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Kosovo, un peu d’histoire


KosovoLa complexité de la situation géopolitique actuelle des Balkans en général, et du Kosovo en particulier trouve en grande partie son origine dans l’Histoire de cette région.

« Les Balkans ont une fâcheuse tendance à produire plus d’Histoire qu’ils ne peuvent en consommer – Winston Churchill ».

Voici quelques éléments marquants de cette Histoire, éléments indispensables pour espérer comprendre au moins partiellement la culture du pays.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’au fil de l’Histoire, et ce depuis l’Antiquité, les frontières et les populations ont bougées au gré des invasions, nombreuses, des guerres, tout aussi fréquentes, et des gouvernants, souvent dictateurs, qui se sont succédés dans les Balkans. Chaque communauté ethnique ou religieuse pouvant se revendiquer originaire du pays à un moment ou à un autre. Et cela rend les relations entre les membres des 7 communautés qui composent la population du Kosovo d’autant plus complexes.

 

De l'Antiquité au XIe siècle : le Kosovo fait partie de l’Illyrie

L’Illyrie est définie comme une région montagneuse de la côte orientale et septentrionale de l'Adriatique.

Cette région englobait une partie de la Croatie, la Slovénie, la Bosnie – Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie et le Kosovo actuels.

D’abord colonisée par les grecs, la région connaît la domination romaine à l’issue des 3 guerres illyriennes.

Lors du déclin de l’empire romain, celui – ci est divisé en 2 à la fin du IIIème siècle : à l’ouest l’empire romain d’occident et à l’est l’empire romain d’Orient, plus communément connu sous le nom d’empire byzantin (sa capitale étant Constantinople, l’ancienne Bysance). L’actuel Kosovo, fait partie de l’empire byzantin.

La région subit, à partir du Vème siècle, de nombreuses invasions barbares, notamment de la part de tribus slaves, qui conduisent, entre autre,  à la création de l’Etat Serbe.

Du XIe au XIVe siècle : le Kosovo fait partie de l'Empire serbe 

Au cours des XIème et surtout du XIIème siècle, l’Etat serbe mène plusieurs campagnes dans le but d’étendre ses frontières. L’actuel Kosovo fait partie des territoires conquis à l’époque par l’Empire Serbe, qui décide alors de déplacer le centre de gravité du royaume de Serbie vers le Kosovo.

C’est à ce même moment que l’église orthodoxe serbe connait une profonde mutation. Elle devient  autocéphale, c’est-à-dire qu’elle jouit désormais d'une indépendance totale, sur le plan juridique comme sur le plan spirituel, par rapport à une quelconque autorité, et notamment par rapport à celle de Constantinople à laquelle elle ne reconnaît plus qu’une primauté d’honneur.

C’est ainsi qu’en 1233, la ville de Peja/ Pec en Métochie (la plaine occidentale de l’actuel Kosovo, voir un peu de Géographie) est choisie pour devenir le siège du premier archevêché serbe (sous la juridiction de Constantinople) fondé par Saint Sava qui en devient le premier archevêque.

En 1346, l'archevêché se transforme en patriarcat autonome, s’affranchit de Constantinople et Peja/Peć devient ainsi le siège de l’Église orthodoxe serbe.

En 1371, alors que l’unité du Royaume de Serbie est fragilisée depuis plusieurs années par des luttes intestines, l’armée ottomane remporte une première victoire, lors de la bataille de la rivière Maritza contre les armées de 2 princes serbes. Byzance est contrainte de reconnaître alors la souveraineté ottomane, ouvrant ainsi la voie à la future conquête ottomane dans les Balkans.

C’est en 1389 (le 15 juin selon le calendrier grégorien, le 28 juin selon le calendrier julien réformé toujours suivi par l’Eglise orthodoxe serbe) qu’a lieu la bataille décisive et historique de Kosovo Polje, plus connue en France sous l’appellation « bataille du champ des merles ». Cette bataille, menée sous l’égide du sultan Mourad, s’inscrit dans la campagne expansionniste menée par l’Empire Ottoman au détriment de l’Empire Byzantin et marque le début de la domination ottomane dans les Balkans.

