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Vivre à Pristina, Kosovo


PristinaVille1Vivre à Pristina est une expérience très particulière et ambivalente.

La ville est un véritable chantier à ciel ouvert. Etant donnés le nombre de chantiers en cours, ceux qui paraissent abandonnés, la vétusté des bâtiments issus de la période yougoslave et l’état d’abandon dans lequel se trouvent les quelques rares monuments historiques encore existants, le tout additionné à une urbanisation « anarchique »,  Pristina ne peut être considérée comme une belle ville.

S’ajoute également à cela la présence d’ordures un peu partout, aussi bien en ville que dans les campagnes environnantes, les parcs et les rivières.

Outre les aspects esthétique et écologique désastreux que cela peut avoir, cette pollution omniprésente induit également d’autres inconvénients comme la présence de chats et chiens errants et autres rongeurs en assez grand nombre dans les villes.

C’est d’ailleurs cela qui me dérange probablement le plus.

La présence de nombreux cafés, la rue piétonne Nene Tereza, la couleur du ciel et la chaleur dès qu’il y a un rayon de soleil, la neige en abondance en hiver et surtout la gentillesse des habitants en font toutefois une ville très attachante.

La forte présence internationale, issues des événements historiques qui se sont produits dans le pays ces dernières décennies, permet par ailleurs de rencontrer beaucoup de monde et de vivre dans un contexte international particulièrement intéressant et ouvert d’esprit.

De nombreuses manifestations culturelles sont également organisées, souvent en partenariat avec les ambassades, les bureaux de liaisons, l’UE et les ONG présents sur place.

C’est peut – être aussi pour cela que Travel & Leisure a classé Pristina parmi les « 50 best places to travel in 2015 » (voir fiche n° 35). Classement également repris par le Times.

Pour en savoir plus sur l'histoire mouvementée qui explique en grande partie la complexité de la situation géopolitique locale, vous pouvez lire "Kosovo, un peu d'histoire".

(Nous vous recommandons de commencer par lire les Premiers pas d'Hélène à Pristina)

 

Electricité : L’électricité est principalement produite par une centrale thermique située à quelques kilomètres au nord – ouest de Pristina, sur la commune d’Obiliq (albanais) ou Obilic (serbe).

Cette centrale électrique est vétuste et régulièrement sous capacitaire. Des coupures d’électricité – de quelques minutes à plusieurs heures- ne sont, du coup, pas rares. La fréquence et leur durée, très aléatoire dépend également des quartiers de Pristina. Les quartiers « huppés » étant privilégiés, ils subissent moins les coupures que les quartiers plus populaires.

La présence d’un groupe électrogène au domicile est un plus indéniable. C’est un point à prendre en compte lors du choix de son logement.

La centrale thermique d’Obiliq/Obilic fonctionne avec de la lignite. Il s’agit d’une roche sédimentaire intermédiaire entre la tourbe et la houille. Ce « charbon » d’assez mauvaise qualité, extrait des mines locales, est riche en eau et en soufre. Lorsqu’il est brûlé, il dégage une importante fumée à l’odeur assez âcre et chargée en particules. Selon le sens des vents, les fumées de la centrale d’Obidiq/Obilic peuvent atteindre Pristina dont la pollution est alors importante.PristinaChauffage2

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Chauffage : dans les campagnes, la principale source de chauffage est le bois et la lignite. En ville, et notamment à Pristina, différentes sources de chauffage sont utilisés. Dans les immeubles, c’est plutôt l’électricité qui permet de se chauffer mais les équipements de chauffage sont souvent vétustes. Certains bâtiments sont chauffés par le chauffage urbain Thermokos, dont la principale source d’énergie est le fuel. Enfin, les maisons sont chauffées soient au bois, soit à la lignite, soit au fuel. Ces 2 premiers combustibles étant privilégiés car moins onéreux que le fuel. Il n’est donc pas rares, à partir de fin octobre et durant tout l’hiver, de voir devant les maisons des tas de lignite ou de bois en attente de remisage.

