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Les Amis Ma vie en expatriation

Mes amies de toutes les couleurs


Mes amies de toutes les couleurs

 

Partir, c’est larguer des amarres que l’on croyait fichées à quai pour toujours. Les amitiés séculaires font parties de ces amarres. Mais partir c’est aussi s’ouvrir à de nouvelles perspectives pleines de promesses que sont les rencontres protéiformes. Ca dégage les bronches cet appel d’air frais, ces amies de toutes les couleurs !

Merci à Isabelle, Bérengère, Karine, Cécile, Inès, Françoise, Sophie, Géraldine, Fanny, Martine qui ont apporté leurs témoignages et leurs expériences.

 

Les amis de toujours

Ce sont ceux avec qui on cabote depuis les rivages de la petite enfance. Ils ont vu avec les tresses grotesques de Fifi Brindacier et l’appareil dentaire, alors que d’autres vous ont rejoint aux escales de l’adolescence ou de la vie estudiantine. Il y a aussi ceux dont les frêles épaules sur lesquelles vous vous êtes appuyées pendant votre parcours chaotique se sont révélées plus larges que celles de Schwartzeneger bourré d’anabolisants.

Les frondaisons de cette amitié là, c’est du béton, le ciment qui a consolidé notre ego. Un édifice un peu branlant on vous l’accorde mais qui a résisté à pas mal de séismes. L’amoureux exclusif de la bonne copine, le copain viril comme une tulipe qui se mue en Dark Vador pour nous défendre et notre si belle amie qui a 15 ans , le clone de Barbie, toute en protubérances mammaires alors qu’on en était toujours à tirer sur nos socquettes. Oui, tout ceux à qui on ne l’a fait pas.

Avec eux une phrase, un regard et c’est un cataclysme, un déferlement de hurlements de rires.

Pas besoin d’expliquer : eux c’est nous, nous c’est eux ! Même si on les voit de loin en loin, on est toujours dans le même train et jamais il n’a déraillé. Ceux qui font que, pour tous les autres, votre commun est si particulier. Voilà, c’est cette part de vous-même qu’un jour vous vous apprêtez à quitter pour les rivages incertains d’autres amitiés.

« Les amitiés du premier type sont des amitiés qui ne se sont pas pressées, qui se sont durcies avec le temps. Copains d’école, enfants d’amis de la famille, collègues d’universités, colocataires, ils sont devenus symboles d’une partie chère de ma vie et les oublier serait comme renier ma jeunesse. Même si nos vies ont souvent pris des directions très différentes, on se retrouve comme « au bon vieux temps » en évitant tous les sujets de discorde possible pour préserver précieusement cette marque de continuité. » 

Isabelle/Thaïlande

 

« Nous étions de toutes les audaces, de toutes les rébellions. Sœurs de bataille et filles de victoires, nous nous jurions une amitié indéfectible, résistante au temps. On poussait nos têtes dans les étoiles, c’est à peine si nos pieds touchaient terre. On se voulait grandes on était petites. C’était l’âge où l’on était sûre de soi et aussi de l’autre, on se ressemblait tant. Les chemins se dessinaient, ils n’étaient pas encore tracés. On s’affirmait avec la fougue de l’innocence et l’exaltation du devenir. Nos premiers chagrins avaient la grandeur des aurores boréales, un bombardement d’émotions nouvelles. C’était l’âge où le secret avait le goût de la révélation.

On oscillait entre la femme et la fille. Celle que l’on voulait devenir et celle que l’on avait hâte de quitter. On s’épiait, on s’enviait, on s’échangeait. On goûtait au serment. Parfois, on se disputait pour un mot malheureux, on se réconciliait dans l’aveu. Insatiables, intarissables, on avançait. On discutait jusque point d’heure, du bonheur, du malheur. Et le Bac nous a séparées. Les amies de la forêt primaire (....) On ne disparaît pas, on ne s’oublie pas, comment oublier ces années là ? Et puis un jour, les conversations reprennent. La toile devient la salle de classe, on guette le mail comme la récré. On se lit, on rit, on retrouve le fil d’une histoire pas finie. »

Bérengère/ Israël

 

Et voilà le temps venu de laisser ce petit édredon de nostalgie pour les chemins plus escarpés des nouvelles amitiés qu’il va falloir tisser au grès de nos errances géographiques. Disons le tout net, normalement on a grandit en âge et en maturité, on sait ce que l’on veut mais surtout ce que l’on ne veut pas, mais, quand on arrive loin de ses bases face à cette faune on redevient un tout petit qui n’a pas envie de lâcher la main de sa maman à l’entrée de l’école maternelle. Il va quand même falloir se jeter dans le bain. Les premiers contacts passent en général par ces enclos VIP que sont les dîners urbains entre mâles et femelles archéo-civilisés du III° millénaire. On en sort le brushing en scoubidou en se disant que ça craint un max et avec son conquistador de chéri, on a l’air de tête d’affiche d’un scénario catastrophe : Le Rocky Horror Show.