Au cours de la bataille, le sultan Mourad Ier est tué, selon les poèmes épiques serbes par le plus puissant guerrier du prince Lazar, Miloš Obilić. Il a donné son nom à la commune d’Obiliq/Obilic, proche du champ de bataille.

L’armée serbe est malgré tout battue et le prince Lazar ainsi que de nombreux nobles serbes sont faits prisonniers et mis à mort.

Cette bataille, dont la légende raconte que tellement de sang avait coulé que la terre ne pouvait pas l’absorber, acquerra par la suite une dimension mythique dans la conscience nationale serbe.

D’après la légende, le Prince serbe Lazar aurait prononcé cette malédiction avant la bataille, laquelle est inscrite sur le monument, appelé Gazimestan (qui signifie « lieu des héros »), érigé en 1953 sur la commune d’Obiliq, en souvenir de cette bataille héroïque :

« Quiconque est Serbe, de naissance serbe,
de sang et d’hérédité serbe
Et ne vient pas à la bataille du Kosovo,
Peut-il ne jamais avoir la descendance que son cœur désire!
Ni fils ni filles
Puissent ses mains souillées ne rien produire!

Ni vin sombre ni blé blanc
Et qu'il soit maudit pour toujours ! »

Nota : la traduction française étant personnelle, elle peut être imparfaite !

Cette bataille a fait l’objet de nombreux mythes politico-religieux dans la tradition serbe. Les poèmes épiques liés à cette bataille ayant été préservés au fil des siècles par la tradition populaire et par l'Église orthodoxe serbe.

Mais c’est au XIXe siècle, lorsque la renaissance nationale serbe passe par une exaltation autour de l’histoire de la Serbie médiévale que le Kosovo, en tant qu’ancien centre politico-religieux de la Serbie médiévale à son apogée est alors considéré comme le « berceau de la nation serbe ».

Le 28 juin, les serbes commémorent encore aujourd’hui l’anniversaire de cette bataille.

Du XIVe au XXe siècle : le Kosovo fait partie de l’Empire ottoman

Suite à la bataille de Kosovo Polje, la région est divisée en despotats (en fait une sorte de province disposant d’une certaine autonomie) sous suzeraineté ottomane dont le chef porte le titre de despote.

Au cours de cette période, plusieurs conflits opposent les descendants des despotes serbes pour le contrôle des territoires :

Le Kosovo est morcelé entre le despotat de Serbie contrôlé par Stefan Lazarević, fils du Prince Lazar, héros de la bataille de Kosovo Polje et le despotat des Brankovic, ancien allié de Lazar à lors de la bataille de Kosovo Polje, qui aurait trahit et aurait ainsi eu la vie sauve, menant à la défaite de l’armée serbe.

Au XVème siècle, le despotat de Serbie, allié au héros albanais Skanderbeg qui s’oppose à la domination ottomane, connaît une période d’accalmie et de prospérité économique et artistique.

Durant cette période, les despotes étant d’origine slave, la population d’origine serbe est plutôt favorisée.

En 1454, une offensive du sultan Mehmed II, dit le Conquérant, contre la Serbie et la région des Brankovic, permet à l’Empire Ottoman de contrôler la totalité de l’actuel Kosovo. Il restera sous domination ottomane jusqu’en 1912.

Sous la domination ottomane, s’opère alors une islamisation progressive des Balkans. Plusieurs raisons conduisent à cela :

* Les non musulmans (serbes orthodoxes et albanais catholiques) sont soumis au versement d’un impôt les autorisant à pratiquer leur culte.