L’utilisation très répandue du bois et de la lignite pour le chauffage individuel, induit une forte concentration de fumées, chargées de particules à Pristina. Il n’est pas rare, d’avoir une sorte de brume assez dense dont l’odeur de brûlé est assez caractéristique dans certains quartiers. Cette odeur caractéristique est présente dès l’arrivée à l’aéroport en hiver. Vous l’aurez compris, entre la centrale thermique et les systèmes de chauffage individuels, la pollution de l’air à Pristina, surtout en hiver, est assez importante.

Eau : Si le Kosovo possède de nombreuses rivières et pourrait être largement auto-suffisant en eau, le réseau d’eau domestique ne délivre pas d’eau potable. Probablement par manque d’infrastructure d’épuration. Par ailleurs, nous l’avons déjà vu, le respect de l’environnement d’une manière générale et par conséquent la propreté des cours d’eau en particulier est loin des standards que nous connaissons en France ou dans d’autres pays européens. La pollution des cours d’eau est manifeste, les berges étant jonchées de divers détritus de toutes natures.

S’il est possible de se laver, y compris de se brosser les dents avec l’eau courante, il n’est pas recommandé de la boire. Tous les supermarchés proposent donc une offre assez vaste d’eau en bouteilles ou en bonbonnes. L’une des eaux en bouteille les plus répandues est la « Rugova », du nom des gorges près de Peja/Peç, dans laquelle se trouve l’usine de production.

A noter que les gorges de Rugova sont impressionnantes et présentent un intérêt touristique indéniable. L’hiver n’est pas la meilleure période pour les voir, sauf pour les cascades de glace. Mais printemps, été et même début de l’automne permettent de profiter au mieux de ce paysage de montagne.

Enfin, du fait du climat continental sec en été, si l’hiver n’a pas été assez pluvieux faiblement enneigé, les risques de sécheresse sont importants. Cela peut conduire à des pénuries d’eau en été. De la même manière que pour l’électricité, des coupures d’eau peuvent survenir. De nombreux logements sont équipés de cuves de sécurité. Il est d’ailleurs actuellement encore recommandé de choisir un logement équipé. La fréquence et la durée des coupures est là encore fonction des quartiers.

Décharge sauvage, juste à côté du quartier des ambassades !
Décharge sauvage, juste à côté du quartier des ambassades !

Gestion de déchets :

Il n’existe pas au Kosovo d’organisation de tri aval des déchets comme on peut le connaître en France. Et c’est dans les décharges, en aval, que la communauté Rom intervient pour récupérer ce qui est revendable (métal, plastiques,…).

La population ne semble pas particulièrement sensibilisée à l’intérêt qu’elle aurait à mieux gérer ses déchets et jette volontiers le contenu de ses poches (ou plus, vue le nombre de décharges sauvages le long des routes) sur la voie publique. Malgré des efforts de la part des pouvoirs publics, qui paraissent dérisoires, pour maintenir certaines zones propres, cette absence d’implication individuelle, conduit inexorablement à une impression généralisée de saleté.

A cela s’ajoute également certains facteurs défavorables :

-La présence de chiens et chats errants qui éventrent les sacs poubelles, notamment en hiver, pour trouver de la nourriture. Ce qui conduit immanquablement à répandre les ordures sur la voie publique.

-Le fait que les supermarchés distribuent toujours des sachets plastiques pour les courses, en quantité industrielle. Et lorsqu’on vient avec ses cabas importés de France, on nous regarde d’un mauvais œil ; emballer les courses constitue en effet un travail pour certains, au même titre que pompiste. Ne reste plus alors qu’à confier ses cabas pour qu’ils soient remplis (et dire qu’au moment où on nous imposait de supprimer les sacs plastiques en France, je pensais que cela allait être compliqué. A ce jour, c’est le retour en arrière qui est hyper compliqué. Et pourtant, je ne pense pas avoir l’âme d’une écologiste convaincue, juste d’être dans la mesure de mes capacités, une éco-citoyenne!)

