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Copines d’expat : ma période « observation »


Copines d'expat : ma période "observation"« J’observe, donc je pense, donc je suis ». On parle là d’un divertissement pascalien. Excusez du peu ! On va se luxer la cornée à mater tout ce que le genre humain compte de tribus bizarres. Mais comme je veux des copines, je passe en mode observation debout sur mes rames ! Je cible les meilleurs terreaux ou, à l’instar de l’entomologiste, je vais pouvoir scruter tous ces insectes ! Me voici en période "observation".

 

Je guette la sortie d’école 

Ce point vaut pour les heureuses femmes qui sont arrivées en expat avec des petits boulets accrochés à leurs stilettos. C’est le terrain idéal pour repérer celles qui seront nos prochaines et nouvelles copines. Jamais on n’a autant béni nos têtes blondes qui vont justement nous servir de tête... de gondole !

Certes on est un poil décalée avec notre tenue d’executive woman alors que les autres mamans pépient entre elles dans leurs robes fleuries et colorées. Elles pigent vite qu’avec notre tenue d’amish on est une exo-planète qui arrive dans leur biosphère. On en avise une qui dégage de prometteuses promesses avec des enfants et âge en rapport. Une vraie couv’ de Madame Figaro avec ses triplés !

On vendrait son corps pour qu’elle développe les deux trois banalités qu’on lui sert et là patatras elle nous fait vite comprendre que si on n’a pas encore de nounou ni de femme de ménage dans nos 600 mètres carrés, c’est comme si on vivait dans une grotte. Heureusement devant notre tête d’affiche de scénario catastrophe une autre maman avec son air de « St Sulpice t’attend » s’approche et nous décongèle le cœur. Elle nous prend par la main pour nous introduire dans la volière, on dégouline de gratitude.

Premier point dans la phase d’observation, on confirme que l’habit ne fait pas le moine !

 

Je ne loupe pas le dîner à l’ambassade pour les nouveaux/primaux arrivants.

Faut pas se leurrer l’ambassadeur n’est pas méga poreux à ce genre de festivités. Ce n’est pas non plus la partie du job qui l’enthousiasme le plus, mais comme ça fait partie de la fonction qui va avec les attributs et qu’il est bon garçon, hé bien il nous ouvre les portes de sa résidence qui est aussi notre maison. Yes, yes c’est lui qui le dit.

Au début on a cru à une erreur de casting quand on a reçu le carton de son Excellence qui nous priait vu qu’il ne nous calculait même pas. La perspective de ce pince-fesse n’enthousiasme pas vraiment notre mâle alpha qui, rien que d’y penser, a du sans plomb dans le cerveau et du diesel dans les guiboles. On lui explique que c’est un peu comme si on allait porter nos lettres de créances. On voit les bons vins et le camembert qui lui ruissellent des yeux.

Sous les dorures de la république pas question de faire émerger son moi de déjantée.

Et on adopte le ton qui convient : tonalité NRF sauce Gallimard. Comme prévu on se retrouve dans un dîner urbain de mâles et femelles archéo civilisés. On est en phase d’observation maximum et en retenue contenue. Celles qui sont à la droite et à la gauche de l’Excellence doivent compter dans le paysage CSP de la communauté vu que ce n’est pas leur âge qui lui vaut cette courtoisie. En effet à la droite de la dame de l’Excellence sont assis deux CSP++ qui ont le double de l’âge de leurs vis-à-vis. On comprend bien leur différence (d’âge) mais pas trop ce qui les rapproche. Nous on s’extasie, vu la qualité des convives, de ne pas avoir été reléguée dans les cuisines en priant le ciel que ce ne soit pas un remake du dîner de cons !

Deuxième point de la phase d’observation : Instructif. On photographie mentalement cet enclos VIP et on remplira les cases de l’organigramme later on.

 

Je fonce au morning coffee / café rencontre.

Partout, tout autour du globe, l’aréopage de ce que compte la population féminine en expatriation se rencontre au sacro-saint « café rencontre. » L’occasion pour les « anciennes » de venir raconter leur vacances et pour les nouvelles de frayer dans ce vivier. Chacune est badgée selon son quartier/date d’arrivée... Nano-instant d’immense solitude, on a la désagréable impression d’être une salers au salon de l’agriculture.

Comme on ne va pas rester là à râper notre existentialisme, on se jette à l’eau après le traditionnel discours de la responsable. Elle qui, justement ,recommande chaudement aux « anciennes » de faire le meilleur accueil aux « nouvelles », nous donc !

C’est clair, assez vite on se dit qu’on va faire notre shopping dans cet échantillonnage représentatif de la population locale.

A nous de faire notre pelote qui sera notre cocon futur.

Un bon point, toutes les générations se mélangent et on aborde un groupe en déclinant notre identité. Il y a là la pro de l’expat, vingt années à bourlinguer de Dhaka à Vientiane en passant par Lagos et les îles Kiribati, qui nous prend sous son aile, elle qui en a tant vu défiler.

Bien sûr elle ne peut s’empêcher de nous dire qu’on a bien de la chance de commencer par ce pays où vraiment il y a tout, c’est pas comme en 63 à blablabla... Ah bon, il y a tout ? Nous ça fait 10 jours qu’on mange des Corn Flakes ! « Vraiment ? Et bien justement si on achète le petit guide de l’association ... »

Bingo ! Premier objectif, trouver des adresses. Objectif atteint !

Déboule au milieu Géraldine : « Bonjour, t’es qui toi ? Hélène, c’est quand la prochaine visite du tombeau des Gupta ? Et toi ma Jess : tes enfants toujours aussi... En forme ? » Elle n’attend pas de réponses Géraldine, elle hèle Dominique et repart comme si elle avait un propulseur au pantalon.

Puis on s’approche d’un autre groupe, nous toujours en pudeur majuscule vu notre statut de née de la dernière mousson.

C’est la brigade des modeuses, à en juger par leurs tenues parisiennes revisitées couture locale. On se dit que ça flaire le bon plan. Assez vite on comprend que pour entrer dans le clan qui se refile les bonnes adresses ça va être aussi compliqué que de dégoter les numéros d’un compte off shore. Même pas mal ! Et on se jure que bientôt c’est moi-même perso qui serai la pourvoyeuse.

Un peu plus loin une silhouette qui hésite entre flamand rose et dromadaire condescend à nous offrir un rictus. Son attitude nous rappelle vaguement le regard inquisiteur d’un inspecteur de l’ISF et elle accole à son nom les qualités et titres de son divin époux. Elle jure qu’on va bientôt se revoir. Non mais : être faux cul à ce point c’est de la franchise ! On tourne vite le dos en se disant que manifestement, de tous ses organes, ce n’est pas son cerveau le plus gros, autant pour cette chouette !

Un peu décontenancée mais toujours vaillante, on repère un oasis de housewiwes tendance ni désespérées ni névrosées. Non juste comme on les aime. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les odeurs, de toutes les saveurs. Et, comme un gros grizzli, on savoure notre miel au milieu d’elles, ravies de voir une nouvelle tête. On soupire d’extase !

Observation numéro trois : Dans ce concentré de population féminine qu’offrent les cafés rencontres, il y a forcément du bon. On pioche des adresses, des têtes sympas pourvues d’oreilles avec comme cadeau Bonux leur numéro de téléphone .

On peut également se mettre en mode observation dans tous les lieux qui confortent les aspirations grégaires de l’espèce humaine : la paroisse, les clubs de sports, les supermarchés, le compound. Si la période d’observation dépasse le terme des trois années, consultez !

 

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