Connexion en tant que membre

Le départ Ma vie en expatriation Psycho Se faire accompagner

Je ne veux pas partir ! – La tribune de Corinne


La tribune de Corinne – Je ne veux pas partirAlors que l’été arrive, les départs en expatriation se précisent. L’excitation de cette nouvelle expérience se mélange alors à l’angoisse du saut dans l’inconnu.

Les émotions des nouvelles expatriées font le grand huit. Et si globalement une grande majorité est heureuse de ce changement de décor, 0n en connaît qui, non, vraiment, ne veulent pas partir...

 

En réalité, beaucoup de futures expatriées ne veulent pas partir. Elles ne sont pas à l’origine du projet et ce départ les angoisse.

Alors, sachez-le, vous n’êtes pas seule dans ce cas !

 

Pourtant, le sujet reste tabou.

Chut, on n’en parle pas.

D’abord parce que, souvent, la femme qui suit son conjoint n’en parle pas elle-même. Si elle évoque un peu sa crainte, elle ne se sent pas à l’aise pour parler réellement du fait que, elle, elle n'a pas envie de partir. Même au sein de son couple. Alors, autour de soi, c’est encore plus difficile. On lui rétorquera facilement un « T’as de la chance… » qui mettra fin à son besoin de se confier.

 

Or les raisons sont nombreuses de ne pas vouloir partir !

J’ai listé tout ce que j’ai entendu au cours des stages « Mon projet en expatriation » que j’anime pour Expat Communication. Et il y a finalement plein de raisons de ne pas avoir envie de partir.

  • La carrière

« Je n’ai pas envie de partir parce que j’ai une carrière qui décolle. » « J’ai un travail qui n’est pas exportable. » « Je viens d’avoir une promo. » « Je viens de monter ma boîte… »

On a tous les cas de figures. Et, concrètement, la conséquence est la même : « pour moi, ce n’est pas le moment ».

  • La famille

Pour certaines, l’attachement aux parents est très fort. On a déjà aussi constaté le chantage de certains parents qui ne veulent pas que l’on parte.

Celles qui ont l’habitude de vivre en clan, proches de leur frères et sœurs, auront également beaucoup de mal à l’idée de s’éloigner d’eux.

  • La maison

On peut effectivement être très attachée à sa maison, ses biens, son jardin. D’une façon plus large, certaines personnes peuvent être très liées à leur région. Ceux du Sud-Ouest, ou les Bretons par exemple. Ce sont des gens qui sont bien implantés chez eux. Ils adorent leur vie et ils adorent ce qu’ils font.

  • Le projet de vie

Ce départ en expat, ce n’est pas forcément le projet de vie de certaines. En effet, ça ne correspond pas à ce qu’elles avaient imaginé.

« Ce n’est pas mon scénario de vie » me disait justement Isabelle lors d’un stage.

  • Moi-même, mes limites

Le départ en expatriation est un énorme changement de vie, même quand il est confortable sur le plan matériel. Pour certaines, on touche alors aux limites de ce que nous appelons la zone de confort :

« Est-ce que j’en suis capable ? »

La peur de l’inconnu touche beaucoup de personnes. Elles ont ainsi besoin d’un environnement très sécurisé.

Enfin n’oublions pas toutes les timides, les réservées qui se disent intérieurement : « c’est pas gagné ». L’idée de nouer des liens, de se faire des amies, leur semble alors un Everest à gravir.

  • Les phobies

On peut avoir peur de l’avion ou craindre d’aller vivre dans certains pays. Pour des raisons de sécurité politique aussi bien qu’à cause de maladies qui y circulent. La pollution ou les tremblements de terre.

Il y a donc plein de raisons d’être angoissée et d’avoir peur. Finalement, ce qui serait vraiment bizarre, ce serait de ne pas en avoir. Car, même lorsqu’on a vraiment très envie de partir, on a toujours des freins. C’est normal.

Pour celles qui ne veulent pas partir en expatriation, ces freins sont plus forts.

