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Vie d'expat Voyages

Vacances en France : Les tribulations de la famille Ricoré Expat


 

vacancesQui n’a pas vécu tout ou partie de ce qui va suivre me jette la première pierre !

Décor
Une jolie maison de famille accueillante dans le Gers, en Provence, Bretagne, Normandie... Où vous voulez.

Personnages
Une famille d’expat composée de 5 individus normalement constitués, sains de corps et d’esprit . Le mâle alpha, la Sainte Trinité femme/épouse/mère, Lucien 16 ans, Julie 10 ans et Benjamin 6ans dans les rôles principaux.
Dans les rôles secondaires : les grands-parents, les frères/sœurs et conjoints et leurs sous-produits.

Pour les costumes
Chemise boubou de Dakar, soies de Bangkok, Saoural de Casa mixé avec du Bonpoint, Prada, Cyrillus, et l’armoire du cousin de la cousine de l’homme qui a vu l’homme...

Acte 1 scène 1
La famille Ricoré/expat arrive toute frétillante après ses 10 heures de vol, 7 heures de voiture TT prise à l’aéroport animée des meilleures intentions du monde pour ce bain de jouvence familial et retour aux racines. Tous se jettent dans les bras des uns et des autres, on note juste le léger frémissement d’Isaure qui apprécie moyennement que Benjamin tartine son bustier Prada des scories largement étalés sur son plastron, souvenir du plateau repas d’Air France à moins que ce ne soit du relais H de l’air d’autoroute. Lucien toise son grand-père ratatiné par les vicissitudes de l’existence de son mètre 82 et se prend légèrement les genoux dans son baggy alors que la grand-mère attentionnée lui promet que demain elle ira vite au marché combler l’oubli de ceinture.
On est ému aux larmes en voyant son regard briller à la vue de la maison grand-paternelle mais en ajustant mieux ses besicles larges comme des escalopes, mode oblige, on s’aperçoit que dans l’encadrement de la porte se tient une nymphe avec tout ce qu’il faut là où il faut, Elodie la baby sitter.
Le dîner familial vous attend et on se glisse avec délectation les pieds sous la table, profitant à sa juste valeur de la seule fois du séjour ou nous ne courrons pas de la cuisine à la salle à manger/terrasse comme une poule sans tête avec des plats de cantinière sur les bras. On s’extasie devant les mets de notre enfance préparés avec tant d’amour en se disant qu’on n'aura jamais assez de doigts pour compter nos bourrelets si ça continue à ce rythme ! Peu importe à cette heure et jet lagué comme nous sommes, on aime tout le monde et on se coule dans la félicité.

Acte 1 scène 2
Les premiers jours, on se lève à l’aube encore un peu perturbée par les fuseaux horaires, préparant une table de petit-déj sous les oliviers et toute heureuse d’en faire la surprise à sa maman chérie, juste retour des choses pour elle qui pendant des années nous a servi avec tant d’abnégation.
On est dans la plaque : Ricoré nous voilà !
On est juste un peu contrariée d’avoir mis sa Repetto dans les déjections du compagnon à 4 pattes de notre père dont les articulations ankylosées empêchent les reptations d’aller à plus de 2 mètres de la porte de la cuisine. On avait juste un peu oublié ce détail. C’est pas grave on aime encore tout le monde à J+1. Marie notre soeur arrive avec le petit dernier dans les bras, à moins que ce ne soit le deuxième ou le cinquième, on a un peu perdu le compte puisqu’ils arrivent avec une régularité de métronome tous les 9 mois et quelques jours et que nous, vu de loin, on ne sait plus très bien.
La seule chose qu’on reconnaît c’est le babygro qu’on lui avait offert pour Numéro Un, plus précisément l’étiquette parce que la couleur et la forme sont un vieux souvenir. On pioche au hasard dans le nom des douze apôtres et ça doit le faire. Bingo, c’est pas Pierre mais Jacques, bon c’est pas tout ça mais comme il faut qu’elle aille s’occuper de Paul elle vous le laisse dans les bras toute confiante en votre amour maternel. Notre café aura juste un peu le goût de lait caillé sur l’épaule et notre one to one tant attendu avec notre maman à nous sera ponctué de rototos. Justement, elle arrive et on est tout attendrie par son auréole au régie color qui s’encastre dans la porte. On enfonce juste un peu les ongles dans la couche quand elle nous dit « Comme tu es gentille mais pourquoi n’as-tu pas mis les bols bleus, tu sais avec les enfants ces jolies tasses c’est un peu risqué .... »
Débarquent ensuite dans un fracas de tonnerre Pierre, Paul, Jacques et les autres. La nappe est maintenant tartinée au Nutella, fait chouic,chouic puisque sa qualité d’absorption ne dépasse pas un litre et demi de lait sans compter le jus d’orange.
Clap de fin Monsieur Ricoré ! Et notre mère nous tacle d’un « Comme ta sœur est courageuse, elle est d’une patience infinie avec tous ses petits-anges » « Oui, bon ben la sœur, ça fait une heure qu’elle a disparu et c’est pas pour se mettre des crèmes sur le groin vu que dans sa magnificence sa trousse de toilette contient au mieux un savon de Marseille et manifestement pas la moindre plaquette de pilule » on répond à notre génitrice interloquée par cette remarque pour le moins déplacée.
Premier dérapage vite regretté, on recadre vite fait pour coller au rôle de fille parfaite.
Arrive enfin la belle-sœur never too thin never too rich avec son plateau de thé vert d’Assam et son biscuit de hamster qui jette juste un œil dégoûté devant le triste spectacle de la table avant d’aller s’affaler au bord de la piscine. Grrrrrrr......Sa seule intervention sera de savoir à quelle heure le déjeuner sera prêt. Là, notre capital d’empathie est déjà sérieusement entamé.
Puis arrivent dans le désordre le père, le mari qui trouve qu’on aurait pu se changer depuis le départ, très fin comme humour, Julie qui trouve que « C’est nul de dormir avec les petits, c’est vrai quoi elle a 10 ans c’est plus un bébé ! », le beau -frère toujours taquin, pas mauvais bougre non mais juste un peu reloud « Dis donc ça fait dix mois que tu prends des vacances avec ton nombreux personnel, tu vas pouvoir profiter de tes neveux puisque j’emmène Marie à Paray le Monial, elle est pas bonne mon idée ! » A lui tout seul c’est les béatitudes ! puis Marie -le retour à qui on fait juste remarquer que « Ta chemise de nuit est à l’envers, c’est marrant je l’avais pas remarqué ce matin ! »