* Se développe aussi la pratique de l’enlèvement des enfants chrétiens pour en faire des janissaires, élevés dans l’islam et enrôlés dans l’armée ottomane. Skanderbeg a été l’un de ceux – là.

* La migration organisée de musulmans venus d’Asie Mineure dans les Balkans contribue également à l’islamisation progressive des populations locales.

* à la fin du XVIIIème siècle, suite à des persécutions menées par des unités albanaises musulmanes à l’encontre des serbes, une vague d’islamisation se produit.

Du XVIème au XVIIIème siècle, plusieurs guerres opposent l’Autriche à l’Empire Ottoman. Les chrétiens du Kosovo (Albanais catholiques et Serbes orthodoxes), alliés à chaque fois aux autrichiens, connaissent des migrations importantes à l’issue de chacun de ses conflits au cours desquels les autrichiens sont défaits. Les ottomans autorisent alors la colonisation des zones, ainsi abandonnées par la population serbe et albanaise catholique, par des migrants musulmans venus du nord de l’Albanie.

Fin du XIXème siècle, début XXème siècle, fin de la domination ottomane, guerres balkaniques et 1ère guerre mondiale :

A la fin du XIXème siècle, des soulèvements indépendantistes contre l’occupation ottomane se produisent dans la région, à l’initiative de la Serbie. Aidés par la Russie, les pays indépendantistes sortent victorieux et l’Empire ottoman est alors contraint de reconnaître l’indépendance de la Serbie mais aussi de la Bulgarie, du Monténégro et de la Roumanie en 1878. Les territoires du nord Kosovo sont alors accordés à la Serbie.

En 1912, les États balkaniques nouvellement affranchis de l’occupation ottomane décident d’unir leurs forces afin de libérer les terres restant sous contrôle ottoman.

La Première Guerre balkanique qui durera d'octobre 1912 à mai 1913 opposa la Ligue balkanique (la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro), soutenue par la Russie, à l'Empire ottoman. Les armées des états des Balkans en supériorité numérique furent rapidement victorieuses. À la fin de cette guerre, les membres de la Ligue balkanique se partagèrent la quasi-totalité des anciens territoires européens de l'Empire ottoman, mais en Macédoine, la Bulgarie s'estima lésée par ce partage, ce qui provoqua la Deuxième Guerre balkanique (16 juin 1913 - 13 juillet 1913).

Aidées par la Roumanie, alors qu’elles étaient en difficulté, la Serbie et la Grèce remporte finalement la victoire et imposent à la Bulgarie de céder une partie des territoires gagnés lors de la 1ère guerre balkanique mais également une partie de son propre territoire.

Ce conflit provoqua également la fin de l’alliance historique russo-bulgare laissant la Serbie seule alliée de la Russie dans la zone et conduisant également la Bulgarie à s’allier en 1915 à l’Empire Allemand, l’Autriche- Hongrie et ce qu’il restait de l’Empire ottoman.

Les grandes alliances qui allaient régir le monde pendant tout le XXème siècle trouvent ainsi en partie, leurs origines dans ces guerres balkaniques.

Au cours de la 1ère guerre mondiale, l’empire austro-hongrois contrôle une partie de la région des Balkans.

De 1918 à 1941 : le Kosovo fait partie du royaume de Yougoslavie

Le 1er décembre 1918 naît le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Ce nouveau royaume regroupe les régions balkaniques slaves (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Voïvodine serbe) ainsi que l’État serbe indépendant et le Monténégro qui s'était réunifié à la Serbie quelque temps auparavant. Le Kosovo, morcelé entre ces différents états est intégré à ce royaume, qui prendra le nom de Royaume de Yougoslavie en 1929.

Pendant cette période, sous l’impulsion du roi, d’origine serbe, qui décide à nouveau de modifier les frontières des provinces internes au royaume, la population albanaise est fortement encouragée à quitter le royaume, au profit de la réinstallation de familles serbes et monténégrines.

