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Travailler au Mexique : le panier de crabes


panier_de_crabe"CUBETA DE CANGREJOS" - PANIER DE CRABES

Cette expression existe aussi au travail au Mexique. Surprenant, non, connaissant les mexicains qui sont tout sauf belliqueux ! Sa signification diffère néanmoins de nos références françaises.

Explications pour mieux comprendre et appréhender les mexicains au travail, quelle que soit votre position dans l’entreprise.

 

Un esprit d’équipe particulier au Mexique

Un jour, je demande à un de mes collègues, au service comptable, “José, comptes-tu faire cela toute ta vie ou souhaiterais tu apprendre autre chose, évoluer vers d’autres responsabilités en finance ?”. Rien qu’en mettant cette question par écrit, je m’aperçois de la divergence culturelle ! Il me répond : “tu connais le panier de crabes ?”. Je cherche mentalement dans mes références françaises, la représentation de cette expression : je ne discerne rien en rapport, ni avec le contexte, ni avec ma question.

Devant mon air dubitatif, il m’explique : “représente-toi un énorme panier au fond duquel se trouvent tous les mexicains. Un d’entre eux a réussi à se hisser sur le bord supérieur du panier, prêt à tomber de l’autre côté - vers la réussite sociale et professionnelle. Il ne lui reste qu’une enjambée quand il est rattrapé, par le pied, par un autre, aidé d’une échelle humaine qui s’est formée pour ramener “le fugitif” vers le bas avec tout le monde. Plus tard, si une autre personne tente à son tour de s’échapper, le premier qui avait presque réussi, fera partie de ceux qui l'empêcheront, et ainsi de suite.”. Généralement, un mexicain pense que ce comportement est la meilleure façon d'obtenir un résultat individuel.

 

Fatalisme culturel ou individualisme ?

La métaphore du panier de crabes est encore bien ancrée dans les esprits mexicains vue la réponse de mon collègue. Alors que certains peuples se seraient entraidés pour que tous puissent sortir du panier et avoir la chance de progresser vers autre chose, peu sont persuadés de pouvoir échapper à leur destin. Celui qui voudrait “s’en sortir” ne pourrait que trop rarement concrétiser ses ambitions. Espérer évoluer dans la hiérarchie, et faire évoluer ses collègues par la même occasion, n’est pas courant dans la culture mexicaine. Chacun est heureux du poste occupé, voire s’en trouve chanceux, alors pourquoi se risquer à vouloir changer ? Ainsi, pas de frustration, et un état d’esprit, au travail, convivial.

Vous vous demandez : quand un mexicain vient-il donc en aide à un collègue ? Lorsqu’il est persuadé que l’autre n’en tirera pas plus de bénéfices que ce qu’il a lui. Il s’abstient donc d’aider quand il a le sentiment de contribuer à la réussite (supérieure à la sienne) de son collègue. Ce dernier n’est plus vu comme “être humain” mais uniquement comme le gain de l’aide qu’il obtient. Un mexicain voit rarement le résultat collectif d’un éventuel esprit d’équipe, sûrement parce-que celui-ci est obtenu sur du long terme (cf. la notion du temps des mexicains).

Cette métaphore permet de comprendre, entre autres, pourquoi la prise d’initiative est rare au Mexique. Manager ou membre d’une équipe mexicaine, en tant qu’étranger, pensez à adapter votre comportement au travail en conséquence.

 

Par Mélanie Raze

 

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