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La nouvelle loi des 11 vaccinations obligatoires


La vaccination est l’un des plus grands succès de la médecine moderne. Cela fait d’ailleurs 37 ans que la variole a été déclarée éradiquée du globe, grâce à des actions de vaccinations à La nouvelle loi des 11 vaccinations obligatoiresl’échelle mondiale. Le fait que d’autres maladies infectieuses aient disparu d’Europe (poliomyélite, diphtérie), ou y soient présentes à une incidence marginale, est également à porter à son actif.

Cependant, au pays de Louis Pasteur, l’on note une défiance de plus en plus croissante vis-à-vis des vaccins. En effet, un sondage réalisé à l’échelle mondiale en 2016, et paru dans une revue médicale, a montré que 41 % des personnes interrogées en France ont un avis négatif sur les vaccins en général[1]. Par ailleurs, 70 % des français ne souhaitent pas se faire vacciner contre la grippe pour la campagne de cet hiver[2]. Ceci est d’autant plus paradoxal que notre pays a connu récemment la résurgence de maladies infectieuses que l’on croyait disparues. Comme celle de la rougeole entre 2009 et 2011.

De plus, ces maladies ne sont toujours pas éradiquées dans des pays non loin du nôtre comme la Roumanie. Enfin, la mobilité des populations (tourisme, conflits, catastrophes naturelles) est un facteur favorisant leur propagation. A l’inverse, d’autres régions du monde tirent bénéfice des vaccins. Comme l’Amérique du Sud qui a réussi en 2016 à éradiquer la rougeole de son sol.

En France, la levée de boucliers

En France, il existe une levée de boucliers contre les nouvelles recommandations vaccinales. Effectivement, celles-ci vont rendre obligatoires 8 vaccins supplémentaires, portant ainsi leur nombre à 11 à partir de 2018. Beaucoup y voient ainsi une remise en cause de leur liberté de se soigner. Ils craignent aussi une augmentation des effets délétères des vaccins, proportionnelle au nombre d’administrations. Ou soupçonnent encore des conflits d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques. C’est méconnaître le principe de la vaccination, ainsi que le calendrier vaccinal. Car une proportion non négligeable de la population française a été vaccinée dans les faits avec les vaccins qui sont intéressés par la réforme. Nous n'avons pourtant pas assisté à une flambée d’effets secondaires.

Comprendre la vaccination

Le nombre de souches vaccinales peut susciter des craintes chez certains parents. Ils sont en effet inquiets de l’administration de 11 vaccins à leur nourrisson. Pour les lever, il faut comprendre que la vaccination ne fait que mimer un processus d’immunisation tout à fait naturel. Celui-ci se produit dès les premiers jours de vie de l’enfant. En effet, l'enfant est soumis à une multitude d’antigènes présents dans son environnement (contacts avec l’entourage, alimentation…). Il met ainsi son système immunitaire encore fragile à rude épreuve. Ceci afin de l’obliger à produire les anticorps qui vont le protéger une fois ceux de la mère disparus. La vaccination est donc l’art d’induire artificiellement une immunité vis-à-vis de certains agents pathogènes. L’une des différences est qu’un vaccin ne présente qu’un fragment ou un micro-organisme atténué au système immunitaire. Contre des milliers, voire plus, pour le processus naturel.

Pourquoi avoir confiance ?

L’on peut néanmoins comprendre la méfiance du grand public dans ce contexte de différents scandales pharmaceutico-médico-financiers récents, notamment celui du MEDIATOR. Méfiance exacerbée par les rares cas d’effets secondaires graves potentiellement liés à une vaccination ayant défrayés la chronique. Malheureusement cette attitude constitue un frein à une couverture vaccinale efficace. Car, pour qu’une maladie infectieuse à transmission strictement inter-humaine puisse être contrôlée voire éliminée par la vaccination, il est nécessaire d’obtenir un certain niveau de couverture vaccinale. Or celui-ci dépend essentiellement de la transmissibilité de la maladie.