De 1941 à 1945 : le Kosovo rattaché à la République d'Albanie sous l'occupation italienne

Lors de la 2nde guerre mondiale, les frontières vont une nouvelle fois être modifiées.

Le Kosovo (partie Est du Kosovo actuel), la Métochie (partie Ouest du Kosovo actuel) et une partie du Monténégro se voient inclus dans l'Albanie sous contrôle de l’Italie fasciste.

S’organisent alors des mouvements de résistance. L’un d’eux regroupe les partisans communistes et se développe sous la direction de Tito (croate par son père, slovène par sa mère). Cette résistance ne faisant aucune distinction entre les ethnies, les peuples, les croyances et non croyances, obtient la confiance de la grande majorité des peuples slaves mais également celle du peuple albanais.

Cette « résistance yougoslave » portera le slogan « mort au fascisme, la liberté aux peuples ».

En 1944-1945, la résistance de Tito libère les territoires occupés en novembre 1945, la monarchie est officiellement abolie, le pays devenant la République fédérale socialiste de Yougoslavie avec l’appui des Alliés lors des conférences de Téhéran  et de Yalta. Cette République fédérale socialiste  de Yougoslavie est en réalité une fédération de 6 républiques autonomes.

Dans le même temps, des divergences apparaissent entre Tito, qui se désolidarise de Staline et Enver Hoxha, présidant le parti communiste albanais, qui lui reste fidèle. Cela conduira à la fermeture des frontières entre le Kosovo et l’Albanie qui devient une dictature.

De 1945 à 1989 : le Kosovo, en tant qu'une Province autonome, rattaché à la République de Serbie au sein de la République fédérale socialiste de Yougoslavie 

Les 6 républiques autonomes constitutives de la République fédérale socialiste de Yougolsavie sont :

  1. la République populaire de Bosnie-Herzégovine (capitale Sarajevo),
  2. la République populaire de Croatie (capitale Zagreb),
  3. la République populaire de Macédoine (capitale Skopje),
  4. la République populaire de Monténégro (capitale Titograd),
  5. la République populaire de Serbie (capitale Belgrade), incluant le Kosovo (capitale Pristina) et la Voïvodine (capitale Novi Sad),
  6. et la République populaire de Slovénie (capitale Ljubljana).

Chacun d’elle obtient son autonomie en matière de langue et de personnel administratif, mais le gouvernement central, présidé par Tito, reste puissant.

Le Kosovo, dans ses frontières actuelles, à majorité albanaise, et la Voïvodine, à forte minorité hongroise, sont des provinces autonomes de la Serbie, à laquelle elles sont rattachées par un lien assez lâche.

Il devient même constitutionnellement, grâce à un amendement à la Constitution yougoslave, une province autonome de la République de Serbie en 1974 et dispose alors des mêmes droits que les autres républiques autonomes au sein de la Fédération. Il demeure néanmoins juridiquement rattaché à la République de Serbie, même si cette dernière ne dispose plus d’aucun droit de regard sur ses affaires internes.

A la mort de Tito, en 1980, on assiste alors assez rapidement au réveil des nationalismes, notamment serbes et albanais dans les républiques fédérées. Cela se traduit par des manifestations sanglantes en 1981 et en 1986 qui opposeront serbes et albanais.

De 1989 à 1999 : suppression de l’autonomie du Kosovo par Slobodan Milošević

En 1989, Slobodan Milošević, d’origine serbe, alors homme fort du parti communiste yougoslave décide, après plusieurs interventions musclées en Voïvodine et au Monténégro, de supprimer l’autonomie constitutionnelle de la province du Kosovo, de dissoudre le gouvernement et le parlement du Kosovo et d’interdire dans les écoles et les médias l’usage de la langue albanaise.

Slobodan Milosevic rêve en effet d’une Yougoslavie unifiée dont le centre névralgique serait Belgrade, quitte à contraindre les anciennes républiques par la force.