-La présence de containers à ordures en trop faible nombre. Et les poubelles débordent alors régulièrement sur les trottoirs, avec tout ce que cela induit comme odeurs et écoulements douteux associés. En ville, chaque immeuble ne dispose pas de sa poubelle. Des groupes de containers sont disposés en différents points de la ville. Chacun (individuels aussi bien que restaurants ou commerces), est tenu d’y déposer ses ordures. Il faut parfois parcourir plusieurs centaines de mètres pour se rendre à un point de collecte. Du coup, la facilité est bien souvent de jeter n’importe où.

Ce sujet est à mon sens un point majeur pour le développement du pays et notamment du tourisme. En l’état actuel des choses, et malgré les efforts faits, cela est un frein indéniable.

Logement : Se loger à Pristina est plutôt aisé. Actuellement, suite aux réductions importantes d’effectifs au sein des différentes organisations internationales et européennes présentes à Pristina, de nombreux logements sont vacants. Le choix est donc assez important. Il ne faut pas hésiter à négocier les loyers ou à défauts, des rénovations dans les logements.

La majorité des logements sont loués meublés. Là encore, il est possible de négocier les équipements. Pristina est une ville en chantier. De nombreux immeubles plus ou moins achevés sortent de terre. Attention toutefois à la qualité de la construction. Certains immeubles récents présentent un risque au niveau des fondations.

Dans le quartier de Veternik, un village international a été créé. Il est un peu excentré et la voiture ou le taxi sont indispensables pour se rendre en centre – ville.

Le contrat de location est possible mais pas obligatoire. De même que la quittance de loyer. Si vous souhaitez un contrat, il faut le prévoir à l’avance, traduit dans les 2 langues français/albanais. A titre d’exemple, en 2013, un F3 toutes charges comprises, se louait 400€.

Comme pour quasiment toutes les transactions au Kosovo, les loyers se paient en cash. Il est important de prévoir au départ un plafond de carte bleue suffisant pour permettre de retirer les montants nécessaires.

Commerce :

Pristina compte de nombreuses boutiques ainsi que des épiceries de proximité, type Méridian ou Maxi (genre de Monoprix local). Et plusieurs supermarchés dans les environs. Toutefois, il est parfois difficile de trouver tout en un seul et unique endroit. Les supermarchés sont plutôt orientés nourriture, hygiène. Pour les articles de bricolage ou de papeterie, il est préférable d’aller dans un magasin dédié. Il existe aussi plusieurs marchés à Pristina, notamment pour les fruits et légumes.

Question vestimentaire, de nombreuses boutiques de marques identiques à celles présentes en France sont présentes. Toutefois l’emballage n’est pas toujours le reflet du contenu et derrière une vitrine siglée peut se trouver tout à fait autre chose ! Et même en cas de concordance entre vitrine et étiquettes, l’authenticité n’est pas forcément garantie, des contrefaçons étant également disponibles sur le marché local. Par ailleurs, si comme moi, vous n’avez pas la taille mannequin, il peut être difficile de trouver à s’habiller. A titre d’exemple, une taille XXL au Kosovo correspond à peu près à une taille 42/44 en France. Le choix est important mais pas forcément dans la taille requise ! Il est également impératif d’essayer, l’étiquetage n’étant pas toujours conforme à la réalité. Les tarifs pour les vêtements sont sensiblement les mêmes qu’en France.

La nourriture est beaucoup moins chère.

Le Kosovo étant majoritairement musulman, on trouve très peu de porc (jambon parfois, lardons jamais) dans les supermarchés. Il est possible d’acheter du porc dans les boucheries des enclaves serbes.

Enfin, les achats par correspondances sont difficiles. De nombreux sites n’expédient pas vers le Kosovo.

Service postal : il est assez difficile de recevoir du courrier au Kosovo. Et le coût des colis est relativement élevé depuis la France (17€50 pour 500g). Il est impératif de préciser que le courrier doit transiter via l’Albanie. Dans le cas contraire il a très peu de chance d’arriver à destination. La durée d’acheminement est de l’ordre de 2 semaines environ. Les colis ne sont pas livrés à domicile. Il faut aller les retirer au bureau de poste dédié aux colis.