Cette proportion est cependant très hétérogène suivant les vaccins et les franges de la population. Par exemple, l’élimination de la rougeole en France nécessite un niveau de couverture vaccinale de 95 % chez le jeune enfant, niveau qui n’a jamais été atteint. Cela explique l’épidémie de rougeole qui a touché la France entre 2008 et 2011 avec plus de 23000 cas recensés, plus de 30 encéphalites et 10 décès.

Vaccins non obligatoires, les limites

C’est pour répondre à cette problématique que les pouvoirs publics, en concertation avec les différents experts dans le domaine des maladies infectieuses, de la vaccinologie et de la santé publique entre autres, ont décidé de rendre obligatoire 8 vaccins supplémentaires chez l’enfant de moins de 2 ans à partir de 2018. Ceux-ci figurent déjà dans le calendrier vaccinal mais seulement comme vaccinations recommandées. Il s’agit des vaccins contre la coqueluche, l’haemophilus influenza b, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Ils viennent compléter les 3 vaccins déjà obligatoires que sont la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

Avant l’arrivée des vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, ces maladies représentaient de véritables fléaux, responsables à elles trois de plusieurs milliers de décès d’enfants par an en France. L’État a décidé de les rendre obligatoires afin de s’assurer que tous les enfants puissent y avoir accès et être protégés. Pour les vaccins introduits dans le calendrier des vaccinations à partir des années 1970, l’État a considéré qu’il n’était plus nécessaire de les rendre obligatoires car on pouvait compter sur l’adhésion forte de la population et des médecins pour assurer la vaccination de tous les enfants. Or la résurgence récente de certaines maladies infectieuses a mis le doigt sur les limites de cette position[3].

11 vaccins, pas 11 injections

Le spectre de 11 injections individuelles a été agité par certains milieux contre la vaccination mais cela est erroné. Les injections ne seront en effet pas du même nombre que les souches administrées. Car il existe des formes combinées, comme le vaccin hexavalent comprenant la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la polio, l’haemophilus et l’hépatite B, et le vaccin trivalent rougeole, oreillons, rubéole. Cela signifie donc qu’avec deux injections (et donc vaccins), l’on couvre 9 des 11 pathogènes d’intérêt, le pneumocoque et le méningocoque C étant administrés séparément.

Pourquoi cibler les jeunes enfants

L’âge de la population ciblée, c’est-à-dire les enfants de moins de 2 ans, ainsi que celui de la première injection ne constituent pas des facteurs de risque de la survenue d’effets secondaires graves. Ils sont au contraire autant d’arguments pour leur vaccination. Car les plus jeunes sont plus à risque de formes graves et de complications sévères des maladies à prévention vaccinale.

Et en zone tropicale ?

En zone tropicale, il est nécessaire de se prémunir en plus contre d’autres maladies n’ayant pas ou plus court en France. Les vaccinations recommandées dépendant du lieu, de la nature et de la durée du séjour. Cela fait l’objet d’une consultation spécifique dans un centre de vaccinations internationales (CVI) ou de maladies infectieuses. C’est pour cela qu’existe une différence pour les enfants résidant en Guyane française pour lesquels il y a une obligation de vaccination contre la fièvre jaune.

Nous développons justement ce sujet dans l'article Vaccinations avant un départ en pays tropical.

On l’aura donc compris, la vaccination est l’affaire de tous et de chacun afin que l’on puisse ajouter d’autres maladies infectieuses à la liste des pathologies éradiquées.

Dr. ASSI Assi, Infectiologue, Avismedic.com   

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Pour les personnes en isolement médical , aux français résidant à l'étranger, aux voyageurs. 

Notes de l'auteur :

[1] H.J. Larson et al. / EBioMedicine 12 (2016) 295–301 

[2] sondage Ifop de la semaine du 2 Octobre 2017

[3] www.vaccination-infoservice.fr


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