Bing notre réflexion fait un effet tsunamistique et a pour effet de figer tout le monde dans un silence de proportion symphonique. Enfin à 11 heures arrivent l’air dégagé Lucien avec sa coupe de cheveux à la Pikatchu suivi, on l’avait oublié celle- là, de la baby sitter. Notre Lulu vaporise de la testostérone à tout va et on comprend à l’instant que nos vacances vont singulièrement se compliquer...
Voilà en un plan-séquence, pitch du scénario et on voit nos vacances se profiler.

On sait que Nous
On a beau être au zénith de notre bonté, prête à tout comprendre, à tout entendre mais qu’il ne faut pas croire que l’on soit d’un naturel à se fouetter avec des orties, que décidément au bout de trop de jours (qui oscille entre trois jours et trois semaines selon de bio rythme de chacun) la cohabitation va se révéler aussi langoureuse qu’un tête à tête entre Tutsis et Hutus.

Notre homme
Qui en d’autres circonstance sent bon le sable chaud, là on sent bien que toute cette agitation, tous ces projets, ça lui brouillent les instruments de navigation, que de toutes les manières il aura toujours deux métros de retard, ce qui confirme bien que c’est un vrai mari et ça l’arrange bien. Que son ambition suprême c’est d’aller un peu plus loin que la page 8 du quotidien local ou du Financial Time sans être dérangé. Que l’on peut bien comprendre qu’après une longue et difficile année de dur labeur, il est en mesure d’exiger le calme, que si on lui demande son avis ou son arbitrage, il nous coulera un regard qui ronronne au Prozac. De ce côté-là rien à espérer sinon des bras qui se lèvent horizontalement à mesure que ses poumons se vident quand on lui fera remarquer que les vacances en famille ce n’est pas de la tarte !

Les sœurs et belles-soeurs
C’est bonnet blanc et blanc bonnet, qu’entre celles qui aiment que les fringues qui passent pas à la machine et celles addicts des catho-pride, celles qui font du prosélytisme pour les chiennes de garde et vous mordent les mollets, non décidément on arrive plus à se situer. Que notre vie, « C’est où déjà le pays où tu habites, comment ça s’appelle ? » elles préfèrent de loin vous raconter comment la voisine, la collègue a taclé l’autre pomme dont ni le nom ni l’évocation ne vous dit rien. Bon on les aime bien mais on se doute assez vite que notre capital managérial va être mis à rude épreuve pour toutes les tâches ancillaires.

Nos ados
Y a pas photo, ils égarent souvent leur cerveau tout neuf. Entre un grand bébé pas mature, un skateur à casquette et un rockeur à castagne, ils se cherchent toujours au milieu des grillons. Malgré nos injonctions, ils ont l’hygiène alternative, que pour peu que du sexe opposé traîne dans les parages et ce contre notre avis de bigote, ils pensent que le monde se divise entre pria piques et eunuques et que décidément même en vacances on est chan-mé pas cool !

La troupe enfantine
Les nôtres qu’on trouve si gentils et mignons quand ils sont endormis, avec leurs cousins et amis, ça vire assez vite au championnat du monde internationaux, au moins, de kickboxing toutes catégories confondues. Donc on s’arme de patience et on multiplie les entretiens one to one avec les diables et leur mère et c’est là que ça se corse. Pour finir on dit aux nôtres de s’écraser, faut pas faire d’histoires et eux jurent sur leurs grands dieux qu’ils vont les énoculer avec la pelle de plage. On suggère deux ou trois occupations et comme on le craignait leur choix s’arrête sur un spectacle pour les parents. Ca a autant de classe que La Traviata chantée par la fanfare municipale, on a un haut le coeur quand on retrouve sa trousse de maquillage dévastée mais pour avoir la paix une après-midi on est prête à toutes les turpitudes, même les voir se transformer en drag-queen !

Voilà tout le charme des vacances familiales et le mieux, c’est qu’il va falloir se maintenant recommencer dans la belle famille et là, même pas en rêve, on ne peut compter sur l’appui du mâle Alpha, parce que sûr la mère de notre époux nous trouve un poil compliquée de la cafetière, ce qui veut dire en langage de belle-mère archi- pénible. Et l’année prochaine on est prêt à re-signer pour l’année suivante.

Toutes similitudes avec des familles existantes ou ayant existées ne sont pas fortuites !

Rendez-vous en septembre !

Paquita

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