Téléphonie, internet, télévision :

Question téléphone, le fixe est ici un peu « has been » ! Tout le monde est équipé de portable, voire de smartphones, y compris des dernières générations, ce qui peut paraître surprenant au regard du niveau de vie local.

Deux opérateurs se partagent principalement le marché : Ipko (opérateur slovène dont l’indicatif est slovène) et Vala (opérateur monégasque dont l’indicatif est celui de Monaco). D’autres opérateurs proposent également des offres mais ne disposent pas de leur propre réseau, contrairement à Ipko et Vala.

Le fait qu’il n’y ait pas d’opérateur local, ou du moins d’opérateur dont l’indicatif est propre au pays, peut parfois poser quelques problèmes, notamment lors des payements sur internet : réaliser une transaction à partir d’une adresse IP albanaise, en donnant un numéro Monégasque ou Slovène, le tout en payant avec une carte bancaire française et pour peu que le site sur lequel vous commandez ne soit pas français, constitue au regard des banques un risque majeur de fraude à la carte bancaire. Il est ainsi tout à fait possible que la banque bloque les transactions et les cartes bancaires. Et vivre ici sans possibilité de retirer du cash est vraiment très compliqué ! Tout ou presque se payant en cash (loyers, fuel, courses, shopping, …).

Côté Internet, il existe au moins 2 fournisseurs d’accès IPKO - le slovène- et Kujtesa –le kosovar-qui proposent une box avec des chaînes albanaises et internationales (CNN, Euronews, italiennes, …et 2 chaînes françaises).

Pour la télévision française, il faut prévoir une antenne satellite ou une box type androïd et passe par des sites de type LiveTV. 

PristinamosquéeReligions :

Il existe au Kosovo une loi sur les libertés religieuses qui permet à chacun de pratiquer librement le culte de son choix. Le Kosovo est d’ailleurs caractérisé par une grande tolérance cultuelle et la cohabitation de nombreuses religions n’est absolument pas source de tension entre les communautés.

Nous l’avons vu dans le chapitre « un peu de géographie », La majorité de la population est musulmane. De nombreuses mosquées sont présentes en ville et dans les villages. Les anciennes mosquées de style ottoman sont surtout présentes dans le quartier de l’ancien bazar de Pristina, à proximité du Green Market. (reportage photo à venir sur ces magnifiques mosquées balkaniques en pierre)

L’appel à la prière est audible plusieurs fois par jour.

La communauté d’origine serbe est chrétienne orthodoxe. Dans les enclaves serbes, il est possible de voir des églises et monastères orthodoxes. La seule église orthodoxe de Pristina, l’église de Saint Nicholas a été détruite au cours des violences de mars 2004 et l’église orthodoxe du Christ Sauveur n’a pas été achevée. Reconstruite entre 2006 et 2010 sous l’égide de l’union européenne, cette église orthodoxe est le seul lieu de culte orthodoxe de Pristina

Par ailleurs, du fait du l’histoire, de nombreux monastères orthodoxes, fondateurs de l’église orthodoxe serbe sont présents au Kosovo. (Voir loisirs)

PristinaMereTeresaLes catholiques sont minoritaires au Kosovo. Toutefois, la personne de Mère Thérésa est particulièrement importante dans les Balkans (Albanie, Macédoine et Kosovo se revendiquent de Nene Teresa !). Née en Macédoine dans une famille d’origine albanaise catholique pratiquante, c’est lors d’un pèlerinage dans l’église de la Vierge noire à Letnicë, au Kosovo, que celle qui deviendra Mère Theresa décide d’entrer en religion.

A Pristina, en plus de la principale rue piétonne qui porte son nom, c’est la cathédrale Nene Teresa qui a été consacrée et inaugurée en 2010.