On assiste alors à l’éclatement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie et à l’indépendance de la Slovénie puis de la Croatie dans un 1er temps, suivies rapidement par celles la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine.

Opposé à ces prises d’indépendance, Slobodan Milosevic envoie l’armée populaire  yougoslave dans les nouvelles républiques de Croatie, puis de Bosnie-Herzégovine. Ces 2 conflits dureront plusieurs années et les massacres qui y seront perpétrés feront l’objet d’une vaste couverture médiatique qui marquera durablement l’opinion publique dans le monde occidental (guerre de Croatie de 1990 à 1995 et guerre de Bosnie – Herzégovine de 1992 à 1995).

Cela conduira également, au Kosovo, à l’émergence d’un mouvement de protestation albanais, mené par une majorité des anciens députés du parlement kosovare. Ceux – ci vont publier une déclaration constitutionnelle faisant du Kosovo une République en 1990 qui sera suivi, en 1991 par la 1ère  proclamation de l’indépendance du Kosovo. Et à la suite d’élections clandestines, Ibrahim Rugova est élu 1er Président de la République du Kosovo.

Du fait de la complexité de la situation juridique posée par le devenir des anciennes républiques fédérées et des 2 provinces autonomes, mais rattachées juridiquement à la Serbie, ainsi que l’exacerbation des nationalismes serbe et albanais dans ces républiques, le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne, avec l’aval des 6 républiques autonomes issues de la République fédérale socialiste de Yougoslavie,  décide de créer, dès 1991, la Conférence pour la paix en Yougoslavie, ainsi qu’une Commission d’arbitrage, plus connue sous l’appellation Commission Badinter.

Cette dernière a pour but d’émettre non pas des arbitrages mais des avis sur les questions institutionnelles, économiques et des droits de l’homme.

Au regard des questions qui lui sont soumises, la commission Badinter rendra plusieurs avis consultatifs déterminants :

avis n° 2 : « le droit à l’autodétermination ne peut entraîner une modification des frontières existant au moment des indépendances. ».

La commission refusera d’examiner la demande formulée par le Kosovo qui souhaitait s’émanciper de la Serbie, concernant son indépendance. La commission n’a toutefois pas non plus explicitement reconnue la suppression de l’autonomie des 2 provinces du Kosovo et de la Voïvodine par la Serbie. La République du Kosovo autoproclamée de 1991 n’a ainsi pas été reconnue par la communauté internationale. Celle – ci craignant par ailleurs qu’une telle reconnaissance fasse effet boule de neige dans les autres républiques et que la Serbie revendique en contrepartie,  une partie de la Bosnie-Herzégovine voisine, peuplée majoritairement de serbes.

Cette absence de reconnaissance internationale fait naître chez certains albanais une défiance vis-à-vis du Président Rugova. Et en 1997, l’Armée de Libération du Kosovo, connue sous le nom d’UCK, entame des opérations de guérillas visant les autorités serbes du Kosovo.

S’ensuivent en représailles des massacres d’albanais, la destruction massive de maisons et un exode massif de la population albanaise vers les pays voisins : Albanie, Monténégro, Nord de la Macédoine.

De 1999 à 2008 : sous la protection de l’Organisation des Nations unies

Echaudée par les exactions récentes en Croatie et en Bosnie qui ont marquées les opinions publiques occidentales, la communauté internationale via l’OTAN, décide de stopper Milosévic et de le contraindre à se retirer du Kosovo. Cela provoque un nouvel exode, des populations serbes du Kosovo cette fois, vers les territoires voisins, majoritairement peuplés de serbes.

La région passe alors sous l’administration des Nations unies en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité en date du 10 juin 1999. Près d’un million de Kosovars albanais reviennent progressivement sur « leurs terres ». Le 1er Haut Représentant de l’ONU à être nommé au Kosovo étant Bernard Kouchner, de 1999 à 2001. Le Kosovo adopte l’euro en 2002.

