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Jordanie Ma destination Moyen orient

Vivre à Amman en Jordanie


AMMAN« Maman, la Mer Morte, elle est en Jordanie ou elle est chez Dieu ? »
Dans quelques instants, nous arrivons à Amman, notre nouveau « chez nous ».

 

Mes enfants, scotchés à leur hublot scrutent avec intérêt ce paysage fait de déserts et collines qui va devenir leur cadre de vie. La question se fait insistante, je ne comprends toujours pas : mon petit de quatre ans évoque-t-il la Terre Sainte et Israël, mais quelle étrange précocité...

Alors l’enfant, agacé, précise : « mais voyons Maman, si la mer est morte, elle doit être chez Dieu ! ». Qui l’eut dit : le Quai d’Orsay nous a envoyé dans l’au-delà ! La direction des ressources humaines en avait-elle conscience ? Cet au-delà au demeurant, que l’on se rassure, conserve bien des charmes de notre vie terrestre...

Ravissant petit royaume ensoleillé, la Jordanie connaît certes l’hiver, ses pluies, et parfois même la neige, mais guère plus de trois mois dans l’année. L’ancien protecteur britannique a laissé dans les coutumes, outre le « five o’clock », la pratique de la langue anglaise, ce qui facilite grandement la communication pour les non-arabisants.

Plateau médical du Moyen Orient, Amman, la capitale, est largement équipé d’hôpitaux de qualité où travaillent d’excellentes équipes médicales.

Aqaba, sur la Mer Rouge, et les rivages de la Mer Morte offrent des eaux chaudes propices à la baignade tout au long de l’année. Bref, le climat, la langue et l’état sanitaire du pays sont tels que l’installation en Jordanie pour une famille de diplomates avec des jeunes enfants est somme toute assez facile.

La recherche d’un logement peut être un peu compliquée si votre niveau d’exigence « qualitatif » dépasse celui, plus « quantitatif », des agences locales : êtes vous sûr de vouloir une villa de 15 pièces avec deux cuisines, 6 salles de bain, un patio « oriental », quatre terrasses sans jardin qui sera sans doute construit dans l’année qui vient ?

Heureusement, si vous hésitez, le principe de réalité s’impose à vous relativement rapidement du fait des loyers demandés ! En fait, Amman est surtout une ville nouvelle qui ne cesse de s’étendre, dans une certaine harmonie cependant, du fait d’une législation rigoureuse réglementant la taille des bâtiments et les matériaux utilisés.

Très ancienne, la ville d’Amman n’a en effet pas connu une histoire urbaine continue : capitale des Ammonites en 1200 avant notre ère, elle sera Philadelphie sous les grecs et les romains qui y laisseront d’importantes infrastructures urbaines (amphithéâtre, bains, forum...) encore visible de nos jours dans la ville basse.

Evêché à l’époque byzantine, elle est prise par les perses en 614 et connaîtra une longue période de déclin, au point de devenir un simple village. A la fin du XIXème siècle, les Ottomans y installent une petite colonie de réfugiés circassiens, chargés d’assurer la sécurité d’une gare du chemin de fer du Hedjaz. L’Emir Abdallah décide en 1921 d’installer sa capitale à Amman, parmi les Tcherkesses totalement dévoués à la dynastie hachémite.

Depuis la ville basse à l’Est, dominée par de belles ruines romaines, la ville s’est avancée vers l’Ouest de « cercle » en « cercle » - c’est-à-dire de rond-point en rond-point - au gré de l’afflux des populations réfugiées palestiniennes : 1948, 1967, 1990-91 après la Guerre du Golfe. Aujourd’hui, près d’un Jordanien sur trois vit à Amman, soit 1,5 millions d’individus...

Ainsi, exceptée la ville basse à l’Est, encaissée entre trois ou quatre collines ou « jebels », dont le désordre, les couleurs et la foule nombreuse dans les ruelles étroites rappellent nos rêves d’Orient, Amman se présente comme une cité moderne et, propre et pratique.

Les différents quartiers communiquent par de grands axes routiers le long desquels se sont installés quelques supermarchés. L’automobile est nécessaire, non pas tant du fait des distances que de la configuration des lieux. Le style de vie dans cet Amman-Ouest composé de villas parfois grandioses et de luxueux centres commerciaux fait référence à l’ « American way of life ». Le charme en revanche est à rechercher patiemment plus à l’Est, à Jebel Amman ou Jebel Webdeh, où sont situés respectivement notre Ambassade et le très actif Centre Culturel Français.

Pour nos enfants, l’école française d’Amman qui scolarise 265 enfants dont 47% de français, assure une scolarité directe jusqu’à la classe de troisième et un suivi avec le CNED pour les classes suivantes. [L'école scolarise désormais 500 élèves et assure un suivi direct jusqu'à la terminale. Elle se compose de 2 sites : un site primaire avec un directeur et un site secondaire avec un proviseur (Note de l'équipe éditoriale - février 2016]. Aujourd'hui l’établissement est à l’image de son directeur et de ses enseignants : chaleureuse et rigoureuse, l’école est un véritable pôle de stabilité à la française pour des enfants d’origines diverses, et bien souvent voyageurs. De nombreuses activités extra-scolaires sont proposées au sein même de l’établissement. Par ailleurs, un conservatoire national de musique offre un enseignement musical de qualité, souvent dispensé par des musiciens de l’ex-Union Soviétique ou Irakiens. Un partenariat a d’ailleurs été établi entre ce conservatoire et celui de Boulogne-Billancourt.

La présence de notre pays en Jordanie s’est fortement renforcée ces dernières années du fait de très importants investissements français (France Télécom, Lafarge, Ondeo-Suez, Bureau Veritas, etc...), au point que la France est aujourd’hui un partenaire majeur de ce royaume autrefois plutôt orienté vers le monde Anglo-saxon. La communauté française a vu ses effectifs augmenter en conséquence. Elle est aujourd’hui assez nombreuse et compte près de 900 ressortissants. C’est aussi une communauté équilibrée puisqu’elle est composée pour moitié de franco-jordaniens. Cette communauté, plutôt familiale et jeune, bien intégrée, se caractérise par son dynamisme. Elle se trouve au sein d’associations comme Amman Accueil qui propose diverses activités aux femmes francophones qui ont organisé également des cercles de rencontres et de discussions. Les liens se tissent rapidement entre « locaux » et « expatriés », la ville étant relativement petite.

Oasis de paix au milieu des tourmentes du Proche-Orient, la Jordanie semble épargnée par les conflits qui l’entourent. Mais il serait faux de penser que ces tensions n’ont pas d’incidence sur nos vies quotidiennes : nous vivons au milieu de palestiniens exilés (70% de la population jordanienne) et nous avons dû rentrer en France quelques semaines lorsque la guerre en Irak a commencé.

Mais ici, comment évoquer l’idée d’un choc des civilisations alors que les destins des uns et des autres semblent croisés depuis tant de siècles. Nous entendons les cloches des nombreuses églises chrétiennes de la ville, puis, immédiatement après, la prière de l’une des innombrables mosquées d’Amman. Les ballades au sein de la vieille ville ne sont l’occasion d’aucun geste d’agressivité, au contraire. Alors le destin de ce pays s’incarnerait-il dans le sourire gracieux de la jeune reine et dans le regard sans détour de son souverain ? Cet équilibre jordanien, si précieux et peut-être moins fragile qu’il n’y parait, nous goûtons au présent en espérant qu’une paix durable s’installe un jour dans cette région.

Ecrit par Françoise Niemtchinow 

 

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