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Retour vie pro en France

Se réadapter à la vie au siège après une expatriation


retour expatriation siègeSi côté perso, le retour d'expatriation s'accompagne de véritables montagnes russes des émotions, côté pro, on le sait, ce n'est pas facile non plus. Le retour au siège, ou à la "maison mère" s'accompagne malheureusement trop souvent de déceptions et d'incompréhensions. Pour celui ou celle qui est en poste, mais aussi pour celui ou celle qui accompagne. Pour Delphine Renard, Expat Coach chez Expat Communication, le retour professionnel en France est un véritable défi de l’expatriation. Pour que l’expérience soit bénéfique à long terme, il est nécessaire de prendre conscience du décalage entre les attentes du collaborateur ou de la collaboratrice et celles de l’entreprise afin que les deux parties se réajustent. Explications. 

Le retour d'expatriation côté pro : pourquoi c'est si compliqué

La nouvelle vient de tomber, vous ou votre conjoint, allez rentrer "au siège". Décision choisie, subie ? Un sentiment partagé ? C’est un peu la valse des émotions pour tout le monde et vos préoccupations se multiplient.

Parce qu'il n'y a justement pas que le professionnel...

La première préoccupation est généralement d’ordre organisationnel. Vous avez très vite des échéances familiales de réinstallation, déménagement, écoles, démarches administratives... Or votre entreprise, compte-tenu de ses contraintes, peut avoir du mal à suffisamment anticiper votre réintégration à une date précise, au sein du « bon poste ».

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Trouver un nouvel équilibre est délicat 

Peu à peu, vous faites également face à vos frustrations.

Il faut dire que l'accueil n’est pas celui que vous espériez. Et non, pas de pot de retour comme celui du départ ! Pas d’intérêt particulier non plus de la part de vos collègues concernant votre expérience ou pire, vous faites des jaloux ! Car dans leurs imaginaires, vous êtes le cliché de l’expat qui a eu la vie facile pendant quelques années, loin des difficultés du siège. Au bout de 2 à 3 mois, vous avez intérêt à être rentrée dans le moule, au rythme français, dans les normes « à la française » et avec un chausse-pied si nécessaire !

En effet, les "gens du siège" ne comprennent pas ce que vous avez vécu.

Sans oublier l’image de soi. Dur, dur de retrouver sa place et un nouvel équilibre après le job que vous venez d’avoir. Libre, autonome, décisionnaire, manager autonome, avec éventuellement des contreparties salariales non négligeables. Sans idéaliser votre expérience, vous avez vécu une période grisante !

Enfin, vous êtes également agacé par les process qui sont tellement longs. Forcément, la « maison mère » est plus organisée, plus structurée et la prise de décision est alors plus longue, quand l’on considère le nombre de collaborateurs et d’intervenants impactée. Et vous regrettez le temps où à peine validée, la décision est mise en œuvre. Pas de perte de temps et vive la réactivité !

L'expatriation vous a changé 

Car en expatriation, vous vous développez, changez, grandissez. Les occasions de vous dépasser sont nombreuses et vous avez fait vos preuves. Le bagage acquis alimente vos attentes pour votre avenir professionnel. Vous rentrez riche d’une expérience forte que vous espérez valoriser.

De son côté, votre entreprise n’est pas toujours en capacité de mesurer cette évolution, ni même parfois de comprendre la complexité des situations que vous avez eu à gérer loin du siège. Toutes ces nouvelles compétences ne seront pas forcément « transférables » et finalement l’entreprise ne sera peut-être pas en mesure de vous proposer un poste à la hauteur de vos attentes.

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Accepter de nouveaux sacrifices

Les témoignages de retours complexes sont fréquents.

Comme Capucine, qui témoigne de son retour après 2 expatriations pour la même société. Ces deux expériences lui ont permis de faire un bond dans sa carrière et de prendre le poste de vice-présidente de la 2ème filiale du groupe. Puis, il a fallu rentrer.

Consciente des sacrifices qu’elle avait fait à l’étranger, l’entreprise lui propose de l’accompagner dans son retour. Cependant, il n’y a pas de poste disponible à la mesure de ce qu’elle espère. Il lui est proposé un poste de management « moins important » que celui qu’elle avait (sous-entendu une baisse de salaire) et de se remettre dans les éléments techniques car elle a « un peu perdu la main au profit de compétences managériales ». Elle aura la possibilité de revoir sa fiche de poste dans 18 mois…

Le coup est dur. Humainement, cela lui demande une sacrée dose d’humilité et de résilience. Accepter ce deal, c’est baisser ses prétentions professionnelles, une baisse de salaire, moins d’autonomie et de liberté d’action. Et moralement, il faut s’accrocher, son image de soi en prend un coup.

Avec du recul, Capucine y voit maintenant certains avantages. Sans effacer tous les bénéfices de ces années, professionnellement cela aura été « challengeant » et fatiguant. Elle a eu des situations lourdes et complexes à gérer. Ce nouveau poste contraint lui permet de souffler. En l’acceptant, elle a sécurisé son retour pour elle et pour sa famille. Elle a évité de gérer trop d’inconnues en même temps et a pris le temps de rééquilibrer sa vie professionnelle et personnelle.

Tout l’enjeu du retour au siège est donc de réajuster les besoins du collaborateur et de l’entreprise. Et si tout ne dépend pas de vous, vous pouvez capitaliser sur cette expérience pour que cette transition soit une réussite dans le temps.

Comment faire de ce retour une réussite ?

