Connexion en tant que membre

Expat de la semaine Les Parents / Grands-Parents Ma vie en expatriation Psycho Vie familiale & sociale

Deuil en expatriation : lettre d’une Maman expatriée

Ajouter à mes favoris

Deuil en expatriation : lettre d’une maman expatriéeÉmilie est partie vivre en Croatie avec ses deux enfants. En ce mois de novembre qui célèbre la Toussaint et les morts, cette Maman partage une lettre touchante destinée à sa mère. Elle y évoque le deuil en expatriation et l’importance des rituels familiaux.

Ma petite maman,

Comme chaque année à cette même période, mon moral est en berne. Et je me sens plus triste et nostalgique. La Toussaint est déjà là et vous me manquez plus que jamais. Avec Noël, c’est une période plus difficile que les autres, où j’aimerais par-dessous tout pouvoir rentrer en France pour être avec vous et tous ceux que j’aime.

J’ai toujours ce sentiment à la Toussaint.

Comme d’avoir fait le mauvais choix... Un choix de vie égoïste en ayant tout quitté pour partir vivre à l’étranger. Une vie qui pourtant nous comble de bonheur chaque jour, une vie faite de rencontres, de découvertes et une incroyable ouverture sur le monde. Une vie si riche dans laquelle les enfants s’épanouissent si bien. Ils y ont trouvé un merveilleux équilibre mais cela nous demande aussi des sacrifices énormes.

La distance, l’éloignement avec toi, papa (et le reste de la famille) me pèsent.

Habituellement si « faciles » à gérer, ils deviennent à cette période lourds et compliqués. Je suis plus vite énervée, plus vite stressée et j’ai parfois besoin de pleurer pour un rien. Le blues de l’expat...

Notre grand repas familial de la Toussaint me manque terriblement.

Il rendait cette journée de la Fête des Morts tellement moins triste et permettait de resserrer les liens familiaux. C’était l’occasion de se retrouver tous en ensemble après avoir été se recueillir au cimetière sur les tombes de nos êtres aimés et disparus et de se remémorer des instants de vie si précieux. Pourras-tu comme chaque année depuis que nous avons quitté la France, acheter ces bougies qui ressemblent à celles que nous avons ici en Croatie et que les enfants aimaient tant déposer sur la pierre de Papi et Mamie ? N’oublie pas de les placer à gauche sur leur petit cœur, me demande Hugo...

Hugo a déjà choisi avec sa sœur des petits lampions et une magnifique gerbe jaune de chrysanthèmes.

Ils allumeront chacun une bougie le 2 au matin. Elles resteront ainsi allumées toute la journée jusqu'au lendemain. Ils ont pris les plus grandes afin qu’elles restent illuminées toute la nuit. Tu les aurais vus les choisir dans le magasin, ces bougies, c’était tout simplement adorable !Deuil en expatriation : lettre d’une maman expatriée

On est resté plusieurs minutes devant le rayon. Ils voulaient vraiment prendre les plus belles et les plus grandes !  Nous ferons une petite prière tous ensemble et nous avons prévu un bon repas et une balade sur la plage.

Tu sais, j’aime bien ce jour-là ressortir les vieux albums photos.

Parler de mon enfance, de ce que nous faisions ensemble lorsque j’étais petite. Hugo aime beaucoup vous voir plus jeunes et voir ses arrières-grands-parents en photo. Ce sont des moments simples mais très agréables qui construisent aussi son identité.

Ce sera notre petit programme pour cette journée si spéciale. Un petit rituel différent de ce que nous avions l’habitude de faire en France pour la Toussaint mais auquel nous tenons depuis notre départ.

Les enfants sont petits pour se souvenir de la disparition de ma petite mémé et Papou.

Mais comme souvent à cette période et plus encore maintenant que je sais que papa va moins bien, je pense avec beaucoup d’angoisse à ce jour où il nous quittera. Nous sommes tous confrontés au deuil, mais le deuil combiné à l’expatriation rend la perte de nos proches plus compliquée à vivre.

Ma petite maman, sais-tu à quel point je redoute ce moment, ce jour où tu m’appelleras pour m’annoncer que papa s’en est allé ?

Arriverais-je en France assez vite avec les enfants pour t’épauler ? Comment l’annoncerais-je aux enfants ? Comment pourrais-je expliquer à Hugo encore petit, que son Papi adoré, avec qui il regardait avec autant de passion les matchs de foot à la télé, avec qui il aime tant passer tant de temps à pêcher lorsque vous venez nous voir, s’en est allé à tout jamais ? Et comment ferais-je avec la petite Chouchou qui réclame si souvent un bisou de son Papi par Skype ? Comment pourrais-je les accompagner dans cette terrible épreuve en étant moi-même en deuil ? Crois-tu que l’immense amour que j’ai pour eux suffira à les entourer, à combler ce vide qu’ils ressentiront ?  

Je ne sais que trop, le vide immense, l’abîme que peut laisser la perte d’un être cher…

J’ai prévu que nous appelions Mamie pour lui dire une fois de plus combien nous pensons à elle. Elle nous racontera très certainement ce qu’elle a mis comme fleurs sur la tombe de Papou. J’expliquais il n’y a pas si longtemps à Hugo que la Toussaint était une date importante pour se souvenir de tous ceux qui nous ont quittés, mais que c’était aussi une belle journée.

Un jour pour fêter la vie et montrer à ceux qui nous entourent combien nous les aimons et combien chaque instant de la vie est précieux.

Cela n’est pas toujours évident, mais je crois qu’il comprend l’importance de ces moments et cela me remplit de joie.

Je vous aime plus que tout toi et Papa. Les enfants vous embrassent aussi fort qu’ils vous aiment.

Ta fille.

 

Écrit par Émilie, créatrice du site www.les-petits-expats.com

 

FemmExpat vous conseille de lire aussi :

Et soudain tout s’arrête – Vivre un deuil en expatriation

L’expatriation : pourquoi certaines la vivent mal ?

Halloween, retenez-moi ou je me transforme en sorcière !


1heure pour faire le point

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

1heure pour faire le point