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Pour comprendre le français des Belges (partie 1)


Pour comprendre le français des Belges - partie 1La Belgique est votre prochaine destination d'expatriation ? Quelque soit la réponse, vous risquez de croiser des Belges aux 4 coins du monde. Et pour les comprendre, autant vous préparer à leurs belgicismes, étranges expressions qui viendront à tous les coups, investir vos discussions au quotidien. Ils prêtent à sourire et peuvent aussi dérouter. 
 

« Septante » ou « nonante », mais pas que…

 
Quand un Français pense aux expressions belges, il pense indéniablement aux fameux « septante » et « nonante » tout en imaginant son interlocuteur doté d’un bon accent guttural, mélangeant allègrement les « savoir » et « pouvoir » et ponctuant chaque phrase par « une fois » ou « non peut-être »… Mais parler belge, c’est bien plus subtil que cela.
 
On vous livre ici quelques bases pour comprendre le français des Belges et assurer en public.
 

1. Reconnaître l'accent

Non, il n’y a pas UN accent belge. Et oui, comme en France, les accents en Belgique sont multiples. Il y en a d’ailleurs autant que de villages. 
 
Le plus connu et le plus (mal) imité est l'accent bruxellois. Mais c’est sans compter sur les charmes de l’accent liégeois (prononcez Liééééchois), celui de Namur (prononcez lentement : Namûûûûr) ou encore le Tournaisien (proche de l’accent Chti)... (la liste n'est pas exhaustive).
 
 

2. Maîtriser la prononciation

De façon générale, même avec l’accent le plus neutre possible, vous repérerez le Belge à sa façon unique de prononcer la diphtongue « ui ». 
 
Dans le pays de Jacques Brel, elle se prononce « oui ». Ce qui donne phonétiquement les « il est houit heures quart (oui, oui, on ne dit pas huit heures et quart), les patates sont « couites» , j’attends la « souite »… 
 
Mais l’inverse est parfois également vrai : « une fouine » devient une « fuine »… Allez comprendre ☺
 
A noter cependant, si vous ne voulez pas énerver un Belge que :
  • Bruxelles se prononce Brusselle (et pas Brukselle);
  • Anvers se prononce Anverssss (et pas Anver, le "s" est là, il faut l'utiliser);
  • Le W se prononce prononcer "ouhe". Exemple: wagon = ouhagon. Alors qu’en France, on préfère le prononcer comme un simple V; 
  • Ne cherchez pas à prononcer les noms flamands : ils sont à apprendre par coeur. Mais, essayez, s'il vous plait (!) d’en éviter la prononciation française ! (exemple : pour parler du célèbre Traité de Maastricht. Sachez que le "ch" ne se prononce ni par "ch", ni "k", mais dans une espèce de râle comme si vous vouliez cracher (vous devriez maitriser rapidement). Surtout, n'oubliez pas de prononcer le « t » final !).
 

Appréhender les nuances

 

1. Aux repas

Notez que la plupart du temps, les familles belges « mangent chaud » une fois par jour. Les cantines  scolaires ne sont pas légion dans les contrées de Tintin. Dès lors, les enfants mangent le plus souvent le contenu « froid » de leur « boite à tartines » pour midi et c’est donc le soir, en famille, que l’on prend le plus souvent le repas « chaud ».
 
Ne vous méprenez pas non plus : le Belge « déjeune » le matin, « dîne » à midi et « soupe » le soir. 
 
Attention, si votre collègue n’est pas joignable entre 12h et 14h, c’est qu’il doit être en « heure de table ». Peut-être déguste-t-il un plat de « chicons » (car non, en Belgique, vous ne trouverez jamais d’endives) à moins qu’il n’avale un « pistolet » (petit pain rond) sur le pouce…
 
 

2. Dans l’administration

A la fin de chaque mois, si on voit le Belge faire grise mine, c’est qu’il vient de parcourir sa fiche de paie et découvrir que son salaire a une fois de plus été prélevé à la source (et non, ce n’est pas nouveau là-bas). Par contre, si en fin d’année, vous le voyez se réjouir, c’est sans doute qu’il « retouchera » bientôt le trop perçu des impôts !
 
Enfin, sans vouloir vous infliger une trop grande torture de l’esprit, comprenez aussi que la sécurité sociale d’un Belge s’appelle la mutuelle. Et que la mutuelle française se réfère pour lui à une assurance complémentaire… 
 
Ayons donc une pensée spéciale pour les Belges qui s’installent en France et pour les Français qui s’expatrient en Belgique… Les voies de l’administration peuvent se révéler encore plus impénétrables qu’à l’habitude.
 
 

> Bonus : notre Top 20 des expressions les plus savoureuses 

 
  1. Tu glettes = tu laisses tomber des petites gouttes en buvant
  2. Tire ton plan ! = débrouille-toi !
  3. Tire ton pantalon = retire, ôte
  4. Elle a de l'eau dans les caves = son pantalon est trop court...
  5. Arrête de racuspoter = arrête de moucharder, rapporter
  6. Fais la file = fais la queue
  7. Ça me chatouille = ça me démange
  8. Quel mêle-tout ! = personne indélicate, fouine, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas
  9. C’est gai = c’est chouette, c’est extra
  10. C’est le brol ici = c’est le bazar
  11. Ça ne peut mal =  il n'y a pas de danger
  12. Bonne nouvelle, elle attend famille = elle est enceinte
  13. Ne fais pas de ton nez ! = ne fais pas le malin, l’important
  14. J’ai un œuf à peler avec toi = on a des choses à régler, à se dire
  15. Il fait caillant ou ça caille= il fait très très froid
  16. Il fait douf ou il fait stouff = il fait (très) chaud (de façon étouffante)
  17. Mord sur ta chique = serre les dents
  18. On fait une tournante ? = rien de graveleux mais ça surprend. En belge, cela signifie que l'action se fait par roulement, en rotation, chacun à son tour...
  19. Mon dieu, quel baraki = personne mal élevée, grossière, sans allure
  20. A tantôt = à tout à l’heure, à plus tard
 
 
Et pour connaître le point commun entre « slashes », « tirette » ou « dringuelle », retrouvez très bientôt, la partie 2 de cet article que nous consacrerons aux belgicismes. Mais d'ici là, on vous laisse digérer.
 
 
N’oublions pas que le « français d’ailleurs » est aussi celui des Suisses, des Canadiens ou de multiples pays africains. N’hésitez donc pas à nous proposer vos témoignages sur le sujet ! Nous nous ferons un plaisir de les publier. 
 
 
 
Agnès Denoël
 
Agnès est la responsable éditoriale de FemmExpat, édité par Expat Communication. Elle rentre de 4 ans d’expatriation en Afrique et découvre avec délice les surprises de la vie d’expat à Paris. La « Belge » de l’équipe diffuse avec malice son petit accent, son humour décalé et ses belgicismes truculents. Pour réagir ou lui écrire :  agnes.denoel@expatcommunication.com 
 

 

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