La synagogue de Pristina a été rasée en 1963, sous l’ère yougoslave, de même qu’un grand nombre de bâtiments de l’ère ottomane, dans le cadre de la rationalisation du centre-ville, décidée par les autorités de l’époque.

A l’heure actuelle, il n’y a pas de synagogue à Pristina. Seul subsiste l’ancien cimetière juif.

Eglise protestante évangélique : l’église protestante évangélique compte 42 églises réparties dans tout le Kosovo. L’église de Pristina a été inaugurée en 1985. J’ignore cependant où elle se trouve.

Réseau routier et circulation routière :

Le parc automobile est d’une manière générale plutôt vétuste. On y trouve un grand nombre de véhicules sur lesquels figurent encore des autocollants D, ou CH (la diaspora présente dans ces pays, fournissant parfois le véhicule à la famille restée au pays).

A côté de ces véhicules anciens, voire très anciens, on peut également voir les derniers modèles de grosses berlines ou de gros SUV, allemands notamment. Cela rend le parc automobile assez hétéroclite.

PristinaRouteAeroport4Un grand nombre de plaques CD est visible dans Pristina, du fait de la très forte présence internationale dans la ville (missions européennes, ambassades…).

L’état des routes n’est pas toujours très bon (nombreuses ornières, affaissements, voire absence de revêtement bitumé dans certains endroits). Cela rend la circulation parfois difficile et l’utilisation d’un 4x4 peut être une option judicieuse.

Si le parc automobile est vétuste, les propriétaires de véhicule en prennent particulièrement soin. Et le lavage auto est quasiment une institution nationale ! Chaque rue ou presque de Pristina propose son « Auto Larje », certains habitants n’hésitant pas à transformer leur garage personnel en station de lavage pour voiture. A noter que faire laver sa voiture intérieurement et extérieurement coûte environ 4€. Les voitures sont anciennes, fument parfois bien noire, mais sont globalement très propres, hiver comme été.

Il est possible d’acheter un véhicule sur place. Il faut toutefois noter que le retour en France d’un véhicule acheté localement nécessite obligatoirement un passage aux Mines en vue de l’obtention d’un certificat de conformité. L’obtention de ce certificat n’étant absolument pas garantie, mieux vaut prévoir une revente locale avant un retour en France. Mais j’ignore totalement la situation du marché automobile d’occasion.

Venir avec un véhicule français est possible. A noter que la totalité des assurances françaises ne couvrent pas le Kosovo. Il est également obligatoire de souscrire une assurance en entrant dans le pays. Il est possible de s’acquitter de cette assurance au poste frontière.

Cette assurance kosovare consiste plus en un droit à rouler au Kosovo qu’en une réelle assurance comme nous les connaissons en France. L’assurance locale ne prenant pas forcément en compte les réparations liées aux éventuels dommages

En cas de sinistre, il convient de rester sur place et de prévenir la police.

Globalement la circulation est plutôt fluide à Pristina. La vitesse du trafic est relativement faible en ville.

Le permis français est valide et il n’est pas nécessaire de passer de permis spécifique sur place.

Le code de la route, identique à celui que nous connaissons, est plus ou moins appliqué : priorité à droite, respect des sens interdits, respect des zones de stationnement font souvent l’objet d’adaptations locales.  Il n’est pas rare non plus qu’un véhicule déboîte juste sous votre nez à vitesse très réduite, sans signalisation.

La circulation dans les ronds-points est également très particulière.

On peut s’interroger sur la proportion de conducteurs titulaires d’un permis de conduire ayant réellement suivi des cours de conduite !

Certains véhicules roulent également sans plaque d’immatriculation. Ce sont principalement les serbes du Kosovo qui n’en ont pas.

D’une manière générale, les routes sont en assez mauvais état. Il n’est pas rare de voir des affaissements importants de chaussée. Les accotements ne sont pas très nets et la chaussée présente souvent de nombreuses ornières.

Le pays étant en pleine reconstruction, de nombreuses zones de travaux sont également en cours. Notamment pour aller vers le nord.