« Je ne sais pas vous mais moi à chaque Expat mon training social local a toujours débuté par ce genre de dîners où tout le monde parle avec des voix NRF sauce Gallimard, consensuel à mort. Pontifiant sur la faune et les concepts locaux, des vraies traités anthropologiques plein de certitudes et d’aucune empathie alors que la seule chose qui m’intéresse c’est de savoir où je peux me fournir en Pepito. Enfin pour passer le temps je me dis que ce genre de logghorée visqueuse c’est comme la migraine c’est pénible mais ça ne laisse pas de traces et qu’au final je rencontrerai sûrement des amitiés improbables mais solides. »

Françoise

 

Passé le temps des premiers contacts qui servent à défricher le terrain, des errances amicales, comment perçoit-on les amis qu’on se fait en expatriation ? Nous sommes tous dans le même bain et peu ou prou, les expatriés partagent tous les difficultés de la distance. A des degrés divers.

 

Les amis du second type :

Des profils différents que l’on a peu de chance de croiser si ce n’est sur le terrain de l’expatriation. Des alchimies qui se font sans à priori d’âge, de milieu, de catégorie socioprofessionnelle mais sur un pivot central : la nécessité de développer un maillage amical.

« Je me suis liée d’amitié avec des personnes que je n’aurai jamais croisées en restant à Paris : Une femme qui suit son mari depuis des années (Népal, Montevideo, Istanbul...) qui fait preuve à la fois d’une grande culture et d’un vrai enthousiasme pour découvrir de nouveaux lieux et personnes. Une autre amie femme au foyer qui se bouge pour organiser des activités, une autre venue sans connaître la langue et qui mène sa vie comme elle le veut. »

Karine/Madrid

 

« Après six mois passés à rencontrer des américains, les amis sont finalement des couples français ou franco-américains. On se trouve tout de suite des affinités en commun, la toute première, notre condition d’expatriés. On aime échanger et partager, parler de la France, des bons tuyaux.... »

Géraldine/USA

 

« Ce qui soude dans les amitiés en expatriation c’est l’entraide morale et matérielle. Plus le pays est difficile plus celles-ci sont fortes et perdurent. »

Cécile

 

"Quand je l’ai rencontrée pour la première fois elle était à elle seule la trinité ; pas la sainte, non, c’était plutôt Marat, St Just et Robespierre. Dure et belle comme le diamant. De quoi faire fuir mais en même temps troublante, fascinante. A force de circonvolutions, d’hésitations, d’incompréhensions j’ai fini par découvrir pas un diamant mais une mine. Du brut certes. Une artiste complète, sensible à l’extrême. Une indienne qui vous ouvre à la connaissance de son pays, un puits de culture et qui sent au moindre fléchissement de la voix que sa place est à vos côtés. Du rare. Le contraire du genre de personne sur qui tu peux compter jusqu’au moment où tu en as besoin."

Françoise/Inde

 

« Les amitiés du second type sont très différentes des premières, elles se sont forgées dans l’urgence et toujours sur la base de points communs puisque les deux parties étaient des adultes à la personnalité déjà développée.(...) Les critères de « reconnaissance » de l’autre dépendent beaucoup de chaque personnalité, mais dans mon cas il n’inclus pas forcément le besoin d’avoir la même nationalité, langue natale, religion ou âge. L’amitié n’a que faire des conventions, elle se base sur des valeurs beaucoup plus profondes, sur la façon de voir la vie et l’autre, de fiabilité, de respect.....(....) Je me suis fait des amitiés au cours de missions d’une semaine dans un pays inconnu ; ces relations forgées durent pour certaines depuis 20 ans. Je compte plus de 30 nationalités différentes parmi mes amis et probablement de toutes les religions »

Isa/Bangkok

 

Les amis de la forêt secondaire

« Les amies de la forêt secondaire sont celles de la maturité. On ne parle plus des garçons mais des hommes. Les mentors ont remplacés les tuteurs. Le possible, on en connaît le prix. Au bout de notre truelle, mari ou amant, enfant(s), maison(s). Nos seaux débordent d’eau, on y a ajouté du vin. Notre passé n’est pas commun, on s’invente un avenir. On défriche cette nouvelle amitié avec délice. On découvre des terres vierges. L’heure n’est plus à la semence, on récolte. On s’ouvre devant cette belle journée, de l’amie fraîchement née.

Les fondations sont branlantes mais on tient à peu près debout. On s’épaule, on rigole. Avec les amies du secondaire, on découvre un nouveau venu, le doute. La belle assurance ne s’est pas envolée mais a replié ses ailes. Le ciel nous parait toujours aussi vaste, on se parle des nuages et de la météo, un jour beau, un jour faux.

