitations VIP dans les défilés de mode. Retour case Paris, sans indemnités, avec un réseau amaigri, mais rempli de frustration. Il lui fallut cinq ans de descente aux enfers pour rebondir.

6. Rétablir son équilibre pro/perso

(...) La prise de poste à l’étranger et le choc culturel sont des étapes particulièrement exigeantes mais la suite de l’expatriation est lourde aussi ; la plupart des expatriés voyagent fréquemment et leurs responsabilités sont lourdes. Il est logique que le collaborateur se sente débordé. Si ce sentiment se poursuit après la première phase, alors l’épuisement est un risque non nul. Nos interlocuteurs indiquent que les catégories les plus concernées sont les célibataires, car ils ont du mal à poser des limites à leur travail et les collaborateurs en célibat géographique qui sont en permanence dans la compensation sur le plan professionnel et personnel. Tous sont néanmoins concernés.

Il est donc essentiel de garder du temps pour se ressourcer, d’autant plus qu’on a beaucoup parlé ici du déséquilibre qu’implique le déménagement à l’étranger pour toute la famille et de la nécessaire présence des parents à leurs enfants et des conjoints l’un à l’autre. (...).

7 - Travailler son réseau

Il serait dommage de se laisser oublier. Erika est une expatriée déterminée. Elle s’implique avec acharnement dans sa mission en Afrique du Sud. Elle a un gros poste, mais elle ne se fait pas d’illusion. Pour son entreprise, une grosse PME située à Lübeck, elle travaille « en brousse ». Relais de croissance stratégique pour le groupe, son activité leur paraît pourtant exotique. Son patron n’est jamais venu la voir et pense rarement à elle. Si un poste est à pourvoir, ses collègues qui grenouillent au siège se placeront efficacement. Et elle, n’en sera au courant qu’une fois le poste pourvu. Passé le choc de l’arrivée, une mission transverse, une formation interfiliale, la participation à des parcours de management ou des articles pour les journaux internes sont des moyens efficaces de continuer à exister à distance.

Pour Adam, réseau = flagornage. Et son poil se dresse quand il constate la facilité de sa collègue Erika à donner des nouvelles, féliciter les uns et les autres, envoyer des vœux, s’impliquer dans les réseaux ou participer à des événements extérieurs. Le pire, c’est que ça marche !

8 - Ne pas rester trop longtemps à l’étranger

Est-ce que trop d’expatriation tue la carrière de l’expatrié ? avons-nous demandé à tous nos interlocuteurs. Voici leur vision.
Assez rapidement, les expatriés sont déconnectés de la réalité. Ils vivent dans des conditions privilégiées et souvent ne s’en rendent plus compte. Éloignés du siège ou au moins de leur culture d’origine, certains deviennent des cow-boys qui n’acceptent plus les cadres. Endurcis par des ruptures fréquentes avec leur environnement, ils peuvent même se transformer en véritables caïds, avec des avis tranchés, incapables d’entendre un conseil ou une suggestion. Les RH recommandent donc de revenir travailler dans son pays tous les cinq ans.

Cependant, cette stratégie est souvent ignorée. D’abord parce que beaucoup d’expatriés ont fait leur vie avec un conjoint local ou se sont installés durablement. D’autres enchaînent les expatriations parce que leur expertise est très recherchée. Certains, enfin, notamment en fin de carrière ou dans des secteurs en crise, ne trouvent plus de poste dans leur pays. Ils sont en quelque sorte satellisés, parfois à leur grand dam. Jean-Jacques, à 60 ans, trouve difficile d’être coincé à Alger. Obligeant, bien malgré lui, sa femme à faire des allers-retours réguliers pour rester présente auprès de leurs enfants étudiants.

 

9 - Soigner les relations avec le siège

Cet aspect concerne évidemment ceux qui partent en expatriation envoyés par une entreprise.
Erika a appris que les entreprises n’ont pas de mémoire. Lors de son poste précédent, ce n’est pas par malhonnêteté que les engagements qui avaient été pris n’ont pas été tenus. C’est à cause du départ de celui qui avait géré le contrat. Malheureusement, les clauses en question n’avaient été évoquées qu’oralement.

Depuis, Erika ne part qu’avec un contrat où tout est mentionné. « Je m’efforce de passer au siège tous les six mois, raconte-t-elle. Par exemple, je demande à mon patron de faire notre entretien annuel en face à face plutôt qu’en visioconférence. Parfois, le prétexte peut sembler futile, et cela coûte cher en billet d’avion. Mais la journée que je passe au siège, à rencontrer les uns et les autres, à prendre des nouvelles, à humer l’air du temps, à rencontrer mon mentor est précieuse pour tous… »

Elle reste consciente de ce qu’elle doit à son groupe qui assure sa sécurité, la cohérence fiscale de son package et sa couverture médicale. Elle est l’une des seules à en remercier le service Mobilité. Comme ses demandes sont toujours réalistes, elle a d’excellentes relations avec eux.

10 - Pour les dames, oser l’expat au féminin

Demeurée seule avec deux enfants après la mort de son mari, Ida trouva d’abord beaucoup de réconfort dans la sollicitude de sa famille, de ses collègues et de ses chefs. Au bout de trois ans, cependant, elle commença à trouver ces attentions étouffantes et chercha à prendre de la distance. C’est ainsi que l’idée de l’expatriation germa dans son esprit. « Ce sera difficile, disait-elle, mais je n’irai pas trop loin pour que les enfants puissent revenir facilement en vacances et je me préparerai sérieusement. »

Il lui fallut deux ans d’efforts et un recours au DRH en personne pour convaincre ses chefs de l’envoyer à Malte. Son expatriation se déroula très bien sur le plan professionnel . Etonnés de voir une mère seule avec des enfants, ses collègues en conclurent qu’elle devait être vraiment excellente pour que l’entreprise décide de l’envoyer malgré sa situation. Ida ne les contredit pas. Sur le plan personnel, le bilan est plus en demi-teinte. Certes, Ida trouva le changement et l’oubli auxquels elle aspirait. En revanche, elle trouva que le statut de mère célibataire dans une communauté expatriée essentiellement composée de couples est encore rare et inconfortable.

Chiffres clés
De 20 % de femmes expatriées dans le monde en 2012 à 27 % en 2020* 
Si l’expatriation des femmes est fortement accélérée par la nécessité de constituer des viviers de femmes potentiellement dirigeantes, elle est encore freinée par les blocages du management, les autolimitations des femmes et la question de l’équilibre familial.

 

On observe que les conjoints accompagnateurs hommes (10 %) sont nettement moins nombreux que les femmes expatriées. Cela qui signifie qu’une part importante des femmes partent seules. Soit parce qu’elles sont célibataires, soit que leur conjoint ne les suit pas.

cheri on s expatrie

Pour lire l'intégralité de ces extraits et découvrir les autres idées pour gérer habilement votre carrière internationale, nous vous recommandons  la lecture du livre "Chéri(e) on s’expatrie, guide de survie à l'usage des couples aventuriers".


ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Évènements à venir

Femmexpat Conférences en ligne