De 1999 à 2008, malgré plusieurs tentatives, toutes infructueuses, pour trouver un consensus satisfaisant aussi bien pour les serbes que pour les albanais, le statut du Kosovo demeure incertain. Pro et anti indépendance s’opposent sans trouver de solution à la crise.

Parmi les pro-indépendance, on trouve les Etats – Unis et une grande partie de pays membres de l’Union Européenne. Parmi les anti-indépendance figurent la Serbie, la Russie et 5 pays membres de l’Union Européenne (Grèce, Espagne, Chypre, Roumanie, Slovaquie)

17 février2008 déclaration d'indépendance

Lors des élections législatives organisées en 2007, Hashim Thaçi, chef de l'aile politique de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK) lors de la guerre contre la Serbie, et président du Parti Démocratique du Kosovo (PDK), devient premier ministre du Kosovo et le 17 février 2008, il proclame solennellement l’indépendance du Kosovo :

« Nous proclamons l’indépendance du Kosovo, État indépendant et démocratique [...] À partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un État indépendant, libre et souverain. »

Cette proclamation d’indépendance va diviser la communauté internationale, certains Etats reconnaissant le Kosovo en tant qu’Etat et d’autres non.

En 2009, le Kosovo est reconnu par 63 pays.

Un procès à la Cour internationale de justice sur l’indépendance du Kosovo débute en 2009. Le verdict en 2010 stipule que la déclaration d’indépendance ne viole pas le droit international mais qu’il n’appartient pas à la CIJ de statuer sur le fait que le Kosovo disposait ou non du droit de déclarer unilatéralement son indépendance.

États qui ont reconnu le Kosovo comme État indépendant (MAJ avril 2014) - Wikicommons
États qui ont reconnu le Kosovo comme État indépendant (MAJ avril 2014) - Source : Wikipedia

En 2014, 109 pays sur les 192 membres de l’ONU reconnaissent le Kosovo. Parmi les 28 pays de l’union européenne, 5 s’opposent à sa reconnaissance. Le Kosovo n’est ainsi reconnu ni par l’ONU, ni par l’Union Européenne.

Parmi les pays qui ne le reconnaissent pas, on trouve évidemment la Serbie et la Russie, opposée depuis le début à cette déclaration d’indépendance.

On y trouve également un certain nombre de pays européens tels que la Grèce, l’Espagne, Chypre, la Roumanie et la Slovaquie, en  raison notamment des fortes poussées indépendantistes de certaines provinces sur leurs propres territoires nationaux.

Il en va de même concernant les autres instances internationales notamment sportives. Un petit nombre de fédérations sportives internationales reconnaissant les fédérations nationales kosovares.

Actuellement, les relations entre Belgrade et Pristina tendent à se normaliser, grâce à la signature de plusieurs accords et à la participation de ministres serbes au gouvernement kosovare. Les relations entre communautés serbes et albanaises au Kosovo sont apaisées mais des regains de tensions nationalistes ressurgissent régulièrement.

C’est ainsi que depuis 1999, de nombreuses nations sont présentes dans ce tout petit pays qu’est le Kosovo, sous forme de missions européennes économiques et judiciaires, d’ONG internationales à but économique,  de présence militaire avec la KFOR, sans perspective de départ à court terme.

Cette histoire mouvementée, explique en grande partie la complexité de la situation géopolitique locale. Chacune des communautés albanaise et serbe se revendiquant comme originaire de la région. Les albanais qui revendiquent une descendance du peuple antique de l’Illyrie. Les serbes dont la présence dans la région, depuis le Vème siècle est quasi discontinue, même lors de la domination ottomane et qui font du Kosovo le berceau de l’église orthodoxe serbe.

A lire aussi : les deux lectures de l’histoire du Kosovo.

Histoire sur le site France Diplomatie du Kosovo

Par Hélène.

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