On est plus ou moins la femme que l’on voulait être. Nos filles nous quittent. On se refile des livres où l’on a souligné des passages, à méditer, à vivre. Nous ne sommes plus le nombril du monde autour il y a des ventres à nourrir à caresser. L’autre n’est plus l’alter ego, elle est l’âme sœur. On ne dit plus pour toujours, il y a tant de jours. Alors on se donne rendez-vous en dehors du quotidien. On se délecte de nos secrets, on sait les raconter, tant de fois déflorés. Et on ne part plus en croisade pour nos idées, on les croise à fleuret moucheté. »

Bérangère/Israël

 

Comment garder ces précieuses amitiés, celles avec qui ont a souvent plus partagé qu’avec certains membres de notre famille ? Le propre de l’expatriation est de bouger, donc de laisser derrière soi le cocon que nous avions patiemment tissé.

« En Sept ans je n’ai été confrontée qu’à un seul départ, et j’ai compris que rien n’était jamais acquis. Au début j’avais envie de connaître de nouvelles têtes, mais maintenant je fais moins d’efforts vers les personnes de passage (un an ou deux....) »

Karine/Madrid

 

« L’amitié peut perdurer longtemps sans même se revoir souvent. Et puis quand on part ailleurs, il y en a toujours qui ont des amies dans le nouveau pays où l’on va qui va pouvoir nous accueillir, il y a une vraie solidarité. Ensuite on se raconte nos aventures par mails. Ce sont des amitiés fortes et durables ces amitiés inter expat. »

Cécile

 

« Ces amis s’éloignent parfois géographiquement à l’autre bout de la terre mais rares sont les cas ou les circonstances ne nous remettent pas sur le même chemin un jour ou l’autre. Je vais me marier cette année. Sur les 250 invitations la quasi-totalité a répondu « présent » de 37 pays différents, je n’ai même pas été surprise »

Isabelle/ Bangkok

 

« Après avoir eu une enfance d’expat, c’est vrai je n’ai pas gardé de vrais amis d’enfance. Mais avec les amis que j’ai connus en expat adulte je suis très loyale et fidèle. J’entretiens avec beaucoup d’attention ses amitiés fortes. J’en connais le prix ! »

Inès/Canada

 

« Les italiens (milanais ?) sont très famille et il est difficile de s’y faire des copains. Il se trouve que nous habitions dans une résidence où vivaient beaucoup d’italiens venus d’autres régions, un peu expat en quelque sorte, comme nous...Et là se sont nouées de grandes amitiés qui durent. C’est paradoxal de connaître peu de milanais même pour eux qui sont leurs compatriotes. »

Valérie/Milan

 

« Si on admet qu’on ne peut pas faire tout avec tout le monde, on évite des déconvenues comme celle de croire qu on va se faire de vrais amis exclusivement avec les gens du pays. Assez vite on se rend compte que ceux qu’on rencontre sont ceux qui ont voyagé et avec qui on partage le plus. Que c’est de la diversité des genres que naissent de belles relations ! »

Sophie/Barcelone

 

Les hasards de la vie font que ces rencontres nourrit au sein de l’expatriation évoluent en permanence, la diversité des cursus, des milieux, des destinations demandent bien sûr un soin particulier. On ne se base pas sur la trame du quotidien mais plus sur des évènements forts bons ou moins bons.

« On ne peut négliger le fait que l’expérience de l’expatriation, plus ou moins extrême (Bengladesh) est bénéfique, c’est une occasion de se libérer des carcans familiaux et d’un modèle d’éducation, en gros c’est grandir ! »

Fanny/Londres

 

« Le temps partagé avec ceux que l’on rencontre est plus bref, donc on va à l’essentiel, on s’embarrasse moins des préliminaires. L’entraide est de rigueur, les départs sont programmés pour la plus part et quand on trouve un ami la force de cette amitié est condensé. On parle le même langage, celui des « déracinés ». »

Isabelle/Canada

 

Tous les témoignages reçus vont dans le même sens. Il ne faut pas croire que la vie en expatriation c’est la petite maison dans la prairie. Bien sûr il existe des déconvenues dans ces amitiés nouées dans un contexte « extra-ordinaire » mais c’est une occasion unique de transcender des clichés socioprofessionnels, culturels, générationnels. Ca va vite et ça va fort avec, comme le dit Martine, une certaine souplesse dont on ne se saurait pas cru capable. Là plus qu’ailleurs on s’attache avec plus de subtilité à la différence. Après des années d’expatriation on a un réseau diffus d’amitiés à travers les continents et l’expérience prouve que ni les kilomètres, ni le temps ne les altèrent si on y prend garde.

 

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