Mais la situation du réseau routier s’améliore progressivement. Une autoroute récente permet maintenant de rejoindre Tirana en 3h environ et une autre autoroute est en cours de construction entre Pristina et la frontière macédonienne.

Un point sur lequel il faut cependant être particulièrement vigilant concerne les plaques d’égout. Les couvercles sont souvent absents et les trous qui en résultent ne sont pas toujours bien signalés.

Il est obligatoire de rouler lumières allumées, même de jour. Les pneus neige sont obligatoires du 15 octobre au 15 mars.

La culture kosovare est assez patriarcale, il n’est pas rare, lorsque vous êtes une femme, de vous faire griller la priorité par les hommes.

Patrimoine religieux :

De par son histoire, le Kosovo abrite de nombreux monastères orthodoxes serbes « voir chapitre un peu d’histoire ». La présence de ces nombreux monastères anciens explique pourquoi la communauté serbe considère le Kosovo comme étant le berceau de  l’église orthodoxe serbe. Ce sujet, principale source de tensions entre communautés serbes et albanaises, reste sensible, même si l’heure est à l’apaisement.

Les principaux monastères de l’église orthodoxe serbe au Kosovo sont :

Monastère de Banjska

Monastère de Deviç - Devic

Monastère de Graçanica - Gracanica

Patriarcat de Peja - Pec

Monastère de Deçani – Visoki Decani

Monastère de Sokolica

Plusieurs de ces monuments (monastère de Decani, Monastère de Grançanica et Patriarcat de Peja, ont été placés sur les listes du Patrimoine mondial de l'UNESCO et du patrimoine mondial en péril.

Ces monuments représentent le sommet de la culture religieuse byzantine-romane, avec un style unique de fresques, qui s’est développé sur le territoire des Balkans entre le XIIIe et le XVIIe siècle.

Il n’est malheureusement, pour des raisons de préservation de ces peintures murales ainsi que pour des raisons plus spirituelles, pas autorisé de photographier l’intérieur des églises.

A noter : l’église de Bogorodica Ljeviska à Prizren complète la liste des monuments médiévaux du Kosovo, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Enfin, le pays, et notamment Pristina, est jalonné de nombreuses mosquées anciennes en pierre, datant de l’époque ottomane.

Sites archéologiques :

A proximité immédiate de Pristina, à côté du monastère de Gracanica, se trouve le site archéologique d’Ulpiana. Il semble que ce site date de l’époque ilirienne. On y a également découvert une ancienne église romaine en 2014.

PristinaHeraldiqueAu Nord-Ouest du Kosovo, à proximité du village Dresnik, des fouilles réalisées en 2013, ont dévoilé un site datant de l‘époque romaine, du deuxième ou troisième siècle, recouvert de mosaïques multicolores.

La richesse archéologique de la région est manifeste. L’héraldique de la ville de Pristina représentant par ailleurs une statuette archéologique.

Une exposition intitulée « Dieux des Balkans » présentant une série de statuettes en terre cuite appartenant aux collections du Musée national du Kosovo est par ailleurs organisée du 22 mars au 22 juin 2015 au Musée d’archéologie national du Domaine National de Saint Germain en Laye.

Une part importante de la richesse archéologique de la région reste encore probablement à découvrir.

Economie : l’économie du Kosovo est très dépendante des aides internationales, notamment européennes, ainsi que de l’argent envoyé aux familles par la diaspora. Une estimation annonce que 30 à 40% de la population active est sans emploi et que 60% des familles perçoivent des revenus depuis les membres installés à l’étranger.

Il existe peu d’industries et les rares usines existantes sont vétustes.

Le Kosovo dispose d’importantes richesses minières, dont la propriété reste au cœur des discussions entre Belgrade et Pristina.
Travailler au Kosovo est, du fait de la situation économique fragile du pays, assez difficile.

KosovoDrapeauLe drapeau :

Le drapeau du Kosovo représente le tracé du pays en doré avec un fond bleu surmonté de six étoiles blanches. Ce drapeau a été rendu officiel le 17 février 2008 à la suite de la proclamation d’indépendance du pays.