Soyez proactifs

D’un point de vue carrière, le retour se prépare et pas simplement quelques mois avant de rentrer ! Soyez proactifs, constructifs et attentifs à ce qui se passe au siège pendant toute la durée de l’expatriation. Oui, vous avez une carte à jouer. Les entreprises ont un intérêt dans la conservation de leurs talents : vous avez acquis avec des compétences précieuses qui participent aux enjeux actuels de leurs transformations.

En étant acteurs de votre retour, vous vous inscrivez dans une relation gagnant/gagnant. Vous vous donnez la possibilité de prendre en main votre projet professionnel. Et au-delà, votre projet de vie. L’expatriation n’est pas juste une belle parenthèse mais un élément fort de votre parcours. N’attendez pas que l’entreprise soit capable de gérer votre retour, anticipez-le. C’est un vrai travail d’équipe.

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Entretenez votre réseau

« Loin des yeux, loin du cœur » ! Mettez un point d’honneur à conserver et entretenir votre réseau. Ne négligez personne. Il est bien plus facile de le perdre que de le construire. Restez visible et en contact avec le siège, cela ne demande pas autant de temps que vous l’imaginez. Un mail, un coup de fil de temps en temps, un passage au siège quand vous rentrez de vos vacances pour boire un café avec un ancien chef, un collègue… Loin du réacteur de l’entreprise, on ne se rend pas toujours compte des différents mouvements (mobilités, départs, réorganisation, nouvelles arrivées). Une grande partie de notre valeur professionnelle tient à notre réseau. Alors, pas question de perdre le fil de ce qui se passe au siège, vous allez en avoir besoin.

Réflexion-Action : votre plan d'attaque po-si-tif

Quelques mois avant l’échéance du retour, ciblez les personnes que vous allez solliciter. Faut-il aborder la RH, votre ancien N+1, un ancien expat ? Qui sera le plus en mesure pour répondre à vos questions ? Questionnez-les, soyez curieuses. Qu’est-ce qui évolue dans l’entreprise ? Qu’est-ce qui résonne en vous dans tout ce que vous entendez ? Serez-vous toujours à la page en rentrant ?
Faut-il envisager une formation pour rebondir vers la prochaine étape ? Quelle est votre valeur ajoutée désormais ?

Prenez le temps de la réflexion sur votre parcours professionnel. Ce temps vous sera précieux :

  • Quel a été mon parcours jusqu’à cette expatriation ?
  • Qu’est-ce que j’ai appris et que je veux conserver pour le réutiliser par la suite ?
  • Quelles ont été mes réussites, quels sont mes défis ?
  • Qu’est-ce qui m’a « nourri » à l’étranger ? (Le management, l’autonomie, les prises de décisions, le salaire, la qualité de vie)
  • Qu’est-ce que je vais retrouver en France ? Pas mieux, pas moins bien mais différent. Etc.

Cette démarche résolument positive permet d’accepter et rationaliser cette tranche de votre vie, de l’inscrire dans une continuité. Il s’agit de prendre conscience des éléments subjectifs qui vous touchent pour accepter les réalités de deux terrains bien différents. Faire le deuil de cette étape, désamorcer les éléments perturbateurs et conserver le meilleur de ce que cela vous a apporté.

Construisez votre pitch

Ensuite, construisez votre pitch pour formuler un projet clair et savoir en parler.

Adoptez la bonne attitude

Et enfin, mais peut-être avant tout, pour un retour serein et pour vous sentir à votre place, adoptez une attitude d’humilité et de découverte.

L’humilité sera votre force. Coupez l’herbe sous le pied au cliché de l’expat qui revient avec « la grosse tête ». Sans pour autant vous renier, faites preuve d’intelligence de situation en faisant profil bas. Certes, les personnes qui n’ont pas vécu cette expérience ne la comprennent pas mais n’oubliez pas qu’ils peuvent aussi avoir vécu des expériences toutes aussi fortes en étant restés au siège. C’est à vous de gérer la tension entre le monde d’où vous arrivez et celui d’où vous revenez.

Ouvrez vos yeux et vos oreilles dans une attitude positive d’observation. Comme à votre départ, ayez un état d’esprit de découverte. Finalement, vous vivez une nouvelle expatriation ! Alors cultivez cette fraicheur que vous aviez au départ et qui vous a tant aidé à ouvrir des portes. Les choses ont également bougé en France depuis votre départ. Observez-les avec un regard neuf et constructif.

N'hésitez pas à demander de l'aide

Pour limiter les à-coups du retour, ayez également la simplicité de demander de l’aide. Elle peut être interne avec un ancien expatrié rentré il y a 1 ou 2 ans. Vous parlerez le même langage, aurez vécu des expériences similaires. Il sera en mesure de vous accompagner pour reprendre vos marques au sein de l’entreprise. Cela peut être un « parrain/sponsor » qui bien implanté dans l’entreprise, peut faciliter votre réintégration.

Cette aide peut également venir de l’extérieur par l’intermédiaire d’un coach dont le métier est d’accompagner personnellement les collaborateurs dans leurs défis professionnels. Vous prendrez ensemble le temps de poser votre parcours, vos réflexions et ainsi avancer vers vos objectifs.

Si vous mettez en place toutes ces recommandations, vous réussirez votre retour. Cette transition est une période de fragilité, cela prend du temps de stabiliser les choses. Soyez patient et appuyez-vous sur vos proches !

Delphine Renard

Delphine Renard

Coach certifiée de la Coach Academy d’Expat Communication depuis 2020, Delphine intervient dans l’accompagnement des mobilités internationales, le coaching de transition de carrière internationale et les programmes de développement de l’intelligence interculturelle. Passionnée par le développement des talents et par les enjeux humains des entreprises, Delphine a un parcours de 13 ans en Ressources Humaines.
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