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Brésil La Maternité

Ma maternité au Brésil


maternité-brésil-          "Chéri, on va avoir un bébé !"
-          "Chérie, on part en expat au Brésil !"

A ce moment là, le cerveau part en roue libre en se dit que ça va être bien compliqué ! Et bien en fait, non.

Nous sommes partis avec un peu de retard dû aux visas le 1° juillet. Je devais accoucher entre le 5 et le 13 août. J'avais fait la préparation à l'accouchement avec une sage femme en France qui s'est avérée bien utile

Avant de partir, je m'étais renseignée et la panique avait commencé à monter : je ne parlais pas le portugais et tremblais devant les statistiques de césariennes : 50 % dans le public et 90 dans le privé. Quand on vient de France où l'accouchement est à 83 % par voie naturelle le choc est rude.

Tout c'est arrangé quand je suis rentrée en contact avec des expats. L'une d'elles m'a donné les coordonnées d'un gyneco anglophone favorable à l'accouchement naturel avec qui j'ai communiqué par mail. J'ai pu avoir un rendez vous le surlendemain de notre arrivée.

Le gynécologue m'a donné son numéro de portable personnel pour que je l'appelle le jour où le travail commencerait. Au Brésil, on choisit son médecin et c'est lui qui nous dit dans quel hôpital on va accoucher. Le suivi de fin de grossesse s'est très bien déroulé. Échographies, analyses de sang et monitoring toutes les semaines puis tous les 2 jours à la fin. Rendez vous à l'hôpital avec l’anesthésiste. De quoi être tout à fait en confiance.

Le grain de sable est arrivé quand bébé a décidé qu'il était bien où il était et qu'il ne sortirait pas. Une semaine d'attente supplémentaire avec monitoring quotidien et il a fallut se décider. Donc le 20 août, nous voilà parti à 6h du matin, mon mari, mes valises, moi et mon gros ventre pour aller à la maternité.

« Bonjour Madame, vous allez accoucher, ah c'est très bien, puis-je avoir votre carte bleue. »

Il faut savoir que les hôpitaux privés sont très cher. Compter environ 3800 R$ (1300 €) juste pour l'hospitalisation de 2 jours et demi. Le reste étant du ressort du gynécologue qui rémunère ensuite tous les  intervenants : 25000 R$ (8500 €) Cette partie là avait fait l'objet d'une entente préalable entre l'assurance et le médecin, ce qui nous évitait de faire l'avance de frais.

Les formalités remplies, on monte en chambre et tout s'accélère. Préparation des habits du bébé, douche au désinfectant et habillage dans la tenue de bloc. Et Hop c'est parti. J'ai rejoint mon gynéco en salle avec ses assistantes que je connaissais plus, l’anesthésiste choisi parce qu'anglophone. Le temps de poser la péridurale et mon mari m'a rejointe. Tout s'est bien passé et en 20 min nous étions parents d'un magnifique petit garçon.

C'est là que pour une française préparée à l'accouchement en France, les choses se gâtent. Le pédiatre est arrivé et a embarqué notre bébé sans nous dire pourquoi. Il nous l'a ramené 3 min pour un baiser, une photo et hop il est reparti. Mon mari l'a suivi, espérant être avec lui mais on lui a fermé la porte au nez et il est resté dans le couloir derrière une vitre aux rideaux fermés. Quant à moi je suis restée au bloc toute seule. Le médecin a fini son travail, m'a saluée et est parti lui aussi. Ne restaient que les auxiliaires de bloc qui rangeaient et nettoyaient !!!

Au bout de 2 h sans savoir si mon bébé allait  bien, on m'a remontée dans ma chambre où mon mari et mon fils venaient d'arriver. Lui l'avait retrouvé 5 min avant, à la sortie de la salle de puériculture où il n'avait pas pu entrer…

Nous pensions nous reposer et nous remettre de nos émotions mais non. Toutes les heures, une personne entre sans frapper, vérifie une perfusion, regarde le bébé, etc. ou alors me demande si je l'ai nourri. Sauf que bébé voulait dormir et moi aussi. Au bout de 4h arrive une infirmière qui vous met le bébé au sein en lui tournant la tête de force. Choc pour la maman et pleurs pour le bébé.

Le soir, comme il n'avait pas encore mangé, elles ont commencé à me menacer de lui donner le biberon en me disant qu'il ne fallait pas le laisser comme ça sans manger qu’il fallait absolument le nourrir etc. Sauf que sans montée de lait c'est un peu compliqué. Le tout en portugais que je ne comprenais pas bien. Si on rajoute que la pudeur de la maman n'est absolument pas respectée, c'est un peu dur.

Le manège a duré 2jours et demi avec en prime la visite du pédiatre qui vous dit que votre bébé ne va pas bien qu'il perd du poids, et bla et bla, le tout en portugais à toute vitesse. C'est là que mes notes de préparation à l'accouchement m'ont évitée la panique. J’y avais noté qu'il était normal que bébé perde du poids après la naissance.

J'ai eu tout de même un gros baby blues que mon mari a bien vu mais dont visiblement ici personne n'avait jamais entendu parler. Nous avons aussi déclaré la naissance de notre bébé auprès de l’état civil brésilien, idéalement situé au bout du couloir. Au Brésil, un accouchement naturel c'est 24h d'hospitalisation, une césarienne, 2 jours et demi. Au bout de 2 jours et demi donc, retour à l'hôtel où nous habitions depuis 1 mois et demi. Le soir même, sans la pression des infirmières et avec l'aide de mon petit mari qui a relu le Florence Pernoud que nous avions apporté, bébé commençait à manger.

Une fois sortie de la maternité, le suivi des mamans est un peu léger : une visite de contrôle ou on enlève les points mais aucune rééducation de prévue ou de proposée. Je n'ose imaginer quand l'accouchement a eu lieu par voie basse…

Le suivie pédiatrique du bébé par contre est très dense. Première visite 2 jours après la sortie, puis toutes les semaines  pendant 1 mois  puis tous les 15 jours pendant 2 mois puis tous les mois. A 7 mois maintenant, j'avoue que j'espace les visites. Le calendrier vaccinal est lui aussi très dense, avec un premier vaccin à la maternité. A 7 mois bébé a déjà eu BCG , DTP, Hépatite B, coqueluche, pneumonie, méningite, rota virus hemofilus B. 3 semaines plus tard, mon mari est allé déclarer notre bébé à l'état civil français. Il est maintenant binational et a 2 passeports.

J'avais choisi d'accoucher au Brésil pour que mon mari puisse être là et je ne le regrette pas. Si j'avais accouché en France, il aurait fallu en plus attendre le passeport et le visa avant de pouvoir partir au Brésil. Ceci dit, le plus dur a été les 2 jours et demi passé à la maternité. L'approche 100% médicale sans se préoccuper des états d’âmes de la maman est totalement différente de ce qui se fait en France et pour un premier enfant dont on idéalise la naissance c'est assez déstabilisant.

Une amie belge a accouchée au mois de décembre de son deuxième enfant. Je l'avais informée. Elle m'a dit avoir vécu la même chose que moi à la différence qu'étant prévenue elle a plus relativisé.

Cette naissance a été la fin d'une année chargée en bouleversements et le début véritable de notre famille. Bébé grandit au soleil et ses grands parents remercient tous les jours Internet et Skype qui leur permettent de le voir grandir.

Gaëlle

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