Origine du drapeau

Une compétition avait été lancée par le gouvernement du pays, en juin 2007, afin de choisir le nouvel emblème de l'état. Toutefois, l’ONU a émis certaines conditions. Le drapeau devait refléter la multiethnicité du Kosovo et l’aigle bicéphale ainsi que les couleurs dominantes rouge et noir étaient proscrites. Sept cents propositions et huit mois plus tard, trois dessins furent sélectionnés par un groupe d’experts et de politiciens qui les ont soumis plus tard aux votes de l’assemblée du Kosovo. Finalement, c’est une version modifiée de la première proposition imaginée par Mentor Shala et Besnik Nuli qui a été choisie.

Pourquoi six étoiles et un fond bleu ?

Les six étoiles blanches représentent les six principales minorités ethniques du pays, soit les Roms, les Ashkalis, les Bosniaques, les Gorans, les Turcs et les Serbes. Les couleurs bleu et doré reflètent les aspirations européennes et euro-atlantiques du Kosovo. Le doré signifie aussi pour certain la richesse du sol kosovar.

PristinaIndependanceLa majorité des kosovars ne se retrouvent cependant pas vraiment dans ce drapeau, bien qu’il soit censé représenter l’unité nationale des différentes communautés peuplant le pays.

La population étant d’origine albanaise à 90%, le drapeau que l’on voit le plus souvent (et qui est d’ailleurs visible dès certains postes frontière ou au centre-ville de Pristina) est le drapeau albanais.

En fait, contrairement à d’autres pays où nationalité et citoyenneté sont confondues, au Kosovo, en raison de la construction historique de ce pays, les citoyens kosovars sont de nationalité albanaise, serbe… Au sens où nationalité signifie : Groupement d'individus ayant même origine, ou tout au moins une histoire et des traditions communes (définition Larousse en ligne)

Ce qui explique l’attachement viscéral de la grande majorité de la population au drapeau albanais.

Le jour de la fête de l’Indépendance de l’Albanie, le 28 novembre, est d’ailleurs un jour férié au Kosovo. Il Drapeau albanaisest appelé « Jour du drapeau – Dita i flamurit) et Pristina se pare de rouge et noir pour l’occasion.

Le drapeau national albanais est rouge et noir avec un aigle bicéphale. L'aigle à deux têtes est l'emblème des Albanais. (En albanais, l’Albanie se dit Shqipëri, aigle se dit shqip. L’Albanie est le pays de l’aigle).

Ce drapeau est officiel depuis le 15 mars 1946, mais a été adopté en 1912 lorsque le pays fut proclamé indépendant. Le dessin est de Gjergj Kastrioti, connu sous le nom de Skanderbeg, un Albanais chrétien du XVème siècle qui mena plusieurs révoltes contre l'Empire ottoman.

Origine du drapeau
L'aigle est avant tout un symbole byzantin, mais serait aussi une bête extraordinaire des mythes folkloriques albanais. A son retour en Albanie, Skanderbeg (Gjergj Kastrioti) installa ce drapeau au-dessus du château de Krujë et prononça lors de son discours la célèbre phrase :

"Je ne vous ai pas apporté la liberté, je l'ai trouvée ici, parmi vous".

Pourquoi deux aigles et un fond rouge ?
Il y a plusieurs réponses à cette question. L'une d'entre elle explique que, si l'aigle a deux têtes, c'est car il existait deux religions pour une seule origine : orthodoxie et catholicisme. Ce qui expliquerait un seul corps et deux têtes. Une des autres versions dit que ce serait plutôt pour les deux dialectes de l'albanais, le Guègue étant parlé au nord du fleuve Shkumbin et le Tosque au sud. Quant aux couleurs, les gens s'accordent plus ou moins à dire que le rouge représenterait le sang versé dans la lutte pour l'indépendance et le noir représenterait la mort et la force.

Par Hélène

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