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Suisse

Travailler en Suisse



 

C'est avec une forte dose de ténacité que Karine a réussi à monter son activité de consultante indépendante en Suisse; elle nous raconte.

 

 

Voici les principaux interlocuteurs :

- Chambre France-Suisse pour le Commerce et l'Industrie : www.cfsci.ch
- Fédération des entreprises romandes : www.fer-ge.ch

Démarches


S
ans travail, pas de cotisations, sans cotisations, pas de chômage, sans chômage, pas d’ORP l’office régional de placement.

Les sites Internet

  • jobup.ch 
  •  indeed.ch qui référencent toutes les annonces sont un bon moyen de voir ce qui s’y trouve.
Mais les suisses vous disent souvent que « les diplômes étrangers ne leur parlent pas » et qu’ils préfèrent leurs formations locales avant de vous prendre en entretien.
Ce que beaucoup font à terme s’ils sont obligés de rester sur place. Il n’est donc pas rare de voir des médecins devoir reprendre des études « suisses », ou des diplômés de grandes écoles repasser les certificats locaux de compétences, avec le prix que cela coûte en plus. Sachez que les permis B dans leur esprit ne sont pas encore tout à fait des permis « faits pour travailler ». Ils préfèreront des gens aux permis C (5 ans de résidence en Suisse ou mariés à des suisses) ou carrément des frontaliers, pour leur confier des postes qu’ils n’auront pas pu donner à des Suisses en priorité.

Il apparaît donc plus facile paradoxalement d’arriver en Suisse de l’étranger :

  • soit chassé chez vous par un cabinet de placement,
  • soit détaché par une entreprise française ou autre installée en Suisse, que de chercher du travail sur place, même en étant parfaitement en règle, en tant qu’accompagnante d’un conjoint par exemple.

La proximité n’émeut pas l’autochtone, elle aurait même tendance à le faire se méfier davantage de vous. Il faut dire que le pays a été tellement fermé historiquement. Les accords bilatéraux avec l’Europe/AELE ne datent que de 2014 et sont en phase de renégociation. Ainsi des plis ont été pris que nous autres Européens aguerris depuis des années ne comprenons pas. Quand on vous dit « on ne vous connaît pas », cela veut dire, passez votre chemin.

« on vous connaît vous les français… », ou les surnoms du coin « les frouzes»

Les Suisses savent qu’ils ont 5 ans pour vous dégoûter de rester chez eux à prix d’or en plus. Beaucoup ne se privent pas d’enfreindre les lois anti-discriminations qui existent bien pourtant par des remarques « on vous connaît vous les français… », ou les surnoms du coin « les frouzes» sont destinés à entretenir ce climat peu serein entre les deux populations qui ne sont séparées que par les murs de gestions publiques différentes qui créent des fossés culturels immenses. Le jour où vous ne travaillez plus pour celui qui vous a fait venir. Mieux vaut que ce soit vous qui l’ayez décidé en étant déjà réembauché.
Car il vous faudra avancer votre certificat de travail, papier de départ obligatoire dans la législation qui permet à un employeur de dire à l’autre ce qu’il en pense avec des phrases plus ou moins codées entre responsables RH.
Sans certificat, les employeurs ne veulent pas prendre de risques dans le vide et embaucher une personne qui n’a pas fait ses preuves ailleurs avant. S’il n’est pas suisse ou le copain d’un copain.

 

Création d’entreprise

En dessous de 100 000 FRS annuels de chiffre d’affaires, vous pouvez vous mettre en raison individuelle et ne serez pas obligé de produire de comptabilité, mais vous devrez vous déclarer aux assurances sociales locales par contre qui sont obligatoires.
Vous ne pouvez arriver en Suisse sans entreprise au préalable, vous devez prouver que vous avez pour 6 mois  de chiffre d’affaires capables de payer vos charges de vie (et votre loyer etc) par avance.

Les embûches

Le plus dur sera de réussir à exister sans réseaux préalables dans un petit milieu où beaucoup de choses fonctionnent en circuit fermé pour tous les sujets (immobilier, emploi, contrats) via le bouche à oreille. Même s’il manque en Suisse beaucoup de choses qui existent ailleurs (biens de moyenne gamme en habillement, décoration des restaurants et des boutiques en dépit du bon sens, e-commerce et services de garde d’enfants). On se demande pourquoi tout reste figé dans si peu de modernité, et pourquoi ces services ne prennent pas comme ailleurs en Europe ?

Les solutions

La réponse est que pour avoir pu prospérer financièrement sans efforts en raison justement d’une fiscalité et d’un libéralisme au profit du créateur d’entreprise. La compétition étant faible et restreinte du fait des barrières à l’entrée sur un marché qui rejette l’étranger par tradition (le marketing en suisse, c est le swiss made et c est suffisant pour faire acheter ses produits). Le client suisse est d’abord patriote et peu critique, et par éducation se méfie des nouveautés, qu’il n’apprécie en voyageant à l’étranger.

Mais son sens de l’export est, à l’inverse, édifiant. Voilà le secret de ce petit pays qui ne laisse à personne le droit à l’ingérence dans son quotidien. Seules les multinationales et les grands groupes y ont l’ouverture d’esprit et la culture que vous trouvez habituellement dans les organisations qui savent se remodeler pour persister.

 

Conseil de Karine

qui a monté son affaire de conseil aux entreprises en matière de ressources humaines, de formation, et de management:

Ne venez que si vous êtes certains de pouvoir assumer de vous faire rejeter dans vos démarches pratiquement à chaque coup de fil. On ne vous connaît pas, et, comme tout fonctionne sans vous, « on » n’a pas franchement besoin de dépenser de l’énergie pour vous connaître mieux. Non tenaces corsetés s’abstenir.
Par contre, sachez que le secteur public y est votre ami. Vous ne serez pas harcelés par la police à chaque coin de rue, ni pris pour un délinquant par les impôts a priori. Les fonctionnaires sont après les financiers et les salariés de la chimie, les mieux payés du pays. Ils vous traitent donc bien en retour et par gratitude.

 

Suggestion de lectures pour Travailler en Suisse :

-Blog de David Talerman, auteur du livre "Travailler et vivre en Suisse" (sur Amazon) http://blog.travailler-en-suisse.ch/
-Livre de Flo Regina, Italienne du Sud, qui raconte son expérience en Suisse : "Welcome to Switzerland Apparently" (sur Amazon)

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