 

Alors, que faire ?

Si vous partez en expatriation alors que, au fond de vous, vous ne le voulez pas, c’est que vous partez pour faire plaisir.

Une seule solution, en parler ! Surtout, ne gardez pas ça pour vous.

  • Parlez-en à votre conjoint.

Quitte à lui gâcher un peu son plaisir. Ne pas en parler serait pire que tout. Tant pis si vous contrariez ou si vous passez pour une rabat-joie. Il faut que ça sorte !

  • Parlez-en aussi avec des professionnels.

Lors de nos stages « Mon projet en expatriation  » chez Expat Communication ou d’entretiens individuels, beaucoup de femmes viennent parce qu’elles ont la trouille de ce départ en expat. En parler est alors une première étape. Et les professionnels savent vous aider à trouver des solutions.

  • Rencontrez d'autres personnes dans la même situation.

Parler de ses peurs, faire le point, c'est déjà sortir de l'émotionnel. Ça permet de se poser, de réfléchir calmement et faire le point.

  • Pesez le pour et le contre.

Lorsque vous pesez le pour et le contre, il faut y aller vraiment d’une façon très honnête. Ce sera la seule façon de voir vraiment de quel côté penche la balance.

Elle penche dangereusement du côté où il ne faut pas partir ? Alors, il faut peut-être remettre en question ce départ. Car visiblement ce n’est vraiment pas le bon moment. Passer en force c’est se préparer à vivre des heures difficiles pendant l’expatriation.

  • Aller au bout de sa peur

Mais, quoi qu’il en soit, je pense qu’il faut aller jusqu'au bout de la peur. La décortiquer, la cerner, la cartographier dans ses moindres replis. Sinon elle reviendra de toute façon durant votre expat. Et là ce sera dramatique.

Lors des stages, nous n’essayons pas de repeindre les choses en rose. On ne dit pas « tout va bien aller ». Seulement on regarde les choses calmement.

Ça demande parfois du temps d’aller au bout de ses peurs.

Mais, une fois que c’est fait, on peut enfin commencer à imaginer ce que pourra être notre expat. Ce qu’elle nous apportera.

 

Quels sont les risques ?

Les risques, ce sont la frustration et le regret. Et, une fois sur place, de ne pas trouver sa place justement.

« J’ai mal. » « Je n’ai pas d'énergie pour aller vers les autres. » « Je ne saisis pas les opportunités sur place parce que je suis pas là-dedans. »

Or cette frustration, vous la ferez payer. Que ce soit à vous-même, à votre mari, à votre famille ou à la communauté des expats. Mais, forcément, ça va sortir.

 

Alors, autant que ça sorte avant de partir !

Et je le vois bien lorsque je discute avec une future expatriée qui ne veut pas partir. On prend le problème à bras le corps et on l’expose. C’est déjà le début de la solution. Et souvent elles repartent en disant : « Je me sens mieux. Je vois mieux le profit pour moi maintenant. »

Il faut cette lueur d’espoir pour partir, aussi infime soit-elle.

 

corinne miniature

 Corinne Tucoulat est coach et co-fondatrice de Expat Communication.

 

 

 

 

Pour faciliter votre vie en expatriation, Expat Communication, éditeur de FemmExpat.com et Expat Value, le site de la carrière à l'international
 met à votre disposition une équipe de coachs spécialisés dans l’expatriation pour travailler avec vous par skype, ou en direct dans certaines villes.

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous : expatvalue@expatcommunication.com  - Tel. +33 (0)1 42 36 91 91

 

Femmexpat vous conseille de lire aussi :

"Sois parfaite, sois forte..." - à quelle consigne obéissez-vous ? (partie 1)

"Fais plaisir, fais vite et fais des efforts!" - à quelle consigne obéissez-vous ? (partie 2)

La tribune de Corinne : la pression des parents

Mythe et réalités du ghetto d’expats – la tribune de Corinne

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !