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Apprendre le français à ses enfants : quand le perfectionnisme sabote l’apprentissage !



devoirs-bof"Tu as fait une faute !"
"Non, on ne dit pas comme ça en français !" "Mais tu la connais pourtant cette règle de grammaire !" "Applique-toi pour écrire tes lettres !".

Toutes ces petites phrases, nous, parents expatriés, nous les avons tous prononcées un jour ou l'autre. Nous voulons tous que nos enfants soient parfaits et ce afin de les préparer à vivre dans un monde où l'erreur n'est pas permise ! Nous avons tous cette tendance au perfectionnisme. Mais notre intention de vouloir bien faire amène souvent nos enfants aux portes de l'enfer sans même que nous nous en apercevions.

Car oui, il faut se le dire, le perfectionnisme est un défaut !

Pourquoi ?

- Il est limitant : comme l'erreur n'est pas permise, on limite le champ des possibles pour ne choisir que les solutions les moins risquées. Dans notre cas, par exemple, l'enfant va préférer choisir un vocabulaire plus simple, qu'il maîtrise plutôt que d'essayer d'écrire un mot plus adapté, qu'il connaît à l'oral mais dont il ne connaît pas l'orthographe.

- Il ébranle la confiance en soi : la perfection n'existe pas. Nous ne pouvons qu'essayer de l'atteindre. Or si chaque fois que nous essayons, nous en concluons que ce n'est pas parfait et que nous éprouvons un sentiment de déception, nous en déduisons souvent que cela vient de nous et nous nous déprécions. Et, bien sûr, notre prochain échec va nous confirmer ce sentiment. Notre confiance en nous-même est alors remise en cause. Chez les enfants expatriés qui apprennent le français, nous entendons alors des phrases comme "C'est trop dur !", "Je suis nul !", "J'y arriverai jamais !".

- Il rend notre perception négative : le perfectionnisme induit souvent une vision négative de tout ce que l'on fait. On va toujours comparer nos actions avec d'autres que l'on imagine parfaites. Du coup, nous allons souligner les erreurs et ne plus voir ce qui a été accompli. Cette perception a tendance à peindre le tableau entier en noir. Et en ressortent alors les "Je déteste le français !".

Mais alors que faire ? Opter pour une imperfection qui ne nous satisfait pas ? Lâcher prise et laisser notre enfant aller à sa convenance ? 

Non, la solution est ailleurs. Car si le perfectionnisme est un défaut, la recherche de l'excellence est une qualité ! Quelle différence ? Pour devenir excellent, on cherche, on essaie, on se trompe, on réessaie, on trouve d'autres solutions, on ouvre les possibilités et c'est ça qui fait qu'on va être excellent. J'en veux pour preuve toutes les histoires de ces hommes ou femmes qui ont réussi !

Connaissez-vous cette citation de Thomas Edison : « Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas.  » ? Tout dépend de l'attitude que nous avons vis-à-vis des erreurs de nos enfants. Si au lieu d'indiquer la faute, nous leur montrons ce qu'il reste à apprendre, votre enfant tirera de cela une vraie leçon de vie.

Concrêtement comment faire ? Voir le verre à moitié plein et mettre de côté le fait qu'il soit à moitié vide ! Se mettre en mode "enthousiasme" ! Voir le progrès que font nos enfants en français, le partager et le fêter avec eux ! Se donner des objectifs intermédiaires : par exemple, cette semaine on va maîtriser la conjugaison des verbes du premier groupe. Et à la fin de la semaine, on regarde ce qui a été acquis. Ce n'est peut-être pas complet mais c'est un bon début !

Lorsque j'ai soumis cette idée à des parents, certains m'ont répondu qu'ils pensaient qu'il fallait être exigeant avec ses enfants et que "lâcher le parfait" allait à l'encontre de ce besoin.  L'exigence n'est que le niveau que vous voulez que votre enfant atteigne. Vous pouvez avoir un niveau d'exigence très haut. L'important ici est de montrer à son enfant la persévérance et de les accompagner pour atteindre le niveau escompté, le tout en leur donnant l'assurance nécessaire.

D'autres m'ont dit que pour eux, ce n'était pas naturel d'être enthousiaste. "On n'est pas dans le monde des Bisounours !". L'encouragement n'est pas toujours facile pour nous Français. Notre éducation et notre culture sont ancrées au plus profond de nous. Il suffit pourtant de commencer par quelques mots pour s'apercevoir combien ils peuvent apporter de réconfort : non seulement vous donnez des ailes à vos enfants, mais vous contribuez à un climat plus serein pour toute la famille !

"C'est génial, tu as compris la concordance des temps !" "Super ! Tu as bien vu que le "t" en cursif ne va pas aussi haut que le "l" !" "Allez, donne m'en 5, tu as bien mérité ! La conjugaison, ce n'est pas toujours facile !"... 

Chaque parent peut prononcer ces mots pour que leurs enfants aillent de l'avant et découvrent avec plaisir et curiosité cette belle langue qu'est le français ! Osez et vous verrez que vos enfants deviendront alors à vos yeux... plus que parfaits !

cath-allib

Catherine Allibert Écrivain et accompagnatrice des enfants expatriés dans le monde de la langue française. Son site : http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com

-->Découvrez son autre article "Au secours, mon fils parle franglais"

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