Connexion en tant que membre

Les billets d'humeur Ma vie en expatriation Vie d'expat

Vivre en compound : bonne ou mauvaise idée ?


Vivre-en-compound-bonne-ou-mauvaise-idee-Desperate-housewives-UNE femmexpat 559x520
Crédit Photo : www.abc.com

Par choix ou par obligation, certains expatriés s’installent dans un compound, aussi appelé base-vie ou condominium, selon les pays. Mais habiter une résidence ou un quartier d’expats à l’étranger, si on a le choix, est-ce vraiment une bonne idée ?

Si la vie en condo comporte de nombreux avantages, elle présente aussi quelques inconvénients, à ne surtout pas sous-estimer. Rencontre avec les expats des compounds.

 

 

 

Le confort rassurant du compound

Une vie en toute sécurité

Dans certains pays à risques, la vie en compound n’est pas une option. Dans ce cas, très souvent, la décision revient à l’employeur qui, d’office, attribue à ses expatriés une base-vie. C’est le cas par exemple des base-vie de militaires et des grosses entreprises pétrolières en Afrique qui regroupent dans une même résidence, clôturée et sécurisée, l’ensemble de leurs salariés envoyés dans les pays considérés comme à risque.

De cette manière, la société peut s’assurer des standards de sécurité mis en place. En cas de problème, elle est aussi capable de localiser immédiatement ses salariés et d’assurer leur protection.

 

> Pour Christelle, c’était un avantage primordial :

Vivre-en-coumpound-bonne-ou-mauvaise-idee-UNE femmexpat

 

“Lorsque nous étions au Tchad, il y avait des risques d'attaques de Boko Haram. Habiter en condo était rassurant pour nous et pour nos enfants.”

Gardes armés, barbelés autour du condo, et parfois même, tank à l’entrée, la sécurité est assurée 24h/24 et les consignes à respecter sont très strictes.

 

Une vie sans soucis

Partir vivre en compound est très rassurant, notamment lorsque l’on part dans des pays difficiles où le quotidien peut être un vrai challenge.

> Alexandra en témoigne :

“Lors de notre expatriation au Nigéria, j’étais rassurée de savoir que nous allions nous installer dans une base-vie. Nous ne nous sommes préoccupés de rien. À notre arrivée, une grande maison nous attendait. Elle était équipée et meublée. Cela retire beaucoup de stress.”

 

École, garderie, supermarché, salle de sport, terrain de tennis ou de squash, entretien des jardins et des piscines, maintenance, service de navettes, tout est prévu pour faciliter la vie des résidents.

“Si une ampoule est cassée ou si nous avons une fuite d’eau, nous pouvons immédiatement contacter un “handyman”. Il est là en quelques minutes et répare gratuitement le problème. C’est tellement simple et confortable”

admet Déborah, expatriée au Brésil depuis 3 ans.

 

Cours de sport, de peinture, soirée Halloween ou fête de Noël, tout est organisé pour rendre plus agréable la vie de l’expatrié et de sa famille.

> Pour Déborah, cela a grandement facilité son adaptation :

“Lorsque nous avons débarqué au Brésil, je ne parlais pas un mot de portugais et je m’inquiétais beaucoup pour ma vie sociale et celle de mes enfants. Finalement, très rapidement, nous nous sommes fait des amis. Les enfants peuvent librement circuler dans le condo, en toute sécurité, puisqu’ici les voitures ne doivent pas rouler à plus de 20 km/h et des gardiens surveillent en permanence les lieux.”

 

Pour les expatriés c’est aussi l’assurance de ne pas subir les difficultés de leur pays d’expatriation.

“Au Tchad, il y avait parfois des coupures d’électricité, des restrictions internet ou des problèmes d'approvisionnement en eau. Notre base-vie était parfaitement autonome et nous ne subissions jamais ces désagréments. C’est inestimable dans ce type de pays !”

assure Christelle.

 

 

Le compound : un cocon étouffant

 

Une vie sous contrôle permanent

Vivre entre expatriés en permanence n’est pas toujours simple. Si les Américains aiment vivre en communauté et être totalement pris en charge, c’est souvent moins évident pour un Européen.

 

>Déborah témoigne :

“S’intégrer est presque une obligation. Si vous ne participez aux activités ou aux soirées, vous êtes vite cataloguée comme celle qui ne veut pas s’intégrer. C’est parfois compliqué à gérer. Surtout que des soirées et des invitations, il y en a tous les jours !”

 

Vivre en compound, c’est aussi faire une croix sur son intimité

Les voisins, les gardiens, les mesures de sécurité, la vie dans un condo est sous surveillance en permanence. Difficile d’y échapper.

“Un compound, c’est un peu comme Wisteria Lane. Les maisons sont toutes identiques, les pelouses bien tondues et les voisins très présents ! Ici, tout le monde sait tout sur tout le monde. Si vous faites une soirée chez vous, si vous invitez des copains, si vous vous disputez avec votre conjoint, vous pouvez être certain que vos voisins le seront. Ce n’est pas toujours évident à gérer. Surtout quand on ne s’entend pas avec eux ! ”

admet Christelle.

 

> Pour Lucie, expatriée à Riyad pendant plusieurs années :

“Ce fut sans doute le côté le plus difficile à supporter. J’avais parfois l’impression d’être sous un microscope en permanence.Les contrôles de sécurité étaient éprouvants. Lors de notre départ, nous avons vendu beaucoup de nos affaires. Le garde ne voulait pas laisser sortir le van qui les transportait de peur qu’il contienne des affaires appartement à la société.”

“Lorsque je voulais aller faire des courses, je devais réserver une voiture 24h à l’avance et je ne savais qu’à la dernière minute si elle était disponible. Je me sentais parfois enfermée dans mon condo”

admet Christelle.

 

Ce sentiment d’être sans cesse sous le regard des autres est renforcé dans les bases-vie appartenant à une même entreprise.

“La journée, vous côtoyez vos collègues. Le soir, vous faites un BBQ avec eux. Le week-end, votre partie de tennis à lieu avec votre co-bureau… C’est parfois étouffant !”

conclut Lucie.

 

Une intégration locale difficile

Il peut être très tentant de ne jamais sortir ou presque de son compound. La vie est facile à l’intérieur et le confort incroyable comparé à la vie des locaux. Pourtant, c’est aussi un frein à l’intégration.

“Finalement, on ne côtoie presque jamais des locaux. On n’apprend pas grand chose du pays dans lequel on vit parfois pendant 10 ans. C’est un peu dommage de se contenter de la vie dans le compound, même si cela est très tentant“

admet Christelle.

 

Inscrire ses enfants dans une école locale ou s’installer dans un quartier mixte peuvent être des solutions pour découvrir son pays d'accueil autrement. En Asie, par exemple, il n’est pas rare de trouver des condominium avec une bonne proportion de locaux. Une bonne occasion aussi de remettre les pieds sur terre et de se créer un réseau en dehors des expatriés.

 

 

FemmExpat vous recommande aussi :

Mythe et réalités du ghetto d’expats – la tribune de Corinne

Expatriation en base-vie : quelques conseils

bouton Abonnement NL FXP- 350x150


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !