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Enfants expatriés : ne pas perdre le français



enfant multilingueAvez-vous remarqué ce paradoxe du parent expatrié : lorsque vous êtes arrivé(e) dans le pays d'expatriation, vous avez poussé votre enfant à s'intégrer en lui demandant d'apprendre la langue locale. Mais une fois cette intégration acquise, vous n'avez eu qu'une seule hantise : que votre enfant ne perde son français !

C'est à ce moment-là que surgissent les questions : « dois-je donner des leçons de français à mes enfants ? » « Le fait que je leur parle français suffit-il ? » « À quel âge puis-je leur donner des cours de lecture et d'écriture en français ? » « Est-ce trop tôt ? » « Est-ce trop tard ? »

Toutes ces questions sont normales ! Et tout parent expatrié passe par cette étape. Voici quelques éléments de réponses qui - je l'espère - vous aideront !

 

À quel âge ?

Il n'y a pas d'âge pour parler en français à votre enfant. Même votre bébé pourra être bercé par la sonorité singulière de votre langue. Cette communication orale peut, bien sûr, être étendue par l'apprentissage de poèmes, chansons, comptines en français. La lecture à voix haute d'histoires à votre enfant, sur une base régulière, lui permettra d'élargir son vocabulaire, avec des mots que vous n'avez d'ailleurs peut-être pas l'habitude d'utiliser.

Pour la lecture autonome et l'écriture, tant que l'enfant ne les maîtrise pas dans la langue locale, on évite ! Si vous essayez de lui apprendre la lecture du français en même temps que la lecture en anglais par exemple, votre enfant a de grandes chances de confondre des règles. Par contre, une fois qu'il maîtrise les méthodes et les différentes stratégies de déchiffrage des mots dans une langue, il sera facile pour lui - et pour vous ! - de les adapter au français. J'en veux pour preuve ma propre fille qui m'a époustouflé la première fois qu'elle m'a lu un texte en français. Les stratégies de décryptage qu'elle avait apprises à l'école américaine, ajoutées à sa connaissance du français à l'oral, lui ont permis de lire avec une aisance incroyable !

Ceci est valable pour les langues utilisant l'alphabet romain. Pour les langues utilisant d'autres alphabets ou d'autres systèmes (comme le chinois, le coréen, l'arabe, etc.) j'aurais tendance aussi à recommander de, d'abord, les laisser assimiler la langue, même si le système est très différent, pour la simple et bonne raison qu'il me semble difficile de tout apprendre en même temps. Prendre en compte le temps d'assimilation d'une langue permet de gagner du temps par la suite. N'oublions pas que notre enfant apprend bien plus qu'une langue, il apprend une nouvelle façon de penser et une nouvelle culture.

Pour les plus grands, ceux qui ont déjà étudié la lecture et l'écriture en français, l'apprentissage se continue en les invitant à pratiquer un peu tous les jours. L'idée ici est qu'ils ne perdent pas pied avec une langue qu'ils connaissent déjà. Pour eux, la réponse à « quand s'y mettre ? » est simple : maintenant !

 

À quel moment dans l'expatriation ?

On distingue trois phases dans l'expatriation: la phase « lune de miel », la phase « crises » et la phase « adaptation ».

La première phase est celle où le nouvel arrivant découvre avec émerveillement l'environnement local. Il est trop tôt pour donner des leçons de français à son enfant qu'il faut au contraire soutenir dans l'adaptation à son nouveau cadre de vie.

La deuxième phase est très perturbante : c'est le choc culturel et c'est la phase où l'on se rend compte des difficultés du fait du changement de tous nos repères. C'est une phase difficile pour l'enfant aussi car il doit d'un côté s'adapter à son nouvel environnement et d'un autre, assumer sa différence !

Ce n'est, à mon avis, pas encore le bon moment. L'enfant a souvent le souhait très fort de s'intégrer dans cette nouvelle société et il ne souhaite pas cultiver sa différence. Il ne sera donc pas dans le bon état d'esprit pour commencer des cours de français.

La dernière phase, celle de l'adaptation me semble la plus appropriée. L'enfant a trouvé son équilibre entre culture locale et culture d'origine. Conscient de sa différence, il est plus à même de découvrir ou redécouvrir ses origines.

 

Est-ce trop tard ?

Votre enfant est totalement intégré dans son pays d'adoption et vous avez l'impression que tout semble perdu pour lui faire reprendre le chemin du français ?
Il n'est jamais trop tard ! Mais tout est question de motivation ! Discutez avec lui des raisons pour lesquels le français est nécessaire dans sa vie. En ayant son approbation, vous pourrez alors lui proposer des solutions adaptées.

Je voudrais ajouter à toutes ses recommandations, une dernière, la plus importante. Le bon moment pour apprendre le français est celui que vous, parents et enfants, choisissez, celui où le plaisir est au rendez-vous, celui où le partage est un moment de bonheur, celui où la manipulation de la langue est un prétexte de complicité. Il y a tous les jours des occasions d'apprendre du vocabulaire, des expressions, de la grammaire. Faites des ponts avec la langue locale. Jouez avec les mots ! Sachez repérer toutes ces opportunités et lancez-vous ! Le jeu en vaut la chandelle !

 

cath-allib

Catherine Allibert propose des activités ludiques et créatives autour de l’apprentissage du français, tout en améliorant la relation parents-enfants.

> Son site : http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com - "Apprendre le français avec la souplesse du ninja et la rigueur du samouraï !"

Elle anime aussi les groupes Facebook :

> Retrouvez-la également dans ces podcasts : « Le français comme j’aime » 

 

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